samedi, mai 30, 2009

La Chanson du Samedi - #006

Déjà la sixième chanson du samedi.

Quel évènement cette semaine à mettre en musique ? Ceux qui lisent la revue de semaine du dimanche doivent bien en avoir une idée. Je me suis suffisamment énervé sur le sort qui était fait aux anars de Tarnac et plus particulièrement à Julien Coupat, pour ne pas choisir son tardif élargissement. J'y reviens évidemment demain.

Gosse, j'étais assez souvent réveillé par la musique de mon frère aîné (en particulier le dimanche matin). C'était lui qui avait le pick up. Et même si je n'avais que 10 ou 11 ans, j'avais déjà fait mon choix entre le peu de pop music (c'est ainsi que l'on disait) que je pouvais entendre à la radio et la chanson française de qualité que lui, le vieux, privilégiait. Mais parmi les chansons que j'entendais bien malgré moi le matin, il en était une qui me parlait, au milieu des Perret, Le Forestier ou Jean Ferrat. Elle était de Léo Ferré et s'appelait "Les Anarchistes".

Ce samedi, je vous la propose et ne la dédie pas particulièrement à Coupat, dont je ne suis pas sûr, à la lecture de son interview au Monde, de partager beaucoup de ses idées prémachées. Non, je la dédie plutôt à la fin de sa détention qui défiait notre intelligence à tous. Et aussi à ceux qui aident des enfants sans papiers nés ici ou ailleurs, au RESF, aux Enfants de Don Quichotte qui vont devoir racheter des tentes, au DAL qui luttent contre les casse-DAL (excusez, j'ai pas pu m'empêcher), à celui qui a dit "Sarkozy je te vois", aux gosses qu'on est venu chercher en uniforme à la sortie de l'école pour une histoire de vélo, et à tous ceux et celles qui sans bruit, par des actes souvent anodins, sont des petites torches qui parviennent encore à percer ce maudit brouillard qui tombe lentement sur mon pays.



Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart Espagnols allez savoir pourquoi
Faut croire qu'en Espagne on ne les comprend pas
Les anarchistes
Ils ont tout ramassé
Des beignes et des pavés
Ils ont gueulé si fort
Qu'ils peuv'nt gueuler encor
Ils ont le cœur devant
Et leurs rêves au mitan
Et puis l'âme toute rongée
Par des foutues idées
Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart fils de rien ou bien fils de si peu
Qu'on ne les voit jamais que lorsqu'on a peur d'eux
Les anarchistes
Ils sont morts cent dix fois
Pour que dalle et pourquoi ?
Avec l'amour au poing
Sur la table ou sur rien
Avec l'air entêté
Qui fait le sang versé
Ils ont frappé si fort
Qu'ils peuv'nt frapper encor
Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
Et s'il faut commencer par les coups d' pied au cul
Faudrait pas oublier qu' ça descend dans la rue
Les anarchistes
Ils ont un drapeau noir
En berne sur l'Espoir
Et la mélancolie
Pour traîner dans la vie
Des couteaux pour trancher
Le pain de l'Amitié
Et des armes rouillées
Pour ne pas oublier
Qu'y'en a pas un sur cent et qu' pourtant ils existent
Et qu'ils se tiennent bien bras dessus bras dessous
Joyeux et c'est pour ça qu'ils sont toujours debout

Allez à demain, pour la revue de semaine
Thierry
RYS

PS : Déjà quelques belles réponses au blind test - je savais qu'il serait moins malaisé que les deux précédents -. Et autrement, il reste encore deux images à décoder au jeu "Découvrez-vous".