Du lundi 12 au samedi 17 janvier, cinq jours de blogs, de sites, de conneries graves ou pas ; la revue de semaine.
Lundi 12 janvier
Je n’ai en général pas trop l’habitude dans cette revue de semaine de me ruer sur les « grandes informations », celles qui donnent lieu à une profusion de commentaires un peu partout dans la presse et sur le web. Je vais toutefois faire une exception cette fois avec la mort de Claude Berri. Pourquoi ? Sans doute en raison de ce putain de traitement médiatique, comme d’habitude bas du front et moutonnier au possible, et qui ne sait que limiter l’homme, complexe s’il en était, à ces « drames-populaires-et-fédérateurs-qui-rencontrèrent-le-succès-public-tout-en-ayant-une-exigence-de-qualité-comme-au-bon-vieux-temps-du-cinéma-d’antan ». Et Libé, de titrer « Tchao Berri », bestialement (il n’y a pas d’autres mots pour décrire le suivisme panurgien et la prévisibilité (ça se dit ça, hum pas sûr) qui est la caractéristique des gens dépourvus d’intelligence adaptative). Au moins cet article de La Croix que je vous mets en lien est-il un peu plus ouvert sur la multitude des facettes de l’homme (faut quand même que je fasse gaffe moi, La Croix, deux fois en quelques jours ! Diable ! – Ah ! Voilà qui devrait rééquilibrer les choses -). Parce que honnêtement, entre nous, si Claude Berri ça ne doit être que Tchao Pantin, « le-film-par-lequel-au-delà-du-clown-Coluche-sut-montrer-qu’un-cœur-humaniste-battait-sous-ses-oripeaux-faussement-cyniques-par-la-grandeur-de-ses-silences-et-la-puissance-de-son-regard-de-chien-battu-qui-incarne-tellement-la-souffrance-de-ceux-que-la-vie-et-l’alcool-ont-doublé », la référence du cinéma de qualité pour le prime-time du samedi soir où l’on nous rebat les couilles avec le c’était mieux avant, sous les hospices de tous les Drucker, Sébastien et Arthur du monde audiovisuel français (dictature des médiocres cons peu sensuels quand tu nous tiens !), si ça ne doit être que Depardieu est tout bossu mais il veut faire pousser ses œillets sur cette terre qui d’habitude ne ment pas et Ugolin se pique le nichon avec son ruban d’amour parce que même les brutes rurales ont un grand cœur, ce cinéma qui, au bout du compte, n’invente plus, se réfugiant sous l’abri des pères tutélaires qui de Duvivier à Renoir réalisèrent un certain âge d’or de la création française avant guerre, comme un enfant le ferait dans les bras de sa mère quand il a peur de son ombre, alors franchement Berri ne m’intéresse pas. Mais qu’on évoque (ce que les médias ne feront pas, le consensus étant comme les caramels déjà mâchés) le producteur éclectique des films d’Almodovar (Tout sur ma mère), de Schnabel (Le scaphandre et le Papillon), de Polanski (Tess) ou de Pialat (ce qui démontre qu’il devait être d’un caractère très adaptable lui pour le coup), et on doit alors constater que déjà, la liberté de cet homme manque au cinéma français.
Rien à voir, mais vous en avez l’habitude : la revue de semaine est une terre de contrastes ; notre Président (oui je continue à le grolandiser comme la semaine dernière) qui s’adressait à l’Education Nationale (parler à quelqu’un après l’avoir déshabillé, c’est quand même super classe !), annonça hier la nomination d’un Haut Commissaire à la Jeunesse. Poste confié à Martin Hirsch puisque ce dernier a fini son travail maintenant que le RSA est voté et va être mis en place. J’aurais imaginé que Hirsch en assurât la promotion, puis d’ici un an en fit le bilan, mais bon, puisque l’urgence nouvelle ce sont les jeunes (au fait il n’y avait pas déjà un secrétaire d’Etat pour ça ? c’était pas son rôle à l’ex demi de mêlée de Bègles ?). Donc pour les maroquins ministériels, on crée, on crée : je constate que l’argent public n’est pas rationné…, ce qui fait moyennement sérieux quand on vient s’adresser à une administration dont on supprime 15 000 postes justement pour des raisons d’économies, enfin…-). Je n’ai rien contre Monsieur Hirsch, mais vous avouerez qu’un poste de Haut Commissaire s’agissant des jeunes, ça vous a quelque chose de limite provocant.
Mardi 13 janvier
Alors on continue à faire l’amour sur une grande échelle (position remarquable qui n’est pas recensée dans le Kamasoutra ; cette phrase maladroite n’est pas de moi, c’est un ministre du Général je crois, qui avait déclaré que les françaises devaient faire des enfants sur une grande échelle). En tout cas c’est bien ce que dit cet article, reprenant la note conjoncturelle de démographie de l’INSEE parue aujourd’hui 13 janvier.
Un bilan qui amène des réflexions contrastées, dirons-nous.
Certes, on ne peut que « se féliciter » (putain comme c’est nul cette expression, tiens voilà je me félicite, pourtant j’y suis pour rien, mais tant pis je me félicite quand même…) donc, de voir que les générations futures seront si ce n’est suffisantes, en tout cas plus nombreuses que dans d’autres pays développés, pour soulager les régimes de retraite (là je vous avoue que je suis un brin égoïste, vu que dans vingt ans, si je suis encore là, c’est moi qu’ils paieront ces braves enfants) ; au surplus, on voit mal un pays continuer à croître économiquement si sa population vieillit trop. Mais en même temps, c’est bien là que le bât blesse. Jusqu’où on va croître comme ça ? Tant démographiquement qu’économiquement (encore que sur ce deuxième aspect il y aurait peut être des réponses). Comment la planète pourra-t-elle supporter une population en constante augmentation. On pourra me rétorquer d’une part que le France n’est qu’une goutte d’eau dans la croissance démographique mondiale qui doit beaucoup plus à des pays comme l’Inde ou la Chine, et d’autre part que Malthus disait la même chose il y a cent cinquante ans. Certes, mais au fond, doit-on se réjouir de cet accroissement de la population ? Et n’y a-t-il jamais eu personne qui ait eu raison cent cinquante ans avant les autres ?
Ah tiens juste un dernier point. L’âge moyen de la première naissance pour une femme ne cesse de reculer et il atteint 30 ans. Donc en moyenne les femmes qui font tant d’enfant actuellement, font leur premier à trente ans. C’est juste pour donner un contre argument si jamais votre beau père réactionnaire ou votre voisin à béret venait à vous dire que de toutes façons tous ça c’est des petits arabes et des petits nègres, voire des petits romanichels qui mendieront bientôt dans le métro (d’façon c’est bien connu on leur donne toutes les prestations, alors ils viennent fainéanter chez nous n’est-ce pas !). Vous en connaissez beaucoup vous des femmes immigrées ou rom qui accouchent en moyenne à trente ans ?
Oui je sais, si on évoque les statistiques, il en est une autre dont on a beaucoup plus parlé aujourd’hui et qui contribue à réduire légèrement la population sur le territoire français. Il paraît que le ministre, comme un petit commis voyageur placier qui ne ménage pas sa peine, a explosé ses objectifs. Et je n’en parlerai pas. Je parle de ce qui me plait c’est clair ?
Mercredi 14 janvier
Dray aime-t-il trop les montres ? Son attrait irrépressible pour la tocante de luxe, qu’elle soit suisse ou italienne va-t-il lui coûter sa carrière (voire plus) ? C’est la question qu’on peut légitimement se poser à la lecture des brèves des différentes agences de presse, qui évoquent le rebondissement dans l’affaire des dépenses de prestige du député de l’Essonne, rapporté par la cellule de lutte contre le blanchissement de l’argent, dite TRACFIN, et aujourd’hui mis en ligne par l’Est Républicain. Si vous souhaitez lire ce rapport (rien de très passionnant en fait si ce n’est une longue litanie de chiffres recensés sur les (nombreux) comptes de l’ex porte parole du parti socialiste et sur ceux de quelques une des ses relations), il est là. Bon, je m’intéresse sans doute d’un peu plus près que la moyenne à cette histoire simplement parce que l’homme est un voisin, élu de la circonscription de Sainte Geneviève des Bois. Et je me demande dans quelle mesure ce rapport de TRACFIN était bien public ; dans quelle mesure cela apporte de l’eau au moulin de la recherche de la vérité ou plus prosaïquement à celui de la nécessaire veille démocratique que sont censés assurer les médias cette mise en ligne qui au bout du compte n’aboutit qu’à livrer quelques noms au vu et au su de chacun. Et si jamais il est mis hors de cause le petit gros barbu ? Et si tous les gens qui ont été cités dans le rapport TRACFIN et affichés en place publique par l’Est Républicain n’ont rien à voir avec la passion montrivore de Dray ? Il affichera en une un démenti, l’Est Républicain ?
Ce site, Expatriation.com, est spécialisé dans l'assistance, sous toutes ses formes, aux français qui souhaitent aller en d'autres contrées voir si l'herbe est plus verte, si le soleil se fait plus doux et si la fiscalité est plus légère. Il ne pouvait donc naturellement pas ignorer cette proposition de la province du Queensland en Australie, tellement exceptionnelle qu'il faut se pincer pour s'assurer qu'on ne rêve pas. En des temps pas si lointains, la rémunération d'une retraite hors du monde, au milieu des flots, avec de très légères sujétions comme contrepartie, était possible, pour peu qu'on acceptât de devenir gardien de phare. Passé révolu à l'heure de l'automatisation : les vigies maritimes qui guident le marin aveugle à l'approche des chenaux, ne requièrent plus de présence humaine. Adieu le rêve du romancier en germe de s'isoler pour mieux accoucher d'un futur best seller tout en récoltant un petit pécule. Adieu ? Que nenni ! Un repli rémunéré sous des latitudes où la mer est moins fougueuse, plus claire et plus chaude existe ! Devenez gardien d'île. Et pas d'un bout de rocher inhospitalier, cerné par les goélands qui hurlent dans vos oreilles et les albatros que leurs ailes de géant empêchent peut être de marcher mais pas de vous fienter dessus, non, devenez gardien d'une île au doux climat protégé par la barrière de corail. Pour 6 mois (oui c'est un CDD) et pour 76000 euros (sacrée rémunération non ?). Où est le truc ? Nulle part ! Le seul vrai problème pour obtenir ce job, c'est que si vous postulez, vous n'allez pas être le seul. Loin de là !
Jeudi 15 janvier
Et cette revue de semaine se transforme aujourd'hui en rubrique nécrologique. On vient d'évoquer la « possibilité d'une île ». Ricardo Montalban fut un précurseur en quelque sorte du job proposé aux antipodes. Lui aussi gardait, accompagné de son fidèle Tatoo (non ce n'est pas un chien, c'est un acteur nain dont j'ai d'ailleurs appris en lisant l'article qu'il était français), une île aux vertus extraordinaires. Sur l'île fantastique, tous vos fantasmes pouvaient se réaliser, moyennant finances bien sûr (qu'on imaginait conséquentes eu égard aux demandes des clients), et pour peu qu'ils fussent regardables aux heures d'access prime time. C'était « L'île fantastique », un lieu où l'on s'enfermait, juste le temps nécessaire pour s'apercevoir qu'il est en général plus raisonnable de tirer un trait sur ses désirs les plus fous (ce qui était, le plus souvent, la morale de l'histoire). Il fut un autre lieu d'enfermement, à durée indéterminée cette fois, qui, s'il n'a pas envahi les télévisions pendant une longue période (quelques mois tout au plus), aura en revanche puissamment imprégné nos souvenirs d'adolescence. Les voiturettes de golf, la propreté étrange d'un village trop anglais pour être honnête, les boules blanches et flasques, hurlantes si d'aventure on franchissait les lisières du village, la classification des habitants par numéro, tout contribuait à créer un univers concentrationnaire et déshumanisé, qu'on adorait, allez savoir pourquoi, contempler assis sur nos canapés. Le numéro 6 s'est cette fois-ci définitivement évadé.
Bonjour chez vous ! (cette image n'a rien à voir mais c'est la première que j'ai trouvé sur Google en tapant cette phrase ; on aurait tort de s'en priver non ?)
Tiens Rue89, il y avait longtemps non ? Et même pas pour un sujet politique. Juste pour cet article d'un certain La Pompe, qui recense pour nous les pubs qu'il a trouvé les plus affligeantes l'année dernière. J'ai jeté un coup d'œil (faites en autant, c'est bien un des seuls intérêts de cette revue que de cliquer sur les liens que je dépose). Bon honnêtement, possible que je ne sois au bout du compte qu'un gaulois un brin macho, pas mal stupide et bien vulgaire, mais bon j'ai pas frémi plus que ça devant ces pubs. OK, certaines sont ringardes (le cheval est un modèle du genre, on dirait une pub flunch), d'autres sont moches ou indigentes. Mais il y a pas de quoi casser trois pattes à un canard. Si c'est ça le pire de la pub, alors tout va bien. Et au fait Monsieur La Pompe, et si le plus ringard ça n'était pas, au bout du compte, d'attendre que des messages publicitaires soient artistiques, bien filmés, drôles, bourrés d'humour et de références ; et si le plus ringard ce n'était pas d'aimer la pub au point de faire un article vilipendant celles qui ont osé être moches ?
Vendredi 16 janvier
L’une sort, l’autre pas ! Yldune Levy, la compagne de Coupat devrait pouvoir sortir de tôle ce soir, après n’y avoir passé que deux petits mois ; et le tout pour avoir été entendue une seule fois par le juge ! Et encore, pour le moment cette libération, adossée juridiquement à la décision qu’a rendue le juge d’instruction en charge de l’affaire et à un refus de suspension de cette décision pris par le président de chambre contre une demande de maintien en détention du Parquet (eux ils y tiennent à ce qu’ils restent en tôle, les Bonnie-and-Clyde-de-l’anarcho-autonomisme-au-goût-de-salade-corrézienne), n’est que temporaire. Car le Parquet, en toute vraisemblable indépendance vis-à-vis du Ministère de Wonder Woman, celle qui reprend ses dossiers à peine a-t-on coupé le cordon ombilical, a décidé de faire appel de cette décision de libération (scélérate ça va sans dire). Et ce n’est que vendredi prochain que l’on saura s’il est fait droit à sa requête (retour en prison pour Mlle Levy) ou non (liberté sous contrôle judiciaire). Et pour Coupat ? Ah mais là vous plaisantez mon brave, là c’est du lourd (comme dirait le plombant slameur de Strasbourg), ça ne se libère pas comme ça un terroriste aussi dangereux ; notre nouveau Bonnot-et-Carlos-réunis -en-un-seul-épicier, on se le garde au chaud. Ca peut servir. Et puis on s’était tellement avancé, voyez-vous, que le mettre aussi vite en liberté ce serait, comment dire, comme avouer qu’on s’était peut être un peu emballé voyez-vous. Et ça c’est hors de question.
Et pendant ce temps-là sur France Inter ce matin, Margot pleurait sur la terrible sanction qu’on aurait fait subir à Nathalie Kosciusko-Morizet en lui retirant son portefeuille de secrétaire d’Etat à l’Ecologie. Ils donnent dans le lourd eux aussi à Inter. Déjà hier matin, c'était Messier qui venait s'épancher sur sa terrible victimitude (oh ben oui désormais on peut oser les mots ébouriffants) – ah! le passage où il nous expliqua combien il avait été dur pour lui de se lever matin et de regarder ses enfants dans les yeux alors qu'il n'allait pas partir au bureau, vu que de bureau il n'en avait plus ; je suis persuadé qu'il a su toucher le coeur et les tripes de ce putain de privilégié qui lui a la chance de regarder ses gosses avec fierté vu qu'il tourne les boulons à Aulnay depuis 30 ans et qui a même la joie de pouvoir leur mettre un steak dans l'assiette une fois la semaine (mais pas plus, hé ho, le bœuf on n'est jamais trop prudent pas vrai) -. Bon donc ce matin c'était NKM ; et la valse des auditeurs énamourés trop écœurés que la vraie écologiste fasse les frais des petites cuisines politiciennes. Oh on se calme ! C'est ma députée, la miss KM. J'ai pu localement suivre son irrésistible montée en charge, d'abord comme suppléante, parachutée dans une ville où elle n'avait jusqu'alors jamais mis les pieds, d'un député dont tout le monde savait qu'il allait devenir ministre et par voie de conséquences lui laisser sa place à l'Assemblée, puis donc comme députée, s'affichant sur tous les écrans et dans tous les magazines people, et désormais comme sous-ministre. C'est peut être une bosseuse, possible qu'elle connaisse bien son domaine de compétences, mais point de vue cuisine et arrangements politiciens j'ai bien l'impression qu'elle pourrait en remontrer à beaucoup. Ah au fait si j'écris sur elle, c'est à cause de cet article. Un potentiel conflit d'intérêt? Tiens donc ! Et aucun journaliste d'Inter pour y avoir pensé ? Ah c'est ballot !
Samedi 17 janvier
On finira cette semaine en musique. Avec Wanda Jackson qui vient d'entrer au Rock'n'Roll Hall of Fame. Allez voir chez Thanu, il l'annonce et en profite pour mettre en ligne un titre (pas le plus endiablé de la miss) où Wanda fait la preuve qu'elle fut (est) une des voix du rock.
Et avec ce clip des Fatals Picards. Profitons-en pour les quelques jours (heures ?) où il est encore en ligne, en dépit des demandes de retrait de l'idole Optic 2000. Il y est question de sa mort, de son helvétitude et de son amour des bésicles (entre autres).
Allez bon dimanche.
A bientôt
Thierry
RYS