samedi, février 28, 2009

Blind Test de Février : c'est l'heure Kids !

Bonjour à toutes et tous.

Et voici que nous entamons la descente vers le rendez-vous final qui sera, en juin, la 10ème et dernière étape du World contest of Blind Test.

Ainsi, avec ce blind test de février, nous signons (déjà) la sixième étape de ce contest.

A mi course, trois hommes font la course en tête (depuis déjà un petit moment d'ailleurs) : il s'agit, dans cet ordre, de Fil, Davnat et de La bUze. Mais les poursuivants ne sont pas bien loin.

Quand au second classement, celui du nombre des grosses notes (18, 19 et 20), c'est désormais Zb, à quasi égalité avec notre ami de Vancouver (tous les deux ont 3, mais le parisien à l'avantage d'avoir réalisé un 20) qui est devant. Cependant vous êtes suffisamment nombreux à avoir 2 pour que j'affirme sans risque de me tromper beaucoup que décidément rien n'est joué pour personne.

De nombreuses questions se posent donc :
- Fil gardera-t-il la yellow jacket ?
- Ou bien craquera-t-il au profit de l'un de ceux qui sont prêts à fondre sur lui ?
- Pit va-t-il réussir l'exploit d'un troisième 20 en trois participations ?
- Sortira-t-on des toilettes en les laissant dans un état aussi propre que celui que nous aurions aimé trouvé en y entrant ?

Je vous le dis : encore une fois, l'enjeu est écrasant !

Ce mois-ci, le blind test est sans doute un chouïa plus accessible que les deux précedents. Encore qu'il faudra contourner un ou deux pièges que mon esprit malade s'est plu à semer sur votre chemin ! Je suis à cet égard très curieux de savoir si quelqu'un(e) obtiendra la note parfaite !

Bon, le rappel du comptage et des points.

- Il y a neuf extraits desquels vous allez devoir extirper la substantifique moelle, à savoir, le nom de l'artiste ou du groupe interprète, et le titre de la chanson en question. Le tout pour 2 points (1 pour l'interprète, 1 pour le titre), soit donc 18 points à glaner.

- S'y ajoute une question subsidiaire, en rapport avec le blind test, et elle aussi dotée de 2 points, tant et si bien qu'à la fin, le sans faute vaudra vingt points.

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TERMINE POUR CE MOIS - PROCHAIN BLIND TEST : le 28 MARS
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Thierry
RYS

jeudi, février 26, 2009

La Ferme des Animaux : libre interprétation

Mon cher cousin, laisse moi te conter les évènements que tu n’a pas pu connaître, toi dont la famille est partie, il y a si longtemps dans les lointaines fermes du Nord.


Comme tu le sais sans doute, après bien des combats et de nombreuses vicissitudes, les animaux vivent en démocratie dans leur grande Ferme de France.

Il y a bien des années, le vieux général Golus, qui fut un fier cochon combattant contre les hommes barbares qui voulaient asservir toutes les fermes de la région, avait fait évoluer les règles de la république de la Ferme de France. Ainsi, depuis lors, si la grande réunion des animaux dans la grange avait toujours lieu, elle ne servait plus guère qu’à entériner les décisions que le Comité Restreint des Sages avait prises. Et puis surtout, le vieux général avait imposé que fut élu par tous les animaux le Président de la Ferme de France. Ce dispositif, fut par beaucoup jugé comme bien dangereux puisqu’il recréait une sorte de fermier Jones, dont on avait mis tant de temps à se débarrasser. Mais les animaux semblaient s’en satisfaire. Et puis il ne marchait pas si mal puisque les cochons, qui dominaient la ferme sous la férule de Golus et de ses successeurs, avaient bien dû un jour céder le pas à un représentant de la volaille, un canard retord qu’on surnommait Tonton, et que tout ça s’était bien passé. D’ailleurs Tonton avait tant plu aux animaux qu’il avait été réélu (il est vrai qu’il avait, face à lui, un cochon encore trop fougueux, Grand Jacques, qui dut apprendre à patienter pour devenir à son tour le Président de La Ferme de France).


Lorsque Grand Jacques s’en fut, l’âge commençant à lui jouer des tours (sans compter qu’on évoquait son nom dans diverses affaires de paille et d’œufs illégalement acquis, ainsi que de places dans les box à lapins qui auraient été accordées de façon préférentielle à des animaux amis), ce fut le temps d’une nouvelle élection.

Le jeune Napoléon, qui piaffait déjà depuis des années en se fâchant souvent avec Grand Jacques, se présenta. Il avait un grand projet pour plaire à tous les cochons mais aussi à bien d’autres animaux. Ne promettait-il pas que, si les chevaux tiraient plus longtemps leurs charrues, si les poules pondaient plus d’œufs, si les vaches se faisaient traire plus souvent et, plus globalement, si tous les animaux se donnaient de la peine plus longtemps, chacun en retirerait un surplus, qui de graines, qui de picotin et d’avoine, qui d’herbes fraîche à brouter ? N’avait-il pas annoncé qu’avec lui, la possibilité de manger plus serait certaine ? N’envisageait-il pas, si nécessaire, d’aller chercher lui-même l’accroissement de la richesse de la Ferme de France avec ses petites dents ? Ne promettait-il pas aussi qu’on allait enfin en finir avec les mauvais comportements des jeunes animaux qui vivaient comme des bêtes de la forêt, dans les clapiers et les étables construites aux lisières de la Ferme de France ? N’avait-il pas fait la parfaite analyse en jugeant que ce problème était intrinsèquement lié à la venue massive d’animaux des fermes pauvres, de l’autre coté du grand lac, là où aucun arbre ne protège du soleil et où la terre est trop aride pour nourrir chacun ? La Ferme de France ne devait pas accueillir toute la misère du monde animal c’était certain disait-il, reprenant une vielle formule de l’ancêtre de la volaille, le jard Complicus, qui parlait si vite et dans une langue si absconse que presque aucun animal ne le comprenait.

Avec un tel programme, de miel et de myrrhe, d’effort et de rupture avec l’ancien ordre de la Ferme de France, Napoléon fut largement choisi par les animaux. Il est vrai que face à lui, les plus actifs des membres de la volaille avait désigné une jeune dinde pour l’affronter, qu’on surnommait La Madone, parce qu’elle prétendait parler directement avec les grands fantômes des volailles, et qui démontra surtout aux habitants de la ferme que la beauté ne rime pas toujours avec l’intelligence.


Napoléon découvrit, en s’installant dans les antiques appartements du fermier Jones, désormais dévolus au Président, les ors du pouvoir. Déjà le soir même de sa désignation, il avait fait grande fête dans la plus grande auberge de la Ferme de France, où il retrouva ses amis, les cochons qui possédaient les plus grands lopins de terre de la Ferme de France ainsi que les cochons chanteurs et bateleurs qui faisaient, presque tous les samedis soir, le programme des réjouissances dans la grange après le discours des préposés aux nouvelles. Il y eut même une grande fête des cochons et de leurs alliés, les chèvres et les moutons (toujours prêts à suivre celui qui gagnait l’élection) sur la Place de la Concorde Animale où l’on fit venir une très vieille truie, Mireille, connue pour entonner des airs du folklore porcin (en particulier une rengaine où il était question de colombes par milliers) et qui fit reprendre à la foule l’antique hymne de la libération des animaux : « Allons animaux de la Ferme, le blé nouveau est levé, contre Jones le fermier abâtardi, du museau et du bec relevés, du museau et du bec relevés, oh frères porcins oh sœurs caprines, matons l’homme exploiteur dépravé… ».


Peu après qu’il eut pris ses fonctions, Napoléon nomma les membres du Comité Restreint des Sages et jugea bon qu’on ne le nommât plus que par ses initiales CRS. Comme prévu, ses plus proches amis porcins le rejoignirent en ce cénacle.

Il y avait Mme Turgot, qui avait fait une longue carrière dans la plus grande ferme du monde : elle y avait défendu les intérêts des grands producteurs de picotin et de maïs et les avait aidé à placer leurs butins dans des moulins qui échappaient aux contrôles des différentes fermes ; ce faisant, leur écot à la construction des nouvelles granges ou à la réfection de la cour pavée se trouvait fort réduit. Désormais, dans le CRS elle allait s’assurer que les animaux travaillaient dur pour que la production soit bonne.

Il y avait aussi une autre truie, que chacun appréciait car elle riait tout le temps et faisait des blagues à tout propos, on l’appelait Fofolle pour ces raisons, mais personne ne lui en voulait. Elle s’occuperait de la bonne santé de tous les animaux.

Biblalamin était une fervente amoureuse du Créateur Suprême qui avait fait tous les animaux à son image et qui veillait sur le Pain des Délices, qu’on ne pouvait pas voir mais qui existait, elle en était sûre, là-bas au-delà des collines les plus lointaines ; le Pain des Délices auquel chaque animal aurait droit de goûter si durant sa vie il avait été juste, s'il avait bien loué le Créateur Suprême et surtout s’il n’avait pas pratiqué les actes interdits. Et prendre des produits pour copuler sans avoir de petits porcelets était pour elle un grand péché. C’est qu’elle était certaine aussi que le Créateur Suprême avait fait les cochons et uniquement les cochons à son image ; mais elle ne pouvait pas le dire. Napoléon l’enjoignit de s’occuper des étables, des écuries, poulaillers et clapiers. Trop de nos frères animaux ne trouvaient d’autre endroit que le grand tas de fumier pour dormir.

Il y avait aussi la très belle Bijou, toujours très bien habillée (on disait qu’elle se servait dans les anciens stocks de la femme de Jones) et la non moins belle Yaya. La première devait s’occuper de s’assurer que chaque voleur ou tricheur au jeu de l’oie serait puni avec justice. La seconde était préposée aux droits des animaux. Elle eut très vite maille à partir avec Napoléon, à cause d’une très grande ferme, la seule qui produisait du riz dont nous avions besoin, et qui en outre était prête à accueillir nos vendeurs de carrioles en bois et nos responsables de production, pour qu’ils fassent de belles affaires qui ramèneraient force grains à la Ferme de France. Le problème est que les cochons qui menaient cette ferme ne voulaient pas que les lapins de montagne puissent s’organiser par eux-mêmes et ils leur faisaient souvent goûter du bâton, à tel point que le chef des lapins de montagne, qu’on appelait le Lama tant il était grand pour un lapin, était parti se cacher dans une autre ferme avoisinante.

Mais là où Napoléon avait été le plus fort, c’est qu’il avait convaincu des membres de la volaille de venir travailler avec lui. Le premier et le plus important fut Sac de Grain, le dindon. On l’avait nommé ainsi car plus jeune, il n’aimait rien tant que porter secours à nos frères animaux dans les fermes démunies, de l’autre coté du grand lac. Surtout quand les scribes étaient là pour noter ses exploits, qu’ils raconteraient ensuite aux veillées à la population de notre Ferme de France. Sac de Grain avait autrefois travaillé dans le CRS de Tonton ; certains s’en offusquèrent. Pas lui.

Il y avait aussi Judas, le poulet fermier, qui au beau milieu des élections était parti du poulailler car il ne s’entendait pas avec La Madone et avait rejoint Napoléon dans la porcherie (alors que quelques jours plus tôt, dès qu’il rencontrait un animal, il en disait pis que pendre). Napoléon le récompensa en lui confiant des hautes responsabilités. Bientôt il fut en charge de surveiller les clôtures tout autour de la Ferme pour s’assurer qu’aucun animal étranger ne pénétrerait chez nous.


Au début Napoléon ne rencontra que bravos et applaudissements. Il traça sur le grand tableau noir de la grange une loi qui disait que celui qui travaillerait plus longtemps ne donnerait aucun grain au CRS sur tous ce qu’il obtiendrait en plus. Comme il y avait des animaux, surtout des cochons d’ailleurs, car ce sont les plus courageux et les plus intelligents, qui produisaient beaucoup de beaux légumes, fruits et autres foins (en fait souvent c’étaient de jeunes canards et de jeunes poussins qui travaillaient pour eux et eux les accompagnaient de la voix), la loi dit que jamais le CRS ne leur prendrait plus de la moitié de leurs produits. Le bouclier de l’écot disait-on. Certains qui avaient amassé de véritables trésors en revendant leurs production à d’autres fermes ne subirent plus l’écot sur les trésors qui était une loi que la volaille avait décrété il y avait bien longtemps.


On assigna des objectifs au CRS pour que tous les animaux qui n’avaient rien à faire dans notre Ferme de France fussent renvoyés dans leur ferme d’origine. Parfois, il fallait aller chercher des petits poussins jusque dans l’école, ce qui faisait un peu drôle à Daisy l’institutrice qui apprenait à chacun à compter, à écrire et à lire. Une fois, une cane venue de la lointaine ferme du riz eut si peur des cochons casqués et des molosses qui les accompagnaient, qu’elle sauta du haut du pigeonnier et en mourut. On raconte aussi qu’on renvoya vers des fermes qui avaient des chefs féroces, certains chevaux et bœufs qui les avaient fuies car on ne les y aimait pas et on les y pourchassait.

Mais on n’en parlait peu le soir aux veillées de la grange ; les préposés aux nouvelles préféraient interroger Napoléon et les membres du CRS sur la gestion de la Ferme de France. Et en général, ils s’extasiaient sur toutes ces grandes réformes qui s’accumulaient. Il faut dire que Napoléon était partout à la fois : le matin dans une ferme avoisinante où il obtenait une nouvelle vente de carriole ou la construction d’un futur moulin, le midi à l'ancienne maison des Jones pour réunir son CRS, l’après-midi il passait à la grange inscrire une nouvelle loi sur le tableau, puis le soir, il venait voir les animaux qui travaillait au champ, les exhortant à prendre de la peine car ils en tireraient tous les fruits. Ensuite, il venait répondre aux questions des préposés aux nouvelles.


Et puis aussi, il y eut la belle truie venue d’une ferme du sud. Elle s’appelait Carlotta et ses jambons étaient si seyants, son groin si doux et ses mamelles si parfaitement proportionnées qu’elle avait longtemps été danseuse pour charmer les animaux quand ils revenaient d’une dure journée de labeur. Avec son brin de voix, elle avait aussi chanté quelques chansonnettes douces dont la plus célèbre était « Le cochon qui est bon » : « Il y a une oie qui m’a dit, Que le cochon est bon ; Il y a une oie qui m’a dit ; Que le cochon est bon ; Car sa queue est en tire-bouchon ». Napoléon la rencontra et l’épousa tout de go. On ne parla que de ça pendant bien des soirs dans la grange.


Et puis les nuages s’amoncelèrent. Même s’ils travaillaient plus, enfin quand celui qui les employait le voulait bien, les animaux ne voyaient pas leur ration de grains ou d’avoine s’agrandir. On se rendait compte que lorsque la récolte avait été faite, la part qui leur était rendue diminuait régulièrement, parce que ceux qui avaient acheté le terrain en commun en prenaient une proportion croissante. C’est que ces propriétaires là n’aimaient rien tant que de jouer à s’échanger leurs propriétés, pour voir si leurs prix montaient ou baissaient. Or il arriva que par des circonstances compliquées venues de la plus grande ferme du monde, les prix des propriétés se mirent à diminuer dangereusement. Aussi les propriétaires qui ne voulaient pas perdre trop se servirent de plus en plus sur la récolte. Si ceux qui bêchaient, qui semaient… n’étaient pas contents, les propriétaires les menaçaient d’aller en d’autres fermes où l’on vivait moins bien car ils y trouveraient bien assez d’animaux affamés prêts à faire pousser le grain. Et parfois il le faisaient, et des dizaines de canards, de poules, de chevaux, parfois même de cochons de la Ferme de France se retrouvaient désœuvrés et soumis à la générosité des autres. En effet, en ayant diminué les écots, Napoléon avait vidé la caisse collective de la Ferme de France et il devenait de plus en plus dur de donner à manger à Daisy l’institutrice et aux gardiens de la clôture, de réparer le toit de la grange ou de réhabiliter les clapiers et les étables aux lisières de la Ferme de France. Alors les aides pour ceux qui n’avaient pas de travail…


Napoléon sentit que les meilleures heures s’en allaient. Il se décida à marquer son autorité sur ces idiots d’animaux qui ne comprenaient pas le bien fondé de ses réformes. Il devint nerveux surtout. Un jour il invita un jeune coq qui travaillait à la rivière pour ramener du poisson à venir se battre avec lui parce que le jeune coq raillait le fait que Napoléon avait d’un seul coup presque doublé sa part de nourriture. Une autre fois, à la grande fête des animaux, il insulta un vieux dindon qui ne voulait pas lui embrasser le groin.

Un des problèmes était que les préposés aux nouvelles, qui avant auraient tu de tels évènements, commençaient à en parler. Ca redoublait son énervement. Il s’en prit à Audrey, une des préposées, une très jolie cane brune. Puis il décida que désormais, les préposés seraient nommés par lui et non par un groupe de vieux animaux qu’on ne pouvait pas contrôler. On n’eut même pas le temps d’en débattre dans la grange. Il fit de même avec ceux qui tranchaient les litiges entre les animaux ou qui punissaient ceux qui se conduisaient mal. Les animaux savants, quant à eux, en savaient trop et ne cessaient de se moquer de lui qui n’en savait pas assez ; Napoléon décida qu’il convenait de changer leurs méthodes de travail pour qu’ils se taisent. On décréta aussi que Daisy coûtait bien cher pour s’occuper des jeunes animaux et Napoléon décida que sa part de nourriture serait réduite. Et pour mieux faire taire ceux qui avaient un peu de pouvoir, il se dit qu’il fallait les prendre par là où ça faisait mal. Il décida de nommer à la tête de la maison qui prêtait du grain à ceux qui en avait besoin, un de ses meilleurs amis. Comme ça ceux qui allaient avoir besoin de grains y réfléchiraient à deux fois avant de le critiquer.

Puis, un jour, tu l’as su toi aussi mon cher cousin, on apprit que dans la plus grande ferme du monde, où la situation allait de mal en pis, les animaux avaient choisi un cygne noir comme chef. C’était un évènement incroyable, car il n’y avait pas si longtemps, dans cette ferme, les animaux noirs n’avaient pas le droit d’habiter dans les mêmes étables, poulaillers et clapiers que les autres animaux. Napoléon en conçut beaucoup de jalousie car pendant des jours entiers, les préposés aux nouvelles ne parlèrent plus de lui.


Mais toutes ses gesticulations n’empêchaient pas une sourde colère de monter. Elle finit par déborder lorsque le représentant des canards travailleurs, celui des oiseaux laborieux et celui des coqs, des poules et des poulets se joignirent aux ânes et aux chevaux pour exprimer leur mécontentement. Ils furent des centaines d’animaux à défiler entre le grand champ de betterave et la Place de la Concorde Animale, malgré le nombre impressionnant de cochons casqués et de molosses qu’on avait placés tout au long du parcours.


Mais tout n’avait pas encore été dit.


Il s’avère que ces derniers jours dans une lointaine annexe de notre Ferme, de l’autre coté d’un autre très grand lac, près de la plus grande ferme du monde, les cochons, les canards, les lapins, les chevaux, qui là-bas sont presque tous noirs, ont arrêté de cultiver la canne à sucre et même de faire quelque travail que ce soit. Car là-bas, il faut cultiver énormément pour sa ration de grain ou de foin. Et leurs démonstrations de force sont, parait-il, beaucoup plus violentes que celles de la Ferme de France. Mais je crois que ce qui, aux yeux de Napoléon, est le pire, c’est que les enquêteurs lui ont dit que presque tous les animaux (même les cochons) étaient d’accord avec toutes ces revendications d’où qu’elles viennent.


Alors mon cher cousin, je pense que ta famille, sans le savoir, a eu bien raison d’aller s’installer loin de notre Ferme de France. Car aujourd’hui je suis inquiet de la tournure que tout cela prend. En plus la volaille a passé son temps à se disputer entre La Madone, qui veut encore être la cheftaine malgré sa raclée aux élections, et une autre dinde, Titine, qui est peut être plus sérieuse mais que les animaux n’aiment pas beaucoup. De telle sorte que les animaux ne font guère confiance à la volaille pour redresser une situation aussi compromise. En fait c’est le Nono, celui qui est préposé à la distribution des petits mots que s’envoient entre eux les animaux quand ils n’ont pas le temps de se voir, qui pourrait s’en tirer le mieux, de cette situation. Mais le Nono il ne veut pas aller dans l’ancienne maison de Jones. Lui il veut que toutes les fermes fassent des révoltes, alors… Et, le pire c’est que je me demande si cette conjoncture ne risque pas de remettre en selle le vieux verrat, celui à qui il manque un œil et qui voudrait instaurer une sorte de dictature des cochons.


Voilà mon cousin, je t’ai tout dit. Peut être que je vais te rejoindre. Même s’il y fait plus froid, on est peut être un peu mieux dans les fermes du Nord.


Ton dévoué vieil âne, le Civil.


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PS : j’ai prêté La Ferme des Animaux à mon fils qui a douze ans. Ca m’intéresse de savoir ce qu’il va en retenir, lui qui ne sait rien, peu ou prou, de la construction de l’Union Soviétique, du stalinisme et du trotskisme.

PS bis : j'ai changé ma bannière pour que vous puissiez lire ce texte sans être distrait.


A bientôt

Thierry

RYS

mardi, février 24, 2009

Blind Test de Février : ça s'approche !

Blind Test: la sixième étape c'est samedi !

Et oui l'évènement ce week-end ce n'est pas le Salon de l'Agriculture. C'est le World contest of the blind test qui entame la phase des matches retour. Déjà la sixième épreuve sur les dix prévues. Et ça se passe (à partir de) samedi.

Comme vous le savez, vous jouez (outre pour le fun) pour deux classements (il y aura donc deux vainqueurs à la fin) :

- le classement classique au nombre de points accumulés sur les 10 épreuves (actuellement le trio de tête c'est : Fil, Davnat et La bUze dans cet ordre) ;

- le classement des grosses (notes) pour celui ou celle qui totalisera le plus de 18,19 ou 20 (Zb a pris l'avantage avec 3 grosses, à égalité avec Fil mais avec l'avantage du 20).

Car en effet, pour les deux classements, en cas d'égalité c'est le nombre de 20 qui départagera les ex-aequo (puis s'il le faut les 19, etc.).

Deux gagnants qui tous deux emporteront le cadeau (un rendez-vous galant avec la jeune femme qui honore ma bannière, mais surtout un album du Civil Servant, soit une compilation de titres plus ou moins connus, plus ou moins rares, d'un peu toutes les époques, qui traînent aux quatre coins de ma discothèque, un vrai cadeau quoi, parce que la jeune fille la haut si ça se trouve hein...).

Le déroulement : comme d'habitude : 9 titres et interprètes à retrouver à partir d'extraits d'une longueur variable mais généralement assez courte quand même (et variablement googlisable). Chaque question valant deux points (un point pour l'interprète, un point pour le titre du morceau). On ajoutera le sel d'une question subsidiaire, en rapport avec l'un (ou plusieurs) des neuf extraits à décoder. Celle-ci vaudra 2 points. Ce qui nous amènera à un total de vingt points.

Afin que chacun puisse prendre le temps de venir (que ce ne soit pas la course au premier arrivé), le blind test restera en ligne durant dix jours, ce qui sera le délai pour répondre. Surtout ne mettez pas les réponses dans les commentaires, ça casserait le jeu. Les réponses vous me les adresserez par mail à civilservant@free.fr
Et le lendemain des dits dix jours, je donnerai les réponses ici même ainsi que les scores obtenus et cumulés après six épreuves.

Donc n'oubliez pas, à vos starting blocks le Samedi 28 Février pour la sixième étape du World contest of the Blind Test.

Et bien sûr aussi, les tripots habituels : Dragibus (plus que quelques jours pour répondre à son démoniaque blind test), Coolbeans, Mariaque (en congé pour quelque jours), et Sonic (j'espère n'oublier personne).


Thierry
RYS

PS : les habitués vont recevoir leur mail mensuel (il paraît que toute bonne pédagogie passe par la répétition).

lundi, février 23, 2009

Chronique d'un album raté

Je suis abominablement fainéant ces derniers jours (est-ce dû à mon court séjour à La Rochelle, où je pris un rythme agréablement provincial - qu'on ne lise pas dans ce mot la première trace de condescendance, je sais d'où je viens -, douce léthargie, secouée avec bonheur par un double enregistrement chez l'ami Sonic, évoqué deux billets plus bas et dont le premier sera, je crois, en ligne ce soir ?). Indolence qui ne nuit pas à mes statistiques, ce qui n'est pas le moindre des paradoxes d'un blogueur, un rien attaché à ce qu'on le lise, mais que je me décide à rompre par la plus madrée des façons : faire référence à une chronique du dernier Springsteen, écrite par mes soins sur le Webzine où je sévis avec une régularité toute relative.

Donc, il y a quelques jours je fis paraître quelques lignes sur le nouveau disque du Boss, forcément sévères tant le dernier effort de Bruce a quelque chose de pathétique. Je vous en libre ici quelques lignes, espérant par là-même vous encourager à en lire l'intégrale sur le susdit Webzine ayant nom Culturofil.

Ca commence ainsi :

"Comment on explique qu'un ami de trente ans vous a, pas trahi non, ça ce serait trop fort, laissons le concept aux frères ennemis de la droite des présidentielles de 1995, mais déçu. Oui c'est le mot le plus adéquat. Décu. On ne veut pas lui expliquer à l'ami. De toute façon, on sait bien qu'il ne passera pas par ici. Il ne connait pas Culturofil, cet ami ; d'ailleurs il ne me connaît pas non plus. Pourtant c'est un compagnon. Depuis plus de 30 ans. Un fidèle. Et moi aussi avec des tas d'autres je suis fidèle. Depuis plus de 30 ans. Malgré les petits écarts, malgré des années 90 et 2000 en dents de scie. Et puis surtout malgré les autres. La meute. Tous ces loufiats et ces loufiates qui se sont accrochés à la locomotive quand ses sifflements ont fini par faire le tour de la planète. Et qui j'en ai bien peur vont aimer ce nouveau disque. Parce que c'est lui. Et qu'Obama ça n'arrange rien à l'affaire. Pas plus que le Super Bowl. Oh, on a bien nos clés à nous, celles que les autres ne verront jamais. Nous on ressortira un Southside Johnny ou un John Mellecamp. Ceux-là, même s'ils passent en radio, il y a peu de chances que les loufiats entendent. On leur a pas dit de le faire. Alors... Et puis on sait bien qu'on est pas si nombreux dans les stades à repérer Elliott quand il vient accompagner son frère d'arme, celui qui a réussi, et pousser un bout de chansonnette. Ok on a nos cartes cachées. Ca soulage. Mais ça ne change rien à l'affaire. C'est quand même lui le Patron. Alors s'il se met à déconner, on est mal, un peu."


Et les dernières lignes disent ceci :

"Voilà Patron, dans ton album, il y a deux vraies chansons qui sont dignes de ton passé, plus deux tentatives maladroites et abîmées par la production. Et c'est tout. Et c'est peu. Je pense que tu ne m'en voudras pas, si je conseille aux gens de faire l'impasse. Et ensuite d'aller te voir sur scène. Depuis deux albums, j'ai le sentiment que ta place est là, bien plus qu'en studio.

Je te dis à très bientôt Patron. Il me tarde de t'entendre pour de vrai."


S'il vous sied de connaître les évidemment indispensables développements entre ces paragraphes, vous pouvez le faire en allant lire l'intégralité de l'article sur Culturofil (le lien est dans la partie droite de ce blog).


Et voici comment on rédige un billet sans effort. Oui, j'ai un peu honte, je le confesse.


A bientôt

Thierry

RYS

vendredi, février 20, 2009

A la manière de : Il Gatto del Rabbino

Celui-là, avec son principe "un billet - une question insoluble", il me tendait le clavier. Débiles délires habituels donc pour célébrer le blog de l'heureux possesseur du chien Kiki et du chat du rabbin.

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Teletubies
Land

post marxisme : tel maître tel esclave


Ma question du jour (88,5/2009)

Pourquoi la dernière goutte est-elle toujours pour le slip ?

chie cono :
Ma question du jour (87,3/2009)

Et vos yaourts à vous ? Ils sont aussi passés de date ?



Ma question du jour (85,647/2009)

Y-a-t-il une raison pour que les baleines de parapluie
ne s'échouent pas sur les plages ?

Cd(s) du moment



Ma question du jour (84,002/2009)

C'est pas un peu débile de chanter sous la pluie ?
(même avec des parapluies venant de Cherbourg)




Ma question du jour
(83 - département du Var !!!!/ 2009)


Où sont les femmes ????



Ma question du jour (82°Celsius/2009)

Et qu'est-ce que j'va dire à mon patron
si mon travail est tout salopé ?


Ma question du jour (81US$/2009)

Y-a-t-il un pilote dans l'avion ? Et dans ce blog ?


Ma question du jour
(80 - c'est une Somme ! /2009)

Et qu'est-ce qu'on fera quand on s'ra gros ?



Ma question du jour (79 semaines et demi/2009)

Oh combien de marins, combien de capitaines ?
C'est vrai ça ! Combien ?

Dernier(s) film(s) vu(s)


Ma question du jour (78 ma bonne Yveline/2009)

N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?





Best-of un peu superficiel,

mais une Cash plein pot


Ma question du jour (77/2009 - j'ai une flemme d'un coup)

Vous pourriez pas baisser la musique (et la lumière par la même occasion)?





L'art martial à son climax
belge!

Ma question du jour (76/2009 toujours la flemme)

Sachant que l'intégrale de la fonction exponentielle
est encore la fonction exponentielle,
comment voulez-vous qu'elle ait envie
de travailler plus pour gagner plus : Hein franchement ?





Paul Préboist, les enfants

trinquent !



Ma question du jour (75 Ah Paris, grands boulevards, petites madames, ach la guerre gross malheur / 2009)

Et vous le roti de porc, vous le préférez chaud ou froid ?




Tellement plus prenant
dans sa version indhi!


L'ultimo pistolero
y su pistolera
Ma question du jour (74,47/2009)

Et Dieu dans tout ça ?


Ma question du jour (73 à la douzaine/2009)

Have you seen your mother baby,
standing in the shadow ?


Livres de chevets
(du coté que vous voulez)




Ma question du jour (72 à la douzaine tout pareil/2009)

Les blogueurs peuvent-ils péter en société ?
Est-ce bon pour leurs stats ?




Ma question du jour (71/2009)

Tu t'es vu quand t'as bu ?



De qui c'est y qu'on se moque t'on ?

Jetez un oeil à ces captures d'écran
du Gendarme à Saint Tropez
Histoire sans parole

Time : 1 heures 19 de film.
La fine équipe joue à la pétanque










Portn'awak !

On notera la cravate légèrement en biais de Galabru

Time : 1 heures 22 de film.








Un escalier pour que
mamie Keke monte et
descende
.



Alors qu'il est déçu d'avoir perdu et
qu'il tente une sodomie sur De Funès,
Galabru a de nouveau sa cravate droite.


Franchement, il foutait quoi Jean Girau(d)lt (oups sorry Mariaque) ?

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Bon, c'est qui le prochain ?

Allez à bientôt
Thierry
RYS

jeudi, février 19, 2009

Tous chez Sonic !

Je n'aurai qu'un mot à en dire ! Parfait !
L'accueil : parfait !
Le technicien derrière son fourbis de platines, de micro-ordinateurs et de potars : parfait !
Les micros dans lesquelles j'ai débité mes conneries : parfaits !
Le maître des lieux : parfait ! (même quand j'étais trop bavard...)

Et le petit restaurant derrière la place du marché après les deux enregistrements (soupe aux huitres, petit vin nickel choisi par Sonic himself, serveuses accortes) : parfait !

Dès que possible, moi j'y retourne. Et vous tous, si vous passez par La Rochelle, je ne saurais trop vous conseiller de pousser vers le collège d'Aytré, histoire de partager le micro avec Sonic Eric le temps d'un Unknown Pleasure.

.....et dire que je n'avais pas remis les pieds dans une radio depuis près de vingt-cinq ans... comment j'ai fait ?

Merci encore l'ami !

A bientôt
Thierry
RYS

dimanche, février 15, 2009

Revue de Semaine

Encore une pour la route ! Drames et inepties, tristesses et conneries, blagues à deux balles et jeu de mots laids, indignations inutiles et enthousiasmes plats... tout ce qui fait le sel (frelaté) d'une revue de semaine.
Let's go !

Lundi 9 février :


Elle avait clos la revue de semaine de dimanche dernier. Elle ouvre celle-ci par la seule issue qui pouvait, non pas la libérer elle, elle l'était sans doute vraisemblablement depuis longtemps, mais libérer sa famille de l'inutile attache à des fers inhumains, l'entre deux morts et l'attente. Elle n'aura pas su la bataille féroce et idiote qu'elle aura déclenché ; pas su que même sur les travées du Parlement, le silence de la minute qui lui fut consacrée, à peine terminé, ils s'invectivèrent d'un banc à l'autre, s'accusant de l'avoir exploité politiquement ; pas su que le Très Saint Père dans sa grande miséricorde pour son père à elle, ne voulait pas entendre parler de la moindre action susceptible d'attenter à la vie, même végétative. Elle n'aura même pas su qu'elle vient de mourir officiellement, faute d'être nourrie pendant quelques jours, elle qui l'était déjà depuis des années.


La c'est plus qu'un article, c'est une analyse plutôt poussée (mais assez courte pour être lue rapidement tout de même) de la situation politique en Russie, mettant l'accent sur la recrudescence de mouvements aux marges de la politique mais organisés et susceptibles de faire basculer le pays dans un état de troubles qui ne serait bon pour personne. Le titre est un peu accrocheur mais menteur, en ce qu'il évoque les mouvements fascistes et néo-nazis russes qui seraient responsables d'un nombre assez affolant de morts violentes, alors qu'il explore bien d'autres pistes potentielles de déstabilisation de l'empire. Cela étant, il pointe bien le danger d'être un libéral (au sens politique) et démocrate affiché à Moscou ou à Saint Petersbourg (ce dont on se doutait), mais montrer aussi qu'il n'est pas si évident que les pro Poutine contiennent et manipulent les jeunes skinheads nationaux bolcheviques. Ce qui n'est pas le moindre des risques pour le pays. L'incertitude ne sied pas au plus grand pays du monde (géographiquement) surtout quand sur son sol sont entreposés suffisamment d'armes nucléaires pour vitrifier cent (mille ? cent mille ?) fois la Terre.


Mardi 10 février :


La première nouvelle de la journée pour moi, ce sont les 12 ans de mon fils Thomas. Je regrette amèrement qu'aucun journal, site ou blog n'en ait fait mention, aussi je répare ici-même l'erreur.


Après l’anniversaire, la naissance. C’est aujourd’hui le lancement d’un nouveau site d’informations issu de la presse écrite. Slate.fr il s’appelle et c’est le fils, si j’ai bien compris, du Slate.com américain. Dans l’article que je vous mets en ligne, vous lirez ce que les auteurs ont dénommé leur « profession de foi ». Les principes sont a priori intéressants, s’il s’agit effectivement d’essayer d’informer sans contrainte de pré requis idéologique de quelque ordre que ce soit, de tenter de décortiquer la complexité du monde le plus objectivement, en admettant que d’aventure on puisse vraiment l’être quand on écrit. Ceci étant posé, la lecture de certains noms parmi les signataires de ce texte n’incline pas exactement à penser que Slate.fr va être naturellement dégagé de toute contingence partisane. Oh ! pas au sens politicien du mot. Non plutôt dans le sens de la bataille qui oppose « modernes » à « archaïques » au sein de la gauche. Car modernes, c’est ainsi, en général qu’ils se présentent les néo libéraux à couche sociale que sont Attali, le pourfendeur des taxis honteusement protégés par un statut hors de propos, Colombani, le béni oui-oui des figures tutélaires, d’où qu’elles viennent, et Eric Le Boucher, le fervent zélateur de la globalisation des baisses d’impôt et du recul de l’Etat (je ne connais pas les deux autres, je n’en dirais donc rien). A ce tarif mon archaïsme me va bien. Bref, de là à penser que ce nouveau site aurait, en sous-main, vocation à contrer les gauchisants Rue89 ou Mediapart, il y a un petit fossé que ceux-là ne se privent pas de franchir. C’est l’avenir qui dira s’ils ont raison ou non. Ce qui est certain en revanche, c’est que Slate est déjà dans mes favoris. Pour le moment…


Si on se demande pourquoi les Verts ont une influence politique aussi modeste en France, alors qu’objectivement, leurs thématiques sont d’une acuité et d’une réalité qui est presque terrifiante quand on y réfléchit deux secondes, si on se demande par quelle ironie de la politique, ceux qui ont eu le plus tôt raison du point de vue idéologique (notamment pendant la campagne de Dumont en 1974 lorsqu’il prédisait l’effet de serre) sont aussi peu audibles, il faut regarder ceci. Honnêtement se battre pour qu’entrent en mairie les pacsés et les couples en union libre à l’occasion d’une fête (qui sent bon le ringard) donnée par le Maire à l’occasion de la Saint Valentin, voilà un combat qu’il est bien comme aurait dit Coluche. Franchement, la Saint Valentin je n’ai besoin de personne pour la fêter, marié ou pas. Ni d’un maire UMP qui sent bon le familialiste à l’ancienne, ni des Verts dont je préférerais qu’ils reviennent à leurs fondamentaux (comme on dit en rugby).


Mercredi 11 février


L’homme qui n’a jamais rêvé d’être une hôtesse de l’air, et par voie de conséquence a été un cauchemar pour les hôtesses de l’air lors d’un vol vers l’Afrique du Sud, se lâcherait un peu trop dès lors qu’il n’est plus en service commandé, voire même lorsqu’il l’est. Au point que France2 préfèrerait désormais qu’il n’assure point ses émissions en direct, peut être par peur qu’il ne pète un câble devant les millions de ménagers et ménagères qui plébiscitent ses shows. Son fond de commerce n’est pourtant pas la rigolade. Bien au contraire, c’est des larmes habilement tirées par ses airs de commisération concernée et solidaire vis-à-vis des détresses qu’il fait se déverser sur son plateau, comme on verse du purin sur un champ pour le fertiliser, qu’il tire ses subsides. Mais soit l’homme est atteint de schizophrénie dissociative (Docteur Kleenex et Mister Gaulois), soit son activité à forte valeur lacrymale ajoutée brime tant son caractère farceur que ce dernier se fait parfois bruyamment la malle et sans aucun contrôle, au point que le pauvre animateur se relègue lui-même au rang du pétomane des soirées mondaines. Offrant sa récompense à Yasmina Benguigui (un globe de cristal), il lui a asséné un douteux : « Attention c’est lourd, voulez-vous que je vous tienne votre globe, ou vos globes ? ». Voilà comment une allusion graveleuse vous rend tricard (oui ok, je reconnais qu’elle n’est pas légère non plus !).


Mais si d’aventure, notre animateur a vraiment des velléités de malaxer les seins de femmes matures (en souhaitant que personne ne prenne ombrage de ce qualificatif accolée à Mme Benguigui), il est un pays de cocagne où nous pouvons lui conseiller d’émigrer : le Japon. Courrier International nous narre le nouveau mood dans le porno nippon : le hard âgé. Etant donné que la population vieillit, le X mettant en scène des acteurs du troisième âge (surtout des hommes dans un premier temps, mais ces dames s’y jettent aussi) devient un créneau extrêmement lucratif et porteur. Le fantasme passant bien sûr par l’identification. Et cet homme dénommé Shigeo Tokuda, s’il n’a pas encore la carte de visite d’un Rocco Siffredi, est devenu une star du genre avec plus de 350 films à son actif. Il a soixante-quatorze ans. Dans de telles conditions, j’accepte volontiers le présage d’une retraite prise plus tardivement que nos ainés.


Jeudi 12 février


Aujourd'hui c'est spécial « petite soucoupe dans le cerveau ». Je m'explique : deux articles à la gloire des fêlés du ciboulot, du genre de ceux qui croient à la théorie du complot, mais en plus prosaïque.


Commençons par celle-ci qui est certaine d'avoir photographié une Dame blanche. Légende urbaine aussi tenace que celle des mygales dans les yuccas dans les années 80 (les yuccas étaient à la mode et une rumeur prétendait que plusieurs personnes avaient été piquées par des mygales dans leur appartement après avoir fait l'acquisition de la plante). Plus tenace même, puisqu'elle passe sans encombre la barrière du temps. Nous n'avons plus de sorcière, nos forêts se sont vidées de leurs trolls, les loups ne campent plus aux portes de nos villes... Maintenant nous avons les dames blanches. En fait sur la photo on voit essentiellement une sorte de tache blanchâtre au premier plan qui ressemble beaucoup à un effet de reflet. Mais si on regarde de plus près, on s'aperçoit qu'en arrière plan il y a une autre tâche blanche, plus petite. La fille de la dame blanche ? Ca se reproduit les dames blanches ? Ah, autrement, je vous conseille le dernier lien tout en bas de l'article. Celui-là est plus intrigant. Mais il est vrai qu'on ne voit pas grand chose, même en s'approchant près de l'écran. Regardez et dites moi ce que vous en pensez, vous.


Ceux-là, ils ont aussi la soucoupe, mais la leur est d'essence divine ! Alors que l'on fête aujourd'hui le bicentenaire de Darwin, les théoriciens du créationnisme, qui prônent que l'apparition de l'homme s'est faite ainsi qu'il est dit dans la Bible, ne se sont jamais aussi bien portés. Prenez le temps de regarder la petite vidéo, elle est instructive. Moi j'y ai été soufflé d'apprendre que autrefois on vivait 900 ans. Et que pour cette raison, les lézards avaient le temps de grossir au point de devenir des dinosaures. Mais ce qui me trouble tout de même, c'est que si on vivait 900 ans, il y a 6 000 ans (origine de la création de l'univers selon nos théoriciens en herbe – folle s'entend -), Adam est à peine plus qu'un arrière arrière grand père. Et là, désolé mais le bât blesse. Il n'y a eu personne pour leur dire aux allumés du musée de la création ?


Vendredi 13 février


Aujourd’hui la journée porte bonheur. Ou malheur. C’est selon. L’optimiste y verra un signe positif, annonciateur de nouvelles heureuses, le pessimiste se réfugiera derrière les talismans et pattes de lapins, craignant plus que tout ce jour funeste, et l’idiot regardera le doigt (ah, non, j’ai mélangé ; l’idiot c’est dans une histoire de lune qu’il intervient).

En tout cas Eurostat, l’office européen de statistiques a choisi. Vendredi 13 est porteur de lourds présages. Jamais, depuis qu’elle existe, cette institution n’avait annoncé des chiffres de croissance aussi calamiteux (nota: document .pdf). Du reste, lorsqu’on en est là, on ne peut plus parler de croissance, sauf, comme le ministre du budget, jamais avare de paroles technocratiques si elles peuvent avoir la vertu d’embrouiller le monde, évoquer une croissance négative, voire une décroissance. Monsieur le ministre, cela s’appelle une récession. Oh certes, la moyenne annuelle pour 2008, grâce à un premier trimestre qui s’est tenu correctement, restera positive (légèrement). Mais le pire est devant nous. Au plan arithmétique c’est même quasiment mécanique. Du reste le gouvernement a fini par l’avouer, tablant sur une contraction du PIB de 1% en 2009. Le danger c’est désormais la réaction protectionniste, la plus naturelle mais la plus mortifère pour une économie dépendant aussi de ses partenaires commerciaux. En bref, le slogan « achetez français » est certes sympathique, mais il est un peu idiot. De fait, jusqu’à maintenant et malgré un secteur automobile au bord du gouffre, Obama n’y a pas cédé. Mais lui relance massivement. L’Europe s’enferre, elle, dans une succession de plans nationaux, d’ampleurs inégales et, plus grave, peu concertés (celui-ci relance les investissements à court terme, cet autre ceux à long terme, le troisième sa consommation). Et pendant que la maison commence à brûler, la commission européenne se penche sur le très urgent cas de savoir si les aides de la France à son industrie automobile ne sont pas des « distorsions de concurrence ». Alors qu’elle ferait mieux d’encourager l’ensemble des pays de la zone à le faire puisque les USA ont décidé de mettre en œuvre cette politique de soutien. Alors qu’elle serait autrement avisée de proposer aux Etats membres une stratégie pour coordonner les plans nationaux de soutien. Bon et puis moi, hein je dis ça, je dis rien !


On va se détendre deux minutes avec ces fortes intéressantes nouvelles collectées sur le site en ligne du Figaro. La première vaut son pesant de cacahuètes de Corrèze. François Hollande candidat en 2012. Put... manquait plus que lui (et Jack Lang aussi ; il se réserve pour le moment ?). Ah ! J’imagine le duel proposé aux militants : Ségolène contre François. Lui : « Ne votez pas pour elle c’est une folle, je le sais, j’ai vécu des années avec elle ». Elle : « On ne peut pas faire confiance à un homme qui a trompé sa femme avec une journaliste ». Lui : « C'est normal tu n'aimais pas le boogie woogie, ah je me demande comment j'ai pu lui faire quatre enfants » Elle : « Justement ne lui faites pas confiance, il fait ça avec n'importe qui ». Ah les débats vont avoir de la tenue, c'est certain.

Il y en a eu deux autres qui ont éveillé mon esprit un peu embrumé à l'heure où j'écris ces lignes. La première m'a fait sourire : c'est idiot, mais le fait que le président de la chambre de commerce et d'industrie de Limoges, parti au Kurdistan signer un quelconque accord de coopération, s'appelle Jean-Pierre Limousin, moi il ne m'en faut pas beaucoup plus.

La seconde m'a fait rire jaune : on a beau être entré en récession, la vente aux enchères de la collection Bergé Saint-Laurent a attiré tant de déshérités que les palaces parisiens affichent complets. Pas de crise pour les « amateurs » d'arts !


Samedi 14 février


Hier c'était la fête pour les buralistes vendeurs de tickets de Loto, aujourd'hui c'est celle des fleuristes. Heureusement que ce pays a encore quelques traditions qui contribuent à soutenir la consommation des ménages.

Alors pour le reste ce n'est pas qu'il ne se soit rien passé aujourd'hui. L'affaire Colonna se brouille, en Israël, les négociations pour un futur gouvernement présagent mal de la paix, et la France à battu la faible Ecosse sans jouer au rugby. Mais bon, je préfère retenir cet article du Parisien d'hier. Nicolas Sarkozy serait plutôt enclin à ce qu'on réduise la durée des congés parentaux, considérant qu'il n'est pas bon pour les femmes de s'éloigner longtemps du travail. Sans juger de la pertinence du propos, je comprend tout à coup un peu mieux pourquoi Rachida Dati a repris le collier aussi vite après son accouchement.


Bon allez bon dimanche.


Nota : pas de revue de semaine dimanche prochain. Je m'éloigne quelques jours de chez moi et de mon ordinateur. Mais pas de la musique... et ça je vous en reparlerai très bientôt.


Thierry

RYS


vendredi, février 13, 2009

Pop délicate d'outre Quiévrain

Celle-là, j'ai bien failli vous la coller dans un blind test, puis je me suis dit que ce ne serait quand même pas très fair-play de ma part. J'en chie suffisamment actuellement sur celui de Dragibus, pour ne pas me venger bassement. Car vous auriez sûrement tous (ou presque) plongé.

Qui se souvient de Jo Lemaire, hormis, peut être nos amis belges. Tiens c'est pas dur, même son site officiel est en flamand (certes on propose d'autres langues, mais quand vous ouvrez c'est en flamand), alors qu'elle chantait en français à l'époque de son relatif succès.

Pourtant, à l'orée des années 80, avec son groupe Flouze, Jo Lemaire + Flouze avait sorti un album (je l'ai mais il n'est pas encore encodé, je ne vous proposerai donc pas de titres qui en proviennent) qui avait obtenu un début d'audience. Oh certes c'était minime, mais elle était programmée sur des radios libres, fit les Trans, passa même une fois ou deux à la télé (notamment avec sa reprise du Je suis venu te dire que je m'en vais de qui vous savez). Les années 80 passèrent et elles emportèrent doucement celle qui avait pourtant une vraie classe pop dans des années qui en furent assez dépourvues.

En 1990, elle sortit l'album Duelle dont est extrait le titre que je vous propose et qui donc, eut été un sérieux casse tête dans un blind test (convenez-en). Ce fut son dernier éclat avant qu'elle ne se replie définitivement au-delà de la frontière du Nord. Elle tourne toujours en Belgique, recentrée désormais sur la chanson (et en particulier Piaf).

Jo Lemaire : C'est mon bâteau.
(montez le son, le niveau d'encodage est moyen)

Voilà c'est un peu court. Comme le fut le parcours de cette belle chanteuse, sûrement trop classe pour une époque qui privilégia Jackie Quartz et Jeanne Mas. Graziella de Michelle, dont j'avais parlé ici, a vécu un destin un peu parallèle. C'est nul d'avoir du talent quand l'époque n'en a pas.

Allez, à bientôt
Thierry
RYS

mardi, février 10, 2009

A la manière de KMS

En fait je ne sais pas si vous aimez ça, mais moi qui suis resté potache ça m'amuse. Alors je continue. Quitte à m'en prendre une un des ces jours.

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Sing It Carla !
Projos inconséquents et jambons pour cataplasmes (saison 287,3)

Egogo





Sexe : ? / Age : 666
Profession : nutritionniste
Situation : opposant aux régimes de bananes


mardi, février 10, 2009

8287 : Charlus : Prout's Plague (Album : Is my ass acting like a motorbile ? 1908)



Pépé était un mélomane. Avec ma petite sœur, bien souvent il nous menait au kiosque à musique écouter les fanfares militaires, ce qui nous remplissait de joie les dimanches brumeux et cafardeux d'octobre, quand seul le cygne s'ébroue sur le lac et qu'une feuille s'abandonne au vent et finit en se vautrant sur son bec.

Pépé était aussi un pétomane.
Avec ma grande sœur, nous aimions à rire en cachette quand il forçait sur la vieille manivelle de sa Panhard Levasseur et se soulageait bruyamment, se croyant à l'abri des regards et des oreilles indiscrets. C'était cette odeur et ce bruit qui m'ont poursuivi tant et tant, jusqu'à ce jour d'octobre 1979 avec la jeune fille au justaucorps rose.
Le bruit de crissement des loufs de Pépé, comme une plainte extirpée des cordes de Tom Verlaine, cette guitare que Rémi écoutait avec de la nostalgie dans ses yeux vagues de brave bête qu'il était. Trop content moi de lui laisser faire mes exercices de maths, jusqu'au jour où il y eut la fille au grands yeux bleus et aux boucles d'oreilles à pois, sa cousine si je me souviens bien (par alliance en fait puisque sa mère avait quitté son père et s'était mise avec son ex beau-frère qui venait de rompre avec mémé, enfin c'est une autre histoire, comme de la neige, jamais assez abondante sur les trottoirs quand nos pieds glissent comme une attaque au saxo d'Archie Chip qui te colle comme un pruneau dans le cerveau qui se bloque au point mort comme la caisse de Senna pile dans le mur, et aidez moi je ne m'y retrouve plus...)

Tom Verlaine ta guitare crisse et les débourrages de Pépé, ce jour d'octobre là, et Rémi qui nous met la Television. Tout qui me revient brutalement, cette enfance olfactive et sonore, comme une madeleine de Prout !

Comment m'étonner que trente ans plus tard j'échouais dans un office d'HLM à accorder des Pets au Logements Aidés à des ménages surendettés. Est-ce qu'elle existe toujours la fille aux noeud violet dans les cheveux, la cousine par alliance de Rémi ? Quand Tom Verlaine minaudait ses arpèges, dans un vent de tonnerre (Pépé toujours là), fort comme le café des hommes qui veulent que tu renonces, comme tant d'autres l'auront fait avant toi, comme une feuille qui se laisse aller dans l'automne parce qu'elle sait qu'elle finira happé par le bec cruel du cygne, comme nos vies qui s'égrennent (help again !).

Elle était grande et belle la fille au short bleu que Rémi m'avait présenté comme une grande fan de Jean Jacques Goldmann et de Tom Verlaine réunis. Elle n'avait jamais entendu la musique de Tom Verlaine mais elle assurait à tout le monde que "porter le nom de l'immortel écrivain de Notre Dame de Paris, c'est top génial et vraiment la classe dans ce monde trop pourri d'hypocrisies et de conformismes" (et c'est pour ça qu'elle avait des sabots violets et que son appareil dentaire était fluo ; et déjà je l'aimais surtout que ses dimensions poitriniennes dépassaient l'entendement). Au deuxième morceau (était-ce Yonki Time ? ou Quand la musique est bonne ?), elle déplia son genou, montrant ses chaussettes montantes en pure laine Woolmark, que le solo de la Telecaster déchira brutalement, et elle lacha une perle qu'elle tenait de sa mère-grand, comme un talisman de la vie éternelle qui s'offre à nous quand on a dix-sept ans aux cotés d'une mammalement sudéveloppée jeune fille qui descendait les bières les unes après les autres, bières rouges ou noires, comme les tenues de scène de Taxi Girl ou était-ce Marquis de Sade, de Rennes à Paris, nos amours évoluaient comme de l'air qui a trop longtemps été renfermé et s'échappe brutalement en crissement comme les loufs de Pépé (Mayday, mayday, je voudrais finir ma phrase !).

Quand elle s'est levée, il était déjà trois heures du matin dans le taudis de Pépé, ou était-ce celui habitait Rémi ? Et la guitare de Verlaine (était-ce vraiment une Telecaster ? je ne peux me souvenir de ce point précis et cette absence est comme un abcès qu'on ne peut jamais crever, comme le parfum immatériel et fantomatique de la jeune fille au chignon rouge, un rêve inaccessible qui s'évanouit au loin, comme les bateaux qui s'en vont, mais dont j'aime le bruit de sirène lorsqu'ils accostent, ces sirènes plein phares comme ceux de la Panhard Levasseur de Pépé) (tiens je vais mettre des parenthèses c'est joli aussi).

Et elle s'est rassie (rassite ? rassise ? rassi ?) vers cinq heures, le disque jouait sempiternellement la même note car trois tonnes de poussière de tristesse bloquaient le diamant, c'était le début du solo de Yonki Time, non plutôt de Quand la musique est bonne, non ce ne pouvait être Friction. Miction, plutôt car j'eus soudain une violente envie de pisser !

Et l'on entendit Charlus, comme durant les aubes grises de nos nuits bleues, bleues comme les nuits de Corse, et on se dit alors que c'est un signe et que Pépé est toujours là, que ma grande soeur me tient par la main pendant que Pépé tourne la manivelle de la vieille Panhard Levasseur. La montre à gousset de Pépé indique 8 heures 28, mais ce n'est pas possible c'est encore l'heure d'été, d'ailleurs Pépé est toujours en avance. A l'image du vieux boy-scout Toujours Pet !
Et je me libère enfin. Mais ça foire.

Alors il faut rentrer, dans le vent découragé chargé de neige salie qui collera longtemps aux boots mentales de Tom Verlaine (et de Jean Jacques Goldmann). Le vent, les vents. Pépé.

Charlus ne me quittera jamais vraiment. Comme la fille aux longs cheveux bruns.

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Who's next ?

A bientôt
Thierry
RYS

dimanche, février 08, 2009

Revue de Semaine

Comme tous les dimanches, avant les futilités téléfootiennes ou les nourritures spirituelles du Jour du Seigneur, il est bon de lire la revue de semaine. J'ai dit !

Lundi 2 février


Donc un an déjà ! Qu'ils se sont épousaillés. Il y a d'ailleurs une espèce de légende urbaine, dont je ne connais pas la part de légende ni la part d'urbanité, qui voudrait que le mariage soit invalide car il n'aurait pas été ouvert au public, ce que prévoit expressément la loi. Chercher des poux dans la tête de Nicolas pour des broutilles pareilles, faut vraiment rien avoir à faire d'autres, parce que franchement, de la matière ça ne manque pas.

Gentil article donc que celui-là qui pointe avec une sorte d'allégresse retenue, l'assagissement de la belle Carla (rappelant néanmoins fielleusement ses antiques déclarations sur la monogamie), et son influence toute en retenue et discrétion. Hormis son intervention en faveur de Maria Petrella (au nom de sa sœur Valeria si l'on en croit l'article) qui fut assez peu cachée. Elle a eu de la chance Maria Petrella d'être dans les papiers de l'impératrice ; ça lui a valu la mansuétude de l'Empereur. Et tout le monde de s'esbaudir au beau spectacle de l'arbitraire lettre de « (dé)cachet ».


On change radicalement de sujet avec cet article de Courrier International (ah désolé il est passé en mode abonné) qui traite d'un problème qui se pose aux britanniques, dont je crois personne n'a encore parlé dans nos médias, alors qu'il est annonciateur des conflits potentiels générés par la crise actuelle. Les travailleurs anglais commencent à revendiquer qu'on les embauche eux et pas des travailleurs étrangers. Il est vrai que la Grande-Bretagne, sous la férule de Blair notamment, a fortement développé cette politique du recours à l'emploi de la main d'œuvre européenne. On parle beaucoup le polonais en Angleterre. On sent bien sûr les remugles de ces prises de position. Mais il serait malséant de s'en tenir à une pure position de principe renvoyant les travailleurs anglais à une xénophobie réelle ou supposée sans prendre en compte le formidable effet d'aubaine pour le patronat local que représente l'apport d'une main d'œuvre moins regardante sur ses salaires et ses conditions de travail (encore que les conclusions des chercheurs sont contrastées sur ce sujet). Mais ce ne sont pas les deux décisions de justice rendues en Finlande et en Suède (voir à la conclusion de l'article) qui seront de nature à les rassurer les workers d'Albion. Et ça non plus on n'en a pas beaucoup entendu parler. Comme la directive Bolkenstein en son temps. Avant la campagne sur le référendum.


Mardi 3 février


« Dieu n’existe probablement pas. Cessez de vous inquiéter et profitez de la vie ! ». « La mauvaise nouvelle est que Dieu n’existe pas. La bonne est qu’on n’en a pas besoin ! ». Slogans d’une campagne de l’Union des athées et agnostiques rationalistes italiens (mais oui ça existe : pas les italiens ballot, ça on le savait, mais les athées et agnostiques rationalistes italiens). La dénomination m’amuse un brin : existerait-il des agnostiques irrationalistes ? Ah oui, je crois voir : ceux qui vont voir Elisabeth Teissier (Diable le vieux Mitterrand en était donc un ! Quoique avec ses forces de l’esprit et son "partout où je serais je serais avec vous", il avait sévèrement donné dans le mystique Tonton). Ah et puis aussi ceux qui regardent TF1 à 13 heures et qui pensent qu’il existe encore et pour de vrai des tailleuses de pipe artisanales à Saint-Claude et des malaxeurs de miches pour boulangerie à l’ancienne à Saint-Sever. Oui eux aussi ils ne sont pas très rationnels. Oh il y a bien aussi ceux qui pensent qu’en travaillant plus on peut gagner davantage, mais leur nombre décroît parait-il.

Campagne pleine affiche sur les bus. Et internationale puisque relayée en Espagne et bientôt en Grande-Bretagne. Et en Italie, grincements de dents épiscopales au point (il n’y a pas de preuve mais les présomptions sont fortes, plus en tout cas que celles de l’existence de Dieu) que les compagnies de bus ont interdit cet affichage à Gènes. Bon. On n’a pas trop lieu de se moquer : il y a vingt ans, la RATP interdisait les affiches des « Saisons du Plaisir » de Mocky parce que les champignons y étaient un peu trop phalliques…


J’avais voulu provoquer les blogueurs enseignants que je sais assez nombreux (et oui que voulez-vous ils ont du temps ceux là ! Allez c’est parti…) la semaine dernière avec les données sur le niveau des élèves en orthographe en CM2. Peine perdue. Hormis Disso qui vint en ces lieux révéler que tout ça tenait à une baisse de l’exigence (position foncièrement réactionnaire, et que je partage car ça m’amuse et en plus je crains bien que ce soit vrai), les autres se turent. Mais là si je vous dis que la France n’est qu’en position médiane en matière de compréhension de la lecture par la jeunesse. Et que c’est une enseignante qui le signe. Vous allez bien être quelques uns à gueuler non ? Et si en revanche, reprenant les propos de l’enseignante, j’affirme que la France est un des pays dont les classes sont les plus chargées, vous allez bien en dire un mot quand même ? Non, ah put... vous me décevriez.


Mercredi 4 février


Je vais faire très court, tout simplement parce qu’une enquête aussi approfondie (vous verrez, elle renvoie sur des liens en cascade, à chaque fois très intéressants), qui tord le cou aux arguments de la théorie du complot américain le 11 septembre 2001, ne peut pas se résumer en quelques lignes. Je vous mets le lien, et je vous laisse parcourir l’ensemble.

On se retrouve dans une petite demi-heure.


Vous revoilà ?

Cette autre enquête, dont les résultats sont détaillés dans Femme Actuelle (et alors j’ai bien le droit de lire la presse féminine si ça me chante non ?) est apparemment d’une grande inutilité. Payer des gens pour qu’ils nous démontrent que la précarité augmente le risque suicidaire, c’est jeter le pognon que les précaires aimeraient bien pouvoir dépenser, par les fenêtres d’où sauteront tous les grands actionnaires quand la bourse s’effondrera vraiment. En même temps c’est vrai qu’on retiendra quelques chiffres : 21% des français ont songé au suicide (seulement ?) et 3% sont ou ont été hospitalisés à la suite d’une tentative de suicide (ah ouais quand même). Mais quand on voit sur quelles préconisations tout ça débouche (exemple : un dispositif d’écoute et de soutien lors des plans sociaux – sûr que c’est de ça qu’ils ont besoin les ouvriers qu’on licencie), on remballe les chiffres et on plie. Enfin bon on ne peut pas en vouloir à une organisation de prévention du suicide d’essayer de faire toucher du doigt aux responsables que la compétitivité ça a un prix assez élevé chez ceux qui ne peuvent pas suivre.


Jeudi 5 février


Mauvaise journée pour le rock'n'roll. On a appris en fin de journée les décès de Lux Interior, le cœur épuisé par une vie pendant laquelle le grand hurleur zombie ne s'était pas ménagé. Lorsque de New York, les Cramps étaient revenus à Los Angeles, leur raison était la suivante : « fast cars, fast girls and fast drugs ». Question filles, Lux Interior avait rencontré très tôt celle qui partagerait sa vie et ses aventures musicales, la plantureuse Poison Ivy, bien seule désormais. Et ils formèrent le couple légendaire de la furie psychobilly du début des années 80. S'il a été influencé par quelques grands fêlés (Screamin' Jay Hawkins bien sûr pour l'attirail et le cirque, les Trashmen qui furent peut être d'ailleurs les créateurs du punkabilly avec leur Surfin Bird que les Cramps s'ingénièrent à reprendre évidemment, mais aussi le rock garage le plus punk, comme les Sonics), Lux Interior est le père putatif d'une palanquée de groupes qui reprirent la formule, chacun l'adaptant à sa sauce, aucun ne parvenant à en égaler l'hystérie maniaque sur scène. Les Wampas bien sûr, les Vierges, les Fuzztones et aussi Birthday Party (l'humour en moins). Car les Cramps c'était aussi une sorte de grande blague, crade et dangereuse, mais ayant suffisamment de trash culture pour n'être pas dupe de soi. Beaucoup ont d'ailleurs raconté l'incroyable décalage qu'il pouvait y avoir entre le Lux Interior privé, homme calme, cultivé et posé et la bête démoniaque et possédée lorsqu'elle montait sur scène. Ce décalage n'existait pas semblerait-il s'agissant de Poison Ivy ou du regretté Bryan Gregory, ce qui les rendait l'une et l'autre bien plus inquiétants. En quelques semaines, coup sur coup, deux rockers bruts (comme on le dirait d'un diamant) viennent brutalement de partir. Après Asheton, Lux Interior vient de s'installer, Dieu et Diable seuls, savent ou !


Dans son interview fleuve accordée à la moitié du PAF au garde à vous dès qu'il s'agit de venir lui servir la soupe, et que je me suis abstenu de regarder, absorbé que j'étais par d'autres problèmes concernant ma petite commune, Nicolas Sarkozy annonce la suppression de la taxe professionnelle. Sans même attendre les résultats de la commission Balladur sur la réforme des collectivités locales (rappelons que la TP est un des quatre impôts destinés aux communes, départements et régions), ce qui va sûrement faire grand plaisir au goitreux. Bien. Il est obligatoire que les collectivités locales récupèrent un autre impôt pour se financer (depuis la décentralisation Raffarin, il est désormais constitutionnel qu'elles conservent dans leurs recettes une certaine part de fiscalité sur laquelle elle peuvent jouer). Donc un impôt local va en chasser un autre. Il serait surprenant que ce soit un nouvel impôt sur les entreprises (puisque l'idée de supprimer la TP est de les soulager de leur « fardeau » fiscal). Vous voyez où je veux en venir. D'une manière ou d'une autre ça sera aux ménages de faire la soudure. Impôt sur le revenu, TVA qu'importe, il y aura un chouette transfert de charges des patrons vers leurs salariés. C'est cool la réforme non ?


Vendredi 6 février


Je reviens sur les complotistes, terme que je dépose si ce n’est déjà fait, pour désigner les adorateurs du complot, cette cause parfaite, inaccessible et masquée, de tous nos maux car elle a la vertu de nous exonérer de toute responsabilité et culpabilité dans la marche du monde, à la faveur de cet article. Le ministre de la Défense alerté par un papier précédent du même journal a décidé de se séparer, j’imagine sans le remercier, d’un géopoliticien titulaire d’une chaire à la feue (si je puis dire) Ecole de guerre. Il faut dire qu’il ne mégotte pas le dit professeur sur les théories fumeuses (si je puis dire à nouveau) sur l’écroulement des tours (qui ne pourraient qu’avoir été causé par des explosifs à l’intérieur et bla bla bla– si vous avez lu quelques lignes plus haut vous avez le contre argumentaire). Bon, de fait, le destin de ce brave homme, soutien de De Villiers et intervenant devant la très sympathique association Renaissance Catholique, m’est fort égal, et je ne crois pas que je me serais attardé sur son cas s’il n’y avait eu, sous l’article, ce cortège de réactions pour la plupart indignées… qu’on n’accorde pas plus de crédit à l’hypothèse complotiste ! Et criant à la liberté d’expression bafouée. Ont-ils la même réaction indignée à propos du cardinal Williamson qu’on empêche de proclamer librement que la Shoah n’a pas eu lieu ?


Il est en revanche des commentaires qui m’amusent un peu plus, ce sont ces réactions à l’interview que Madame Parisot a accordée à La Tribune. La patronne des patrons se dit consternée de voir des photos des manifestations françaises à la une des journaux financiers américains et argue qu’on appauvrit et déconsidère la France lorsque l’on fait grève. Argumentaire qui ‘est pas si éloigné de l’anti France et autre parti de l’étranger de sinistre mémoire. Mais bon sang, en revanche, moi qui avais toujours vu La Tribune comme un journal qu’on ne pouvait que difficilement taxer de gauchisant, je suis un peu sidéré par les réactions de ses lecteurs. A coté les membres du futur NPA sont d’aimables farceurs. Pour un peu on en trouverait un, prêt, comme à l’ancienne, à pendre le dernier curé avec les tripes du dernier patron ! Il y a un même un de ces gueux qui se permet la tutoyer et de la héler par son prénom. Crénom ! Monsieur Alain Weill, patron du groupe de médias NextRadioTV, dont les fleurons sont RMC, BFM, BFM TV et 01 Informatique, et qui détient aussi le quotidien économique, devrait penser à faire modérer les commentaires sur le site ! Il y va de l’honneur du patronat quand même.


Samedi 7 février

On finit la semaine par un acharnement thérapeutique, qui n'a, en fait, de médical que l'alibi. Berlusconi, allié objectif de la partie la plus éclairée du clergé (entendez éclairée comme on lorsque l'on est est aveuglé par la lumière - divine obligatoirement), utilise toutes les armes juridiques possibles et potentielles pour empécher une femme, en vie végétative depuis des années, d'être laissée au triste mais inexorable sort que la nature lui a réservé : la mort. Il suffit pour ce faire de débrancher la machine qui, artificiellement, la retient dans un entre deux qui s'il n'est pas la mort officielle, n'a plus de vie que le nom légal. Le Condottiere est prêt s'il le faut, et en urgence, à faire voter une loi ! Comme si rien n'était plus urgent pour ceux qui en Italie sont vraiment vivants et font face au délitement du capitalisme mondial.

Elle était belle Eluana Englaro ; il a hélas fallu qu'à vingt ans un accident de voiture la cloue définitivement hors du monde. Et voilà qu'aujourd'hui, des arriérés dévôts qui ne connaissent rien de la vie, qu'ils ne font que traverser dans leurs robes rouges et leurs odeurs d'encens, jugent que la laisser partir c'est la tuer. Au nom de quoi ? De quoi ont-ils donc si peur ? D'admettre que le caractère aléatoire et injuste de la vie les prive de tout pouvoir ?


Allez bon dimanche.


A bientôt

Thierry

RYS