Dernière revue de semaine avant clôture de deux semaines pour vacances. Une revue qui, à la relecture, s'est plutôt concentrée sur des évènements anodins, en tout cas plus que d'habitude. Pourquoi pas, après tout !
Allons-y :
Lundi 6 avril
On commence par Life qui propose, quarante et un ans plus tard, des photos inédites prises le jour de la mort de Martin Luther King. Oh, rassurez-vous, nous ne sommes chez Paris Match, où le choc des photos cherche à cacher la misère des mots. Pas de clichés sanglants d'un Pasteur King à peine abattu. Non, juste des instantanés des proches du leader du mouvement des droits civiques, pris avec une sorte de timidité bienvenue. Il a dû d'ailleurs être d'une grande discrétion, Grokinsky le photographe qui a shooté ces clichés, pour que la vérité de ces moments volés s'imprime aussi bien ; comme s'il s'était agi d'un proche. La photo des deux hommes enlacés pour se réconforter est, à cet égard, impressionnante.
En politique donc, on tue parfois. Ce n'est hélas pas une nouveauté et je ne connais pas de pays qui ait échappé à cette règle d'airain (qu'on pense à Jaurès en France par exemple). Avec des armes, le plus souvent, avec des mots aussi (Beregovoy ou Salengro pourraient en témoigner). Et parfois, on ne s'entretue pas, mais l'envie de le faire transparaît quand même sérieusement. Je n'étais pas devant mon poste pour Ripostes (joli non ?). Je n'ai donc appris que ce matin que l'échange Mélenchon Lellouche avait été saignant. Après en avoir regardé sur Le Post la vidéo, me sont revenus des souvenirs bien plus mordants encore, datant des années 70 (mais là c'était vraiment une autre époque, celle où les gens de droite pensaient honnêtement - si, si c'est possible - que l'arrivée de la gauche au pouvoir signifierait la dictature communiste et la fin des libertés publiques, une lointaine époque je vous dis). Le fait que l'un traite l'autre de valet de la CIA et que ce dernier regrette de ne plus pouvoir de nos jours défier le premier en duel a certes quelque chose de suranné. Mais ce qui passe entre eux ressemble quand même un peu à de la haine et de l'envie de tuer (surtout chez Lellouche). Le chroniqueur de l'article s'en réjouit, y voyant une sorte de retour de la vraie politique. Pour lui, peut être. Mais le téléspectateur lambda, moyennement au courant de l'article 5 de l'OTAN, qu'aura-t-il vraiment retenu de l'échange ? En quoi sera-t-il politiquement plus mûr demain ? Quand j'étais jeune, on regardait Marchais comme on aurait été voir Ali sur un ring. Pour le sang qu'allaient y laisser ses adversaires et les journalistes. Ca faisait pas de nous des communistes. Loin de là. Du reste, le bilan de Marchais, au plan électoral, tout le monde le connaît.
Mardi 7 avril
Voilà le genre de record totalement inutile comme je les aime, le genre de record à figurer dans le Guiness Book assurément. Comme la pizza la plus grosse du monde, ou le record de performance sexuelle (qui est détenu par un russe – plus de douze heures d’affilée -, mais le malheureux n’y a pas survécu).
169 heures de rang à tenir l’antenne dans sa radio allemande, Dominik Scholmayer a pris le micro de sa radio de Hanovre le 30 mars et ne l’a rendu qu’hier à 7 heures du matin. 169 heures, je me souviens fort bien qu’avant la loi sur les 35 heures, c’était l’horaire mensuel moyen en France. L’homme a donc travaillé un mois en une semaine. Et attention, pas de pause trop longue : s’il avait le droit de diffuser des morceaux de musique longs de 2 à 6 minutes, il devait reprendre l’antenne toutes les deux minutes. Un programme un peu haché en fait. Haché menu, c’est aussi comme ça qu’il a dû terminer son marathon radiophonique le brave garçon. Je lance donc le défi à nos animateurs radios de la blogosphère (Coolbeans et Sonic notamment) : voilà un bien beau challenge à relever, et je gage que votre programmation musicale sera un rien plus passionnante.
Cet article là, en revanche, tiré des Echos (quotidien qu’on ne soupçonnera pas de crypto marxisme), me fait beaucoup moins sourire. Les premières (?) marques d’un retour vers le dix-neuvième siècle, d’un formidable (?) U Turn dans la civilisation occidentale. Ce qui me navre aussi est qu’un restaurant puisse employer un gosse de 16 ans, sans se poser plus de questions que ça. Pas encore près à arriver chez nous ? Rien n’est moins sûr. Ca n’a pas grand-chose à voir en apparence, mais l’autre jour, d’un œil un peu distrait, je suivais un reportage sur les trafics de drogues dans les campagnes sur je ne sais plus quelle chaîne de télévision. Et les mots d’un des inspecteurs des stups, à qui l’on demandait qui étaient les trafiquants moyens dans des endroits aussi « désertiques », me réveillèrent : bien souvent des mères de famille qui ont besoin de revenus supplémentaires. Weeds en Picardie en quelque sorte !
Et on voudrait que les séquestrations de patrons ne soient pas vues d’un œil compréhensif de la part d’une proportion grandissante de la population ?
Mercredi 8 avril
Il a toujours le mot pour rire, Silvio. Ou l’attitude classe d’un grand chef d’Etat (souvenez-vous, j’avais mis ça en ligne il y a bientôt un an). Aujourd’hui, après l’épisode du coup de téléphone qui l’empêcha d’être sur la photo aux cotés de Barack sur le pont des deux rives (c’est peut être ça qui l’emmerdait en fait), voilà le coup du camping. Rien à voir avec le navet dans lequel Dubosc fait l’étalage de ses slips de couleurs et de son faible abattage. Quoique ! Dans le genre navet ! Donc selon l’inénarrable Silvio, tout va très bien pour les réfugiés du tremblement de terre qui ont tout ce qui leur faut et qui pour relativiser « n’ont qu’à prendre ça comme un week-end en camping ». Ah putain, la grande classe ! Bigard et Lagaf réunis sont écrasés !
Cet article (en anglais) me fait, au fond, un peu peur. Et pourtant j’apprécie le fait que l’on cherche à rendre un objet perdu, même en Ecosse (pas leur réputation pourtant aux écossais). C’est la méthode qui me fait frémir. Et si l’on en croie l’article, ils sont nombreux à devenir ce que le journaliste appelle des digital samaritan. Au fond, ce n’est pas que l’on aille mettre un message sur Facebook ou ailleurs pour expliquer qu’on a retrouvé votre portefeuille au fond d’un autobus qui me gêne. Au contraire même, l’intention est louable. Mais il y a quand même deux points qui me chatouillent. D’une part, le couple d’écossais ou plus exactement l’épouse, s’est comportée comme une Miss Marple des temps modernes, au risque de se mêler de ce qui ne la regardait ni d’ici ni d’ailleurs (en mettant en branle si j’ose dire tout un groupe de flickr user - flickr qui se dit presque comme flic -). D’autre part, l’idée que nos traces sur Internet puissent être suivies par de parfaits inconnus (même pour de nobles motifs), m’est assez peu agréable. Ce que dit du reste le propriétaire de l’appareil photo (dont on notera qu’il l’avait complètement oublié) : I found it « kind of scary ». Moi aussi.
Jeudi 9 avril
Aujourd'hui je suis d'humeur badine. Peut être est-ce dû au brillant succès de l'UMP à l'Assemblée Nationale lors du vote de la loi Hadopi (ils hurlent au charron, mais ils oublient qu'ils avaient fait la même chose que les socialistes lors du vote du PACS). En tout cas, juste deux brèves qui ne sont pas, cependant, totalement dénuées d'intérêt.
D'abord j'apprends que les guenons sont prêtes à se faire sauter pour un bout de viande. Ca m'en fout un coup croyez le bien. Je les voyais différemment les femelles des chimpanzés. Je ne sais pas, moi, plus posées peut être. Mais non pensez-vous. Ils le disent dans cet article ; et des scientifiques en plus. Enfin, voyons les choses sous un autre angle. Parmi les chasseurs, ce sont les plus partageurs qui se régalent. Tant pis pour les gros mangeurs. La fin de ce court entrefilet me fait moins rire. "Les chercheurs espèrent que leurs études permettront de mieux comprendre les comportements humains dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs." Nos ancêtres quoi. Les cro-magnons, les magdaléniens (ceux qui ont peint Lascaux). Quoi !? Ils auraient peut être été pareils ; prêts à tirer un coup contre un steak de renne. Ah zut, moi qui les voyais comme des nomades civilisés (merde quand même ! les inventeurs de l'art !).
D'un coup, j'ai plus faim. Pardon mesdemoiselles, il me reste un peu de viande, vous en voulez ?
Et ensuite, la démographie galopante de Facebook. Nous serions 9 millions en France (enfin je dis nous, mais c'est idiot je n'y suis pas sur Facebouque) et désormais 200 millions dans le monde. Il paraît, si j'en croie l'article, que ce peut être utile. Pour le moment je vous avouerais que franchement je n'en ai guère vu la plus value. Mais après tout des réseaux d'une telle ampleur, c'est une force qui va (comme aurait dit la madonne du Poitou) qu'il ne faudra peut être pas négliger à l'avenir. A moins que d'ici là, un autre outil ne remplace celui-ci. Après tout, il y a un ou deux ans, il n'y en avait que pour MySpace. Aujourd'hui, à part les musicos, il reste qui sur MySpace ?
Vendredi 10 avril
Si vous le voulez bien, on laissera choir cette histoire de vidéo de baston dans un bus (dans un buzz ?), mise en ligne par un flic (qui a du sécher les cours sur la déontologie des fonctionnaires, à mon avis) et récupérée de toute part. Je l'ai vue, elle est d'une vraie violence, une violence bien laide, une violence qui s'est répercutée dans les commentaires que j'ai pu lire sur les articles respectifs du Figaro et de Rue89. Je ne les mets pas en liens.
Le journal économique Les Echos, qu'il peut m'arriver de lire à titre professionnel, annonce les fiançailles de You Tube et de Universal. Et partant, la création commune d'un site de mise en ligne de vidéos, Vevo, qui sera financé par la publicité (on y arrive). Jusqu'alors YouTube était d'abord fondée sur le partage, sorte de peer to peer des vidéos (musicales ou non). Vevo n'aura rien à voir : site dédié aux vidéos des groupes UMG, il n'aura d'autres vocations que de générer du flux pour sa rémunération publicitaire, et de la publicité pour les artistes Universal. C'est dit en toutes lettres dans l'article : « "Vevo sera une plateforme de musique en ligne de premier ordre conçue pour les utilisateurs, les annonceurs et les détenteurs de contenus qui alliera le large catalogue de grands artistes d'UMG et de contenus avec la technologie de pointe dans la vidéo et la communauté d'utilisateurs de YouTube", ont expliqué les deux groupes. ». Oui, et qui va l'emporter entre le large catalogue et la communauté d'utilisateurs? A votre avis ? Et cette autre phrase me fait frémir par avance : « En effet, tout utilisateur cherchant une vidéo musicale sur YouTube sera redirigé vers ce nouveau site. »
Mardi, j'évoquais les records inutiles au sujet de ce disc jockey au cœur bien accroché à ses platines. En voici un autre. La femme la plus hot et spicy du monde n'a rien d'une bimbo aux seins et fesses obusiens. C'est une jeune indienne (d'Inde) de 26 ans qui est follement amoureuse des piments. Au point d'en avoir avalé 51 (dont on nous précise qu'ils sont « ultra forts ») en deux minutes. Ce qui devrait lui ouvrir les pages du Guiness à elle aussi. Bien ! On aura beau me dire que les piments sont aphrodisiaques, je ne suis pas certain que j'aurais aimé l'embrasser aussitôt après son exploit. Et sûrement pas avec la langue. Je tiens à la mienne.
Samedi 11 avril
Pour finir cette revue de semaine, laissez moi vous parler de cette lutte sans merci qui oppose les Rouges et les Gris, sachant que des mutants que l'on appelle les Noirs attendent leur heure. C'est une histoire digne des plus grandes batailles bibliques. Imaginez que les Rouges sont les habitants historiques de leur pays, où ils vivaient tranquilles jusqu'à ce qu'un jour des Géants inconnus apportent des Gris pour peupler les grandes prairies. Des Gris qui prospérèrent, se multiplièrent, pullulèrent. Et comme leur constitution était plus solide, qu'ils dominaient physiquement les Rouges, les Gris les repoussèrent progressivement dans les marges des territoires. Au point qu'un jour les Géants s'inquiétèrent de cette quasi disparition des Rouges. C'est que tout de même, les natifs c'étaient eux. Mais comme cela ne suffit pas, plusieurs Géants décidèrent d'en arriver à des méthodes plus radicales et commencèrent à tuer les Gris en masse. On organisa donc de vastes battues et abattages pour éliminer les Gris. Ces derniers finissaient d'ailleurs souvent dans l'assiette des Géants. Tout ça fut réalisé avec un tel succès que quelques Géants commencèrent à s'inquiéter pour les Gris. Et ils eurent raison car on vient d'apprendre que certains Gris ont muté et qu'une nouvelle race, les Noirs, encore plus puissants pourraient bien régler le conflit à leur avantage.
Jeu vidéo ? Science-fiction ? Pas du tout, c'est la bataille des écureuils en Grande-Bretagne, écureuils qui se livrent une guerre sans merci entre Rouges, Gris et Noirs, le rôle des Géants nous étant dévolu. Comme quoi, il n'y a pas que les hommes qui combattent pour des territoires.
Voilà, ce sera tout pour cette semaine. Cette revue va s'arrêter pendant deux semaines en raison des vacances. On se retrouvera (pour la revue de semaine) le dimanche 3 mai. Le blog lui aura repris bien avant. En plus je vous prépare quelques YouTube de vacances que je programme pour mon absence.
Allez bon dimanche
Thierry
RYS