dimanche, mai 31, 2009

Revue de Semaine

Après la semaine, le dimanche venu,
l'internaute de nouvelles dépourvu,
Ne savait où tourner son regard,
Pour tout lire et tout savoir.
Il alla voir la fourmi son amie,
(convoquer La Fontaine n'est pas une infamie,
et la fable je le jure, croyez-le
dans notre histoire se terminera mieux).
A l'insecte ouvrière il manda
Sais-tu ou je puis me faire quelque encas
De ces ragots et brillantes analyses,
Qui, en deux mots sont la cerise,
Sur mon gâteau d'informations,
Dont jamais je ne crains l'indigestion.
La fourmi n'est pas préteuse,
Mais par chance, elle est en revanche blogueuse :
"Va donc voir un site que de connaître je m'honore
The Civil Servant is Knocking on Etat's Door
Il y a là, moult textes et images,
Qui raviront ta soif de reportages,
Tout les dimanches ce Servant publie,
Des nouvelles en tout genre en belle litanie,
Il écrit, décore, prend de la peine,
Ca s'appelle la Revue de Semaine".


Et hop, c'est parti


Lundi 25 mai 2009


Iggy Pop (oui, ok, la photo n'est pas très charitable), sort aujourd’hui son nième album (j’avoue que j’ai un peu la flemme de compter, surtout s’il faut ajouter les Stooges, les bootlegs en pagaille etc.). Il a pour nom Préliminaires et l’Iguane se fait, nous dit la promotion, crooner, allant même jusqu’à reprendre, en français, Les Feuilles Mortes. Je n’en ai encore rien entendu de cet album, car je respecte Hadopi moi (non mais !). Et pourtant, ce buzz préfabriqué autour du dernier effort du vieux punk (passage à La Musicale, avec duo barock’ con la ultima mujer del BHL - ah non merde je confonds avec Caterine -) a pour effet que je ne me sens guère enclin à faire l’effort. Pourtant, il est évident que Iggy a la voix pour crooner (à sa manière entendons-nous bien, il ne s’agira pas pour lui de singer Sinatra). Pourtant, il est vraisemblable que du coté arrangements et musiciens tout aura été fait pour que cet album ait à la fois le parfum du rock’n’roll et la souplesse que requiert le mainstream. Et c’est peut être ça qui au fond m’ennuie le plus (avant même d’avoir écouté une note vous avez vu) : la pop ondulatoire ou le groove jazzy ne sont pas seyants pour le Pop. Il y a un truc qui ne colle pas quoi. C’est un peu comme si Nick Cave reprenait du Carlos. Bon. Si vous vous l’avez écouté et pensez que j’ai tort : n’hésitez pas. Je ne demande qu’à être contredit, puis, pourquoi pas, convaincu.


On reste dans le domaine de la musique avec l’English Tuna, Susan Boyle et sa voix, paraît-il, d’exception (encore que je lus en cet endroit une analyse plus que circonspecte des talents de la dame). Que voulais-je dire au fait ? Que Warhol avait définitivement vu juste et que notre Albion Blood Sausage a tout intérêt à bien profiter du quart d’heure. Non en fait c’est pas ça. Je voulais dire que nous aussi on a notre vedette, qu’elle s’appelle Carvoilà J’embrasse Pas, ou quelque chose d’approchant, et que si elle n’est pas à proprement parler un canon, on est loin de Ugly Virgin Susan. Ah oui ça y est. Je crois que si Susan Boyle n’avait pas fait rire tout le monde en arrivant sur scène avec sa touche de paysanne vaguement atteinte de consanguinité campagnarde, elle n’en serait pas là où elle est.


Le Monde publie une interview de Julien Coupat. Je vous la laisse lire. C’est fait ? Trouvez-vous, comme moi, que ce garçon est fort verbeux, à la limite de l’insupportable avec ses vérités mal digérées de Bourdieu et de Debord, que son discours n'est pas exactement de la même trempe que ceux de quelques vieux anars, quand bien même, par moments, ce qu’il dit n’est pas faux ? Oui ? Et trouvez-vous comme moi que ça n’en fait pas pour autant un candidat à passer encore des semaines en prison sans chef d’accusation qui se tienne ? Aussi ? Nous sommes bien d’accord alors.


Mardi 26 mai


A priori une nouvelle un peu rassurante pour l'économie française. Ainsi que le dit cet article, l'INSEE annonce une progression de la consommation des ménages au mois d'avril. Comme disent les grands macro économistes, le dernier moteur de la croissance n'est pas en panne. La notule de l'INSEE, en ligne ici, montre en effet que des biens durables comme les automobiles sont les grands contributeurs de cette bonne tenue de la consommation. Encore que, c'est peut être là que le bât blesse un peu. Il est bien clair que ce type de consommation (les biens durables tels que voitures, électroménager...) ne pèse du même poids dans le panier de toutes les ménagères. En clair, la statistique d'avril ne nous montre qu'une chose : les gens en mesure d'acheter ces biens, plutôt plus onéreux qu'un kilo de pâtes, ont accentué leurs dépenses. Et on touche ici toute la limite de cet indicateur : improprement appelé consommation des ménages. Pour faire court, il ne représente en fait que la consommation en produits manufacturés (transformés, usinés, si vous préférez), qui sont des biens un peu plus cher que la moyenne. Du reste, cet agrégat ne représente guère plus d'un quart de l'ensemble de la consommation des ménages. Ce qui relativise beaucoup la bonne nouvelle.

D'autant qu'elle se double d'une autre donnée statistique dont on a peu parlé : les comptes de la Nation 2008. Dans l'analyse qui en est faite par l'INSEE, mise ici en ligne, on comprend que les ménages ne cessent d'accroître leur endettement. Selon l'institut, le taux d'endettement des ménages (leur dette rapportée à leur revenu) s'approche de 75% à la fin 2008. C'est encore supportable, mais ça commence à faire beaucoup : en gros, les ménages sont endettés à hauteur de neuf mois de revenus (après impôts et y compris toutes les prestations sociales). On sait que la hausse du prix des logements y aura fortement contribué à cette hausse ; j'espère que la consommation courante n'est pas en cause. Car sinon, ce serait un sérieux facteur d'insécurité pour l'économie française.


Changeons radicalement de sujet, éloignons-nous de chez nous pour atteindre l'immense Chine (offerte aux nippons comme chacun sait). Il était là-bas un toubib qui souffrait depuis plusieurs années de saignements du nez, sans qu'une raison valable ne puisse être invoquée. Problème qui s'aggrava brutalement il y a peu, au point que l'homme saigna pendant dix jours sans discontinuer. Il consulta donc. Et obtint enfin la raison de son trouble hématologique. Elle est là. Vu ? Oui c'est assez immonde, j'en conviens.


Mercredi 27 mai


Il y aura fallu le temps, près de 15 ans, mais ça a fini par arriver. Le couple Tibéri embastillé, tout symboliquement bien sûr, que croyiez-vous, pour leurs malversations électorales. C'est que le conducator du 5ème et son épouse avait des méthodes plus robustes et élaborées que ce pauvre perpignanais pris la chaussette dans le sac, si j'ose dire. On revotera d'ailleurs dans la préfecture des Pyrénées Orientales : il sera intéressant de voir quelle « sanction » les électeurs enverront à ceux qui ont été élus en forçant un peu le destin, grâce à des bulletins fourrés dans les chaussettes. Les Tibéri, c'est quand même un couple unique. Des Ceaucescu au petit pied, prêts à bien des choses pour conserver ce qu'ils ont toujours considéré comme leur propriété : le 5ème arrondissement. On a la Roumanie qu'on peut. Mais la ressemblance est frappante. Même couple uni dans le népotisme, même parcours qui mène du rôle de petit chose à celui de Maire de Paris. Oui, bien sûr qu'il a été écrasé aux élections suivantes. Vous imaginez le score qu'aurait fait Nicolae à des élections démocratiques en Roumanie en 89. Et Xavière, si elle ne se gratte pas les fesses en publiques, comme, parait-il le faisait Elena, a cependant la même « classe » que la défunte régente des Carpathes. Mais qu'ils se rassurent, en France on ne colle pas encore devant un peloton d'exécution pour tricherie aux élections. Un peu de sursis et une inéligibilité, qui d'ailleurs ne s'applique pas à Xavière, et qui ne sera pas bien longue. Le Procureur avait requis 5 ans. C'était bien vu, puisque ça nous amenait jusqu'en 2014, privant ainsi Tibéri de la possibilité de se représenter aux municipales (qui auront lieu cette année là). Mais comme il n' a que trois ans, rien ne lui interdira d'y retourner. Finalement, les morts ne peuvent pas encore souffler : peut être leur va-t-il encore falloir voter.


La Reine est shocking. Et Johnny Rotten n'y est pour rien. Ni Doherty. Pas plus que les ministres qui, les uns derrière les autres, vont à Canossa rembourser la piscine, les heures de jardinage ou les repas bien arrosés que la Couronne leur remboursait sans sourciller. Et non, c'est notre Président et notre gouvernement qui auraient mis la dear queen dans cet état de rogne. L'ont pas invitée aux cérémonies du 65ème anniversaire du Débarquement. Pas très sympa. Elle doit pas prendre beaucoup de place cette femme, et puis à son âge on a un appétit d'oiseau. Elle ne va pas nous coûter extrêmement cher en frais de bouche. Et mine de rien, c'est elle le chef de l'Etat de l'autre coté de la Manche, aussi baroque que ça puisse nous paraître. Ah, Nicolas, Nicolas, il n'y a pas qu'Obama à choyer voyons.


Jeudi 28 mai


Depuis le temps qu'avec la régularité d'une montre helvétique je vous bassine avec ça, vous imaginez bien que je ne laisserais pas passer le moment où, enfin, l'Etat français finirait par consentir à mordre la poussière qu'il a lui même mise par terre. Il l'a fait ce soir en élargissant Coupat, avouant bien ainsi qu'aucune charge sérieuse ne pouvait être retenue contre lui et que, par conséquent, le garçon a passé six mois en prison pour rien. Vu la surpopulation carcérale, ce n'est peut être pas la peine d'en rajouter en foutant au gnouf des gens qui n'ont rien à y faire. L'article que je vous ai mis en lien a été publié dans l'après-midi, à un moment où la libération de Coupat n'était encore qu'une potentialité, mais dont les probabilités semblaient très fortes. Ce soir c'est donc fait. Dans cet article, paru après la remise en liberté, on constatera quand même que l'Etat a du mal à lâcher son nonosse : strict contrôle, interdiction de sortir d'Ile de France, caution de 16 000 euros (faudra un jour qu'on m'explique à quoi ça peut bien servir...). Des mesures à usage externes évidemment, pour l'opinion publique, pour faire comme si l'homme, même libéré, restait un danger pour la société. Des mesures inutiles. S'ils veulent le suivre, le loger pas à pas, je suis certain que les policiers ont l'arsenal et les techniques nécessaires pour ce faire. Mais ça on ne pourrait pas l'expliquer à la partie de l'opinion publique que cette libération effraie.


Dans cet article de Oriane Claire, parfaitement inconnue dans les milieux économiques (si elle avait publié, Google trouverait son nom aisément), une analyse classique (à tous les sens du terme) de l'effet à moyen terme d'un trop fort endettement. Et cette phrase définitive : «nous avons connu une bulle financière des entreprises en 2000. Il ne faudrait pas connaître la bulle financière des Etats à partir de 2010», où se profile l'hypothèse d’Etats ayant des difficultés grandissantes à trouver sur les marchés les acheteurs de leurs dettes. Ce n'est pas exactement un cas d'école et ce d'autant plus que les grandes zones économiques, suivant les conseils des économistes libéraux de l'école de Milton Friedman, qui auront dominé les cénacles ces trente dernières années, ont toutes donné à leurs Banques Centrales respectives, une indépendance qui pourrait le cas échéant être mortelle. En effet, désormais plus question de faire tourner la planche à billet, ni d'imposer à la Banque Centrale de racheter les titres d'Etat pour tenir les taux d'intérêt. Les banquiers centraux font ce qu'ils veulent. Ce qui n'est pas rassurant, sachant que pour M. Trichet, le contrôle de l'inflation passe avant tout. Avant même la croissance économique. Bref, en un mot comme en cent, d'une part l'endettement, arrivé à un certain niveau, ça craint et d'autre part, l'indépendance des Banques Centrales, ça ne rassure pas.


Vendredi 29 mai


Encore un chouïa d’économie aujourd’hui, puisque la dernière statistique qui est tombée est celle de l’inflation dans la zone euro (ie : l’ensemble des pays qui partagent cette monnaie). Elle est nulle (pas la zone euro, ça c’est un peu complexe à juger, non, l’inflation elle est nulle). Ce qui est assez rare et, comme déjà raconté plus longuement dans une précédente revue de semaine, pourrait être un indicateur avancé d’un renforcement de la crise actuelle. Bon certes, il y a dans ce pourcentage ridicule un fort effet des niveaux de prix très élevés des carburants l’an dernier, qui, en revenant à des prix plus bas, tire à la baisse l’ensemble de l’indice. N’empêche. La BCE (pardon la Banque Centrale Européenne) a jugé bon de parler pour assurer qu’il n’y avait pas de risque déflationniste. C’est bien qu’elle cherche à faire passer un message rassurant aux marchés et aux agents économiques qui, en général, détestent la chute des prix (vu ce qu’elle annonce). Et si elle cherche à rassurer, c’est que d’aucuns s’inquiètent un peu. Ils ont peut être de quoi.


Dans le Monde, Christian Lequesne, spécialiste des relations internationales, donne lui aussi quelques explications au désamour (c’est beau comme tout ce mot), au désamour donc, entre les français et le Parlement européen qui, selon toute vraisemblance, va se traduire par une proportion historique de pêcheurs à la ligne. Il y voit une première raison qui à mon sens n’explique pas le risque d’abstention et même, a contrario, devrait élever la participation : le vote sanction ou à contrario le vote soutien au plan national. Si effectivement, les français jugeaient que par cette élection, ils pouvaient botter le derche à leurs gouvernants (ou au contraire chercher à les encourager dans un contexte difficile), ils iraient plus nombreux s’exprimer. A l’inverse, je suis persuadé que les électeurs n’utiliseront pas ce scrutin avec des buts nationaux, car ils savent que ce serait inutile. La politique française ne changerait pas pour autant. L’auteur, de ce postulat à mon sens erroné, tire la vieille conclusion habituelle, qui ne résoudrait rien : ils faut des listes supranationales. La belle affaire. Une des critiques souvent apportées à l’Europe et à son Parlement est qu’on se sent éloigné d’eux, il est sûr que d’élire un lituanien ou un maltais va nous donner un fort sentiment de proximité avec nos élus.

Là où, par contre, l’auteur touche juste, c’est lorsqu’il rappelle que, en y réfléchissant bien, le Parlement européen n’est pas (encore ?) un Parlement. Pas de fait majoritaire. La preuve c’est que le soir à la télé, une fois que les politiques ont fini de s’empeigner sur les résultats français, on ne trouve pas lourd de journalistes pour s’enquérir avec quelque passion du résultat au plan européen et cherchant à savoir si une majorité va se dégager dans un sens ou dans l’autre. Etonnons nous alors que les français n’y comprennent rien ! De plus, le Parlement Européen n’a pas, comme tous les autres parlements du monde, un gouvernement qui est responsable devant lui. Certes, l’orientation de la Commission peut être partiellement liée à l’équilibre politique du Parlement, mais elle aussi et surtout le fruit de compromis subtils entre les différents gouvernements pour placer leurs hommes (ou femmes). Dès lors, les électeurs ne sont pas illégitimes à se demander en quoi il est important de voter puisqu’il n’y aura ni vainqueur ni vaincu, ni remaniement « ministériel » à la Commission, et au bout du compte la forte sensation que tout ça ne changera rien à une politique entre les mains d’experts. Et c’est là qu’ils ont partiellement tort. Mais c’est un plus long à expliquer, et je le ferai peut être une autre fois.


Samedi 30 mai

On va faire vite aujourd'hui. D'une part, je sors, d'autre part, je vous sens las d'avoir dû réfléchir intensément à la lecture de mes fortes et puissantes analyses... Deux brèves :

- On se fait donner une leçon de savoir vivre par le président des USA. Pourquoi ? Elisabeth voyons, qui ne décolère pas de rester sur la barge quand tous les autres ont le droit de débarquer. Petit article du Post.fr.

- Et Susan Boyle s'est fait finalement niquer (que celui qui dit que la vierge au physique difficile n'a pas tout perdu sorte immédiatement) : elle ne remporte pas le concours bien qu'elle ait tenu en (mauvaise ?) haleine des millions d'internautes. Des danseurs lui ont été préférés. A nouveau dans le Post.fr.

La seconde nouvelle est sans doute une surprise. La première en revanche...


Allez bon dimanche et n'oubliez pas le blind test.

Thierry

RYS


PS: Profitez bien de cette bannière, c'est la dernière de la série Women and Horses. J'espère qu'elle vous aura plu.

samedi, mai 30, 2009

La Chanson du Samedi - #006

Déjà la sixième chanson du samedi.

Quel évènement cette semaine à mettre en musique ? Ceux qui lisent la revue de semaine du dimanche doivent bien en avoir une idée. Je me suis suffisamment énervé sur le sort qui était fait aux anars de Tarnac et plus particulièrement à Julien Coupat, pour ne pas choisir son tardif élargissement. J'y reviens évidemment demain.

Gosse, j'étais assez souvent réveillé par la musique de mon frère aîné (en particulier le dimanche matin). C'était lui qui avait le pick up. Et même si je n'avais que 10 ou 11 ans, j'avais déjà fait mon choix entre le peu de pop music (c'est ainsi que l'on disait) que je pouvais entendre à la radio et la chanson française de qualité que lui, le vieux, privilégiait. Mais parmi les chansons que j'entendais bien malgré moi le matin, il en était une qui me parlait, au milieu des Perret, Le Forestier ou Jean Ferrat. Elle était de Léo Ferré et s'appelait "Les Anarchistes".

Ce samedi, je vous la propose et ne la dédie pas particulièrement à Coupat, dont je ne suis pas sûr, à la lecture de son interview au Monde, de partager beaucoup de ses idées prémachées. Non, je la dédie plutôt à la fin de sa détention qui défiait notre intelligence à tous. Et aussi à ceux qui aident des enfants sans papiers nés ici ou ailleurs, au RESF, aux Enfants de Don Quichotte qui vont devoir racheter des tentes, au DAL qui luttent contre les casse-DAL (excusez, j'ai pas pu m'empêcher), à celui qui a dit "Sarkozy je te vois", aux gosses qu'on est venu chercher en uniforme à la sortie de l'école pour une histoire de vélo, et à tous ceux et celles qui sans bruit, par des actes souvent anodins, sont des petites torches qui parviennent encore à percer ce maudit brouillard qui tombe lentement sur mon pays.



Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart Espagnols allez savoir pourquoi
Faut croire qu'en Espagne on ne les comprend pas
Les anarchistes
Ils ont tout ramassé
Des beignes et des pavés
Ils ont gueulé si fort
Qu'ils peuv'nt gueuler encor
Ils ont le cœur devant
Et leurs rêves au mitan
Et puis l'âme toute rongée
Par des foutues idées
Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
La plupart fils de rien ou bien fils de si peu
Qu'on ne les voit jamais que lorsqu'on a peur d'eux
Les anarchistes
Ils sont morts cent dix fois
Pour que dalle et pourquoi ?
Avec l'amour au poing
Sur la table ou sur rien
Avec l'air entêté
Qui fait le sang versé
Ils ont frappé si fort
Qu'ils peuv'nt frapper encor
Y'en a pas un sur cent et pourtant ils existent
Et s'il faut commencer par les coups d' pied au cul
Faudrait pas oublier qu' ça descend dans la rue
Les anarchistes
Ils ont un drapeau noir
En berne sur l'Espoir
Et la mélancolie
Pour traîner dans la vie
Des couteaux pour trancher
Le pain de l'Amitié
Et des armes rouillées
Pour ne pas oublier
Qu'y'en a pas un sur cent et qu' pourtant ils existent
Et qu'ils se tiennent bien bras dessus bras dessous
Joyeux et c'est pour ça qu'ils sont toujours debout

Allez à demain, pour la revue de semaine
Thierry
RYS

PS : Déjà quelques belles réponses au blind test - je savais qu'il serait moins malaisé que les deux précédents -. Et autrement, il reste encore deux images à décoder au jeu "Découvrez-vous".

jeudi, mai 28, 2009

Blind-Test : En avant pour l'avant-dernière levée !


Bonjour à toutes et tous.


En route pour l'avant-dernière étape qui sera, je le sais, moins cruelle que les deux précédentes. Comme d'habitude, vous aurez 10 jours pour vous défaire de cette 9ème épreuve du World Contest of the Blind Test !


Ca devient routinier de le dire, mais répétons-le quand même, deux hommes font la course en tête : Davnat et La bUze. Pour autant, je ne parierais pas encore ma fortune sur le fait que le vainqueur final sera nécessairement l'un des deux. Ce blind-test, plus le spécial du mois de juin (doté du double de points) peuvent encore réserver leur lot de surprises (comme on dit quand on écrit dans l'Equipe).


Et, je me répète aussi, c'est encore plus vrai du second classement, celui du nombre des grosses notes (18, 19 et 20), ou Zb, qui nous fait faux bond depuis deux mois, ne mène que d'une très courte encolure (comme on dit sur les champs de course).


Bon, le déroulement vous le connaissez : 9 titres à retrouver (artiste et titre de la chanson, pour 1 + 1 = 2 points), soit 18 points. Et l'ajout d'une question subsidiaire, en rapport avec un (ou parfois plusieurs) titres du blind-test, pour deux points. Le total faisant donc 20 ! Mais tout ça vous le savez, et déjà d'impatience d'en découdre vous piaffez (comme on dit au pied des rings de boxe).


Alors voici la bête, que l'on pourra comme chaque fois, ouïr de deux manières :

-soit sur le lecteur Deezer que voici :




- soit en écoutant (téléchargeant) le petit mp3 que voilà.

Question subsidiaire (et merci à J.P. de Next) :

Et pourquoi donc cette image, hein ?


Et maintenant bon courage. Vous avez jusqu'à samedi 6 juin minuit pour répondre. Surtout ne mettez pas les réponses dans les commentaires, ça casserait le jeu. Les réponses vous me les adresserez par mail à civilservant@free.frEt ne vous refroidissez pas une fois celui-ci terminé, car la dernière levée démarrera le 18 juin, pour se clore le 28.

A+
Thierry
RYS

mercredi, mai 27, 2009

Découvrez-vous !

C'est un jeu couillon, mais il m'amuse. Et vous pouvez vous y essayer en attendant la mise en ligne du blind-test demain.


Voilà le pitch comme on dit dans les émissions branchées (ah le pitch,.. mon arrière grand-mère aimait, lorsqu'elle recevait ses arrières petits-enfants, les gâter: bonbons, chocolats, et comme boisson du Pschitt, le soda de l'époque, Pschitt orange ou Pschitt citron ; que la pauvre vieille avait grand mal à prononcer correctement : et ça devenait du pitch - heu, oui, bon... tout ça pour dire qu'ils ont rien inventé les blécas -).

Donc l'idée :
Nous avons tous un jour, parce que nous sommes egomaniaques et narcissiques, tapé notre nom sur Google pour voir si Internet parlait de nous (même en mal ça fait du bien). Et parfois avons poussé le bouchon jusqu'à regarder sous Google image. Partant de ce principe, je soumets à votre sagacité, vingt noms de blogs qui, lorsqu'on les saisit sous notre moteur de recherche préféré, débouchent sur autant d'images.
Appariez les et vous gagnez.

Parfois, l'image vient du blog lui-même, parfois non.

Exemple : lorsque je tape "The Civil Servant is knocking on Etat's door", j'obtiens cette image, dont le parfum d'antisémitisme pré guerre mondiale ne se marie pas bien avec mon blog ; cela étant, on comprendra aisément le lien :

Mais j'obtiens aussi celle-ci, qui elle en est directement issue et dont les flagrances folk-rock me vont à ravir :
Un coup oui, un coup non, donc. Il en est de même des vingt images qui suivent...

Trouverez-vous les blogs qui correspondent ?


Blog 1
One and One make Five - gratté (par voie un peu détournée) par Jen



Blog 2
Covers - Effeuillé par Disso



Blog 3
A Tombouctou sans Mariachi - retrouvé par Davnat



Blog 4
Lubies Land - Extirpé de la toile par Davnat


Blog 5
Eight Dayz a Game - bien joué et trouvé par La bUze


Blog 6
Kill Me Sarah - découvert par Ooook


Blog 7
There's always someone cooler than you - OK pour Ooook


Blog 8
The Man of Rennes Steals our Hearts - pécho par Davnat


Blog 9
Derrière la Fenêtre - Capté par Ooook


Blog 10
J'écoute de la musique de merde - Parfaitement entendu par Oooook



Blog 11
Les Oreilles en pointe - Fort bien pointé par Dahu Clipperton



Blog 12
Les Insectes sont nos amis - Récupéré par Davnat


Blog 13
La bUze - Embrassé par Xavier de Blinkinglights


Blog 14
Next Music - Mis en lumière par La bUze


Blog 15
Le Golb - Bien lu par Oooook


Blog 16
C'est David qui décide - trouvé par Davnat qui ne respecte pas les règles qui veulent qu'on trouve d'autres blogs que le sien


Blog 17
So The Wind Won't blow it all away - Eventé par Davnat


Blog 18
115th Dream - Xavier de Blinkinglights n'a pas rêvé


Blog 19
Le Bal des Vauriens - Dégoupillé par Disso


Blog 20
Blinkinglights - trouvé par J.P. de Next


Lorsque j'ai effectué moi-même les requêtes, je me suis cantonné à la première page de résultats. Même si ça n'est pas inscrit dans le marbre, il y a de fortes probabilités que ces images sortent encore en première page.

Ah un dernier point : il est évident que trouver son propre blog dans la liste n'a strictement aucun intérêt ; donc ne le faites pas. Merci.

Bon ben voilà, c'est tout con.

A demain pour la neuvième levée du World Contest of the Blind Test.
Thierry
RYS

PS : je vous avais promis, s'agissant de la bannière qu'après le coté pile, vous auriez le coté face : c'est fait. Le Civil tient ses promesses !!

mardi, mai 26, 2009

Blind Test : ça sent le sprint final !

Blind Test: la neuvième (et avant-dernière) étape c'est jeudi (soit après-demain) !


Le World Contest of the Blind Test entre dans sa phase ultime, celle qui va désigner les deux vainqueurs. Celui du classement général au point et celui du classement des grosses (notes).

Dans le premier des deux contests, La bUze et Davnat sont si proches qu'on se surprend à douter de leur sexualité respective (à moins qu'il ne s'agisse que d'une grande amitié). Dans le second, malgré une remarquée absence ces deux derniers mois, Zb tient toujours le trophée entre ses mains.

Pour mémoire, le trophée, c'est, outre un tour de cheval avec les jeunes femmes ornant ma bannière (bientôt le coté face après le coté pile...), un album du Civil Servant, soit une compilation de titres plus ou moins connus, plus ou moins rares, d'un peu toutes les époques, qui traînent aux quatre coins de ma discothèque, un cadeau plus tangible au fond que de monter sur un poney pour faire le beau auprès de ces dames qui sont peut être toutes engagées.

Mais ce qu'il faut surtout retenir, c'est que si cette étape ne délivre que 20 points, il n'en sera pas de même de la dernière (qui, je le rappelle aura lieu plus tôt, le 18 juin pour être précis), dotée de 40 points. Autant dire que les coquins placés juste derrière nos différents leaders pourraient bien in fine créer l'immense surprise !!

Le déroulement : comme d'habitude : 9 titres et interprètes à retrouver à partir d'extraits d'une longueur variable mais généralement assez courte quand même (et variablement googlisable). Chaque question valant deux points (un point pour l'interprète, un point pour le titre du morceau). On ajoutera le sel d'une question subsidiaire, en rapport avec l'un (ou plusieurs) des neuf extraits à décoder. Celle-ci vaudra 2 points. Ce qui nous amènera à un total de vingt points.

Afin que chacun puisse prendre le temps de venir (que ce ne soit pas la course au premier arrivé), le blind test restera en ligne durant dix jours, soit jusqu'au Samedi 6 juin minuit, ce qui sera le délai pour répondre. Surtout ne mettez pas les réponses dans les commentaires, ça casserait le jeu. Les réponses vous me les adresserez par mail à civilservant@free.fr
Et le lendemain des dits dix jours, je donnerai les réponses ici même ainsi que les scores obtenus et cumulés après neuf épreuves.

Donc n'oubliez pas, à vos starting blocks le Jeudi 28 Mai pour la neuvième étape du World contest of the Blind Test. Je crois franchement qu'après deux étapes très relevées en mars et en avril, celle-ci devrait vous sembler bien plus abordable.


Et bien sûr aussi, les tripots habituels : Dragibus (plus que quelques jours pour répondre à son blind test infernal), Coolbeans, Mariaque, Ama-L et Christophe (le samedi, mais là aussi le jeu touche à son terme) et enfin Sonic (ou vous pouvez au surplus écouter d'excellentes émissions radiophoniques). J'espère n'oublier personne.


Thierry
RYS


PS : les habitués vont recevoir leur mail mensuel (ils sont gentils, ils ne disent rien en dépit d'un évident acharnement de ma part).

dimanche, mai 24, 2009

Revue de Semaine

Ah mes bons amis (et amies), si vous saviez. A l'heure ou j'écris ces lignes d'introduction de la nouvelle revue de semaine, sachez que mon moral est au trente sixième dessous, du fait d'une nouvelle qui m'attriste au plus haut point. Pas parce qu'Adriana Karembeu lance la campagne pour la Croix Rouge et que comme un con je n'en suis pas. Non ça n'est rien. Ce n'est pas non plus en raison d'une météo aussi aguichante que les filles qui finissent leur carrière en haut de la rue Saint-Denis. Non, c'est parce que... Ah trop dur de vous le dire maintenant, je vous le dirai quand on sera à samedi.

En attendant, entamons !

Lundi 18 mai


Franco cocu ? Franco monogonade ? El Caudillo sin cojones ?

Voilà les titres que nous aurions pu voir hier dans la presse espagnole. Cet article de la presse gabonnaise (on s’intéresse à des choses essentielles là-bas), reprend une information parue dans El Mundo. Une information qui ne semble pas avoir eu l’heur de passionner l’Espagne, à en croire le peu de résultats obtenus de mes recherches sur google (en espanol, si hombre !). Il peut s’expliquer ce mutisme. Pour les nostalgiques du vieux fasciste, comme pour les néo, il n’est pas question, j’imagine, de salir l’icône. Pour les autres, Franco a été renvoyé aux poubelles de l’histoire et il n’y a guère d’intérêt de l’en sortir, même pour une couille manquante. L’Espagne s’est défranquisée en douceur et en évitant le sang, la rançon de cette transition pacifique étant que le travail mémoriel est bien loin d’être réalisé. Il est de fait d’autant plus dur d'y parvenir que le pays s’était déchiré en deux camps qui, une fois la fin de la guerre civile et les massacres de républicains terminés, ont dû cohabiter dans les mêmes entreprises, les mêmes fermes, les mêmes villages, parfois les mêmes familles.

Bon ben je garde pour moi mon plaisir de penser qu’il est permis d'imaginer qu’un des grands dictateurs sanguinaires historiques européens du 20ème siècle manquait de couilles et qu’en outre il était peut être cocu, ce qui ne manque pas de sel.


Nicolas-Jean Brehon est un professeur de Finances Publiques à la Sorbonne, spécialiste des finances de l’Union européenne. Ne fuyez pas déjà ! Oui, je le sais, les finances publiques c’est assez rébarbatif, et pour peu qu’on y ajoute la complexité engendrée par la construction européenne, ça devient franchement ésotérique. Mais dans Slater, aujourd’hui, ce monsieur n’est pas venu nous asséner un cours magistral sur les limites de l’universalité budgétaire dans le budget communautaire ou sur celles de l’annualité en raison des négociations par paquets. Ce qui motive sa réflexion, ce sont les raisons d’une abstention que beaucoup annoncent massive le 7 juin. Et, bien que son papier soit assez court (donc forcément réducteur), il pointe de belle manière les deux fautes conjointement commises par l’administration (au sens gouvernemental) et les partis politiques français, depuis 1979 (date de la première élection au suffrage universel du Parlement Européen), et qui expliquent, au moins pour partie, la désaffection populaire pour cette élection. Et, à raison, il s’en désole d’autant plus, que traités après traités, le Parlement n’a cessé de voir se renforcer ses pouvoirs, au point qu’aujourd’hui il n’est qu’assez peu de domaines qui échappent à sa compétence de co-législateur avec les Conseils des Ministres. En un mot comme en cent, le passage d’une Directive type Bolkenstein ne peut pas se faire sans l’aval d’une majorité d’euro-députés. De même, et bien qu’il n’en parle pas, le cas de l’éventuelle reconduction d’un Manuel Barroso à la tête de l'exécutif européen sera largement fonction du type de majorité qui sortira des urnes dans les 27 Etats.

Moi, je sais que malgré ses modes de fonctionnement qui, à mon goût, font un peu trop appel aux combinaisons politiciennes rappelant la 4ème République en France (comme par exemple cette détestable habitude qu’ont les deux grands partis, le PPE à droite et le PSE à gauche, de se partager la présidence et les vice-présidences, faisant ainsi comme s’il n’y avait pas une majorité et une opposition), et qui sont aussi, en rendant le Parlement assez peu lisible politiquement, une des raisons du désintérêt citoyen pour l’affaire, je sais, donc, que le 7 juin, je prendrai les quelques minutes nécessaires pour aller mettre un bulletin dans l’urne. Ce vote ayant au bout du compte bien plus d’impact que celui qui conduit au Palais Bourbon, un député dont le poids est, sauf ténor nationalement connu, sans doute assez faiblard.

Evidemment je retiendrai une des fortes phrases de l’auteur dans l'article notamment ce " l’élection européenne (est) surtout vue en France comme un moyen de gérer les cadres des partis ". Si ça ne me dit pas pour qui je voterai, cette phrase est une forte invite à ne pas choisir ceux ou celles pour qui Strasbourg ne sera qu’un sas d’attente entre un portefeuille ministériel que l’on quitte et quelque autre grand poste à prendre au plan national.


Mardi 19 mai


Si vous allez voir un phytothérapeute, un allergothérapeute alternatif, un musicothérapeute de l’école de la musique sacrée des chants du Nouvel Age, un psychothérapeute du rebirth, un coach personnel spécialiste en retournement du refoulement néonatal, un nutritionniste somato-cognitif, ou un théoricien de la pratique du développement des chakras par un entraînement débridé à la zoophilie (ça c’est juste pour faire remonter mes requêtes google - cf. ce billet -), soyez méfiant, très méfiant même.

Et comme, décidément on ne peut se fier à personne, prenez avec vous une bonne dose de circonspection lorsque vous irez consulter une sorcière luciférienne d’obédience celtique, ou de l’école de la main gauche, car Diable seul sait jusqu’où elle pourrait vous entraîner.

Telle est la conclusion du nouveau rapport de la MIVILUDES, mission de vigilance et de surveillance contre les phénomènes sectaires, dont le rôle n’a jamais été aussi fondamental que depuis qu’un pré Président de la République a reçu, en son ministère d’alors, le grand ambassadeur de la Scientologie, « église » qui ne posait pas de problèmes particuliers à l’une des principales conseillères dudit Président quelques années plus tard, quand les français lui avaient ouvert en grand les portes de l’Elysée (conseillère dont vous avouerez que le physique correspond assez mal avec le nom - elle s'appelle Emmanuelle Mignon -).

Plus précisément la MIVILUDES pointe les risques satanistes en Europe, sans toutefois démontrer de façon très assurée qu’il faille craindre beaucoup de ces mouvances dans lesquels il y a à manger (des chats écorchés au cœur encore palpitant) et à boire (du sang de vierge, surtout les soirs de pleine lune). En revanche, le commerce de la crédulité ne passe pas que par Elisabeth Teissier. La Mission prévient sur les multiples pratiques peu ou prou psychothérapeutiques ou prétendues telles, qui, selon elle, peuvent déboucher sur des risques de nature sectaire, l’aisance avec laquelle le thérapeute se mue en gourou étant démultipliée par la fragilité des consultants ; ou qui, plus prosaïquement, s’insèrent dans des dispositifs d’escroquerie à grande échelle genre vente pyramidale. Comme quoi, le Diable, lui, encore, se cache bien dans les détails, surtout si on les pare des couleurs New Age. Et autrement, Rika Zaraï a-t-elle toujours le droit de vendre ses livres vantant les bains de siège ? Même s'ils ne l'ont pas immunisée, les dits bains, contre les problèmes de santé.


Comme un écho à l’article de Slater d’hier, Libération fait le tour des blogs qui s’activent sur le front des prochaines élections européennes. Vous pouvez lire tout ça ici. Toutefois, la conclusion reste bien la même : on est parti pour un record d’abstention, et ce sont les militants eux-mêmes qui le disent, le nombre de refus des tracts qu’ils distribuent sur les marchés s’apparentant pour eux à un indicateur avancé du désintérêt des français pour l’élection européenne.


Mercredi 20 mai


Gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m'en occupe.

A son tour, Barack Obama va pouvoir s'inscrire dans cette longue lignée de femmes et d'hommes politiques qui, une fois au pouvoir, ont vu venir les scuds de leurs lignes arrières, alors que, benoitement, ils auraient pu croire qu'ils n'arriveraient que du camp d'en face. Les sénateurs démocrates ont en effet décidé de ne pas débloquer les 80 millions de dollars que le Président réclame pour que son administration puisse fermer Guantanamo. Ils se sont, dans ce refus, alliés avec leurs adversaires républicains, même si les raisons des deux groupes ne sont pas totalement les mêmes. Pour les conservateurs, pas de surprise: fermer la tôle en terre cubaine est une erreur et Barack n'est qu'un mou face à l'hydre terroriste. Pour les dem', c'est un peu différent. Certes, la fermeture du centre de la honte leur sied, mais ce qui les gène en revanche, c'est la suite. Où mettre les prisonniers qui ne seront pas tous, loin de là, libérés ? Et là comme disent les américains, c'est « not in my backyard » (pas dans mon arrière-cour). Retrouver des prisonniers terroristes ou prétendus tels sur le sol de son Etat, de son comté, affole autant les américains que les populations françaises, lorsqu'il s'agit de construire un centre d'éducation pour mineurs délinquants à la lisière de leurs communes ou quelques HLM aux marges de leur rue. En bref, c'est la sainte alliance des rétrogrades chrétiens et des égoïstes territoriaux. N'étant pas un spécialiste de la Constitution des US, je n'ai aucune idée de la manière dont Obama va se tirer de ce piège.


Et pendant ce temps là, toujours aux USA, il y a des affaires qui marchent plutôt bien. La mort étatique par exemple. Hier soir, c'est un noir de 51 ans, Michael Ryley, dans le corridor de la mort depuis 20 ans, qui a été exécuté au Texas. Jeudi dernier, dans l'Oklahoma, Donald Lee Gilson, blanc de 48 ans y a lui aussi eu droit, à l'issue d'un séjour de 11 ans dans le couloir. Le même jour, Willie MacNair, noir de 44 ans, a subi la peine capitale dans l'Alabama, après avoir attendu dans le death row depuis 1990. L'article s'attarde un peu plus sur le premier de ces trois hommes, car, malgré un QI de 67, il n'a pas été jugé suffisamment « débile » pour voir sa peine commuée. Évidemment si l'on prend Bush Junior pour étalon...

J'ai filé ensuite sur ce site d'information sur, et de militantisme contre la peine de mort aux USA. Extrêmement bien réalisé, il tient à jour la longue liste des condamnés attendant dans l'espace confiné du corridor, comme celle de ceux qui en sont sortis soit du bon coté (car innocentés à temps), soit du mauvais. Les statistiques par Etat sont accablantes. Jugez-en !

  • Texas : 438 exécutions depuis 1976, 358 personnes dans le couloir de la mort dont 9 femmes, taux de meurtre pour 100 000 habitants : 5,9

  • Californie : 13 exécutions depuis 1976, 678 personnes dans le corridor dont 15 femmes, taux de meurtre pour 100 000 habitants : 6,2

  • Arizona : 104 exécutions depuis 1976, 129 personnes en attente dans le couloir dont 2 femmes, taux de meurtre : 7,4

  • Oklahoma : 132 exécutions depuis 1976, 86 personnes dans le couloir dont une femme, le taux de meurtre : 6,1

Je pourrais continuer assez longuement puisque la peine de mort est en vigueur dans 35 des 50 Etats fédérés. Au total, depuis 1976, il y aura eu 1 163 condamnations à mort exécutées, dont 992 par injections léthales, 155 par la chaise électrique, 11 par la chambre à gaz, 3 par pendaison et 2 au moyen d'un peloton d'exécution. Au 1er juillet 2008, il y avait, dans les couloirs de la mort, 3 307 détenus attendant le moment où on les emmenerait dans la salle d'exécution. Le taux de meurtre pour 100 000 habitants est au plan national, de 5,6. C'est un peu plus faible que dans les Etats qui pratiquent le plus la peine de mort ; elle montre là tout son caractère dissuasif. Il y a des moments où rien ne dépasse la pureté froide des chiffres.


Jeudi 21 mai


Oui bon, ok. Il y a bien ce bon courage chouchou (cf. La chanson du samedi d'hier) lancé d'une voix mutine à son mari qui s'en va recevoir le premier minsitre d'Irak, mais dont les vrais destinataires sont bien sûr les français dont on espère qu'ils auront une approche plus humaine de leur président. Chouchou sur Facebook. Quand on vous dit qu'Internet est en danger.

Oui, bon, ok. Il a aussi ces condés qui viennent ramasser un gosse de 10 ans et l'autre de 6 ans à la sortie de l'école pour un vol de vélo (on croit rêver!). Mais voilà. Pas envie de m'étendre sur ces sujets.

J'ai trouvé, hier en fait, cet article de Numérama sur le plan secret (??!!) de Nicolas Sarkozy pour contrôler le web français, coupable d'une trop grande indépendance d'esprit. L'argumentaire se tient. Les rappels historiques (et oui, déjà historiques) aussi. Le point de départ de cet article, c'est le projet de la future loi d'orientation pour la performance de la sécurité intérieure. Qui, si l'on en croit l'article du Monde mis en lien dans celui de Numerama n'est pas sans danger sur les libertés personnelles. Et Numerama de détricoter l'echeveau des ambitions tutellaires de notre petit grand homme. Qui n'aurait, comme contrepouvoir dont il craindrait vraiment la puissance, que les blogs. Ce qui est nous faire beaucoup d'honneur cependant. C'est une permanence de nombre de politiques que de penser que la blogosphère serait la nouvelle agora incontrolable au point de faire ou défaire les puissants. Certes il y eut Etienne Chouart, sorti du néant lors de la campagne réferendaire de 2005. Mais il reste à ce jour le seul, à ma connaissance à avoir réussi un tel coup. Les blogs et sites qui sortent des informations dignes de faire trembler les grands sont, le plus souvent, des prolongations, sur la toile, de journaux ou de regroupements de journalistes. Qu'il s'agisse de Mediapart, de Rue89, d'ASI...


Vendredi 22 mai


Claude Allègre, dont la première qualité n'est pas la modestie, la discrétion n'étant pas la seconde, annonce donc qu'il va entrer au gouvernement. Grand bien lui fasse. Mais je ne suis pas absolument certain que ce soit, comme on le dit couramment dans la presse politique, une si belle prise que ça pour Nicolas Sarkozy. Ceux qui ont un peu plus de 20 ans ont peut être quelques souvenirs de son inénarrable talent pour se mettre les enseignants dans la poche lorsque sous Jospin il était ministre de l'Education Nationale (et ce quoi que l'on pense du besoin de réformer le « mammouth »). M'étonnerait fort, en raison de son caractère et de son estime de lui-même, que Allègre soit facile à museler quand bien même ce serait le Président qui s'y essaierait. Et puis, il y a évidemment ce particularisme du professeur, que souligne d'ailleurs Libération dans cet entrefilet, sa quasi négation du réchauffement climatique et du rôle de l'homme dans ce problème. Doit être contente Kosciusko-Morizet de devoir bientôt cohabiter avec un tel bonhomme. Avec lui le Grenelle de l'Environnement est sur de bons rails...


On ne se méfie jamais assez des cheveux gris. Singulièrement quand ils s'agit de leur peau ou de leur bien-être. En tout cas, les pirates somaliens sont désormais prévenus : il est plus aisé de s'en prendre à un voilier, fut-il drivé par des jeunes gens en pleine forme, qu'à un paquebot de croisière emmenant des retraités prendre le soleil au large des Seychelles. Voyez cet article de 20Minutes. De vrais guerriers les papys. A grands coups de tables et de chaises longues qu'ils les ont repoussés les Barbe Noire du 21ème siècle. Ah mais, comme aurait pu le dire l'inénarrable Thierry Roland : « Ah, ça mon p'tit Jean Mimi, c'est bien connu, le retraité anglais ne fait pas le voyage pour rien! Il est efficace sur l'homme dans le combat de près. Et ce n'est certes pas Napoléon qui nous contredira ! Ni Hitler tiens !».


Samedi 23 mai

Rien ne pourra m'aider à comprendre ce stupide réglement rugbystique, qui veut que lors des phases finales, en cas d'égalité à la fin des prolongations, sera qualifié celui qui aura marqué (après les essais) le plus grand nombre de pénalités (et non de drops). Et voilà comment on ne se qualifie pas, pour la seconde année consécutive, pour la finale du championnat de rugby de ProD2 ! En finissant à égalité 15 partout sur le terrain d'Albi. Et alors qu'il y avait vraiemnt la place pour aller la jouer cette finale. Ah, l'Atlantique Stade Rochelais m'a, sans le vouloir, pourri mon reste de samedi. Toujours ce manque d'un grand buteur, régulier dans les moments les plus cruciaux.

Et voilà chers ami(e)s ce qu'il m'était si difficile de vous dire en ce début de revue de semaine: Albi se qualifie aux dépens de La Rochelle pour la finale de la ProD2. Et comme disais Caliméro, c'est trop inzuste....

Oui, bon, je sens que je ne vous intéresse que très modérément là...


Allez bon dimanche

Thierry

RYS


samedi, mai 23, 2009

La Chanson du Samedi - #005


"Bon courage Chouchou ! "


Phrase sublime (forcément sublime eut dit Duras) d'une femme amoureuse, en vue de renflouer l'aura de son Président de mari, un peu démonétisée dans les sondages. Ce n'est certes pas LA nouvelle de cette semaine finissante, auriez-vous tout à fait raison de me rétorquer. Mais cette volonté démonstrative de normalité conjugale, mise en ligne sur Facebouque a quelque chose de définitivement giscardo-soixantedixarde (à l'époque où l'Ex se faisait inviter à diner chez des français moyens), et partant, violemment démago-ringarde.

Rien que le dialogue :
"Tu sais quoi, je reçois le premier ministre d'Irak"
"-Oh formidable, alors bon courage chouchou"

Remplacez les mots "premier ministre d'Irak" selon votre bon vouloir, et vous sentirez grandir votre proximité avec le couple présidentiel :

"- Tu sais quoi, je vais changer les pneus de la Polo."
"- Oh formidable, mais ne te salis pas trop. Bon courage chouchou."

"- Tu sais quoi, j'ai croisé Durand de la comptabilité en sortant de Leclerc."
" Oh formidable, ce gentil comptable qui veut que tu aies de l'avancement dans ta boite, faudra lui parler, hein ? Bon courage chouchou."

"- Tu sais quoi, il faut encore que je passe à l'ANPE, si je n'accepte leur nouvel offre d'emploi, on va avoir les Assedic coupées."
"- Oh formid... hum, bon ben bon courage chouchou."

Ad lib...


En anglais, ça doit pouvoir approximativement se traduire par Good Luck Darlin, qui, les choses tombent bien est une face B d'un des EP d'un groupe fort méconnu de Doo Wop des fifties, les Five Crowns.

Ici leur biographie.

Et là un lien vers ce titre "Good Luck Darlin" sous Deezer (et non je n'ai pas de mp3 à vous proposer, je n'ai pas cette chanson dans quelque stock que ce soit).

Allez, à demain pour la revue de semaine.
Thierry
RYS

vendredi, mai 22, 2009

Dur comme l'amour !

Je suis assez surpris de n'avoir pas vu de chroniques de cet album sur la majeure partie des blogs, prompts habituellement à s'extasier sur le folk indie français. Peut être ai-je mal regardé après tout.

Soyons franc ! Lorsque, par l'intermédiaire de Culturofil, cet album est arrivé chez moi, ma propension à l'écouter de bout en bout, et d'écrire un billet qui se tienne à son endroit était faiblarde. Quoi ! encore un album de folk, encore un barbu grattant quelques modestes accords sur sa guitare en psalmodiant des chansons dont la pauvreté des lignes mélodiques invite au versement, par la CAF, d'un RMI musical. Un français chantant en anglais, qui plus est !!

Et puis, loyauté vis-à-vis du webzine oblige, j'ai décidé de foutre la galette dans le mange disque de mon ordinateur. Et après trois écoutes, j'étais devenu, si ce n'est adepte du bonhomme, au moins beaucoup plus ouvert à ses chansons qui ne ressemblent pas vraiment au tout venant de la scène folk française (et étrangère aussi d'ailleurs).

Tout n'est pas du même acabit, lon s'en faut dans Hard as Love, mais il est quatre ou cinq morceaux dont Joseph Leon n'a vraiment pas à rougir. Des titres empreints d'une mélancolie sereine, d'un calme désarroi, qui renvoient une majeure partie de la production concurrente assez loin. Hélas, il est d'autres moments où l'ex juriste, rangé des codes et des jurisprudences, réintègre le vague troupeau des folkeux insipides. Mais pour les quatre ou cinq chansons marquées d'un zen spleen youngien que l'on n'entend pas si fréquemment, cet album mérite que vous vous y attardiez.

De plus amples développements sur Hard as Love de Joseph Léon dans ma chronique culturofilienne. Allez y jeter un oeil. Mes stats personnelles ne s'en porteront que mieux.

Allez à demain pour la chanson du samedi.

Thierry
RYS

jeudi, mai 21, 2009

C'est jeudi et c'est pas ravioli ! - 03

Chers et chères amis-amies, ce n'est point parce que cette journée est fériée (doublement, en quelque sorte, puisque j'en profite pour faire un petit pont, oui cette fulgurance footballistique oubliée, paraît-il, des terrains de Ligue1 de nos jours), que ça va être ravioli pour autant. Certes non !!

D'autant que ce que je vous propose aujourd'hui, c'est trop de la bombe, une pure tuerie, une merveille absolue, et allez voir les musiciens sur scène, en live comme ici à Tara... Ah putain Nagui, sors de ce corps!!!!!

En étant moins dispendieux de qualificatifs aussi avariés que l'est le plus souvent la parole promotionnelle, je me cantonnerai à dire que les Burnette Brothers, avec leur son particulièrement électrique pour l'époque (1956-1957), et singulièrement distordu et crade, à une époque où le parangon de la guitare électrifiée était sans doute l'aérien Cliff Gallup, ont, sans le savoir, annoncé les futurs furieux de la six cordes comme par exemple un Jimmy Page. Vous pouvez en juger par vous même sur cet extrait de leur album témoin du bref passage chez Coral Records. Ce n'est ni Rockabilly Boogie, popularisé à la fin des années 70 par Robert Gordon, l'homme dont la chevelure défiait toutes les lois de la gravitation, ni The Train Kept a Rollin, repris par..., mon Dieu, bien du monde.

Ce n'est pas mal pour autant :

Johnny Burnette and the Rock and Roll Trio : Your Baby Blue Eyes.

Curieusement, Johnny, mort prématurément à trente ans dans un stupide accident de bateau, n'a pas, comme son frère Dorsey, les honneurs d'une page biographique dans l'Official Rockabilly Hall of Fame. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur l'homme, il faudra se contenter de cette page Wikipedia.

Et voilà c'était le 3ème "c'est jeudi..."

A bientôt
Thierry
RYS

mardi, mai 19, 2009

Dédicace spéciale à Coolbeans...

... dont le Tombouctou Sans Mariachis croise les rives de la fin de la lettre D, "Do" même pour être précis. Et qui en conséquence, nous écrit ces quelques lignes pour nous expliquer pourquoi et comment il a toujours loupé les Dogs (ce qui est dommage mais n'a rien d'infamant non plus - j'ai longtemps bloqué sur Dylan à cause d'Auffray et sur Cohen à cause de Graeme - ceux qui ont, par tous les moyens, cherché à éviter les feux de camp, réels ou fantasmés, des babs de la fin des 70's savent de quoi je parle -).

Au risque donc d'être un autre de ses "vieux", je mets en ligne cette petite compilation par moi concoctée, de titres issus de mes vynils par moi encodés (la qualité peut s'en ressentir). Et si ça ne lui agrée pas, au moins me serais-je fait plaisir à réécouter pour la énième fois, quelques uns des plus beaux titres des Rouennais. Dragibus devrait même y reconnaître une antique madeleine.




Voilà.....
























Allez, à bientôt
Thierry
RYS