Ne savait où tourner son regard,
Pour tout lire et tout savoir.
Il alla voir la fourmi son amie,
(convoquer La Fontaine n'est pas une infamie,
et la fable je le jure, croyez-le
dans notre histoire se terminera mieux).
A l'insecte ouvrière il manda
Sais-tu ou je puis me faire quelque encas
De ces ragots et brillantes analyses,
Qui, en deux mots sont la cerise,
Sur mon gâteau d'informations,
Dont jamais je ne crains l'indigestion.
La fourmi n'est pas préteuse,
Mais par chance, elle est en revanche blogueuse :
"Va donc voir un site que de connaître je m'honore
The Civil Servant is Knocking on Etat's Door
Il y a là, moult textes et images,
Qui raviront ta soif de reportages,
Tout les dimanches ce Servant publie,
Des nouvelles en tout genre en belle litanie,
Il écrit, décore, prend de la peine,
Ca s'appelle la Revue de Semaine".
Et hop, c'est parti
Lundi 25 mai 2009
Iggy Pop (oui, ok, la photo n'est pas très charitable), sort aujourd’hui son nième album (j’avoue que j’ai un peu la flemme de compter, surtout s’il faut ajouter les Stooges, les bootlegs en pagaille etc.). Il a pour nom Préliminaires et l’Iguane se fait, nous dit la promotion, crooner, allant même jusqu’à reprendre, en français, Les Feuilles Mortes. Je n’en ai encore rien entendu de cet album, car je respecte Hadopi moi (non mais !). Et pourtant, ce buzz préfabriqué autour du dernier effort du vieux punk (passage à La Musicale, avec duo barock’ con la ultima mujer del BHL - ah non merde je confonds avec Caterine -) a pour effet que je ne me sens guère enclin à faire l’effort. Pourtant, il est évident que Iggy a la voix pour crooner (à sa manière entendons-nous bien, il ne s’agira pas pour lui de singer Sinatra). Pourtant, il est vraisemblable que du coté arrangements et musiciens tout aura été fait pour que cet album ait à la fois le parfum du rock’n’roll et la souplesse que requiert le mainstream. Et c’est peut être ça qui au fond m’ennuie le plus (avant même d’avoir écouté une note vous avez vu) : la pop ondulatoire ou le groove jazzy ne sont pas seyants pour le Pop. Il y a un truc qui ne colle pas quoi. C’est un peu comme si Nick Cave reprenait du Carlos. Bon. Si vous vous l’avez écouté et pensez que j’ai tort : n’hésitez pas. Je ne demande qu’à être contredit, puis, pourquoi pas, convaincu.
On reste dans le domaine de la musique avec l’English Tuna, Susan Boyle et sa voix, paraît-il, d’exception (encore que je lus en cet endroit une analyse plus que circonspecte des talents de la dame). Que voulais-je dire au fait ? Que Warhol avait définitivement vu juste et que notre Albion Blood Sausage a tout intérêt à bien profiter du quart d’heure. Non en fait c’est pas ça. Je voulais dire que nous aussi on a notre vedette, qu’elle s’appelle Carvoilà J’embrasse Pas, ou quelque chose d’approchant, et que si elle n’est pas à proprement parler un canon, on est loin de Ugly Virgin Susan. Ah oui ça y est. Je crois que si Susan Boyle n’avait pas fait rire tout le monde en arrivant sur scène avec sa touche de paysanne vaguement atteinte de consanguinité campagnarde, elle n’en serait pas là où elle est.
Le Monde publie une interview de Julien Coupat. Je vous la laisse lire. C’est fait ? Trouvez-vous, comme moi, que ce garçon est fort verbeux, à la limite de l’insupportable avec ses vérités mal digérées de Bourdieu et de Debord, que son discours n'est pas exactement de la même trempe que ceux de quelques vieux anars, quand bien même, par moments, ce qu’il dit n’est pas faux ? Oui ? Et trouvez-vous comme moi que ça n’en fait pas pour autant un candidat à passer encore des semaines en prison sans chef d’accusation qui se tienne ? Aussi ? Nous sommes bien d’accord alors.
Mardi 26 mai
A priori une nouvelle un peu rassurante pour l'économie française. Ainsi que le dit cet article, l'INSEE annonce une progression de la consommation des ménages au mois d'avril. Comme disent les grands macro économistes, le dernier moteur de la croissance n'est pas en panne. La notule de l'INSEE, en ligne ici, montre en effet que des biens durables comme les automobiles sont les grands contributeurs de cette bonne tenue de la consommation. Encore que, c'est peut être là que le bât blesse un peu. Il est bien clair que ce type de consommation (les biens durables tels que voitures, électroménager...) ne pèse du même poids dans le panier de toutes les ménagères. En clair, la statistique d'avril ne nous montre qu'une chose : les gens en mesure d'acheter ces biens, plutôt plus onéreux qu'un kilo de pâtes, ont accentué leurs dépenses. Et on touche ici toute la limite de cet indicateur : improprement appelé consommation des ménages. Pour faire court, il ne représente en fait que la consommation en produits manufacturés (transformés, usinés, si vous préférez), qui sont des biens un peu plus cher que la moyenne. Du reste, cet agrégat ne représente guère plus d'un quart de l'ensemble de la consommation des ménages. Ce qui relativise beaucoup la bonne nouvelle.
D'autant qu'elle se double d'une autre donnée statistique dont on a peu parlé : les comptes de la Nation 2008. Dans l'analyse qui en est faite par l'INSEE, mise ici en ligne, on comprend que les ménages ne cessent d'accroître leur endettement. Selon l'institut, le taux d'endettement des ménages (leur dette rapportée à leur revenu) s'approche de 75% à la fin 2008. C'est encore supportable, mais ça commence à faire beaucoup : en gros, les ménages sont endettés à hauteur de neuf mois de revenus (après impôts et y compris toutes les prestations sociales). On sait que la hausse du prix des logements y aura fortement contribué à cette hausse ; j'espère que la consommation courante n'est pas en cause. Car sinon, ce serait un sérieux facteur d'insécurité pour l'économie française.
Changeons radicalement de sujet, éloignons-nous de chez nous pour atteindre l'immense Chine (offerte aux nippons comme chacun sait). Il était là-bas un toubib qui souffrait depuis plusieurs années de saignements du nez, sans qu'une raison valable ne puisse être invoquée. Problème qui s'aggrava brutalement il y a peu, au point que l'homme saigna pendant dix jours sans discontinuer. Il consulta donc. Et obtint enfin la raison de son trouble hématologique. Elle est là. Vu ? Oui c'est assez immonde, j'en conviens.
Mercredi 27 mai
Il y aura fallu le temps, près de 15 ans, mais ça a fini par arriver. Le couple Tibéri embastillé, tout symboliquement bien sûr, que croyiez-vous, pour leurs malversations électorales. C'est que le conducator du 5ème et son épouse avait des méthodes plus robustes et élaborées que ce pauvre perpignanais pris la chaussette dans le sac, si j'ose dire. On revotera d'ailleurs dans la préfecture des Pyrénées Orientales : il sera intéressant de voir quelle « sanction » les électeurs enverront à ceux qui ont été élus en forçant un peu le destin, grâce à des bulletins fourrés dans les chaussettes. Les Tibéri, c'est quand même un couple unique. Des Ceaucescu au petit pied, prêts à bien des choses pour conserver ce qu'ils ont toujours considéré comme leur propriété : le 5ème arrondissement. On a la Roumanie qu'on peut. Mais la ressemblance est frappante. Même couple uni dans le népotisme, même parcours qui mène du rôle de petit chose à celui de Maire de Paris. Oui, bien sûr qu'il a été écrasé aux élections suivantes. Vous imaginez le score qu'aurait fait Nicolae à des élections démocratiques en Roumanie en 89. Et Xavière, si elle ne se gratte pas les fesses en publiques, comme, parait-il le faisait Elena, a cependant la même « classe » que la défunte régente des Carpathes. Mais qu'ils se rassurent, en France on ne colle pas encore devant un peloton d'exécution pour tricherie aux élections. Un peu de sursis et une inéligibilité, qui d'ailleurs ne s'applique pas à Xavière, et qui ne sera pas bien longue. Le Procureur avait requis 5 ans. C'était bien vu, puisque ça nous amenait jusqu'en 2014, privant ainsi Tibéri de la possibilité de se représenter aux municipales (qui auront lieu cette année là). Mais comme il n' a que trois ans, rien ne lui interdira d'y retourner. Finalement, les morts ne peuvent pas encore souffler : peut être leur va-t-il encore falloir voter.
La Reine est shocking. Et Johnny Rotten n'y est pour rien. Ni Doherty. Pas plus que les ministres qui, les uns derrière les autres, vont à Canossa rembourser la piscine, les heures de jardinage ou les repas bien arrosés que la Couronne leur remboursait sans sourciller. Et non, c'est notre Président et notre gouvernement qui auraient mis la dear queen dans cet état de rogne. L'ont pas invitée aux cérémonies du 65ème anniversaire du Débarquement. Pas très sympa. Elle doit pas prendre beaucoup de place cette femme, et puis à son âge on a un appétit d'oiseau. Elle ne va pas nous coûter extrêmement cher en frais de bouche. Et mine de rien, c'est elle le chef de l'Etat de l'autre coté de la Manche, aussi baroque que ça puisse nous paraître. Ah, Nicolas, Nicolas, il n'y a pas qu'Obama à choyer voyons.
Jeudi 28 mai
Depuis le temps qu'avec la régularité d'une montre helvétique je vous bassine avec ça, vous imaginez bien que je ne laisserais pas passer le moment où, enfin, l'Etat français finirait par consentir à mordre la poussière qu'il a lui même mise par terre. Il l'a fait ce soir en élargissant Coupat, avouant bien ainsi qu'aucune charge sérieuse ne pouvait être retenue contre lui et que, par conséquent, le garçon a passé six mois en prison pour rien. Vu la surpopulation carcérale, ce n'est peut être pas la peine d'en rajouter en foutant au gnouf des gens qui n'ont rien à y faire. L'article que je vous ai mis en lien a été publié dans l'après-midi, à un moment où la libération de Coupat n'était encore qu'une potentialité, mais dont les probabilités semblaient très fortes. Ce soir c'est donc fait. Dans cet article, paru après la remise en liberté, on constatera quand même que l'Etat a du mal à lâcher son nonosse : strict contrôle, interdiction de sortir d'Ile de France, caution de 16 000 euros (faudra un jour qu'on m'explique à quoi ça peut bien servir...). Des mesures à usage externes évidemment, pour l'opinion publique, pour faire comme si l'homme, même libéré, restait un danger pour la société. Des mesures inutiles. S'ils veulent le suivre, le loger pas à pas, je suis certain que les policiers ont l'arsenal et les techniques nécessaires pour ce faire. Mais ça on ne pourrait pas l'expliquer à la partie de l'opinion publique que cette libération effraie.
Dans cet article de Oriane Claire, parfaitement inconnue dans les milieux économiques (si elle avait publié, Google trouverait son nom aisément), une analyse classique (à tous les sens du terme) de l'effet à moyen terme d'un trop fort endettement. Et cette phrase définitive : «nous avons connu une bulle financière des entreprises en 2000. Il ne faudrait pas connaître la bulle financière des Etats à partir de 2010», où se profile l'hypothèse d’Etats ayant des difficultés grandissantes à trouver sur les marchés les acheteurs de leurs dettes. Ce n'est pas exactement un cas d'école et ce d'autant plus que les grandes zones économiques, suivant les conseils des économistes libéraux de l'école de Milton Friedman, qui auront dominé les cénacles ces trente dernières années, ont toutes donné à leurs Banques Centrales respectives, une indépendance qui pourrait le cas échéant être mortelle. En effet, désormais plus question de faire tourner la planche à billet, ni d'imposer à la Banque Centrale de racheter les titres d'Etat pour tenir les taux d'intérêt. Les banquiers centraux font ce qu'ils veulent. Ce qui n'est pas rassurant, sachant que pour M. Trichet, le contrôle de l'inflation passe avant tout. Avant même la croissance économique. Bref, en un mot comme en cent, d'une part l'endettement, arrivé à un certain niveau, ça craint et d'autre part, l'indépendance des Banques Centrales, ça ne rassure pas.
Vendredi 29 mai
Encore un chouïa d’économie aujourd’hui, puisque la dernière statistique qui est tombée est celle de l’inflation dans la zone euro (ie : l’ensemble des pays qui partagent cette monnaie). Elle est nulle (pas la zone euro, ça c’est un peu complexe à juger, non, l’inflation elle est nulle). Ce qui est assez rare et, comme déjà raconté plus longuement dans une précédente revue de semaine, pourrait être un indicateur avancé d’un renforcement de la crise actuelle. Bon certes, il y a dans ce pourcentage ridicule un fort effet des niveaux de prix très élevés des carburants l’an dernier, qui, en revenant à des prix plus bas, tire à la baisse l’ensemble de l’indice. N’empêche. La BCE (pardon la Banque Centrale Européenne) a jugé bon de parler pour assurer qu’il n’y avait pas de risque déflationniste. C’est bien qu’elle cherche à faire passer un message rassurant aux marchés et aux agents économiques qui, en général, détestent la chute des prix (vu ce qu’elle annonce). Et si elle cherche à rassurer, c’est que d’aucuns s’inquiètent un peu. Ils ont peut être de quoi.
Dans le Monde, Christian Lequesne, spécialiste des relations internationales, donne lui aussi quelques explications au désamour (c’est beau comme tout ce mot), au désamour donc, entre les français et le Parlement européen qui, selon toute vraisemblance, va se traduire par une proportion historique de pêcheurs à la ligne. Il y voit une première raison qui à mon sens n’explique pas le risque d’abstention et même, a contrario, devrait élever la participation : le vote sanction ou à contrario le vote soutien au plan national. Si effectivement, les français jugeaient que par cette élection, ils pouvaient botter le derche à leurs gouvernants (ou au contraire chercher à les encourager dans un contexte difficile), ils iraient plus nombreux s’exprimer. A l’inverse, je suis persuadé que les électeurs n’utiliseront pas ce scrutin avec des buts nationaux, car ils savent que ce serait inutile. La politique française ne changerait pas pour autant. L’auteur, de ce postulat à mon sens erroné, tire la vieille conclusion habituelle, qui ne résoudrait rien : ils faut des listes supranationales. La belle affaire. Une des critiques souvent apportées à l’Europe et à son Parlement est qu’on se sent éloigné d’eux, il est sûr que d’élire un lituanien ou un maltais va nous donner un fort sentiment de proximité avec nos élus.
Là où, par contre, l’auteur touche juste, c’est lorsqu’il rappelle que, en y réfléchissant bien, le Parlement européen n’est pas (encore ?) un Parlement. Pas de fait majoritaire. La preuve c’est que le soir à la télé, une fois que les politiques ont fini de s’empeigner sur les résultats français, on ne trouve pas lourd de journalistes pour s’enquérir avec quelque passion du résultat au plan européen et cherchant à savoir si une majorité va se dégager dans un sens ou dans l’autre. Etonnons nous alors que les français n’y comprennent rien ! De plus, le Parlement Européen n’a pas, comme tous les autres parlements du monde, un gouvernement qui est responsable devant lui. Certes, l’orientation de la Commission peut être partiellement liée à l’équilibre politique du Parlement, mais elle aussi et surtout le fruit de compromis subtils entre les différents gouvernements pour placer leurs hommes (ou femmes). Dès lors, les électeurs ne sont pas illégitimes à se demander en quoi il est important de voter puisqu’il n’y aura ni vainqueur ni vaincu, ni remaniement « ministériel » à la Commission, et au bout du compte la forte sensation que tout ça ne changera rien à une politique entre les mains d’experts. Et c’est là qu’ils ont partiellement tort. Mais c’est un plus long à expliquer, et je le ferai peut être une autre fois.
Samedi 30 mai
On va faire vite aujourd'hui. D'une part, je sors, d'autre part, je vous sens las d'avoir dû réfléchir intensément à la lecture de mes fortes et puissantes analyses... Deux brèves :
- On se fait donner une leçon de savoir vivre par le président des USA. Pourquoi ? Elisabeth voyons, qui ne décolère pas de rester sur la barge quand tous les autres ont le droit de débarquer. Petit article du Post.fr.
- Et Susan Boyle s'est fait finalement niquer (que celui qui dit que la vierge au physique difficile n'a pas tout perdu sorte immédiatement) : elle ne remporte pas le concours bien qu'elle ait tenu en (mauvaise ?) haleine des millions d'internautes. Des danseurs lui ont été préférés. A nouveau dans le Post.fr.
La seconde nouvelle est sans doute une surprise. La première en revanche...
Allez bon dimanche et n'oubliez pas le blind test.
Thierry
RYS
PS: Profitez bien de cette bannière, c'est la dernière de la série Women and Horses. J'espère qu'elle vous aura plu.


































