Bonjour Everybody qui passez par ici.
Hé oui, déjà dimanche. Les cabas et les caddies bien remplis deux heures durant, hier en fin d'après-midi, juste après le judo du petit, dans un temple bruyant de la consommation, il est temps de commencer à les vider. Oserez-vous ce Gevrey-Chambertin à 8 euros 35 la bouteille, trouvé en tête de gondole, juste en face des VTT ? Pour accompagner le canard à l'orange précuit, affaire de la semaine puisqu'il donne droit à un coupon d'avoir de 5 euros, à dépenser dans tous les magasins Monofour du département. Non ?
Bon faites comme vous l'entendez, mais avant de vous remplir la panse, lisez donc la Revue de Semaine. Roselyne Bachelot envisage de la placer prochainement dans les produits anti Alzheimer inscrits au tableau des remboursements de la sécurité sociale.
Allez, let's Go !!
Lundi 19 octobre.
Douillet, Douillet, Douillet aujourd’hui. Et Frédéric Lefebvre, l’homme auquel il est impossible d’échapper, Super-Uhaiemepé, toujours prompt à voler au secours de l’homme traqué par la meute immonde, assoiffée de sang.
Pour le super héros de la droite, il n’y a qu’un coupable : le thermomètre ! Heu pardon, les médias ! Qui sont à la ramasse d’Internet (coucou nous revoilou !), toujours trois wagons de retard, et qui veulent compenser ce « handicap » en en faisant des tonnes ! D’où le scandaleux traitement de l’affaire Mitterrand ou de celle de Jean Aydeux (années de droits). Ah que ne reviens-t-on pas au bon vieux temps du ministère de l’Information. Sous la férule du débonnaire Peyrefitte, le Dumbo gaulliste de l’époque, on savait trancher dans le vif quand ça devenait nécessaire, et mettre la soldatesque journalistique au carré ! Ca n’a pas empêché De Gaulle de se faire sortir au référendum de 1969. De même que la mainmise de l’UDF sur les chaînes nationales à la fin des années 70 ne put rien contre la chute de Giscard.
En parallèle, ce qui est rigolo, c’est que Super-Uhaiemepé est contredit par le Gros bébé joufflu Super-Champion. Qui, en substance, indique au Monde : « les polémiques parisiennes n'ont pas eu d'impact sur la campagne » et que le débat sur l'élection de Jean Sarkozy à la tête de l'EPAD « ne l'intéressait pas ». Dont acte, si les turpitudes de la presse et des médias, ces galeux, autour de Jean Aydeux (redoublements) n’ont eu aucun impact sur la campagne de David Douillet, vous admettrez qu’on ne peut pas, a contrario, clamer que la victoire du judoka est une réponse aux dites turpitudes (z’avez suivi là ? hum ?).
Bon, cela étant, l’article du Post.fr de ce matin est quand même intéressant, en ce qu’il ne donne pas complètement tort à Super-Uhaiemepé.
Tout d’abord, cependant, Bruno Roger-Petit gifle Super-… en lui expliquant que non, les médias ne sont pas à la remorque d’Internet, ce serait même plutôt l’inverse en tout cas en matière de politique (en matière de musique, c’est plus complexe). Mais ensuite, il lui accorde volontiers que l’absence de l’opposition parlementaire aux avants postes de la contradiction laisse une béance, que, la nature ayant horreur du vide, les médias s’empressent de combler. Et l’auteur de l’article d’y voir aussi une raison assez légitime : à trop leur marcher sur les arpions aux fantassins de base des médias, le pouvoir a réussi à bien les regrouper contre lui. Comme à l’époque de Balladur nous rappelle-t-il. Bref, et j’en prends sans doute pour mon grade, moi qui passe mon temps à accuser les médias de panurgisme ou de fainéantise, le paysage médiatique n’est pas aussi simple que la caricature d’une presse et d’une télé aux ordres.
Mardi 20 octobre
Parlons d’abord des extrémistes, sous deux visages différents.
Celui, tout d’abord rassurant que veut se donner le nouveau parti politique dit Bloc Identitaire. Très curieux, pour qui s’est un peu intéressé à l’extrême droite de notre pays. En effet, au départ le BI ça vient tout droit d’un groupuscule, dit Unité Radicale (tout un programme) qui s’était fait connaître par des prises de position ultra, au point de se faire interdire. Maxime Brunerie, qui des Champs Elysées, avec sa carabine à plomb tenta de « tuer » Chirac était proche de cette mouvance. Disons, que tout ça n’offre pas beaucoup de garanties de regroupement en un parti qu’on imagine décidé à jouer le jeu démocratique. Or, on assiste de la part du Bloc Identitaire à un virage à 180° qui le placerait aujourd’hui à la gauche du FN. Lisez l’article et les déclarations des nouveaux portes drapeaux de ce parti !
Quelle place espèrent-t-ils prendre ? Ont-ils pour vocation de ramener définitivement dans le bercail de la droite une grosse partie des troupes du FN, afin que ce dernier soit définitivement hors jeu ?
Ou alors assistons-nous, comme semble l’indiquer l’article à la montée en puissance des mouvements extrémistes régionalistes, tendance Ligue du Nord, ou chez nous Alsace d’Abord. Si c’est le cas, je me demande si à ce prurit d'égoïsme localiste de riches et de mise au pinacle de traditions qui ne devraient relever que du folklore, je ne préfère pas le gros blond borgne et sa fille à la vulgarité charcutière assumée (juste un tout petit exemple : Alsace d'abord, c'est la fameuse soupe au cochon distribuée à Strasbourg, idée qui a essaimé un peu partout).
Curieux mariage des extrêmes de droite et de gauche aux USA, sur l'autel du refus de la vaccination contre le virus H1N1. Critique de la toute puissance de l'Etat qui s'associe à un libertarisme teinté d'un fumet new age, pour un cocktail finalement pas si éloigné de la théorie complotiste. Nous ne sommes pas totalement à l'écart de ce genre de débat en France, vu le nombre de personnels de santé qui refusent la piqûre contre la grippe A. Je ne mets pas sous le boisseau les légitimes questionnements sur la politique de stockage de millions de doses face à une maladie qui tue beaucoup moins (en tout cas actuellement) que la grippe classique ; je ne méconnais pas non plus les interrogations qu'on est en droit de soulever quant aux bénéfices de l'industrie pharmaceutique dans cette affaire. Mais tout de même ! Refuser au motif d'un risque vaporeux, pour ne pas dire non avéré (les adjuvants), un produit qui lui réduit clairement les risques d'être malade, il y a là un détournement de la logique qui m'échappe.
Prenons alors de la hauteur pour finir la journée, en apprenant éberlué qu'on a découvert 32 nouvelles exo planètes, loin de notre système solaire. Je sais pertinemment que jamais je ne verrai la couleur de leur atmosphère si elles en ont une, ni ne toucherai leur sol rocheux ou marécageux, que jamais je ne saurai si elles abritent quelque forme de vie que ce soit, il n'empêche. Savoir qu'à des milliers d'année lumière, des corps célestes comme le notre vivent leur vie, ça me fera toujours rêver. J'ai trop regardé Star Trek, sans doute.
Mercredi 21 octobre.
Allumez les contre-feux ! (non, ce n'est pas une parodie de la « chanson » de Jauni, écrite par Zazizi). C'est la contre-attaque de la droite UMP à l'effet désastreux (même sur l'électorat classiquement fidèle semblerait-il) de la pré nomination de Jean Aydeux (véritables amis, et c'est bien suffisant vu que je me réserve le droit de les trahir) à la tête de l'EPAD.
Alors on trouve la petite bête. Qui en l'occurrence s'appelle Marie. Euh, ça on s'en fout. Qui en l'occurrence s'appelle Marie Bové, fille de son père José. C'est que voyez-vous elle va être candidate à une élection (les régionales en Aquitaine), et qu'il est évident que pour obtenir le poste, elle a été fortement pistonnée par Papa ta pipe fume dans ta moustache. Donc, conclue-t-on aisément dans le camp des défenseurs du fils prodigue, un partout, balle au centre.
C'est tellement pitoyable que c'en est presque drôle. Libération effectue une comparaison des personnages et des parcours. Et rappelle que la différence, qui n'est pas mince, c'est que l'une va se présenter aux suffrages du peuple quand l'autre est nommé d'autorité par le Maître !
Je ne sais pas si vous êtes client, comme on dit, de David Hamilton, mais c'est mon cas. Depuis longtemps, j'aime ses clichés de jeunes filles adolescentes souvent dénudées, aux visages de madones préraphaélites (j'aime aussi beaucoup ces peintres, comme quoi...), posées dans des ambiances feutrés, limite oniriques.
Peut être serait-il prudent que je ne m'en vante pas trop, ou alors que je commence à numéroter mon matricule. Cet article du Monde en ligne nous apprend en effet comment la censure explicite ou implicite (qui est la peur de l'explicite) rognent les ailes de l'art. Pédophilie évidemment. Le mot à nouveau lâché. Je peux tout comprendre au nom de l'élémentaire et nécessaire protection de l'enfant. Tout admettre c'est beaucoup moins sûr. Que ferait-on subir au premier des Chants de Maldoror de nos jours ?
Jeudi 22 octobre
Or donc, il finit par renoncer. Et connut sa première défaite politique. Il a fallu que ça chie sérieusement pour qu'on en arrive là. Et surtout au sein de la majorité UMP elle-même, pour que Jean Aydeux (scooters, on ne sait jamais) finisse par retirer sa candidature à la présidence de l'EPAD.
Porte de sortie, il annonce qu'il sera tout de même candidat à un poste d'administrateur. Jolie promotion malgré tout pour un jeune homme de son âge, quand la majeure partie de ses congénères, s'ils ne sont pas encore en fac, traînent de stage bidon en contrat de qualification sous payé, pour aboutir trop souvent au Mac Do du coin, juste à coté du Pôle Emploi (ce qui ne leur fera qu'une faible mobilité géographique à subir, à l'issue de leur CDD). Et puis, une fois la chauffe retombée, il aura toujours un pied dans la place, le gamin.
Pour le reste, la France aurait pu s'éviter deux semaines de polémiques et d'exportation d'une image ridicule dans le Monde (pas le journal, hein, la planète).
L'autre événement du jour, prévu de longue date celui-là, c'est la sortie du dernier album d'Asterix dessiné par Uderzo. Dans le Post.fr, le Capitaine Haddock donne son avis : ni franchement enthousiaste, ni déçu. Un Asterix plan-plan que je n'achèterai pas (parce qu'on a quand un peu perdu l'habitude) mais que j'aurai sans doute un plaisir même pas honteux à lire en loucedé dans les rayons de la F.**C. Cela étant, avec un tirage initial de 3,5 millions d'exemplaires, l'éditeur sait que je ne suis pas le lecteur médian et table sur le phénomène dernier album dessiné par Uderzo. Néanmoins, comme, tout de même le chiffre me paraissait énorme, j'ai cherché à comprendre. Hadopi n'étant pas encore en vigueur, même si le Conseil Constitutionnel en le validant a levé la dernière barrière, je me suis dit qu'il y avait sûrement un moyen de trouver cet album sur le net. Pas loupé. Et effectivement en regardant les premières images de cette dernière aventure, celle-ci par exemple, j'ai mieux compris l'étude d'impact. Cette image aussi m'a totalement convaincu que les 3,5 millions d'exemplaires seront atteints. Tout comme celle-là. En revanche, j'ai été plus dubitatif devant cette dernière.
Vendredi 23 octobre
La planète Internet s’autocongratule du retrait de Prince Jean, ce qui me paraît un peu exagéré, et qui par ailleurs donne de l’eau au moulin de ceux qui voudraient bien nous voir muets. Mais, il est un blogueur, que je ne connaissais pas avant ce matin, qui relativise tout ça. Marc Vasseur.
Les quelques lignes qu’il écrit (oui c’est court et concis mais précis) sont très justes. Au fond, Jeannot a joué parfaitement le rôle d’écran de fumée, pendant qu’en arrière plan Hadopi était validée et la réforme des collectivités locales mise en chantier. Sur la première, je ne dirais pas comme Vasseur que l’on en a peu parlé. On savait fort bien que dès lors que le gouvernement représenterait un texte corrigeant les erreurs de droit manifestes qui lui avaient valu première censure, les juges constitutionnels auraient des difficultés à trouver d’autres moyens d’inconstitutionnalité. En revanche la seconde, dont effectivement personne n’a parlé pose question.
Dans cet article de France Soir, les principaux éléments de la réforme voulue par le Président sont listés. Je ne me prononcerai pas à ce stade sur l’idée de regrouper la représentation des départements et des régions au moyen de conseillers territoriaux (qui remplaceraient les conseillers généraux pour le département et les conseillers régionaux pour la région). Pas plus que je n'ai d'idées arrêtées sur la suppression des « Pays », ces superstructures intercommunales dont on ne dira pas que la réussite a été éclatante.
En revanche, je suis très au clair sur la proposition de réforme du mode de scrutin. Ramener l’élection à un scrutin à un tour unique, quelque soit la dose de proportionnelle qu’on instille, c’est profondément antidémocratique. Et je m’explique. D’une part, il est bien évident que cela ne peut que favoriser le parti le plus important, quand bien même il n’est pas majoritaire (à l’extrême, l’application de ce scrutin dans certaines régions ou départements aurait donné , il n'y a pas si longtemps, la majorité au Front National avec 26 ou 27% des voix). Il est évident que dans une configuration où l’UMP est regroupée à droite et peut décemment prétendre obtenir 35 à 40% des suffrages, alors qu’en face le centre et la gauche sont atomisés en quatre ou cinq partis, dont le meilleur fera au mieux 20 à 25%, on comprend bien à qui profite le crime. Premier point.
Mais la gauche n’a qu’à s’unir allez-vous me dire. Après tout elle l’a fait pour remporter les élections régionales de 2004. Certes ! Mais là où les unions se faisaient entre les deux tours, dans une relative clarté démocratique, puisque sur la base des poids électoraux obtenus par chacun au premier tour, il faudra désormais que ce regroupement se déroule avant l’élection, en coulisses complètes, et on se sait sur quels critères ! (Celui qui gueulera le plus fort ?). Second point.
Et puis que fait-on du Modem. Personnellement je me fous un peu de l’avenir de M. Bayrou, mais peut-on faire litière d’un parti qui obtient entre 8 et 10% des voix ? Et avec qui vont-ils s’allier, sans mesurer préalablement leur force ? Le seul pays, à ma connaissance, pratiquant le scrutin à un tour, c’est la Grande-Bretagne, parce qu’elle est essentiellement bipartisane (encore que désormais les libéraux démocrates viennent s’intercaler entre Labour et Tories). Alors entendre (enfin lire) le Président dire que le scrutin uninominal à un tour c’est « notre ADN politique », je suis pour le moins perplexe. Mais le Président n’est plus à un raccourci historique près.
Tiens, juste pour vous faire marrer, je termine sur cette page du Figaro !
Samedi 24 octobre
Un truc bien délire, dont je n'imaginais pas que ça put arriver. A l'époque des pilotes automatiques, des atterrissages dirigés par l'ordinateur de bord et du quadrillage incessant des avions de tour de contrôle en tour de contrôle, qu'une bévue aussi énorme que ça se produise, je ne l'aurais jamais cru. De quoi je parle ? Ah !? Euh, le mieux c'est que vous lisiez ce petit fait divers.
Et on termine la semaine avec le gag du vote de la taxe sur les banques. Amendement de Migaud, député socialiste, pour faire cracher au bassinet un secteur bancaire bien arrosé de subventions publiques ces mois derniers, que le Gouvernement refusait, mais qui passe quand même du fait de quelques votes favorables de l'UMP. Mais Jean-François Lamour, l'ancien bretteur médaillé olympique, se serait, dit-il, trompé de bouton au moment de voter. Le gouvernement a décidé que l'on revoterait (il en a, constitutionnellement, le droit, mais tout ça fait un peu désordre). Je me demande si il pourrait en être de même, si d'aventure quelques Français annonçaient que, eux aussi, en mai 2007, ils se sont trompés de bulletin.
Et l'année dernière à la même époque ?
Et bien,
Didier Lambert ne connaissait pas AC/DC et
Soeur Emmanuelle s'en allait (
"notre soeur à tous", selon les mots du Président...). On parlait déjà de l'extrême droite mais aussi du Yéti que certains avaient cru repérer à des traces de pas dans la neige. Un détenu, sorti de prison, témoignait du calvaire de la vie dans les centrales et un homme échappait à la prison à cause d'une faute de frappe.
Chinese Democracy sortait (un an après, il semble bien que le buzz ait fait flop, ou pschiiit, au choix) et des petits livres poupées vaudous aux effigies du Président et de la Royale s'écoulaient sur le net en attendant l'interdiction, tandis que
Greenspan, le chantre bon enfant du monétarisme libéral, trouvait, à 82 ans qu'il avait une faille dans le système capitaliste mondial (un an déjà). Voilà,
c'était là.
Allez bon dimanche,
et commencez à vous mettre en condition : la deuxième étape du World Contest of the Blind Test, c'est mercredi !
Thierry
RYS