mardi, juillet 06, 2010

French Rockabilly Festival n°1 - Mercredi 30 juin

J'ai dit récemment en ces lieux, que dans un monde de blogs où les chercheurs des nouvelles pépites sont aussi nombreux que ceux qui envahirent le Klondyke au 19ème siècle, portant un espoir analogue à leurs grands ancêtres, d'être celui (ou celle) qui sortira de la gangue électronique le futur de la pop indie, déjà dit que dans un monde de jeunes blogueurs remarquablement au courant des sorties de disques de groupes dont je n'ai jamais entendu parler, et ce semaine après semaine ; un monde de jeunes gens capables de classer d'ores et déjà les 180 meilleurs opus d'une année qui atteint à peine son milieu, oui, déjà dit que dans un monde de quête effrénée et, sous des dehors policés, fortement concurrentielle de l'interview inédite, il n'était guère la peine pour de vieux barbons comme Sonic Eric (sans doute un des meilleurs blogueurs actuels, hélas méconnu, et dont les émissions de radio en ligne valent tous les discours de Manoeuvre dans les écoles de journalisme, de commerce ou de management - dernière tendance dans ces établissements à faible valeur ajoutée humaniste que de s'encanailler en se payant la conférence d'un vrai rocker puisqu'il porte cuir et lunettes noires mais assez mainstream - M6 oblige - pour que même l'arrière petite fille Bettencourt en ait entendu parler) ou moi-même de se jeter dans une bataille perdue d'avance.

Et qui au surplus ne nous plairait que très modérément.

C'est que si le Sonic est l'incontestable esthète de la pop francophone eighties, de la northern soul ou évidemment de la Motown, celui qu'il faut nécessairement écouter et lire pour comprendre en quoi le R and B d'aujourd'hui, qu'on l'aime ou non, joue un rôle identique à celui des girls groups que savaient brillamment maquer des Gordy, Spector et autres génies musicaux des sixties, alors l'utilité de ce blog (à part vomir ma bile sur le monde qui ne tourne pas rond tous les dimanches) c'est d'assurer la défense d'un rock'n'roll dont on ne parle plus qu'en de rares et épars endroits. Qu'il prenne forme garagiste, cow punk, folk rock, mod ou punk revival ou rock'n'roll estampillé fifties.


J'ai déjà dû évoquer aussi cette idée que l'époque me semblait mûre pour que le rockabilly revienne sur le devant de la scène, un peu à l'instar de son come back au début des années 80. Il n'y faudrait sans doute pas grand chose, que de nouveaux Stray Cats émergent éventuellement pour attirer au rock pionnier toute une frange de rockers qui le connaissent mal, exactement comme les américains rameutèrent fin 1980 les ex punks en rupture de ban. Un rôle qui pourrait être dévolu, qui sait, aux gamins Kitty, Daisy and Lewis. Peut être. En tout cas pour toute une série de raisons objectives, l'heure est au retour des contrebasses, des guitares pures et des batteries minimales ; la théorisation de ce come-back méritant un Manifesto qu'il serait bon de rédiger. Un jour. Assez vite.

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Et c'est de cette musique que l'on va direr quelques mots aujourd'hui grâce au travail entrepris par Tony Marlow, l'ex Rockin' Rebels, pour fédérer toutes une série de groupes menés par des gens d'âges variés.

Donc, à La Boule Noire, sorte de hangar avec scène, ou reste de salle de cinéma d'avant-guerre (auquel on a tout de même eu le nez de rajouter un bar), se sont succédés entre 20 heures et 23 heures, onze groupes constituant le haut du panier de la scène rockabilly française (ou, à tout le moins francilienne, car je ne suis pas certain qu'il y avait dans le lot beacoup de combos montés de leurs provinces), groupes que l'on retrouve par ailleurs dans la compilation, dont je vous ai dit un mot rapide la semaine dernière, Rockers Culture.

Arrivés un rien en retard, put. d'embouteillage pour passer la Cité, on a loupé le set des Shuffle Kings et n'avons vu que la moitié de la dernière chanson de Lady Flo, soutenue à la guitare par Tony Marlow himself.
C'est que chaque groupe n'avait que 3 (4 au max) morceaux à jouer pour que tout le monde ait le temps de grimper sur scène dans le délai imparti.
En revanche, on n'a rien loupé du reste. Difficile de dire un mot sur chacun même si tous le mériteraient. Alors on ne lâchera que quatre ou cinq noms mais en vous conseillant d'effectuer le déplacement si d'aventure vous entendiez ou lisiez qu'ils vont se produire près de chez vous.

Les Ghost Highway n'en sont qu'à leur deuxième ou troisième concert en commun, mais ce groupe regroupe des individualités qui se sont forgés dans différents bands de style variés, de sorte que bien que se cantonnant encore aux reprises, ils font d'ores et déjà preuve d'une finesse de jeu et d'approche assez peu commune. On en dira plus sur ces garçons que je vais avoir le plaisir d'interviewer dans quelques jours juste avant leur prochain concert (gratuit) sur les quais d'Alfortville. Si vous créchez dans le coin...


Mais jugez-en par vous même :



Gros coup dans le plexus aussi envoyé par des gens qui pratiquent une sorte de punkabilly soft, ou de wild rockabilly, fort différents des précédents, et pourtant tout aussi prometteurs.

Les No Hit Makers, qui instillent la dose de bluegrass nécessaire pour que le show ne tourne pas à la fausse démonstration à la Meteors font, eux aussi, preuve d'une très grande classe dans l'approche de cette musique, dont il n'est pas défendu de dire qu'il est facile d'en jouer mal. Ce qui loin et même très loin d'être leur cas. Voilà un groupe que l'on va suivre à la trace.
A nouveau, jugez-en par vous même :



Il faudrait aussi dire un mot de Carl and the Rhythm All Stars sonnant de manière presque "clonesque" comme le rock'n'roll trio des frères Burnette et de Burlison, tout comme de Burning Dust qui ont crée un des moments les plus wild de la soirée avec leur reprise de Yakety Yak. De même que de Rockspell, le nouveau projet d'Alain Chenevière, l'ex Alligators et l'ex Pow Wow (un des deux seuls groupes à jouer sans contrebasse d'ailleurs).

Mais puisqu'il faut terminer, on le fera par Atomics, non seulement ce groupe à forte influence Buddy Holly, mais aussi John Fogerty pour le style du jeu de guitare fut une des belles révélations de la soirée, mais de surcroît le guitariste chanteur est un garçon qui voyage régulièrement le matin dans le même RER que moi (et vous savez ce qu'on dit des rockers : ils n'ont point besoin de parler pour se reconnaître.
A nouveau ce témoignage live pour vous faire une idée de ce groupe emmené à la guitare et au chant par mon quasi voisin.



Voilà une soirée dont je n'ai fait qu'un compte-rendu très partiel mais qui mérite d'être renouvelée pour scotcher riffs après riffs un public au delà des seuls afficionados, et que l'on a tort de voir comme récalcitrant.
Et grand merci à Tony Marlow l'organisateur de cette soirée comme à Graziella de Michelle qui assura le rôle de l'entremetteuse (oh mais qu'est ce que je dis moi...), de Madame Loyal)
Allez à plus,
Thierry
RYS

1 commentaires:

daniel a dit…

Je sais que ça ne se fait pas , que certains le font- assez régulièrement - et que je trouve ça craignos mais tant pis , je vais le faire ...Parce que ça fait une bonne dizaine de minutes que j'essaie de rédiger un commentaire dans lequel j'arrive à formuler précisément ma position , non pas face au seul rockabilly dont il est question ici mais , plus généralement par rapport aux pionniers du rock . SAns tomber dans le "c'était mieux avant" que je vomis .
Je vais donc - et je m'en excuse- me citer . Voici ce que j'écrivais dans un très beau et très sensible billet - intitulé " je n'aime plus Nick Cave " il y a quelques mois de cela : ( extraits )
" je pense que Nick ne m'en voudra pas .

Et puis finalement , peut-être que si je lui disais tout cela en face , il écraserait une larme avant de me mettrre la main sur l'épaule et de me dire un truc dans le genre : " Ca y est , daniel. Tu as grandi . Tu t'es affrancchi des repères que constituait ma musique . C'est ma mission, tu sais : être un passeur . Et je sais qu'avec toi ma mission a été accomplie" .

Oui, c'est peut-être ça , Nick Cave : un passeur avant tout . C'est lui qui m'a fait découvrir Johnny Cash ( pas celui de Rick Rubin, celui de Folsom ). Puis j'ai cherché dans les chanteurs "plus vieux" tout ce que j'aimais chez Nick Cave . Aujourd'hui , je réalise que j'étais dans l'erreur et peut-être que l'explication à mon renoncement à la musique du caveman ( comme dirait R. Claude )se tient là: je fonctionnais à l'envers de toute logique das la mesure où je cherchais à retrouver dans les sources de Nick Cave les traces de celui-ci alors que ses morceaux ne sont peut-être que les moyens choisis par lui pour faire découvrir ses pères / pairs .

Finalement , je ne suis pas vieux . Je suis mûr . Grâce à Nick cave . Mûr pour pouvoir apprécier Presley , tiens , qui sait ?

Ce qui est certain c'est qu'en écoutant "Don't jump" de Billy Fury , on ne peut que penser à Nick Cave et se dire que c'est cela qu'il cherche à atteindre dans ses tentatives - un peu vaines ces derniers temps - de crooning . A l'écoute de ce morceau , j'ai eu peur d'être devenu vieux parce que je me suis dit que cette chanson exceptionnelle faisait passer Nick cave pour un petit joueur et que j'étais sur le point de me mettre à militer pour un retour au "fondamentaux du rock" ( et , par conséquent , au "bon vieux temps ..." Aargh ...).

Sauf que l'opposition entre Nick Cave et Billy fury est vaine . parce que Nick Cave ets un passeur et qu'il a éduqué mon oreille afin que celle-ci soit capable de mesurer à quel point Billy Fury a une voix extraordinaire .

Merci Nick .

So long , comme disent les ringards ( mais c'est sincère , je te l'assure )."