Et revoilà la séquence du vieil auditeur (oui, hmpfff elle risque de tomber à plat celle-là, vu l'âge moyen du lectorat, le nombre d'entre vous qui se souviennent de "La séquence du jeune spectateur" doit ressembler à celui des grognards revenus entiers de la Bérézina.)
Revoilà, donc, notre billet hebdomadaire consacrée au rock'n'roll originel, au rockabilly, au honky-tonk, à la outlaw country, mais aussi au rythm and blues des années 40 et 50, qu'on nomme ainsi parce qu'il était avant tout le fait de noirs et que le rock'n'roll n'est médiatiquement né qu'avec Elvis, petit plouc blanc jouant le répertoire blues et rythm and blues. (Mais autant dire que le rythm and blues, c'était déjà le rock'n'roll).
Aujourd'hui, retour aux obscurs fondamentaux avec un artiste fort peu connu, dont le blaze ressemble plus à celui d'un teuton prêt à entonner une tyrolienne ou frapper ses deux mains sur son short de cuir à la fête de la bière de Munich, qu'à celui d'un redneck du sud des States. Et qui pourtant fut un précurseur. Qui appartient au proto rock'n'roll, si tant est qu'effectivement on admette que le rock'n'roll naquit dans le studio Sun en 1954, quand Presley vampirisa la chanson d'Arthur Crudup.
Hardrock Gunter, (et oui ça ne s'invente pas un nom pareil : un truc à terminer sa carrière dans les Scorpions ou chez Rammstein), est pourtant né au cœur de l'Alabama. Et son vrai nom était bel et bien Gunter (Sydney étant son prénom).Mesdames et messieurs, attention toutefois ! Ne rions pas trop, voulez-vous, car nous sommes face à l'homme qui, le premier, c'est en tout cas ce qu'il prétend, dénomma sa musique Rock and Roll. Bien avant qu'Alan Freed reprit et popularisât le terme. Voyez son site officiel, tout y est écrit. On voit donc à quel point il est de juste de s'incliner devant ce monsieur, dont la postérité n'a pas voulu, mais qui le premier a donné un nom (à connotation évidemment sexuelle) à ce truc qui faisait bouger les popotins dès la fin de la seconde guerre mondiale.
Gunter n'eut qu'un seul hit, le titre que je vous mets en ligne, Birmingham Bounce (Birmingham n'ayant rien à voir avec Albion et tout avec la ville d'Alabama où il naquit). Écoutez bien le truc et vous constaterez que dès 1950, toutes les bases étaient en place. Notez même comment la rythmique n'est pas sans rappeler ce qui sera, quelques années plus tard, le fond de commerce d'un certain Bo Diddley (le Diddley Beat ou Jungle Beat).
Hardrock Gunter a connu, tardivement, la reconnaissance, tout particulièrement lorsque Nick Tosches lui a consacré un chapitre, dans son livre "Héros oubliés du rock'n'roll" (un petit salut au Sonic en passant, tiens!).
Ca doit être bon pour le corps la renommée qui vous arrive quand on ne l'attend plus, puisque notre homme a fêté ses quatre-vingt cinq ans le 27 février 1925, et qu'aux dernières nouvelles, il a toujours bon pied, bon œil.
Alors écoutons-le :
Hardrock Gunter - Birmingham Bounce (1950).
Allez, tcho,
Thierry
RYS
5 commentaires:
Si c'est Birmingham Alabama et non England ça m'intéresse, je la mets de côté pour mon nouveau blog http://50statesproject.posterous.com/!
Blog que je vais donc m'empresser d'aller lire !
Oh ça va être vite lu (comme tu l'as sans doute déjà vu) ;-)
Oui, ça se lit vite.
Ca n'empêche pas que c'est un très beau blog.
Passe Hardrock Gunter, quand tu veux.
Et lis lundi matin le "Retour vers le Week End", ça parlera, aussi, de toi.
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