Bon, allez la dernière revue avant fermeture (juste pour une semaine, ce n'est point la débandade complète).
Une revue très très dilettante à la relecture. On ne saurait dire que j'y ai privilégié les nouvelles les plus essentielles (tiens par exemple, pas un mot sur la Grèce au bord de l'implosion, pas un sur la Belgique à nouveau en risque d'explosion - en revanche les conneries sur les mecs qui se paluchent au volant, là ça y va). Oui, une revue aaaach'ment superficielle. Et païenne, salement païenne, je vous préviens à l'avance.
So,
Let's Go !
Lundi 19 avril :
Le Krashlalavdur ralentit son activité, nous dit cet article de Rianovosti (ne me demandez pas comment je suis tombé sur ce site de presse russe en français, je ne m'en souviens plus). Tout le monde, les compagnies aériennes les premières et les touristes bloqués depuis plusieurs jours les suivent pas à pas, s'en félicite bien évidemment. Pas moi (en même temps je vous dit ça, mais si le volcan devait pourrir mes vacances d'août en Corse en bloquant les avions, je le regarderais certainement beaucoup moins avec les yeux de Chimène). Pourquoi donc suis-je satisfait de voir que les fumeroles soufrées qui envahissent la troposphère (ou la stratosphère, je ne suis pas certain) plaquent les avions au sol (peut être par excès de prudence, là je ne prononcerais pas) ?
C'est parce que j'y vois ce grain de sable, cher à Tobin. Alors, certes, pour l'ancien prix Nobel, le grain avait pour but de gripper la mécanique des échanges financiers internationaux. On comprendra aisément que ceux-ci n'ont guère besoin d'avions pour exister, d'autant moins avec le développement des échanges dématérialisés. Mais dans mon esprit, le grain de sable s'appliquerait plus aux échanges de biens réels qui, on le sait fort bien depuis que des économistes les ont étudiés, ont un bilan carbone excessif, du fait de la multiplicité des points de localisation des divers étapes de la manufacture d'un produit (comme par exemple, ici totalement théorique, des oranges ramassées en Afrique du Sud, envoyées en Inde pour y être broyées jusqu'au jus, jus lui-même emmené par camion en Chine afin qu'on le conditionne dans des boites de carton importées d'Europe de l'Est, les palettes de Joker étant finalement réexpédiées vers l'Europe).
Un excellent ami, à qui je soumettais l'idée, me rétorqua que le gros des échanges est effectué par ces énormes plate-formes flottantes qui peuvent transporter plusieurs centaines de conteneurs grands comme des appartements. Il a certes totalement raison, mais je parle bien de grain de sable ; en l'occurrence qu'une part même modeste d'un commerce international générateur de délocalisations soit bloquée, et c'est l'ensemble de la chaîne qui grippe, surtout dans un contexte où l'on privilégie le « juste à temps » au stockage de sécurité.
Bref, une crise durable du transport aérien, sans même parler de l'économie en rejet de carbones, aurait pu s'accompagner de stratégies forcées de relocalisation d'activités. Mais voilà, Eyfloflodurdur en a décidé autrement semblerait-il !
Et c'est parti ! La justice dans son infinie célérité va se prononcer sur l'éventuelle responsabilité d'un ministre pour des faits délictueux qui auraient été commis durant ses fonctions. D'où l'appel à la Cour de Justice de la République, seule instance pouvant juger des ministres pour des faits commis dans l'exercice de leurs fonctions ministérielles. Bon, il faut dire que s'en prendre à la justice pour dénoncer sa lenteur, c'est lui élargir le dos, et pas qu'un peu. C'est notamment oublier que parce qu'il est depuis longtemps sénateur, Charles Pasqua (ben évidemment c'est de lui qu'il s'agit) a bénéficié d'une immunité qui a, pour le moins, ralenti la course de la justice.
Alors, Slate.fr en profite pour remettre en ligne un papier, sans rapport direct avec les affaires qui amènent Pasqua devant la CJR, de l'époque où oncle Charlie avait rameuté toute la presse pour une conférence de presse dans laquelle il devait faire des révélations sur les affaires de l'AngolaGate (pour laquelle il a été condamné à 18 mois avec sursis). Des révélations, il n'y en eut qu'une au fond : c'est de savoir que désormais, le vieux corse poursuivrait Chirac jusqu'au fond des chiottes s'il le faut, pour que lui aussi paye son écot. Une lutte inutile argumente l'auteur, mettant en parallèle la popularité insolente de l'ancien Président, avec l'odeur de soufre qui se dégage de chaque parole de Pasqua. Soyons clairs, c'est profondément injuste tant les destinées de l'un et de l'autre furent imbriquées, c'est profondément injuste tant les responsabilités au moins par inaction de Chirac sont évidentes, c'est profondément injuste tant la popularité actuelle du grand Jacques ne relève que de la calamiteuse image, en miroir inversé, que nous tend le titulaire actuel du bail de l'Elysée.
Mais c'est ainsi.
Dans quinze jours, Pasqua saura. La justice voudrait qu'il paye s'il est coupable. Mais la justice voudrait aussi qu'il ne soit pas le seul.
Mardi 20 avril :
Alors changeons un peu de sujet. Et préparons nous au pire pour ce qui est des tremblements de terre. Mais si. Car avec notre future loi qui va interdire la Burqa tout partout, nous sommes en passe de devenir les pires des mécréants, forçant les femmes à s'afficher dans des tenues qui vont provoquer des cataclysmes.
Mais si ! Tenez lisez ce petit encart de Al-Islam-Fi-Nafsi (à nouveau, ne me demandez pas commet j'ai atterri ici, je n'en sais foutre rien). Un grand imam iranien a affirmé que les femmes qui s'habillent de façon trop légère et « qui détournent les hommes du droit chemin et corrompent leur chasteté, provoquent les tremblements de terre ». Diable !
La seule façon d'éviter de se trouver enfoui, est « donc de trouver refuge dans la religion et d'adapter nos vies aux codes moraux de l'Islam ». Dont acte. Allez zou, tous à la mosquée et fissa, je n'ai aucune envie de voir le bitume se lézarder sous mes pieds et d'être attiré vers les profondeurs infernales (où, putain, il n'y aura pas les 40 vierges pour m'attendre !).
Allez on peut en rire, mais je ne suis pas si sûr qu'il le faille vraiment. Et n'en déplaise à ceux-celles qui condamnent l'interdiction de la burqa, je ne peux pas m'empêcher de mettre les deux en relation. Il reste tout de même un dernier point : quelle est la position de Claude Allègre sur cette corrélation entre tenue impie et earthquake ?
Là c'est un sondage qui génère une immense surprise à la lecture de ses résultats. Imaginez, 6 français sur 10 sont favorables à ce qu'on ne touche pas l'âge de la retraire. Dit plus simplement, 60% des français sont pour la retraite à 60 ans. Et moi je dis que ce sondage est un pur artefact marqué par le parallélisme des chiffres. J'en conclue donc qu'à la place du Gouvernement, je proposerais le maintien de l'âge de la retraite à 100 ans, et serais ainsi assuré d'un soutien unanime de la population. Non ? Je me tromperais ?
Dans ce sondage, il y a une autre question sur laquelle je n'ai rien à proposer à M. Fillon : 66% des Français opposés à la politique économique du Gouvernement, « qu'ils jugent mauvaise ». Non, pas l'ombre d'une solution, sauf peut être remonter le niveau du bouclier fiscal à 66% des revenus (qui sait, on aurait alors 66% des français favorables à la mesure).
Mercredi 21 avril :
Bon anniversaire monsieur Jospin... 8 ans déjà, quand même.
Bon, après cette perfidie, restons dans les retraites en nous intéressant à un mini régime appelé la CAVIMAC qui n'est autre que la caisse de retraite des Cultes. Ben oui, même les prêtres ont droit au repos terrestre avant, plus tard d'aller s'asseoir à la droite de Dieu. Le clergé n'a jamais oublié qu'il a bâti son succès sur des formules impeccables du type « les premiers l'auront bien profond car ils seront les derniers » et « heureux les simples, les pauvres, ceux qu'en chient sur cette Terre, car Là-Haut, ça va donner, croyez-moi, avec les 40 vierges... ah non mince ce sont les muslims ça; alors disons qu'ils auront droit à 40 chérubins (arf, je suis immonde) ». Il a donc considéré (le clergé) que d'aussi beaux aphorismes se devaient de s'appliquer aussi à ses servants. Total, la retraite d'un curé, et ben c'est clair que ça le place plutôt à la queue de la distribution des ressources (parmi les derniers l'heureux homme).
Donc là, il y a un cureton de Lyon qui vient de s'apercevoir avec effroi qu'après 24 ans de bons et loyaux services, il aura droit à 279 euros par mois de retraite versée par la CAVIMAC. Bon, c'est vrai c'est faiblard, mais on ne lui avait pas dit au clergyman qu'il faut cotiser 40 ans dorénavant ? Et puis bon, c'est ça la vocation ? Il voulait quoi le confesseur ? Pas un petit plan d'épargne logement pendant qu'il y est ? Et pourquoi pas des stocks options sur les placements du denier du culte ? Il est entré dans les ordres pour servir Dieu jusqu'à preuve du contraire, par pour les nombreux avantages acquis (vins de messe gratuit, fréquentation régulière des hautes autorités villageoises et des jeunes enfants de choeur...). Alors bon, voir qu'en plus, cet apostat intente une action en justice pour obtenir une retraite plus confortable, j'en suis tout retourné !
Là, ça part d'un concours de photos qui se devaient d'être politiquement incorrectes. Dès lors, il ne faut pas être surpris que les clichés risquaient de choquer.
Ben pourtant voilà que quelques députés UMP en font une affaire d'Etat. Le problème ? La photo qui l'a emporté montre un quidam qui se torche dans le drapeau français. Du reste il est assez moyen comme cliché et si c'est ça le politiquement incorrect aujourd'hui, je gage que les autres clichés devaient être bien innocents.
Là où ça se gâte c'est que ça réagit de toute part. Passe encore que Lionel Luca affirme que le cliché eut été bien plus incorrect si le torchage s'était déroulé dans les plis du drapeau algérien (effectivement, il n'a pas tort, si on juge l'incorrection au scandale qu'elle est susceptible de faire naître, la souillure du drapeau algérien eut été intéressante). Mais qu'en revanche, on en appelle à la loi de 2003 pour juger qu'il y a outrage et qu'il va falloir sévir pose un tout autre problème. Où commence l'expression artistique (qu'on que l'on pense de la valeur de cette photo) ? Que dire alors de Vian et de son « déserteur », de Brel et de « Au suivant », véritable entreprise de démoralisation de l'armée. Qui donc avait dit qu'il vaut mieux un excès de caricature que l'absence de caricature ?
Jeudi 22 avril :
Sur le remarquable blog Slatien, Chasseur d'Etranges, un très long papier extrêmement détaillé sur un de ces nouveaux métiers, particulièrement peu payés car ne demandant pas de qualification particulière, et que l'on n'imagine pas. Dans les élevages de dindes, intensifs au possible, les dindons ont un grave problème : trop nourris, ils deviennent obèses et en incapacité de couvrir leurs dindes (excusez-moi j'ai hésité à écrire « fourrer » ou « se farcir »). Total, devant le risque d'extinction d'un bien de consommation lucratif, un nouveau débouché pour les sans emploi s'est développé, d'abord aux USA, si j'ai bien compris, qui n'a pas tardé à traverser l'Atlantique, puisque dans l'article, on évoque un élevage d'Ardèche. Il s'agit d'être un turkey jerker, ce qui se traduit aisément par masturbateur de dindons. Aussi délirant que ça puisse paraître, ce métier existe vraiment, et se pratique à la chaîne sur des journées entières ; le but final étant naturellement de récupérer la semence du mâle dans des pipettes (non, non, rien à voir avec le groupe féminin qui a buzzé trois mois, il y a deux ou trois ans), et ensuite d'inséminer les femelles (les dindes quoi !).
Passionnant, mais ainsi que le dit un ouvrier interrogé, guère différent d'un travail posté sur une chaîne automatisée d'usine.
La conclusion est un peu plus ennuyeuse encore : c'est l'obésité du dindon qui l'amène à ne plus pouvoir couvrir sa femelle. Or quelle est l'espèce animale la plus menacée par l'obésité actuellement ? Les humains ! L'auteur imagine ainsi un futur où, devenus tous extraordinairement ventripotents et adipeux, les hommes ne pourraient plus honorer les femmes. Qui viendrait alors les soulager de leur semence pour assurer la perpétuation de l'espèce ? Hum ? Marianne Faithfull peut être, bien entraînée par son rôle d'Irina Palm !
Tiens ben ce sera tout pour aujourd'hui. La branlette mine de rien ça use.
Vendredi 23 avril :
Bon allez, on va raconter que des bêtises aujourd’hui.
Et avec un sens consommé de la transition, passons d’Irina Palm à ce monsieur espagnol qui n’a rien trouvé de mieux que de se faire arrêter par la Guardia Civil parce qu’il conduisait avec une seule main. Que faisait-il de l’autre ?
Et bien voyez-vous, de la même manière qu’il y a des livres dont on dit qu’ils se lisent d’une seule main, le brave homme était au volant d’une automobile qui doit se conduire d’une seule main. Chopé par la patrouille anti-onanisme et toc. Sa faute n’a d’ailleurs pas été, selon el flico, de se taper une pignolade, mais de conduire « en n’ayant pas la liberté de mouvements suffisante et de ne pas prêter l’attention nécessaire à une bonne conduite ». C’est fort bien exprimé. La prochaine fois, conseillons à cet autophile de conduire un tripo(r)teur.
La police de la route doit être sur les dents, de ce coté-ci des Pyrénées, comme de l’autre puisque chez nous, elle a aussi frappé dans le style : en v’la une contravention qu’elle est pas banale ! Ce coup-ci, rien à voir avec un quelconque risque d’exhibition sexuelle. Au contraire ! Tout au contraire ! La dame qui s’est fait pécho (si j’ose dire) par le flic avait pour tort de conduire avec un niqab. Dont acte ! Au moins ne peut-on l’accuser d’en trop montrer. Par ailleurs, même si l’histoire ne le précise pas, on peut supposer que ses deux mains (gantées ? j’ignore si ces femmes fantômes ont l’autorisation de les montrer aux hommes) étaient posées sur le volant. Donc, quels motifs pour cette amende (de 22 euros, il y a tout de même moindre mal) ? Madame circulait « dans des conditions non aisées » (article 412-6 du Code de la route), puisque son champ de vision était réduit par le port du voile intégral. Je veux bien croire qu’il existe le dit article du Code, mais là reconnaissons au policier une belle capacité de créativité.
On conseillera à monsieur « je-la-sors-à-tout-bout-de-champ-pour-me-soulager » de se rapprocher de madame « je-vous-cache-tout-je-vous-dis-rien ». Qui sait, sous le niqab, peut être pourra-t-il s’adonner plus discrètement aux plaisirs solitaires. Quoique non, en fait il risque la double peine : « pas de liberté de mouvements, pas d’attention nécessaire et circulation en condition non aisée à cause d’un champ de vision rétréci. »
Les américains ont envoyé dans l’espace une navette inhabitée (c’est inhabituel !). Elle s’appelle X-37B, ce qui vous a déjà un parfum Bonisseur de la Bath, ou Fox Mulder (vous choisissez en fonction de vos appétances). Et ce n’est pas pour rien. En effet, le robot spatial est affecté d’une mission classée top-secret ! Ce qui m’étonne le plus, de vous à moi, d’ailleurs, c’est que si la mission est si classifiée que ça, je ne comprends pas bien pourquoi on le clame sur les toits. Serait-ce un leurre en fait ?
Bon, allez, moi je vais vous la dire la vérité, car je la connais (ne me demandez pas comment j’ai su, c’est top-secret - beh, oui, il n’y a pas de raison -). Alors, voilà, de fait, ils ont envoyé une femme sous niqab vérifier si même dans l'immensité spatiale, alors que la circulation y est on ne peut plus fluide, elle est gênée ou non pour conduire. Un test qui prouve la bonne volonté des USA à l'égard de l'Islam (ah c'est pas la France qui aurait cette honnêteté).
Samedi 24 avril :
Cet article de mon excellent confrère Hervé Jeanney, qui reprend une nouvelle parue sur Slate.fr (et que j'ai cherché à diffuser via Facebook hier). Les créateurs de South Park menacés de mort par des barbus qui n'apprécient pas que leur (leurre ?) prophète soit représenté de façon rigolarde dans le dessin animé qui ne respecte rien.
L'ennui c'est que les auteurs de South Park ont cédé (même si je peux parfaitement comprendre qu'on ne souhaite pas tellement vivre avec une épée de Damoclès, format poignard du mollah Omar, au-dessus de la tête,). En conséquence, veuillez trouver jointe à ce billet deux caricatures parues dans la presse danoise en leur temps (les vidéos où Mahomet est dessiné, au grand dam des fous d'Allah, est disponible sur le lien sur l'article de Slate.fr).


Voilà.
Heu, autrement, je trouve qu'on aurait grand tort de ne pas faire le lien avec le débat sur le port du niqab ou de la burka cheu nous.
Et l'année dernière à la même époque ?
Comme la semaine dernière, mes amis. Rien, nib, j'étions en vacances. Ce que je vais faire cette semaine du reste, ce qui fait qu'il n'y aura point Revue de Semaine dimanche prochain (ce qui vaut peut être mieux, je suis en train de tourner anticlérical grave moi). Mais n'oubliez pas qu'entre temps, sera postée en ces lieux, la huitième étape du WCOTBT (spéciale années 2000).
Voilà, bon dimanche et à la proxima.
Thierry
RYS