samedi, juillet 31, 2010

La (les) Chanson(s) du Samedi (#057) - The Dernière One !

Et oui voilà amigos et amigas (et les autres aussi).
Cette série du samedi touche à son but. Il était temps, j'avais presque totalement fouillé le catalogue YouTube.

Donc, de manière habituelle, ce billet tentait maladroitement de mettre en rapport un quelconque évènement de la semaine finissante avec un titre, que j'espérais finement choisi. Mais comme c'est la dernière, et pas que de la saison, mais bien l'ultime, ce fait est en soi l'évènement de la semaine.

Aussi, nous finirons en beauté avec une série de chansons qui ont trait, de près ou de loin, avec la fin, l'au revoir, le départ, l'exil, enfin toutes ces jolies choses qui vous font comprendre que c'est over !

Enjoy cette sélection, faite un peu au hasard de mes pérégrinations YouTubesque.


Peter Doherty - Last of the English Roses




Elliott Murphy - Last of The Rock Stars




Rolling Stones - The Last Time




The Drifters - Save The Last Dance For Me




Miossec - Je M'en Vais





Joe Dassin - Salut Les Amoureux





The Byrds - It's All Over Now Baby Blue




Et enfin, last but not least
Roxy Music - A Song For Europe



...
...
...
Voilà, c'est fini...
...
...
...
C'est fini je vous dit !!
...
...
...
Ah mais put., vous voulez que ce soit lui qui vous le dise ?
...
...
...
Bon ! Vous l'aurez voulu !





Allez, bye
(à demain pour la Revue de Semaine, qui sera, elle aussi, la dernière...)
Thierry
RYS

jeudi, juillet 29, 2010

C'est jeudi et c'est pas ravioli (#055)

Vrrrrroooooouuuuummmm.

Non, non, n'ayez pas d'inquiétude, je ne suis pas devenu fou. Cette onomatopée groscubesque est simplement là pour vous préparer à ce que vous allez pouvoir entendre à la fin de ce billet. Et non, loupé, il ne s'agit pas du Leader of The Pack.

Il y a deux semaines, avec Tee Bo, j'avais mis l'accent sur cette compilation de rockabilly français, sortie il y a quelques mois à peine, et qui recèle quelques titres très prometteurs, voire dans certains cas déjà totalement aboutis. Et j'avais annoncé que devant la somme de talents que contient cet album, il serait dommage de s'en tenir à un unique extrait.

Homme de parole, vous me connaissez (et ceux qui ne me connaissent pas perdent gros, sachez-le !!! Nom didiou), je tiens donc mes engagements en remettant le couvert. Et en offrant cet espace au parrain de la scène, à celui grâce à qui ces choses là existent. Un garçon qui n'est pas tombé du ciel avec la dernière averse puisqu'il fit ses premières armes vers la fin des années 70 dans les Rockin'Rebels, groupe de rockab, dont on peut trouver trace sur les sillons dans une compilation Skydog Commando de 1978 ou 1979 (je ne suis pas certain qu'elle soit facile à trouver, ceci dit).

Compilation qui doit être copiée sur un de mes vieilles K7 audio qui pourrissent lentement dans leurs cartons de rangement. Mais aussi dans deux ou trois LP chez Underdog qu'il doit être tout aussi commode de se procurer.

Mais l'homme a surtout ouvert pour et accompagné les plus grands rockers et autres rois du rythm and blues et du boogie, de passage en France, de Janis Martin aux Stray Cats, en passant par Freddie Fingers Lee.

Bon, je vous parle de Tony Marlow, dont on peut lire une courte biographie sur ce site, et qui a comme tout musicien qui se respecte aujourd'hui son MySpace.

Wild Rock'n'roll où les guitares sonnent Burlison, Link Wray et Dick Dale tout à la fois, avec une voix mix de Lemmy et de Cavan Grogan, ça donne le titre Ridin' To The Ace que je vous mets en lien (et qui démarre sur un pot d'échappement de moto).

Tony Marlow - Ridin' To The Ace.

Tony sera en concert dans mon département d'origine au festival Rochefort en Accords et ce trois soirs de suite, les 26, 27 et 28 août. Ne le loupez pas si vous êtes dans le coin.

A plus,
Thierry
RYS

mardi, juillet 27, 2010

Retour et grâce

C'est une photo magnifique.

De celles qui vous font tomber sous le charme, comme sous la mitraille.

Devant, revenue de... tout, Louise Féron chante. Accompagnée.
Accompagnée par son groupe Revolver 9, issu de la scène rouennaise, forcément. Accompagnée du revenant du passé. Là, affichée juste derrière elle, comme une ombre tutélaire et bienveillante, l'image de Dominique, compagnon et musicien qui lui offrit ce qu'il avait de meilleur.

Lorsque la grâce d'une rickenbacker lovait ses arpèges autour des mots ciselés avec la patience artisanale de ceux qui savent ce qu'écrire veut dire. Lorsque la plainte mélancolique de l'harmonica enrobait des paroles nuageuses qui venaient s'y réfugier, de peur peut être de s'envoler et de disparaître à jamais. Quand des phrases heureuses et douloureuses trouvaient, comme un écrin, l'électricité apaisée sans laquelle il n'est de solitude que sécheresse, aridité.
Lorsque Louise et Dominique tombaient sous le charme, comme sous la mitraille.

Ce couple, trop fort en caractère et en quête d'absolu pour durer, s'était retrouvé en 2001, après 8 ans de séparation, avec le projet de réenregistrer les titres qui n'avaient pu l'être. Et puis la maladie, le départ de Dominique arrêta le projet.

C'est 8 ans après qu'il aboutit, agrémenté de chansons nouvelles. Et que Louise Féron sort, enfin, de son silence de plus de 15 ans. Avec un nouvel album : Le Passé Revenant.

Je reviendrai plus avant, très vite, sur le disque en question, concept sur une histoire d'amour, contée de son aurore à son couchant. Et vous laisse un avant-goût avec le titre éponyme.
Ainsi qu'avec cet antique témoignage qu'une main bénie a posé sur You Tube.

Louise Féron (musique Dominique Laboubée) - Le Passé Revenant

Louise Féron et Dominique Laboubée - Tomber sous le Charme (clip un peu usé de 1988)



Oui, il est des fantômes qu'il est douloureux de convoquer.

Allez, à plus
Thierry
RYS

dimanche, juillet 25, 2010

Revue de Semaine : l'avant-dernière.

Oui messieurs, mesdames, tout est dit dans le titre de ce billet dominical. La Revue de Semaine vit ses derniers instants. encore une et l'on passera à autre chose pour la rentrée après quelques semaines de vacances qui n'auront, croyez-le bien, pas été volées au grand Kapital.

Je vous en dirai un peu plus la semaine prochaine, même si Notre Président n'a pas encore arrêté l'intégrale des programmes de la prochaine grille.

D'ici là, Let's Go !


Lundi 19 juillet :


On retourne à la Revue de Semaine et l'on commence, avec deux jours de retard, par le décès de Bernard Giraudeau, atavisme rochelais oblige. Tout a été dit dans les hommages nombreux et comme toujours lors de ces occasions, un brin exagérés.

N'empêche, même si l'acteur n'est pas mort dans sa prime jeunesse, à l'instar d'un River Phoenix, subsiste ce triste sentiment, au-delà de celui que provoque le décès un peu trop précoce de Bernard, que la maladie lui aura interdit de jouer les derniers rôles d'une vie, ceux que l'on tient entre 60 et 80 ans et qui vous font passer du statut de grand comédien à celui de monstre sacré (comme un Serrault par exemple avec lequel il partageait cette exceptionnelle capacité à incarner l'équivoque).

Pour « honorer » la mémoire de l'ancien marin rochelais, j'ai trouvé que ces quelques phrases de celle qui fut sa compagne pendant près de 15 ans sont les plus intéressantes. Annie Duperey ne parle pas de la carrière de Bernard, ni de son talent d'acteur. Elle dit juste en quelques mots, sans trop y toucher, en l'absence de tout pathos, ce que fut son dernier combat et ce qu'il lui apporta paradoxalement. Quelques minutes qui flottent au-dessus de nos petites conditions.


Et l'humain, c'est aussi parfois un bon pétage de plomb. Comme il se doit. Dans le cas du monsieur qui a perdu tout son pédalier d'un seul coup (et le guidon avec), il y a, pour le moins, quelques raisons objectives. Qu'on fasse retirer deux fois un pénalty à l'équipe adverse alors que votre goalkeeper avait stoppé le premier tir, c'est déjà râlant. Mais quand l'arbitre s'amuse à faire tirer quatre fois de suite le coup de pied de but, alors là...

Et ce qui devait arriver arriva. Je vous laisse regarder (c'est plutôt le début du reportage, la suite étant totalement sans intérêt, sauf à ce que vous soyez un passionné ou un spécialiste du championnat chilien.


Mardi 20 juillet :


On y vient doucement, doucement, mais on y vient. Ça pourrait donc commencer par le cinquième pilier... Heu non, je vais m'y prendre autrement, sinon vous allez croire que je viens vous parler de l'Islam.

Je disais qu'en fait ça pourrait débuter par ce qu'il est désormais convenu d'appeler le cinquième risque.

Quid ?

Bon, un peu de pédagogie. Depuis 1945, date de sa création, la Sécurité Sociale, basée sur les cotisations des actifs (de ceux qui travaillent si vous préférez) finance les dépenses de 4 « risques » : le risque "maladie" (celui que par extension erronée du langage on appelle parfois la « sécu »), le risque « vieillesse », jolie formule pour parler des retraites, le risque « accidents du travail » et le risque « famille », curieux risque je l'accorde, et qui correspond aux caisses d'allocations familiales.

Mais voilà-t-y pas que les gens vieillissent de plus en plus, n'ont pas le bon goût de mourir en pleine forme ou après une courte maladie pas douloureuse, mais qu'a contrario, ils traînent, ils traînent et dans des conditions désepérantes de dépendances. Or il est bien fini le temps des cathédrales (oups pardon), le temps des villageois où l'on gardait le vieux à la maison même quand il se faisait dessus et bavait sa sa soupe sur le sol en torchis de la cuisine.

Désormais, l'enjeu c'est la dépendance : comment assurer aux vieillards dépendants une fin de vie (en général dans des maisons de retraite spécialisées) qui ne soit pas trop indigne ? Voilà le cinquième risque. Actuellement quasiment pas pris en charge par la Sécurité Sociale, il a été confiée aux départements qui versent une prestation d'autonomie, mais qui surtout n'en peuvent mais, face à la démographie galopante des personnes âgées dépendantes.

Et c'est là qu'on y vient. Comment faut-il assurer ce nouveau risque ? Une piste, tout à fait consensuelle, est de faire contribuer les retraités en forme pour ceux qui ne le sont plus, une sorte de solidarité inter générationnelle entre vieux, un peu comme la retraite est une solidarité inter générationnelle des jeunes vers les moins jeunes. Mais évidemment, ça ne saurait suffire. Aussi commencent à pointer les propositions. Une députée UMP ayant noté, pas sans raison, que le financement public aura bien du mal à financer ce nouveau risque, on susurre que peut être faudrait-il obliger les plus de 50 ans à prendre une assurance dépendance privée. Et les sociétés d'assurance de se frotter les mains devant cette manne qui s'ouvre à eux.

Pourquoi pas. Sauf que l'on connait tous les travers de l'assurance privée : et que je te sélectionne les profils les moins risqués, et que je te facture de sorte à dégager un rendement propre à satisfaire mes actionnaires, et que je m'en fous si tout un chacun ne peut pas mettre au pot et que seuls les ménages les plus solvables pourront prendre une couverture décente.

Et puis là où le bât blesse, c'est qu'il n'y a qu'un trait extrêmement étroit entre l'assurance dépendance et l'assurance maladie. Et que quand on commence à permettre au renard de mettre son museau à la porte du poulailler....


Aucun rapport immédiat avec ce qui précède mais j'aime bien cet article publié sur Slate.fr. Que dit-il Philippe Boggio dans ce papier ? Premièrement, que faudrait voir à lâcher la grappe à Bettencourt et qu'elle a bien le droit de dilapider son pognon comme elle l'entend. Argument que je serais prêt à faire mien si elle ne claquait pas en partie son pognon à l'abri du fisc français. Et deuxièmement que tout ça n'est qu'une cabale contre la spoliation de l'héritier, l'héritage étant ce veau d'or devant lequel chaque français se prosterne, même quand il n'a rien de plus qu'une masure biscornue et une R 16 de 25 ans d'âge à refourguer à sa progéniture.

Et là je le suis, Boggio. Car c'est en partie de ça qu'il s'agit. La mère Bettencourt en craquant son blé pour le premier artiste gigolo venu touche à un tabou et se comporte comme une foutue anar. Le seul truc que devrait tout de même ajouter Boggio, c'est qu'elle a été bien contente, Mâme Liliane que son père n'ait point agi de même, sans quoi elle qui n'a jamais rien foutu de sa vie, eut été bonne pour aller tourner les écrous en usine. De toute façon, dans ces histoires de transmissions de patrimoines productifs, bien des économistes ont démontré qu'il y a une loi d'airain : le fils fout l'entreprise de son père en difficulté, et le petit-fils dilapide la fortune. La fille de Liliane étant la petite fille, la théorie économique préconise donc qu'on la spolie d'un bien pour lequel elle n'a d'ailleurs pas eu d'autre effort à faire que celui de naître dans la bonne famille. J'ai dit !


Mercredi 21 juillet :


C'est couillon, mais je crois que je suis fait aux pattes. J'avais eu l'idée de créer un « micro parti » (dont je n'avais pas encore trouvé le nom, mais ça c'est pas très compliqué – L'avenir avec le Civil – pourquoi pas ? ) dans le but de financer ce blog qui, mine de rien, me prend du temps. Et pouf, v'là qu'avec les histoires de Woerth, ces petites structures de financement des grandes ambitions personnelles sont dans le collimateur.

Et pas qu'à droite. Aujourd'hui, Manuel Valls (bon, ok, celui ou celle qui me dira qu'il n'est pas non plus très franchement à gauche n'aura pas complètement tort). Bon je ne jugerai pas de l'opportunité de Valls de créer sa structure pour se lancer dans les primaires internes au PS (je note juste que pour apparemment bonne qu'elle soit, cette idée de primaire débouche déjà, à peine entamée, sur la course aux subsides).

En même temps quand on lit l'article du Nouvel Obs., il n'apparaît pas que Valls soit sur le point de le dissoudre son machin (« A gauche besoin d'optimisme » que ça s'appelle ; c'est curieux j'avais plutôt l'impression que c'est d'idées qu'ils avaient besoin à gauche, mais va savoir peut être que les idées c'est consubstantiel à l'optimisme). Alors, au fond, je ne suis peut être pas dans la seringue : oui tiens je vais le lancer mon micro parti de soutien à ce blog. Me reste à trouver un nom. Civil Servant en force ? Non ?

Bon.


Il y a quelques semaines, dans la Revue de Semaine, on avait parlé de ce type, chalumé à la bibine, qui était retourné dans son bureau de trader et avait acheté les trois quarts de la production mondiale de pétrole (ou de charbon, je ne sais plus trop).

Aujourd'hui, en voilà un autre qui se positionne sur le chocolat. Mais là, c'est pas du virtuel. Le type, il a vraiment acheté (pour un milliard de dollars quand même) des fèves de cacao. 240 000 tonnes pour être précis, soit plus de 6% de la production mondiale annuelle. Vous vous doutez bien que ce n'est pas pour se faire ses chocolats chauds pour le reste de ses jours. Ni pour inonder les supermarchés de Cacolac. Ce que fait cet homme, surnommé Chocolate Fingers (marrant d'ailleurs ce surnom qui vous a un coté James Bondien qui veut tout dire au fond – le SPECTRE est bel et bien parmi nous -), ce n'est rien d'autres qu'une bonne vieille spéculation pour faire monter les prix en asséchant les stocks disponibles. Et revendre ensuite en prenant sa plus-value (dont je pense qu'elle ne sera pas fortement taxée).

Certes l'homme prend de sérieux risques, mais sur le fond, que la législation mondiale autorise de telles captations, par un homme seul (ou par une entreprise) d'un bien qui est de première nécessité pour certains pays, est une parfaite illustration de ce qu'est la logique capitalistique : la puissance toujours renouvelée aux puissants.


Jeudi 22 juillet :


Tiens je vais faire mon réactionnaire deux minutes.

Juste à la lecture de cet article de Libération, qui relate, en reprenant la dépêche de l'AFP, l'enterrement cet après-midi de Karim Boudouda, 27 ans, abattu par la police durant une fusillade, à l'issue d'un braquage.

Mort dramatique, incontestablement, mais tout comme un parachutiste lâché derrière les lignes ennemies connaît parfaitement les règles du jeu et les risques énormes qu'il court, il me semble que l'activité de braquer des banques est un rien plus mortifère que, disons, celle de postier, d'ouvrier tourneur, ou d'employé de mairie. Plus rémunératrice sans doute, mais plus dangereuse. Et il me semble aussi que le fait de la pratiquer devrait aux yeux de tout le monde valoir acceptation de la potentialité de mort violente.

Mais il faut croire que non. Sans préjuger des circonstances exactes du décès de ce garçon, qui avait déjà été trois fois condamné pour attaque à main armée, le fait que sa mort ait déclenché des émeutes à Grenoble en dit long sur un certain état d'esprit qui règne dans certains endroits. Le fait que près de 500 personnes aient suivi son cercueil, tout autant.

Et que son enterrement ait été suivi de façon très discrète par les flics, afin de ne pas provoquer les "jeunes des quartiers" en dit aussi très long sur le délitement de la société dans ces mêmes endroits.

Et le fait que l'on ait, in fine, délégué la sécurité du « défilé » à une association musulmane locale qui a tenu à distance les photographes et les journalistes est tout autant parlant. Tout comme le fait que, « conformément au rituel musulman » les femmes ont été tenues éloignées, nous dit beaucoup sur les conceptions à l'oeuvre dans cette jeunesse qui a défilé derrière le cadavre du braqueur.

Mais ma foi, le Président à viré le Préfet pour en nommer un autre. Tout devrait donc rapidement s'arranger. Mais à quel prix ? Pour quels nouveaux renoncements de la République ?

Voilà c'était mon quart d'heure « je suis un vieux con réac ». Et pour aujourd'hui, ça me suffit.


Vendredi 23 juillet :


Allez, une heure de colle pour toute la classe. Et même, soyons précis, une heure trente de colle, quatre-vingt dix minutes de colle, deux fois quarante-cinq minutes. Ah vous avez joué aux cons en AfSud, les mecs ; ah vous avez pas été foutus de marquer plus d’un but quand vous en preniez quatre dans le même temps ; ah, en plus, vous vous l’êtes joués syndicalistes en colère, et que je te fasse une petite grève et que je remonte dans le bus et que je t’envoie le père Raymond lire le communiqué devant la presse.

Et ben vous l’avez votre punition. Une heure et demi au placard pendant que vos petits camarades qui ont eu la malchance (heu non la chance) de ne pas participer au mondial iront s’égayer sur le terrain le 16 août. Comment ? Contre qui ce match dont ils sont privés les 23 catastrophiques ? Hem, contre la Norvège je crois. Oui, je suis d’accord, la punition n’est peut être pas pour ceux à qui on pense.


Sans rapport, ce blog diffuse des photos de 105 campagnes publicitaires qui ont été interdites, car jugées selon le cas, trop sexuelles, voire pornographiques, ou trop violentes (c’est tout de même le cas le plus fréquent), dans certains cas trop morbides (c’est dommage car ce sont peut être les plus belles esthétiquement parlant). Un catalogue des tabous, au travers des images promotionnelles.


Et je finis ce vendredi sur une nouvelle qui n’est pas très rassurante. Al Jarreau est dans un état critique dans un hôpital dans le sud de la France. Le grand chanteur de jazz a fait un malaise au moment de monter sur scène à Barcelonnette. Ce n’est pas le genre de nouvelles que l’on traite habituellement dans les revues de Semaine, c’est vrai. Mais c’est peut être une occasion de faire découvrir Al Jarreau, même si on eut préféré d’autres conditions.


Samedi 24 juillet :


Et on terminera la semaine sur cette charmante histoire familiale. Les enfants sont en litige avec maman, pour savoir à qui appartient la maison où maman habite. Litige qui dure depuis plusieurs années, l'affaire est toujours en cours, mais les enfants sont impatients (on sait ce que c'est les gosses, hein, même pour un bonbon ça chouine vite...). Alors, ils se disent qu'il n'y a qu'à employer la manière forte. Après tout, elle à 75 ans la maman. Elle offrira pas une bien grande résistance.

Depuis, ils occupent, ils squattent les drôles. Ils ont même murés la porte, changent les serrures et dévalisent la casa.

Et la police monsieur ? Et bien elle n'intervient pas dans les affaires de famille. Quand bien même il y a spoliation de domicile, puisque le jugement sur la propriété n'a pas encore été rendu.

Il y en a qui ont bien compris que la loi du plus fort est sans doute de toutes les lois dont on nous gave à longueur de semaine, celle qui progresse le mieux et s'applique le plus dans notre pays.


Et l'année dernière à la même époque ?


On se promenait en Belgique avec un grand père qui n'hésitait pas à faire beaucoup de kilomètres juste pour des viennoiseries, tandis que des paysans payaient encore la dîme, comme en Bolivie où un entraineur de football pratiquait l'oligarchie. On revenait en France pour un terrible braquage de plus de 4 euros de butin puis repartait en Allemagne pleurer la mort d'un otarie mâle, mort d'avoir trop honoré ses compagnes. On lisait Isaac Josuah, économiste aux idées iconoclastes, et on conseillait au Parti Socialiste de s'inspirer des méthodes de « débat parlementaire » à la coréenne. On défendait (mollement) Mme Boutin, bien loin de savoir à l'époque que son retrait de la vie politique aurait un prix public sous forme de rétribution pour une mission bidon, tandis que Slate.fr nous expliquait pourquoi les partis politiques français changent souvent de nom. Un ex de SOS Racisme réglait quelques comptes avec Julien Dray et Courrier International reproduisait un article américain tendant à démontrer qu'Obama est plus qu'on ne croit soucieux des discriminations raciales aux USA. Voilà, c'était là.


Allez amigos-gas,

Bon dimanche, et à la proxima

Thierry

RYS

samedi, juillet 24, 2010

La (les) Chansons du Samedi (#056)

Ah cette semaine, chers amis aura incontestablement été marquée par le Tour de France (something else ? franchement ?). Un Tour de France que les récurrentes histoires de dopage ont fini par me faire fuir, ce qui en soi est stupide, car ce serait grande naïveté que de croire que les seringues et les pilules n'avaient rien à voir dans les fabuleux duels entre Fignon et Hinaut au début des années 80, qu'à l'époque je suivais avec bien plus d'intérêt.

Mais que voulez-vous, savoir, depuis une bonne dizaine d'années, qu'il y a une probabilité non négligeable pour que le vainqueur, sacré à Paris le dimanche, se voit retirer son titre quelques semaines plus tard, pour cause d'urine trouble ou de sang trop oxygéné, ça finit par vous faire douter de l'intérêt de se planter devant sa télé lors des étapes de montagne. Et puis la domination sans partage de l'autre américain, avec sa tête de G.I. prêt à casser du vietcong, ça m'avait bien achevé.

Alors c'est pas tant que le duel Shleck - Contador, qui est parti pour tourner à l'avantage du second, nettoie toute la fange d'un coup d'un seul. Mais pour une fois qu'il y aura eu un peu de suspense sur un Tour, je ne bouderai pas mon plaisir de pouvoir, à nouveau, dire mon admiration, pour le dernier de ces coureurs qui s'envoient plusieurs milliers de kilomètres en 3 semaines, assis sur une selle, qu'on dirait spécialement étudiée pour l'entraînement à la sodomie passive.

Voilà pourquoi les chansons du samedi auront trait à cette activité totalement artificielle pour l'homme : faire du vélo.


En commençant, évidemment par Queen, qui n'est pourtant pas exactement ma came, mais dont ce titre était difficile à éviter dans les partys du milieu des années 70.




En enchaînant par de grands classiques de la chanson française, comme Bourvil :




Et bien sûr l'inévitable Papet :




Sans omettre l'hommage des Wampas à Pantani,




Comme celui de Fred Poulet, décalé, à Miguel Indurain

Ou encore celui de Fabrizio Gatti à Fausto Coppi, l'éternel.




Ou enfin, celui de Louison Bobet, par Ludwig Von 88, bordélique à souhait




Et évidemment, on ne saurait finir autrement qu'avec Kraftwerk !



Mais ça vous vous en doutiez, non ?

Allez, à demain pour la Revue de Semaine.
Thierry
RYS




jeudi, juillet 22, 2010

C'est jeudi et c'est pas ravioli (#054)

R.I.P. Hank Cochran.

Décédé il y a une semaine (le 15 juillet), Hank Cochran, aura été l'un des compositeurs de country music les plus prolifiques, essentiellement d'ailleurs au service des autres, des grands, que ce soit Willie Nelson ou Patsy Cline (ce ne sont là que deux exemples). Mais avant, celui qui n'avait aucun lien de parenté avec Eddie Cochran, forma tout de même avec lui un duo, sous le nom, fort peu original, de The Cochran Brothers.

L'homme, né en 1935 comme Elvis, n'a pas précisément connu une enfance très heureuse, atteint dès deux ans d'une pneumonie dont les médecins pronostiquaient qu'elle lui serait fatale, puis atterrissant plus tard dans un orphelinat après le divorce de ses parents. Comme il n'était point gosse à se laisser faire par le personnel, il fugua deux fois et finit par être recueilli par ses grand-parents. Il ne savait pas alors que le meilleur était à venir, qu'après le pain noir viendrait le blanc.

Qui se caractérisa par son duo avec le tout jeune Eddie Cochran, puis dès l'âge de 24 ans par l'écriture d'un des plus grands hits de Patsy Cline : I Fall To Pieces, prélude à une longue série de ballades dans les charts country, offertes à d'autres.

Tout ça pour dire, plus simplement que c'est un grand du honky tonk et de la country qui vient de rendre son tablier. Pour en savoir plus, n'hésitez pas à aller vous promener sur son excellent site internet, qui donne la mesure de son impact sur la musique américaine.


The Cochran Brothers - Tired and Sleepy ;
The Cochran Brothers - Latch On ;

Et Patsy Cline, naturellement :




Allez, à plus amigos-gas
Thierry
RYS

mardi, juillet 20, 2010

Blind Test Classieux en Aunis

Vous en avais parlé rapidement samedi, et vous l'avais promis, j'allais en faire un respectueux compte-rendu. Le voici.

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Samedi en la Bastide de Saint-Médard d'Aunis, eut lieu l'immense blind test que la France entière jalouse à la banlieue rochelaise, en l'occurrence le blind test musique et cinéma organisé par la réincarnation terrestre et française de Marvin Gaye, Frank Sinatra et Florence Ballard réunis, j'ai nommé bien évidemment le vicomte Sonic Eric et son épouse la Duchesse d'Aytré.

A compter de 19h30, sa Seigneurie Sonic nous attendait à l'entrée de son domaine, flanqué de quelques membres de son personnel de maison, en livrée noire, portant coquetèles à base de champagne et d'hydromel pour les heureux impétrants.

Ici, l'entrée du domaine de Sonic Eric où allait se dérouler la compétition.

D'emblée, l'ensemble des compétiteurs se trouvait ainsi parfaitement mis en confiance, rasséréné, bref, toute autre question que celle d'accéder à la victoire s'enfuyait du cerveau de chacun, tant le Maitre de Céans avait mis les petits plateaux en argent dans les grands plateaux en or.

La garde particulière du Seigneur de Saint Médard, prête à rendre les honneurs aux participants !

Nous fûmes ainsi conduits derechef sous les vastes tivolis où nous attendait un gargantuesque buffet, rangé harmonieusement sur des tentures de tables en soie, aux armes du Vicomte (des armoiries somme toute très discrètes en dépit du rang du Prince des lieux), et où les pâtés d'ortolan et le caviar d'Iran voisinaient avec bonheur avec les tranches de jambon d'ours de Sibérie que relevait une légère mousse d'edelweiss, et les œufs frais de pintades du Bhoutan. (D'aucuns, incontestables mauvaises langues, laissèrent entendre qu'en fait Sa Seigneurie avait rachetée à bas prix les buffets initialement prévus pour la garden party de l'Elysée...).

Un aperçu du parc : devant, la rivière qui bloque l'accès au trou n°10, l'un des difficultés majeures du parcours de golf.

Nous pûmes aussi, avant d'entrer dans le vif du combat, nous égayer sur une petite partie des 108 hectares du domaine, devisant avec plaisir avec nos futurs adversaires, en longeant le parcours de golf récemment testé par Tiger Wood himself, et qui s'étire en une sublime coulée verte, juste après les 12 courts de tennis et la piscine semi olympique. Du reste, ne reculant devant rien pour que les compétiteurs fussent dans les conditions les plus optimales, les jacuzzis nous attendaient, chacun d'entre eux occupé soit par de lascives sirènes aux mensurations RussMeyeriennes, soit par de jeunes éphèbes puissamment musclés. Mes compagnons et néanmoins adversaires, Mariaque et Coolbeans ne se firent d'ailleurs pas prier pour rejoindre les bains à remous, sans que je sache d'ailleurs lesquels eurent leur préférence entre ceux occupés par les clones de Rocco et ceux où s'égayaient les sœurs jumelles de Tabatha.

A ces jeux certes distrayants mais un peu fatigants avant une compétition, je privilégiais une petite marche le long des fairways, des bunkers et des greens, durant laquelle je vis un de nos adversaires, accroupi devant une des nombreuses tables de bois d'ébène où les promeneurs peuvent se reposer en regardant les joueurs, engouffrant dans ses narines, force rails d'une poudre blanche qui ne semblait pas être du Paic Citron. J'appris plus tard (trop tard !) qu'il s'agissait d'un certain Krapulax.

C'est avec un olifant que le Vicomte sonna l'heure du début des hostilités, appelant chacun à rejoindre la grande galerie des miroirs où devait se dérouler le blind test musical.

Sa Seigneurie, en tenue traditionnelle de blind testeur, souffle dans l'olifant sacré pour annoncer le début de la compétition.

La foule des joueurs se regroupa progressivement, Mariaque et Coolbeans arrivant légèrement en retard, essoufflés, et l'un comme l'autre, chaloupant avec la démarche incertaine de ceux qui ont déjà beaucoup donné (ou beaucoup pris).

Alors que quelques joueurs et joueuses avaient les plus grandes difficultés à s'exprimer, la bouche envahie par les toasts de saumon des Carpathes sur lesquels ils s'étaient jetés comme de vulgaires piques assiettes (j'en ai même vu certains sortir, peu discrètement, leur doggy bag), j'étais au meilleur de ma forme dès les premiers morceaux, et prit très rapidement la tête du contest, confirmant par la même mon statut d'immense favori après mes victoires aux récents tournois de Minneapolis (que du Prince à trouver), de Reykjavik (que du Bjork et du Sigur Ros) et de Bourg La Reine (du Manu Chao, du Manu Chao, du Manu Chao).

L'une de mes concurrentes lève le doigt pour tenter une réponse, mais hélas pour elle bien trop en retard, eu égard à mon étonnante célérité.

Coolbeans masque mal sa profonde déception après la première série de questions.

Hélas, hélas, hélas, on le sait les grands génies sont souvent fauchés en pleine gloire. Et c'est ainsi que sûr de mon fait en entendant la redoutable intro du titre, je resplendissais en annonçant Annie Cordy, quand je dus comprendre stupéfait que la version choisie par le maître des lieux de Tata Yoyo qu'est ce qu'il y a sous ton grand chapeau n'était pas celle de la sublime artiste belge. C'est alors, que, les yeux injectés de sang et la bave aux lèvres, rugissant comme un lion qui n'a pas vu de lionne depuis 3 ans, Krapulax, dont l'urine aurait fait exploser l'éprouvette s'il lui avait été imposé un contrôle, hurla dans son sabir nordiste incompréhensible : "Ch'est Cho Dachin, ch'reconnais ch'est eul Dachin !!". Ce qui malheureusement était juste.

Mais mon malheur ne faisait alors que débuter, puisque la suite du blind test ne fut plus qu'une suite de borborygmes encalminés par le chewing-gum ch'ti. "Chantal Goyach, Che chais, chuis eul' plus grand euh fan d'eule" ; "Heurbeurte Léonard, ché cha! Chure ! Pour eul'plaijir !" (casse bonbon au possible, l'arpète du Nord Pas de Calais crut bon de rappeler à chacun que c'était une chanson de Chulien Eulperch, et gna gna gna et gna gna gna...)

Malgré ses lorgnons, tout le monde peut voir que les yeux de Krapulax trahissent sa surconsommation de produit dopant ; la meilleure preuve : au lieu d'arborer ses habituels badges à la gloire de Chonny, Chean Chultéiche et autres Lindach de Chou'heu'ja, l'homme a couvert son cuir de croix de fer et autres décorations militaires ridicules !

Mariaque, lui même, pourtant connu pour son calme olympien ne put s'empêcher de marquer son profond désarroi, d'un :"Put. mais personne va la faire taire, la blondasse du plat pays, nom didiou !". Il fallut du reste tout le talent diplomatique du Vicomte pour calmer les esprits qui s'échauffaient (le propre frère et le propre fils du vicomte avaient même filé à la resserre chercher l'antique tromblon avec lequel l'ancêtre commun chassait le Dahu à bandes jaunes et noires d'Aunis, afin de farcir de plomb l'arrière train du chuintant des terrils).

L'aîné des héritiers prêt à faire feu sur Krapulax.

Sentant que la situation risquait de lui échapper de façon définitive, Sa Seigneurie libéra les joueurs en donnant une victoire, aussi contestée que le second but de l'Angleterre contre l'Allemagne en Coupe du Monde, à l'animal des Flandres. Puis il invita tout le monde à rejoindre les lieux où les victuailles attendaient qu'on leur fit honneur (tout comme les jeunes femmes et jeunes éphèbes qui avaient quitté les jacuzzis, et rejoint, fort peu habillés, de larges sièges en osier (Coolbeans et Mariaque, à nouveau, dédaignèrent le buffet, et c'est en marchant encore plus en canard qu'une heure plus tôt, qu'ils revinrent pour le blind test cinéma).

Une de nos hôtesses, entre les épreuves ; celle-ci s'appelle Gertrud je crois.

Il serait long et fastidieux de revenir sur le blind test cinéma durant lequel, à nouveau, Krapulax, trouva la moitié des films ("Min curé chez eul'nudicthe" ; "Trinita au Congeuo" ; "Un homme et une meuf"...). Nous regrettâmes juste que le cinéma suédois d'après guerre, les films de la nouvelle vague burkinabé et la production japonaise des années 30 n'aient pas eu meilleur droit de cité, car la face de la partie en eut été changé.

Il était évidemment bientôt temps de prendre congé, mais par un de ces réflexes grégaires qui font que le genre humain sera toujours l'élu de Dieu, à mille lieux au-dessus du reste du genre animal, nous nous fîmes une joie de dépecer le soi-disant vainqueur, puis de l'empaler, tout en effectuant autour de son corps pris de soubresauts une danse venu du fin fond des âges, de l'époque où l'homme vivait en totale communion avec la nature.

Après le réjouissant martyr de Krapulax, le Vicomte, soudain dans une forme olympique, émit le souhait d'empaler personnellement l'une des hôtesses (nous parvînmes, non sans difficulté à l'en dissuader et j'emmenai la malheureuse à l'arrière de ma limousine afin de lui faire écouter quelques excellents rockabilly de ma collection)

Voilà, mes amis, une soirée qui fut fort bien remplie, quoiqu'un peu gâchée par un curieux personnage du Grand Nord qui, c'est justice, a fini par regretter d'être passé ennuyer les professionnels et les artistes (il doit actuellement servir de festin aux chiens du Vicomte, ainsi parait-il qu'à son majordome).
En tout état de cause, une expérience à renouveler dès que possible, car vraiment la pizza aux foies de marcassin d'Autriche est un délice...

A plus
Thierry
RYS

samedi, juillet 17, 2010

La (les) Chanson(s) du Samedi (#055)

Salut tout le monde,
Une des dernières Chanson du Samedi, cette rubrique étant appelé à disparaître à la rentrée, dans la mise en place d'une nouvelle grille des programmes, plus sage et plus respectueuse des bonnes manières (selon les souhaits exprimés très clairement par MM. Essse et Vaaaallllle, après avoir longuement été reçus dans le bureau du Président de Civilservantie).

Profitons donc.

Cette semaine, un seul évènement est digne que l'on le colore par quelques songs retrouvées sur YouTube. Et il est provincial l'évènement. Aunisien même. Ce soir, aux alentours de 20 heures, les meilleurs vont s'affronter pour emporter le titre plus qu'honorifique de champion d'Aunis, de Saintonge et de Saint Médard réunis, de blind test.

Menée sous la férule amicale mais sévère et juste du maitre de céans : le remarquable Sonic Éric, la compétition verra s'affronter ce que la planète compte de plus rapides tireurs de l'Ouest dès lors qu'il s'agit de mettre un nom et un titre sur 3 accords sortis d'une guitare (ou d'un piano, d'un harmonica, d'un trombone à coulisse, voire d'une guimbarde des alpages).

Mais le blind test est comme le football. On le sait, le second est un jeu qui se pratique à onze contre onze et à la fin c'est l'All... non, c'est l'Espagne qui gagne. Le premier est identique : ça se joue à autant de monde que tu veux et à la fin c'est Mariaque qui gagne.

Une chose est sûre : Saint Médard d'Aunis sera ce soir une terrible terre de compétition.




Et une autre l'est tout autant : ce soir nous apprécierons le combat !




Voilà tout.
Evidemment, je ne manquerai pas de vous rendre compte de ce sommet du combat popo-rocko-soulo-folko-culturel.
(hum..., pas certain que les titres à reconnaître ce soir soient aussi, ahem, lourdingues).

Allez, à plus (et pas de revue de semaine demain ; ça reviendra dimanche prochain)
Thierry
RYS

jeudi, juillet 15, 2010

C'est jeudi et c'est pas ravioli (#054)

Hello, éveuri-bodi !

Après longue et rafraichissante étape auprès du Ghost Highway, retrouvons le cours de nos petites pépites rock'n'roll qui font, je le sais, le charme discret de vos jeudi.
Quoique nous ne changions pas vraiment de registre. En effet, cette semaine, petit hommage à la compilation concoctée par Tony Marlow, le maître d'œuvre de la remise en selle du rock'n'roll fifties parisien, francilien et français, sur disque comme sur scène.

Bien sûr je parle de cette compilation French Rockabilly Scene n°1 sortie il y a environ deux mois et que l'on peut se procurer dans toutes les bonnes F**C. Et qui réunit 25 groupes de genre, qui avec des talents, des réussites et des fortunes diverses, font vivre ce truc qui, décidément ne veut pas calancher ces temps-ci.

Qui, que choisir dans une carte aussi fournie ? Difficile. Incontestablement. D'ailleurs, je pense que devant la richesse proposée, j'y reviendrai certainement un ou deux autres jeudi. Après deux ou trois écoutes, mon choix a décidé de se porter (la tournure est ainsi faite que je ne suis pas responsable, il s'agit, vous l'aurez noté, de mon choix) sur un titre carrément blues swing, qui transpire l'odeur reptilienne du bayou.

Je ne connais quasiment rien de Tee Bo and the Blues Rockers, l'un des side projects de Thibaut Chopin (ça ne s'invente pas), contrebassiste infatigable, à l'occasion guitariste et harmoniciste a du jouer avec tout ce que la France (et pas que) compte de bluesmen, de swingueur, de rockabilly combo; de jive band... Son myspace vous en dira plus. Hélas, est-ce l'homme qui est discret, est-ce l'époque qui privilégie la médiocrité, toujours est-il que, malgré son prometteur patronyme, Thibaut n'est pas (encore ?) prophète au-delà de la petite planète des musiciens roots (pendant ce temps, De Palmas passe en quasi vedette aux Francofolies à La Rochelle...).

Que ceci ne nous empêche nullement de profiter de la classe du personnage. Sur l'album cité plus haut, Tee Bo et les Blues Rockers alignent un Louisiana de toute beauté, blues, swing et chaleur réunis. Ce serait idiot de s'en priver au motif que demain c'est Charlotte Gainsbourg qui, hélas, fait la tête d'affiche au festival de La Rochelle. Croyez pas ?

Tee Bo and His Bues Rockers - Louisiana.

Bon, allez bonne continuation.
Thierry
RYS

mardi, juillet 13, 2010

Ghost Highway : "Au fond, le style c'est du rock'n'roll classique"

Faire une balance par 30° à l'ombre, c'est peut être rock'n'roll, mais c'est pas humain.


Oui parce que ça a commencé comme ça. Rendez-vous à 20 heures sur les quais d'Alfortville avec Ghost Highway, pour bouffer ensemble, mais surtout les interviewer, idée que j'avais depuis ce premier concert d'il y a un peu plus d'un mois à l'Espace B de la Villette. Et bien évidemment, comme ce sont des gens très sérieux, bosseurs, soucieux de leur son, ils n'avaient pas encore fini leur balance. Une balance commencée à 18 heures et qu'ils ont bouclé aux alentours de 21 heures. Des acharnés moi je vous dis. Parce que même à 8 heures du soir, là, avec le fleuve juste derrière, c'était un crève coeur de les voir suer sous un soleil qui cognait suffisamment pour qu'un Egyptien ait pu l'adorer il y a quatre mille ans.

Alors après ne restait qu'une grosse heure pour leur poser mes questions et Dieu sait que j'en avais quelques unes. Et, mais ça ne m'a pas surpris, je suis tombé sur des types brillants. Différents les uns des autres, entre un Phil, puriste qui se revendique, mais dont on sent bien qu'il ne tombera jamais dans les travers des cons, un Arno à qui il ne faut pas poser beaucoup de questions pour qu'il se lâche et vous explique pourquoi le rock'n'roll a sauvé sa vie (j'exagère un peu, mais c'est pour la légende), un Jull, encore jeune pousse qui a quasiment tout pour lui le salopiaud (jeu de guitare remarquables, voix bluezy, et intelligence intuitive du truc) et un Zio, pas bavard mais dont les doigts sur une contrebasse valent bien des discours théoriques sur le rockabilly. Oui, différents les uns des autres mais brillants, tous, chacun à sa manière.

Et sympas aussi.

Après ça a continué par un concert plein à craquer dans une moiteur de canicule qui ne veut pas s'en aller, même quad la lune est au milieu du ciel, un concert où Ghost Highway a à nouveau fait parler sa classe, ce mix entre le honky tonk et la country, entre le rockabilly Sun et les accents bluezy, ces éclats lumineux dans les solos de Jull ou de Zio, cette frappe classique de Phil et ces voix qui se complètent parfaitement, Arno assurant la part Hank Williams quand Jull peut se la jouer Cochran.

Et entre temps, on a bouffé et causé un brin. C'est juste en dessous.

Pour la lecture : le bleu c'est moi, les noirs c'est eux... (cette phrase n'est pas si innocente qu'elle y paraît). Entre parenthèse, j'ai mis le nom de ceux qui intervenaient, même s'il s'agit avant tout d'un gang. Comme on les aime. Et le gras, c'est pas parce qu'ils se mettaient à hurler. Non c'est juste des bouts de phrases qui m'ont plu.

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Vous présentez le groupe ?

A la contrebasse, tu as Zio, Julien au chant et à la guitare lead, Phil est à la batterie et enfin Arno, guitare rythmique et chant et à l'harmonica aussi. Au niveau de l'âge on va dire qu'on est dans la quarantaine sauf Jull (Julien) qui est le gamin, il va doucement vers la trentaine.

Bon entamons : je vous ai vu il y a quoi un mois à l'Espace B, et là on vous présente comme premier gig ; et, j'étais pas le seul à me dire, attends sont trop en place pour que ce soit vraiment leur premier concert là.

Oui c'était notre premier officiel, avant on avait fait quelques bœufs, des plateaux communs...


Non parce que la question c'était, heu j'veux dire j'étais pas le seul à le dire : « ces mecs là c'est pas leur premier set, c'est pas possible, sont trop en place ».

Ben déjà à la base, Julien et Zio, ils jouent déjà ensemble et moi (Phil, le batteur) j'ai fait quelques concerts avec eux, et sinon j'avais monté une formation avec Arno. Arno et moi ça faisait déjà un an qu'on jouait ensemble. Après on avait une idée de projet.
Mais si on a eu ce rendu là, il y a aussi qu'on a bien travaillé, beaucoup répété.
Oui et pis il y a aussi qu'on est des vrais potes, tu vois.


Et vous venez tous du rock'n'roll, ou certains ont commencé par autre chose, viennent d'une autre scène ?

Oui pour moi (Arno), la musique a commencé par le piano, le piano jazz mais déjà tout petit j'adorais le rock'n'roll, Elvis, Cochran mais sans en jouer.

Pour moi (Phil), j'ai toujours été là dedans; depuis que j'ai 17 ans et mon premier groupe. Et là, Ghost Highway musicalement c'est vraiment ce que je voulais faire. Quatre mecs, une guitare sèche, cet esprit, ce coté cowboy, honky-tonk, rockabilly, blues et bizarrement tu vois quand on propose une idée, il y en a toujours un qu'est sceptique mais dès qu'il y en a un qu'a une idée, c'est toujours le bon choix.

Moi à l'origine (Jull) c'est un film d'Elvis (Heartbreak Hotel) et tout de suite derrière j'ai découvert les Stray Cats et ça m'a suivi jusqu'à mes 25 ans. Mais depuis 3 ans j'en écoute presque plus mais maintenant je redécouvre tout ce que j'avais loupé, passé à coté, le vrai Gene Vincent, Johnny Horton, tous ces mecs que je connaissais pas...


Et là c'est les autres qui te servent un peu de guides ?

Oui beaucoup et puis beaucoup Internet aussi.


Alors justement c'est un des trucs qui m'avaient marqué quand je vous avais vu c'est la variété de vos influences qui vont de la country pure jusqu'à du Ruth Brown et l'Atlantic Rhythm and Blues. Est-ce que ça vient de votre métissage à vous ? De vos influences diverses ? Parce qu'au fond ils sont pas si fréquents les groupes fifties qui ont ce métissage là.

Déjà on est tous très ouvert d'esprit.
Moi (Jull) je ne me cache pas que je peux écouter du Horton et juste après du AC/DC, surtout que ça a évolué et que j'ai que 28 ans. Et on est tous un peu comme ça. Alors après Arno va avoir un coté plus honky tonk, dans la voix par exemple parce que c'est ce qu'il adore.
Même si moi (Arno) j'ai eu aussi un groupe de blues, mais c'est vrai le premier truc qu'apparaît dans Ghost Highway c'est le honky-tonk.


Et toi aussi t'es pas bavard mais t'en penses pas moins (je m'adresse à Zio le contrebassiste), t'as toujours été sur ce truc rockabilly ?

Ouais mais tu vois, il dit rien mais il a fait l'Olympia à 17 ans. (???? de ma part). Oui avec les Teen Kats.


Quoi t'es un ancien Teen Kats et pourquoi tu le dis pas d'entrée putain ?

Parce qu'il est modeste. Alors on a un scoop tu vois. C'est un ancien et c'est toujours un Teen Kats parce qu'ils jouent encore. Ils vont faire le festival de Béthune.


Zio, pas bavard pendant une interview ; beaucoup plus avec les cordes de sa contrebasse.


Ah ouais là j'ai un scoop. Bon alors par contre je vous ai vu deux fois et je me suis dit ils sont pas très hillbilly.

Si au fond peut être malgré tout. Je crois que ce qui nous différencie (Jull), c'est que comme tu le disais tout à l'heure, certains vont jouer pur swing, d'autres pur country... nous il y a un truc dont je suis vraiment fier c'est qu'on a un son. Et au fond même si on joue un morceau hillbilly, il sonnera pas hillbilly. Comme quand on reprend My Babe, ça sonnera pas blues blues.
(courte interruption : le serveur amène les poulets et les filets de sole... oui moi j'ai pris de la sole... oui on s'en fout c'est vrai...).

L'idée c'est d'avoir un son. Que tu puisses, si tu entends sur une compilation, sur un Cd... que tu te dises « ah, c'est Ghost Highway ! ». C'est le but recherché.


Et alors vous le définissez comment ce son Ghost Highway ?

Ben on s'est pas mal inspiré des enregistrements Sun (Phil), mais aussi on s'est inspiré de tout ce métissage dont t'as parlé. Tout le monde a apporté sa touche avec ses instruments (Phil part sur une longue explication sur le son de sa caisse claire qui sonne casserole – et donne des secrets de fabrication qu'on ne révèlera pas -).

Oui mais (Jull) c'est vrai qu'il a un son de casserole, mais dès qu'il est derrière une guitare sèche, ça sonne super.
Oui au fond je crois le son de ma caisse claire personne d'autre à Paris ne l'a (Phil).

Arno, Ghost Highway, Alfortville le 9 juillet 2010.


Justement comment vous la voyez cette scène parisienne, celle qu'on a vu à La Boule Noire notamment ?

Ben il y a des bons groupes qui arrivent. On a été longtemps à la traîne dans notre musique en France. On se tape un peu les casseroles de ce qu'on a eu dans les années 60, les yéyés, et par rapport à la vraie musique américaine, au vrai rock'n'roll, on était... Mais bon je trouve (Phil) qu'on a des groupes de plus en plus authentiques, que le niveau est monté. Notamment par rapport à la vague il y a vingt ans.


Ouais enfin il y a vingt ans on avait quand même une scène...

Ouais, il y avait les Forbans (éclat de rires)


Non je ne pensais pas à eux, mais je sais pas, vous connaissez des groupes comme Jezebel Rock ?

Oui mais ça restait quand même vachement 80 (Phil). Si tu prends les groupes suédois, les groupes espagnols...
Oui mais moi (Jull) j'en écoute pas mal de ces groupes, les Alligators tout ça et ça m'intéresse parce que il y a des mecs qui ont fait des trucs pas mal avec leur son. C'était vraiment intéressant.


Et alors s'il fallait le définir en deux mots le style Ghost Highway ce serait quoi ? Western billy, Countrybilly ?

Ah peut être, je dirais du honkytonkbilly (Phil).
Oui mais aussi avec du swing (Arno). Oui c'est pas mal honkytonk-billy-swing.
Oh moi je dirais c'est Ghost Highway (Jull). Sans prétention, mais je veux pas qu'on soit classés en fait.
Au fond (Arno), le style c'est du rock'n'roll classique et puis après s'il y en a qui veulent dire que c'est plutôt ceci ou cela...

Phil et Jull, Ghost Highway, Alfortville le 9 juillet 2010 (cette photo ne vient pas de mon appareil mais du Myspace du groupe).


Et le nom, Ghost Highway, ça vient d'où ce nom ?

Ben il y a que j'avais bien flashé sur Lost Highway (Phil), un morceau de Hank Williams ; en fait c'est Arno qui a eu l'idée, on était sur la route perdue, on aimait bien ce concept de route perdue, et pis aussi on voulait pas qu'on nous appelle LES quelque chose...

Oui et puis le concept de la route avec ses croisements aussi (Jull), les différents styles musicaux qu'on utilise.




Et comment vous analysez cette remontée du rock'n'roll actuellement, là t'as des trucs qui marchent, le Hillbilly Moon Explosion, Kitty, Daisy and Lewis, il y a Mustang aussi...

Moi (Phil) je suis dans ce mouvement depuis 30 ans, donc si tu veux j'en ai déjà vu des moments où c'est remonté et à part dans les années 80 où il y a eu vraiment un revival... mais en même temps on est pas forcément fan que ça marche trop, parce que dans ce cas là, t'as des trucs bien et pas bien. Beaucoup de soupe. Finalement, on est bien aussi dans notre bulle.

En fait (Jull), il y a le mouvement country qu'est revenu et ce qui a déclenché aussi c'est les deux films sur Johnny Cash et Ray Charles. Maintenant, tu joues Folsom Prison Blues, les gens la connaissent. Et puis l'autre phénomène c'est que le rock'n'roll c'est vraiment le style musical qui traverse tous les âges. L'autre fois j'écoutais un morceau de Deep Purple, il y a un solo orgue piano, et à un moment ça tourne boogie-woogie et là t'entends les gens qui hurlent. C'est juste un boogie mais ça hurle. Ou alors t'as Angus Young d'AC/DC au moment où il fait l'intro de Carol, les gens gueulent, ça les rend dingues.
Et puis il y a un autre truc, c'est que c'est assez facile d'en faire et franchement même le plus mauvais des groupes, dès qu'il a la banane (enfin tu vois la pèche hein) et ben c'est exactement comme les punks quoi, qui parfois jouent mal mais il y a tellement d'énergie, tu vois.


Parce que j'ai aussi une autre idée, c'est pas une théorie, mais bon, c'est un peu une musique du bonheur, des années 50, d'une période où tout allait quoi, et est-ce que vous croyez-pas que dans une période dure comme celle qu'on vit actuellement, c'est un bon moment pour le rockab' ?

Je me suis jamais posé la question (Phil) mais je pense que oui, parce que ça représente les années fastes, des années de bonheur, bon peut être aussi de gâchis hein, oui il y avait beaucoup de gâchis...

Je vais te dire, je suis d'accord avec cette question (Arno) parce que déjà à la base, ce truc, ce style de musique que j'adore, je le fais pour moi. Pour me sortir de moi, de mes problèmes, et les gens qui l'écoutent aussi, parce que c'est festif.

Oui puis aussi il y a pas de différence (Phil) : entre un pote qui viens nous voir jouer et nous, il n'y a pas de différence, la seule c'est que nous on prend l'instrument.
Et ça revient aussi à la question d'avant (Jull), mais regarde les clips, les clips de rap par exemple, t'as les cadillacs d'époque, t'as une histoire de design derrière tout ça. Une fille habillée fifties, tout le monde la regarde. Elle est classe, elle se met en valeur, elle est classe.


Je change de sujet : mais c'est quand que vous composez ?

Ah ça y est on commence. On a un instrumental qu'on joue sur scène (Cliff Tribute), c'est une compo. Alors après j'suis pas bilingue (Jull), mais bon a des potes, un pote pour nous écrire des paroles, qui compose des textes, moi je compose des musiques dessus et puis après, on fait nos arrangements tous ensemble.


T'es super bon pour les enchaînements toi, parce que la question suivante c'est : chanter du rockabilly en français c'est jouable ou pas ?

Non ! (réponse collective et affirmative !)
Ben il y a qu'a écouter ce qui s 'est fait dans les années 80, bon les meilleurs s'y sont essayés, les Teen Kats s'y sont essayés, Alain Chenevière (ex Alligators puis Pow Wow) s'y est essayé, on a rarement fait mieux que Alain Chenevière, mais je trouve que ça s'y prête moyen.


Mustang, vous aimez pas ?

Je connais pas (Phil) je peux pas te dire.
En fait ils le font peut être très bien , je sais pas (Jull) mais je trouve que ça sonne pas. Il y a des langues qui sonnent pas pour le rock'n'roll.


Et quand vous dites ça vous êtes pas trop puristes ?

Non pas vraiment (Arno).

Un peu quand même (Phil). Parce que pour faire la musique qu'on fait, faut être un minimum puriste parce que sinon. Mais heu en même temps dans ce milieu il y a puriste et puriste. Pour le commun des mortels on est des puristes. Mais pour le milieu c'est pas le cas. Parce que attention, les puristes qu'on connaît...
Mais en même temps, c'est moins qu'avant. C'est pas aussi dur que dans les années 80 où il y avait des bagarres. Il reste encore des cons, genre je suis Ted, t'es Fifties j'te parle pas.. Mais des cons il y en a partout.

De toute façon moi je me sens d'aucun drapeau (Arno).

Tu prends les Stray Cats, c'étaient pas des puristes, et je pense (Jull) que c'est eux qu'ont tout compris. Regarde, ils étaient à la fois rockabilly, un peu punk, un peu garage. Et puis après ils partaient sur un truc jazz.
(nouvelle interruption : le serveur veut savoir ce qu'on prend comme dessert. Hein ? Oui c'est pas très passionnant, mais on resitue l'ambiance quoi...).

Jull et Arno, Ghost Highway, Alfortville, le 9 juillet 2010.


Alors on finit sur un blind test. Bon le but c'est pas de faire deviner le groupe qui chante, le but c'est de vous faire parler dessus. Mais bon, comme j'ai pas amené le matériel pour faire un blind test, je vous donne juste les titres et vous me dites.

T for Texas Jimmie Rodgers :
(Arno chante les premières paroles.)
Oui Jimmie Rodgers a apporté beaucoup. Comme des mecs comme Woody Guthrie. Oui oui je respecte. Même si j'en écouterais pas toute la journée.

Ruth Brown – Mama he treats your daughter mean :
Ah mais là on parle du blues (Arno). Oui je suis un fan de Ruth Brown, fan de cette grosse mama.

Mean Son of A Gun – Johnny Horton :
Johnny Horton, (Jull) il a été considéré comme un gros raciste, mais c'était pas lui le gros raciste, c'était un mec qui enregistrait des singles sous son nom. J'le dis parce que ça m'énerve que des gens me disent : « oui t'écoutes Johnny Horton t'es un sale con » et donc c'est un mec qu'enregistrait sous son nom et avec des paroles très Ku Klux Klan (le type en question est une sorte de pasteur dégénéré qui se faisait appeler Johnny Rebel).


Les Cochran Brothers – Latch On :
Aaahhhh – Excellent (réponse collective). Là, voilà de la country à l'état pur. Tiens ben d'ailleurs le prochain morceau qu'on va travailler, c'est le Tired and Sleepy.




Sleepy LaBeef – I'm Through :
Ah je l'ai déjà joué (Phil). Ah c'est un monument. Tu sais que c'est le juke box (le Human Juke Box). J'lai vu aux USA, et j'lai vu à Concarneau il y a deux ans, ah c'est un grand bonhomme.

Johnny Burnette – The Train Kept a Rollin'
Johnny comment tu dis (Arno) ?
Oui bon ok, alors vous préférez les Yardbirds – Train Kept a Rollin' ?
Non.
Ok, alors Motorhead - The Train Kept a Rollin' ?
Non plus. Hou la, les Yardbirds je garde (Arno).
Moi pour ma part, je vais garder Johnny Burnette (Phil).
Il y a aussi Aerosmith (Jill), leur version est... oui.


Gene Vincent – Bluejean Bop – Est-ce qu'il y a une plus belle voix que celle de Gene Vincent ?
Non, mais c'est difficile cette question (Phil). Plus émotionnelle, non, il y a pas. Ce mec là, il pleurait dans le micro.
Moi j'adore Carl Perkins comme voix (Arno).
En fait la plus belle voix, c'était Elvis Presley (Jull). Disons que Gene c'est plus émotionnel, et Cochran c'est plus sexuel.


Hank Williams – I Saw The Light :
(Arno se remet à chanter, ça doit être l'approche de l'heure du concert qui le travaille...)
Ah chanson très religieuse bien sûr (Arno). En même temps c'est une autre époque. Moi je suis pas branché ni religion, ni politique, mais bon je respecte.
En même temps c'était le moteur la religion si tu prends le premier Carl Perkins (Phil). Mais c'est rigolo parce que ils étaient vachement dans la religion et en même temps ils de défonçaient, ils se bituraient. Il y avait ce paradoxe, Diable et Dieu et c'est ça le rock'n'roll.

American Trilogy – Elvis Presley :
(silence de deux secondes...)
Ben c'est un hymne (Phil). J'fais abstraction du rock'n'roll. On est face à un type qui chante admirablement bien, et là tout le monde se tait.
Il aurait pu chanter n'importe quoi (Arno) et tout le monde se taisait.
Oui il a une façon de chanter ce truc, c'est un chant d'Eglise quoi (Phil).

Et je finis avec le Hillbilly Moon Explosion – Maniac Lover qui ouvre leur album.
Ah oui, c'est bien ça (Jull).
Oh moi je connais pas, je suis trop jeune ou trop vieux (Arno).
Non c'est vachement bien, c'est super bien (Jull). J'aime beaucoup.


Et ben les gars, je vous remercie. Bon j'ai du boulot maintenant, j'ai 41 minutes là à remettre au propre.
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Et voilà.
Ce qu'il vous reste à faire, à vous qui lisez ce blog, passez par ici régulièrement, connaissez mes dadas, mais savez aussi que je vous raconte rarement des craques à six sous, que si j'aime le rockabilly c'est loin d'être la seule musique qui me bouge et que si je vous dis que... hein, et ben ce qu'il vous reste à faire, c'est d'aller voir ces types sur scène. Et d'acheter leur disque. Par exemple juste après le concert.
Ils ont un myspace, sur lequel pour le moment leur seule date répertoriée est à l'occasion du festival de Bourgneuf en Retz, le dimanche 1er août. Ça m'étonnerait qu'on n'ait pas d'autres occasions de les voir d'ici là, et surtout à partir de septembre.
De toute façon je vous tiendrai au courant.

Et pour finir :



A Alfortville, le 9 juillet 2010.

Allez, à plus
Thierry

RYS