jeudi, mars 31, 2011

C'est jeudi et c'est pas ravioli (#082)

Hello a vosotros-vosotras (and others too) !

Bon, ça va bien ! Voilà déjà plus de trois (3 !) jours que le septième épisode de notre 3ème saison du WCOTBT est en ligne ! Il est donc temps de changer le premier billet de ce blog, n'est-il-pas ?
Et, miracle ! Nous sommes jeudi. C'est donc l'heure du traditionnel rendez-vous, le 82ème déjà, avec "C'est jeudi et j'ai le Fuji Yama qui fuit". Putain ! 82... N'en reste plus que 18 avant que je passe à autre chose le jeudi... Il faudra quand même que je pense à vous féliciter d'avoir tenu 100 semaines durant (et même un peu plus).

Today, nous donnons dans l'inattendu.
Inattendu parce que duo. Même si de ce point de vue ce n'est pas le premier...
Inattendu parce que reprise d'un titre qui n'est ni de rythm and blues, ni de country, pas plus que de hillbilly boogie. Mais bien de folk, et même de folk anglais. Crée par un artiste né à Londres d'une suédoise et d'un chypriote...


Oui, je crois que vous y êtes déjà. Un artiste appelé à être honoré sur ce blog le jeudi, assez libre de toutes attaches musicales pour savoir que la country, le rockabilly ne sont qu'un des nombreux aspects de l'americana, elle-même fille des folklores de tous les pays qui de leurs populations pauvres emplirent à la fin du 19ème siècle le creuset des USA. Un artiste ayant multiplié les duos, les expériences, quitte à décoiffer ses fans les plus intransigeant...

Cash, naturellement ! Et qui n'attendit pas que Rubin lui tendit le micro à l'automne de sa vie pour se découvrir, sur le tard, une vocation de chanteur universaliste... Faut-il rappeler que dès le mitan des sixties, il tapait le bœuf avec Dylan au désarroi de la frange la plus obtus des fans de country criant au scandale devant ce mariage avec un commy, comme du bataillon des folkeux les plus crétins, ceux qui marquaient Dylan du tatouage infamant de Judas, le jour où il s'était décidé à électrifier sa guitare, et qui en miroir aux rednecks idiots, accusèrent le Zimmerman de se compromettre avec la droite réactionnaire.
Quelle bande de hooligans !


La question pendante, double en fait, dès lors, est de savoir qui est la seconde voix du trio et quelle chanson est ainsi reprise. Cash, qui n'était pas timoré devant les personnages de la musique (n'en fut-il pas un lui-même), a choisi de faire doubler sa voix par celle de Fiona Apple, petite bonne femme qui n'a pas exactement sa langue dans sa poche. Dans le but de reprendre un chanson de Yusuf Islam, l'ex Cat Stevens. Rappelons que ceci se fait dans un coffret mis en boite quelques mois avant la mort du Man in black et sorti après qu'il soit passé du coté des plaines éternelles, en 2003. Quelques mois après le 11 septembre... Reprendre sa vieille cover de Cat Stevens alors que celui-ci est désormais Yusuf Islam...


Pour tous ces admirateurs (et je ne parle pas de ceux qui le découvrirent sur le tard, tandis qu'ils l'ignoraient quinze ans plus tôt, lorsqu'il n'était pas du meilleur ton d'aimer Cash ou Presley), Johnny Cash restera définitivement un mystère. Au sens religieux du terme : un miracle qu'on ne peut pas comprendre, qu'on ne doit même pas chercher à interroger.

Quant à moi, jugez que ce choix d'un duo entre un ex mauvais garçon, christian reborn et enfant lointain des Highlands et une enfant de 45 ans sa cadette, végétarienne à tendance asociale, reprenant ensemble un classique d'un homme qui se convertit à l'Islam il y a plus de 30 ans, est ma modeste pierre à l'édifice du nécessaire, car extrêmement bien posé et urgentissime, débat sur la laïcité...

Fiona Apple et Johnny Cash - Father and Son

Allez, à plus vosotos y vosotras!
Thierry
RYS

lundi, mars 28, 2011

World Contest of the Blind Test - Saison 3 Etape 7 !

Séverine ! Te revoici !
Il est donc temps de jouer ensemble aux sons et aux images, pour cette septième étape du WCOTBT !

Blind test de printemps, donc ! Dont je crains pour vous toutes et tous qu'il réserve des résultats un rien moins généreux que celui du mois dernier où vous explosâtes les records. Enfin, nous verrons. Il me semble toutefois que les sons seront assez durs, alors que les images devraient être plus simples...

Ce qui fait que les classements pourraient en souffrir (et peut être pas uniquement celui des "Images".)

Bon, je crois que vous connaissez bien les règles et la répartition des épreuves "Sons" et "Images" : mais rappel quand même !

Le blind test "pop rock" avec 6 extraits, et comme d'habitude, deux points par extrait (un pour le morceau, un pour le groupe ou l'artiste), pour donc un total de DOUZE (12) points ; accompagné de ses deux "bouses" à reconnaître, avec le même comptage de points que pour le "pop-rock", ce qui nous fait donc QUATRE (4) points à prendre ; et de l'extrait cinéma : soit un court dialogue, sur la base duquel, il conviendra de reconnaître le film dont il est extrait. Facile, à mon avis et tout de même TROIS (3) points à prendre.

Puis l'épreuve "eyes without a face", où vous devrez reconnaître, à partir de leurs yeux, DEUX (2) personnages célèbres, masculins ou féminins, acteurs ou actrices, rockers ou rockeuses, sportifs, sportives, hommes ou femmes politiques, etc ou etc. TROIS (3) points par bonne réponse, soit un total de SIX (6) ; et enfin, l'épreuve "pochette", où d'un petit bout découpé d'une pochette, il vous reviendra de retrouver l'album en question, ainsi que le groupe ou l'artiste qui l'a commis, pour un total de CINQ (5) points.
(vous faites pas chier à recompter : ça fait trente points au total !)

Bon, donc, c'est bon !?
So Let's Go !

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WCOTBT Saison 3 - Septième étape !

- le blind test 6 titres "pop rock" à écouter et/ou télécharger est ici : pop-rock mars.
(heu, oui, je sais, il n'est pas facile...)

- la bouse n°13 : idem en cet endroit : bouse 13 ;

- la bouse n°14 : allez donc là : bouse 14 ;

(Bon, ok, la 13 n'est peut être pas si bousique, mais c'est juste qu'on m'a bien gonflé à une époque avec ce titre...)

- le court extrait d'un film à reconnaître est ici : Cinéma07 (allez, là, je crois que c'est facile !)


Passons aux images...

- Eyes Without a Face :

Eyes number 13




Eyes number 14 :



et, last but not least, un extrait de la Pochette number seven (7 !):




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A vous de jouer, désormais !
Vous avez, comme d'hab., QUINZE (15) jours pour envoyer vos réponses par mail, à l'adresse habituelle, soit : civilservant@free.fr

Ce qui nous amène donc jusqu'au LUNDI 11 AVRIL MINUIT, pour jouer !

And now, good luck, amigos-gas !
Ceci était le 750ème billet de ce blog... Hein !? Quand même ! Ça calme !!
Thierry
RYS

samedi, mars 26, 2011

Triolet pour la semaine passée (#023)


"Cléopâtre, mais, bien sûr, cher monsieur. C'est une excellente réponse que nous notons pour ce sympathique candidat, mon bon Jean-Pierre. Cléopâtre, naturellement, de son vrai nom Cléopatre 7 Théa Philoprator, dernière grande reine d'Egypte entre 69 et 30 avant Jésus-Christ, dont les amours tumultueuses avec les empereurs romains n'eurent d'égales pour sa postérité que la taille et la forme de son nez légendaire, cher Jean-Pierre. Fille de Ptolémée le douzième, cette femme indubitablement la plus célèbre de l'antiquité fut magnifiquement incarnée par l'ensorcelante Elisabeth Taylor dans le célèbre film éponyme du grand Joseph Mankiewicz en 1963, où elle jouait aux cotés de l'immense Richard Burton, son futur époux. Oui Cléopâtre, réponse parfaite. Qui nous permet donc de rajouter 100 francs dans le nourrain."

Voilà, c'était le premier retour sur la semaine écoulée. Merci à Liz Taylor pour son œuvre que les grands cinéphiles sauront, bien mieux que moi, commenter, disséquer, analyser. Et merci à Maitre Capellovicci qui lui aussi s'est éteint cette semaine à l'âge de 88 ans. Dernier (?) représentant d'une télévision qui n'hésitait pas alors à faire étalage de culture encyclopédique, certes pompeuse, certes emphatique, mais de culture dans des émissions censées divertir la plèbe.

Je me souviens fort bien d'un pote qui en ces années là (début 80) essayait de me convaincre que les ouvriers de base avaient une conscience de classe et en manifestaient la présence par le vote communiste. "Oh, certes, ils regardent les Jeux de 20 heures...", concédait-il, avec l'air contrit de celui qui doit admettre que les masses ne sont pas aussi parfaites que la pureté révolutionnaire marxiste le souhaiterait... Oui certes...
Que dirait-il aujourd'hui au spectacle des dites masses affalées devant les talk shows imbéciles et les télé réalités ineptes. Masses qui aujourd'hui, il est vrai, se soulagent plutôt avec le bulletin de vote brun de la fille du borgne qu'avec le vieux chiffon écarlate des communards...
RIP, Maitre Capello !

Alors ce Triolet pour la semaine passée, outre sa présentation peu habituelle, ne traitera, après cet hommage rendu à une certaine télévision giscardienne au travers de Maitre Jacques, une fois n'est pas coutume, que de petite politique interne via les élections cantonales qui ont vu les masses se jeter dans les bras réunis de l'abstention et du Front Nazional.


Il est vrai que le Front National est un vrai mouvement d'avenir. En témoigne la candidature de cet homme, en Meurthe-et-Moselle, qui affiche gaillardement ses 93 printemps (comme il s'appelle Marin, les leaders minimo locaux du Front n'ont évidemment pu s'empêcher les bonnes blagues en rapport avec Marine, susceptibles de leur apporter les voix charcutières). Chez Le Pen fille, on investit donc dans le vieux, en investissant des candidats ayant largement passé l'âge de la maison de retraite. Preuve si besoin était que le parti, s'il récupère un bon nombre de suffrages (l'électeur ayant l'avantage de se salir les mains en privé dans son isoloir), peine encore à trouver assez de personnes pour oser le représenter dans les combats électoraux. Alors bande de gros cons, comme dirait la mère Aram, vous avez honte ?

Bon j'ai été voir combien de gros cons ont apporté leur suffrage au vieillard. Ben quand même 15,52% des suffrages (soit la moyenne nationale). Le canton de Blamont, en Meurthe et Moselle n'est donc pas pire que le reste du pays. Il démontre juste que le simple fait de passer une étiquette FN au cou de n'importe quel âne suffit à lui garantir un score comparable à la moyenne. Caligula, qui voulut faire de son cheval un sénateur, était juste en avance de quelques siècles.


Toujours au sujet des cantonales, l'autre fait de la semaine est évidemment la bruyante cacophonie qui s'est installée jusqu'au sommet de l'État sur l'attitude qu'il convient d'avoir lorsque l'on est une électeur médian UMP et que son légitime candidat ne sera point présent au second tour, car repoussé par celui de la gauche et celui des gros cons.

Que l'on assiste dans les cas difficiles à des empoignades sur le fait de savoir jusqu'où la fin peut justifier les moyens n'est pas en soi surprenant. Et pas propre à la politique, loin de là. Repensons une seconde à la main de Thierry Henry face à l'Irlande dans un barrage de qualification pour l'Afrique du Sud. Ils furent peu nombreux les commentateurs patentés, les techniciens aux ordres et les supporters abrutis, à juger que le geste de Henry aurait dû entraîner un nouveau match d'appui.
Mais qu'on soit au spectacle d'un tel bordel à droite, qui déborde jusqu'au sommet de l'État en dit long sur la panique qui a atteint un certain nombre. Cela étant, si j'étais électeur de droite, me trouvant dans une configuration FN-PS, je sais bien ce que je ferais. Mais je ne suis pas électeur de droite. Je ne suis même pas électeur du tout, mon canton ne faisant pas partie des renouvelés de l'année.

Toutefois, cette césure au sein de l'UMP, vaste parti attrape tout réunissant les reliques gaullistes, les tenants de l'ordre naturel des choses, les thuriféraires de la déréglementation, les descendants du MRP et de Lecanuet, et les héritiers de la franc maçonnerie conservatrice et radicale, ne devrait surprendre personne. Et l'opposition à ce stade entre Fillon l'ex gaulliste social, fils putatif de Seguin d'une part, et Sarkozy le tenant d'une droite post giscardienne, regardant sans vergogne au delà de la Manche et de l'Atlantique pour trouver ses modèles économiques, d'autre part, n'a au fond rien que de très logique. Le fond du problème est qu'au sein des trois droites chères à René Rémond, ce soit celle qu'il nommait légitimiste (pour ne pas la qualifier de contre révolutionnaire) qui soit désormais la plus puissante.
Bon, mais sais-t-on jamais : un puissant coup de sang des abstentionnistes du premier tour va peut être remettre puissamment à flot l'UMP demain dimanche. Qui sait ? D'autant qu'ils ont reçu, implicitement, un soutien de choix ! Du lourd !

Bon, allez à plus.
Et n'oubliez pas que lundi, on envoie la sauce pour la 7ème étape du World Contest of The Blind Test !
Thierry
RYS

jeudi, mars 24, 2011

C'est jeudi et c'est pas ravioli (#081)

Hello Amigos-gas. Y otros tambien !

Vous l'avez peut être noté, cette semaine ce blog a été peu disert, laissant la semaine introduire ces blancs entre un Triolet samedi et le retour aujourd'hui à notre traditionnel "C'est jeudi, mind the radioactivity !". Pas que je sois feignant (quoique...), mais juste un peu pris sur les bords, par devant et... oh mais qu'est ce que vous allez me faire dire.
Tout ça pour indiquer que je demande grande mansuétude face au rythme légèrement hypotendu des parutions de ce blog.

Bien, après trois billets spécifiquement consacrés à la compilation Rockers Kulture n°2, où nous essayâmes maladroitement de brosser un portait de la variété des styles pratiqués par nos rockers hexagonaux, revenons à de la programmation, disons plus classique.

Revenons à un homme fort classique en ces pages, en ce sens que comme tant d'autres chroniqués ici, il eut de fichus problèmes avec la bouteille, mais en même temps revenons à un artiste assez peu banal en ces lieux, du fait que son style musical fut assez malaisée à déchiffrer tant il les embrassait tous.

Ernest (Ernie) Ford, puisque c'est de lui qu'il s'agit, bien connu sous le surnom de Tennessee Ernie Ford, est décédé depuis bientôt 20 ans, ses plus grands succès, son aura, son unique et énorme hit, datent de la fin des années 40 pour les EP, et des années cinquante et soixante pour les LP, et pourtant jamais l'homme n'a autant été révéré qu'aujourd'hui, et pas uniquement parce que le rockabilly, le country and western et le rythm and blues font un retour qu'on souhaite tonitruant.

Il faut sans doute y voir le respect que beaucoup lui témoignent pour cette capacité qu'il eut à devenir le creuset de multiples influences allant de la country and western classique au style big band jazz, en passant par la pop américaine quasi middle of the road. A cet égard, son plus grand classique Sixteen Tons pur doo wop gospelisant aurait tout aussi bien pu être inscrit aux répertoires de chanteurs de hillbilly-western à la Ernst Tubb qu'à celui des boys band noirs de la fin des années 50 comme les Coasters.



Il en est, un peu, de même du titre choisi pour illustrer ce billet dans lequel vous ne pourrez pas ne pas noter les influences croisées du style le plus rural du hilbilly boogie avec celui urbain et enfumé des big bands à la Glenn Miller. C'est parce qu'il réussit cette synthèse durant sa carrière que Tennessee Ernie Ford mérite que l'on pose un peu plus qu'une oreille sur ces chansons. "L'Amérique est une nation qui s'est agrandie l'esprit grâce à Tennessee Ernie Ford" peut-on lire en épitaphe de la courte biographie que l'on trouve sur son site internet. Ce n'est sans doute pas faux.


Tennessee Ernie Ford - Fatback Louisiana, USA.


Allez, amigos-gas y otros, à bientôt !
Thierry
RYS

samedi, mars 19, 2011

Triolet pour la semaine passée (#022)

Hello, tutti quanti et tutta quanta (ça tombe bien de parler de quanta actuellement, les particules sont à la mode...).

Putain de semaine pourrie. Va être difficile de passer à coté cette fois-ci. Pourtant c'est bien l'objectif du Triolet pour la semaine passée, d'habituellement se démarquer de ce qui fait l'actualité la plus suivie (oui, je n'ai pas osé dire la plus chaude, ça vous a un coté réacteur qui ne se refroidit pas qui n'est pas du meilleur aloi). Mais bon ce coup-ci, on n'échappera ni à Fukushima au bord de la dévastation, ni à Benghazi à deux doigts de la déprédation.

Aussi, cette semaine, retour sur un double évènement de la semaine, phrase étonnante de la semaine, et connerie de la semaine (à la fin, histoire de souffler). Et la vie. Qui, en dépit de tout, est belle.


So, Let's Go !


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La phrase de la semaine : est pour le moins étonnante, à la fois par son contexte et le lieu où elle a été prononcée.


En plus tout part d'une question parlementaire au Ministre de la Culture sur, tenez-vous bien, le nécessaire soutien de la puissance publique à la diffusion de la musique métal... Putain, on parle vraiment de tout à l'Assemblée Nationale. J'avoue avoir quelque peine à imaginer un représentant du peuple français s'intéresser à Korn, Rammstein et autres brutaux riffeurs. Mais pourquoi pas, au moins ça équilibre un peu la balance vis-à-vis des ultra prévisibles Boutin et De Villiers qui voient encore des sorciers dans le premier métalleux qui arbore une croix inversée.

Et puis tout part en vrille, les masques habituels sont retirés, un souffle inattendu va passer sur l'hémicycle... C'est que le député en question est une sorte de miraculé, en sursis et il le sait... Alors... Alors, regardez : Pas plus à dire. Malgré tout, la vie est belle.



Et oui malgré le Retour sur double évènement, la vie est belle.


Fukushima et Benghazi sont dans un bateau. Quel est celui qui le premier tombera à l'eau ? Aucun intérêt, de fait à revenir à plat sur deux évènements traités des heures durant sur toutes les chaines de télévision mondiales, au point qu'on finit par en oublier l'essentiel : la France va essayer de se racheter de sa ridicule défaite rugbystique en Italie, ce nain du ballon ovale.


Fukushima et le nucléaire français... La catastrophe amène, c'est la moindre des évidences, à se poser quelques questions sur la politique française basée sur l'exclusivité nucléaire, au nom, compréhensible, de la volonté de s'affranchir de toute dépendance vis-à-vis de l'étranger.
Des questions, au-delà des anathèmes classiques, il s'en pose :

- A quel moment y a t-il eu une once de débat démocratique dans notre pays quant aux choix entérinés aux débuts des années 70 sur le tout nucléaire ? Et au nom de quoi, les ministres, en l'occurrence Mme NKM, peuvent-ils considérer qu'il convient tout autant de s'en affranchir aujourd'hui ?

- Il est une double affirmation dès lors qu'un débat oppose un tenant de la pensée dominante et Arevienne à un tenant de l'écologie politique qui me laisse pantoise :
d'une part la façon d'asséner qu'aucune solution alternative au nucléaire n'est viable, quand en réalité, ici comme en Allemagne (sauf qu'en Allemagne le processus est lancé depuis déjà quelques années), les tenants de la sortie du nucléaire considère que c'est en 25 à 50 ans que cette dernière pourrait être réalisée ;
d'autre part, l'argument massue selon lequel il est évident que les opposants au nucléaire veulent revenir à la bougie... Comme on les comprend ces journalistes qui se passent l'argument de plateau en plateau : c'est d'ailleurs tout aussi évident que Cohn Bendit ou Cécile Duflot sont des foutus soutiens du lobby des marchands de chandelles, des vendeurs d'arcs et des fabricants de silex taillés... Alors qu'en aucun cas, même inconsciemment les journalistes moutonniers ne sauraient être accusés de rouler pour celui d'EDF et d'Aréva !

- Enfin, il est un argument que l'on retrouve dans le bouche de Copé (celui-là franchement s'il n'existait pas, il faudrait l'inventer) et qui fait rage pour clore tout embryon de débat sur la nécessité ou non de continuer la politique énergétique actuelle du pays : c'est la décence. Comprenez-vous chers amis, alors que les japonais en sont à compter anxieusement les becquerels qui risquent de leur tomber sur la tête, il est plus qu'indécent de parler nucléaire et éventuel changement de braquet.
Voilà un argument fort ! Tant qu'un japonais souffrira de l'expulsion incontrôlée des atomes radioactifs de Fukushima, alors ne parlons pas, ne débattons en aucun cas d'énergie nucléaire ! Ce serait par trop indécent...
Curieux, j'aurais pensé moi que le contraire eut été logique. C'est bien parce qu'au Japon, brutalement, le risque nucléaire a montré toute sa réalité qu'il semble urgent d'en débattre. Pour la décence même à l'égard des nippons. Et puis, que je sache, il me semble que cet argument d'opportunité sur la décence pose moins problème, dès lors qu'il s'agit pour le Président de monter sur une estrade à Grenoble et de lancer un grand débat sur les Roms, la nationalité, l'immigration... au lendemain d'émeutes et de rixes qui ont mis en cause quelques arabes et quelques gens du voyage. Sans doute le concept de décence est-il parfois à géométrie variable !


Benghazi et la maladie française de l'anti interventionnisme, mise au profit de l'anti sarkozysme.
Ceux qui lisent ces lignes les samedi savent quelles sont rarement très charitables à l'égard de notre chef, souvent surnommé en ces lieux de Conducator.
Pourtant cette fois, nous ne prendrons pas l'olifant pour rameuter à nous ceux qui se gaussent du nouveau coup de menton du Président, cette fois-ci pour assurer que la France est prête à participer à quelques frappes contre les troupes de Kadhafi, dès lors que celles-ci, dans leur reconquête des villes tombées aux mains de l'opposition, se le jouent soudards moyenâgeux à l'égard de ces gueux qui ont osé défier le Guide Suprêmement azimuté !

Et qui se plaisent à rappeler que Kadhaf' fut un jour invité par Nicolas et qu'il planta sa tente à quelques encablures de l'Elysée... ou à renvoyer aux lamentables erreurs de MAM en Tunisie, pour dans un cas comme dans l'autre arguer du fait que vraiment ce pov' président est vraiment lamentable, maintenant qu'il est fichu de nous foutre en guerre avec la Libye.

So What ? Qu'est-ce qu'ils en ont à braire, les bédouins de Ras Lanouf, qui se sont fait scalper sévère et ceux de Benghazi qui voient les chars du pouvoir leur arriver chenilles gourmandes en avant, droit sur la tronche, de nos pauvres débats franco-français. Eux ne demandent qu'une chose. Être aidés. Comme on eut dû le faire il y a 65 ans en Espagne, il y a 15 ans en Serbie...

Oh, qu'il est plus pur de détester la guerre, de juger que tout ça n'est que pur alignement sur les USA (ceux qui disent ça dans le cas de la Lybie ne sont plus myopes, ils sont carrément mal comprenants), qu'au nom des principes de non ingérence, il est doux de ne rien faire quitte à regretter ensuite avec les larmes du caïman que cette répression se soit soldée par des milliers de morts.

Et oh, que ça devient difficile de s'opposer à une décision dès lors qu'elle fut prise par l'ONU. Et que cela fait mal au cul de s'avouer que tout matamore qu'il est, le Conducator avait eu raison avec quelques jours d'avance. Combien de vies sauvées du fait de la décision du Conseil de Sécurité ?

Bon allez, je vous promet que dès samedi prochain je me ré énerve après le Conducator. Il y aura sûrement eu quelques raisons de le faire.



Et la connerie de la semaine nous rend la vie belle.

Je vous mets la vidéo en visio...
Mais bon, éloignez quand même les gamins. Il y a un type qui saute des gonzesses devant tout le monde. Et se fait même payer pour ça !




Allez, bon weekend à tous.
Thierry
RYS

jeudi, mars 17, 2011

C'est jeudi et c'est pas ravioli (#080)

Dernier numéro consacré à la nouvelle vague du rock'n'roll vintage français, au rockab' hexagonal, au country and western gaulois... Basé, comme les deux précédents sur cette excellente compilation (que je suis en train d'écouter au moment même où j'écris ces lignes, putain la guitare de Nelson Carrera...!) et qui a nom Rockers Kulture volume 2. Oui je sais je commence à vous saouler avec ça. Mais ça nous donne une dernière occasion de faire une promo pour les amis de Rock Paradise ! Et puis dernière, dernière... faut pas déconner. Le 3ème festival à La Boule Noire aura lieu fin juin de cette année. Donc, on n'a pas fini de parler de cette vague française !

Aujourd'hui donc, pour ce quatre-vingtième numéro (déjà !) de "C'est jeudi, ravaudons nos frisotti", nous allons découvrir le versant hillbilly, bluegrass, country de la vague frenchie. Avec un groupe dont je ne sais que peu de choses, emmené par une chanteuse à la voix nasale et acidulée, du nom (le groupe, pas la chanteuse) de Cattle Call.

Bien évidemment, on peut raisonnablement penser que le groupe a choisi ce nom en hommage au titre de Eddy Arnold, chanson hillbilly limite yodelisante à la Jimmie Rodgers.



Mais il est évident que ça ne suffit pas pour en savoir le minimum syndical sur ces mohicans (les derniers ?) qui se sont formés il y a bientôt dix ans, en une époque où il fallait avoir de solides convictions pour se lancer dans le bluegrass et le hillbilly. Mais ils ont fort bien fait. Grâce à leur page Internet, sous Free, on en sait (à peine) un peu plus sur Cattle Call. Car force est de constater qu'ils restent plutôt discrets, à l'image de ce site fort peu détaillé. C'est du reste à peine si on en sait beaucoup plus avec leur MySpace. Mais au moins celui-ci a l'avantage de mettre en ligne quelques titres du groupe. Influence évidente de la Carter Family, de Rose Maddox, de Bill Monroe, naturellement.

Dernier léger problème avec Cattle Call, ils ne lisent semble-t-il pas les mails que l'on pose sur leur site. Comme ils étaient présents lors du denier festival Rockers Kulture à La Boule Noire fin janvier, je profitai de ce que je croisai quelques instants la chanteuse pour indiquer mon désir de les interviewer. Fort de l'adresse mail qu'elle me communiqua, je m'empressai quelques jours plus tard de leur faire parvenir un message, très détaillé et indiquant les adresses de ce site comme celle d'Interlignage, avec références à quelques articles, afin de confirmer cette velléité... Las, plusieurs semaines plus tard, j'attends toujours le commencement d'une réponse, fut-elle négative.

Quand je vous dit qu'ils sont discrets... Ce qui est, à mon sens, bien regrettable.
Allez tiens écoutez ça, ça vous rappellera certains passages de O'Brother...


Cattle Call - Gotta Lotta Rhythm in my Soul

Allez, à plus,
Thierry
RYS

mercredi, mars 16, 2011

WCOTBT Saison 3 - Etape 6 - Les Soluces et les Résultats !



Hy Dear Séverine ! Hy, Dear Mistress !

Te voici ô mon aveugle soumise ! Viens donc du WCOTBT rendre le verdict de la déjà 6ème étape ! Ô Oui Séverine, frappe nos esprits avec les résultats et les solutions.

Etape d'exception que cette 6ème levée, puisque vous pétâtes les records, et haut la main encore ! Preuve s'il en était besoin que je vous ai trop gâtés. Avec un 21,73 de moyenne, le BT de février est celui où vous brillâtes les plus.... Méfiez vous donc de celui de mars !
Encore une fois, plus d'aisance dans la partie "sons" (avec des scores moyens de 16,20 sur 19 possibles - je ne le crois pas moi-même, putain c'était l'École des Fans ce mois-ci !), que dans la partie "images " où les "eyes", pourtant propriétés de femmes fort connues vous ont moins inspirés.


Merci bien sûr à tous les participantes et participants. Ce mois-ci vous fûtes 15 à jouer (confirmant le très léger tassement de la participation, par rapport aux premiers mois). Je ne saurai terminer cette courte présentation sans adresser un chaleureux salut à celui que j'attends habituellement, à chaque fois, le dernier jour aux alentours de 23h55 pour terminer mon recensement des scores et entamer mon classement, et qui cette fois ne s'est pas présenté, me laissant quasi déçu, avec un classement entier à faire, alors que j'eus pu m'y mettre bien avant !
(correction : ah ben si finalement son mail est arrivé, c'est moi qui ai du mal checker...)

Bon le bilan : Coup de maître de deux hommes : Stéphane Mus Foulon, le leader (qui va le rester) et Guic' The Old, assurent tous deux la parfaite copie (c'est la première fois que ça arrive cette saison) avec 30 points ! En tête quasiment depuis la première étape, le Corbeillois ne lâche rien, la victoire finale ne lui est certes pas encore acquise, mais il la veut, le salopiaud !
Sur la partie sonore, Ronnie Ocean a une très courte avance sur Stéphane, mais comme celui-ci est en tête au général... Autant dire que Ronnie a une avance intéressante sur Guic' The Old et sur Arbobo. Mais pas suffisante pour se lâcher. Il devra batailler jusqu'au bout.
Quant aux "images", alors là, c'est la bouteille à l'encre, celui qui est en tête change tous les mois ou presque. Actuellement, hors Stéphane, c'est Guic' qui tient la corde mais il est talonné d'un point par El Klak... Alors faire des pronos à ce niveau...


And Now The Soluces !

(à chaque fois, entre parenthèses, le score moyen obtenu, sur 2, 3 ou 5 points possibles)

A- LES SONS :


1 - Le pop-rock :


The Clash - Death or Glory (1,87) ;
The Raveonettes - Love in a Trashcan (1,73) ;
Phoenix - Litztomania (2,00) ;
Gossip - Heavy Cross (1,60) ;
The Gun Club - Mother of Earth (0,93) ;
Alice Cooper - I'm Eighteen (1,47).

Bravo pour le sans faute sur Phoenix. Moins brillant sur le Gun Club...


2- Les Bouses : que du bon ce mois-ci !

La bouse 9 : Julie Piétri - Eve Lève toi (et danse avec la vie, l'écho de ta voix, tralali tralala) (2,00) ;

La bouse 10 : Scorpions - Wind Of Change (2,00).

Et oui ! Tout le monde ! Je dis bien tout le monde ! Tout le monde a sans difficulté aucune retrouvé les deux bouses... Quand je vous dis que c'était une étape atypique !!! Ou alors, c'est que vous êtes les rois des bouses !

Et non, vous n'allez pas y couper :



Mon Dieu, le clip : exotisme à 3 balles, coupe de cheveux à 3 000 balles (hé oui, Dessange ça rigolait pas dans les 80's, en plus le tout pour être peignée comme les chameaux du clip)... Je pleure !




Oui bon ok... Ils sont allemands, il est des choses dont on peut comprendre qu'elles les aient marqués. Mais tout ça pour ça... Bordel, à vous donner l'idée de refaire tomber un rideau de fer sur la vieille Europe... Je chiale !


3- Le Film :

Le Péril Jeune (2,60 sur 3 points possibles) :
Ah, il vous a plu ce petit extrait plein de gros mots, hein !!!

Bon au total, pour les sons, une moyenne de 16,36 points sur 19 possibles.



B- LES IMAGES :

1- Eyes Without a Face :
allez, les photos d'origine, vu ce que vous avez galéré... Cette fois, les scores entre parenthèses sont sur 3 possibles.

Eyes 1 :

Moyen ! Juste moyen pour la belle Kate avec 1,4 sur 3 points. Donc : Kate (Titanic) Winslet (1,40).


Eyes 2 :

Un peu mieux pour la sublimissime. Oui, vous avez aîmé. Marianne Faithfull donc (1,80).


2- La Pochette :


Mon Dieu qu'elle est laide cette pochette (et je crains fort qu'elle ne soit à l'aune de ce qu'elle contient). Bon, qu'importe, vous avez nombreux à reconnaître dans cet hideux lapin l'extrait de See You On the Other Side de Korn (2,33 sur 5 points possibles). Pochette assez facile en conclus-je...

Bon au total, pour les images, une moyenne de 5,71 points sur 11 possibles
(là aussi on n'est dans les très bons scores avec cette étape)


CLASSEMENTS de l'Étape :

Au général :

1) Stéphane Mus Foulon et Guic'The Old : 30 points (premiers cartons pleins cette saison !);
3) Arbobo : 28 points ;
4) Dragibus : 23 points ;
5) Davnat, Pyrox le Hargneu et Ronnie Ocean : 22 points ;
8) La bUze et El Klak : 21 points ;
10) Sandrine Thébaut, Laurent Mouetron, J-P de Next et Jérome G. : 20 points ;
14) Diane Cairn : 19 points ;
15) Sonic Eric : 11 points ;

Bravo à tous, l'essentiel étant de jouer.

Les "Sons" : Pop-Rock + Bouses + Cinéma :

1) Stéphane Mus Foulon, Guic' The Old, Ronnie Ocean, Pyrox le Hargneu et Diane Cairn : 19 points
(putain 5 cartons pleins, preuve est faite, je me suis laissé aller sur ce blind test, je vous promet de me reprendre le mois prochain !) ;
6) Sandrine Thébaut, Arbobo, Laurent Mouétron, J-P de Next et Davnat : 17 points
(et allez 4 de plus qui flirtent avec le carton plein... l'École des Fans vous dis-je !!!) ;
10) Dragibus et La bUze : 15 points ;
etc.

"Images" : Eyes Without a Face + Pochette :

1) Stéphane Mus Foulon, Guic' The Old et Arbobo : 11 points
(et trois cartons pleins de plus, c'est distribution de friandises aujourd'hui !) ;
4) Dragibus, El Klak et Jérome G. : 8 points ;
8) La bUze : 6 points
etc.


Classements - Cumul après SIX (6) étapes :

Au général :

1) Stéphane Mus Foulon : 152 points ;
2) Guic' The Old : 127 points ;
3) Arbobo : 121 points ;
4) Ronnie Ocean : 112,5 points ;
5) J-P de Next : 108,5 points ;
6) El Klak : 97 points ;
7) Jérome G. : 95 points ;
8) Sonic Eric : 92 points ;
9) Dragibus : 88 points ;
10) La bUze : 83,5 points ;
11) Diane Cairn : 69 points ;
12) Pyrox le Hargneu : 64 points ;
13) Coolbeans : 51 points ;
14) Daniel de Next : 50,5 points ;
15) Sandrine Thébaut et Davnat : 50 points ;
17) Stoni : 31 points ;
18) Fabrice Guillet : 29 points ;
19) Stéphane Ska : 26 points ;
20) Laurent Mouetron : 27 points
21) RegUs PatOff : 25 points ;
22) Yosémite : 19 points
23) JohnFord et Jen : 17 points ;
25) Thanu et Oeuréka : 13 points ;
27) Boebis : 9 points.


Les "Sons" : Pop-Rock + Bouses + Cinéma :

1) Ronnie Ocean : 101,5 points ;
2) Stéphane Mus Foulon : 101 points ;
3) Arbobo et Guic' The Old : 86 points;
5) J-P de Next : 80 points ;
6) Jérome G. : 68 points ;
7) La bUze : 64,5 points ;
8) Sonic Eric : 64 points ;
9) Dragibus et J-P de Next : 63 points ;
11) Pyrox le Hargneu et Diane Cairn : 58 points ;
etc.


"Images" : Eyes Without a Face + Pochette :


1) Stéphane Mus Foulon : 51 points ;
2) Guic' The Old : 41 points ;
3) El Klak : 40 points ;
4) Arbobo : 35 points ;
5) J-P de Next : 28,5 points ;
6) Sonic Eric : 28 points ;
7) Jérome G. : 27 points ;
etc...


Alors, si ça s'arrêtait aujourd'hui, les trois vainqueurs seraient Stéphane Mus Foulon au général, Ronnie Ocean aux sons et, désormais, Guic' The Old aux visuels (mais là, ça bouge chaque mois). Rien n'est encore définitif... Surtout au classement "Images" ! Et il reste QUATRE (4) épreuves.



Bon, ben c'était déjà la sixième étape. Encore quatre (4) jusqu'au final qui aura lieu en juin 2011.
La septième étape : démarrera as usual, un 28, soit le Lundi 28 Mars, et encore une fois, pour quinze jours !

Be There ! A plus,

Thierry
RYS

lundi, mars 14, 2011

Le nouveau Yamouridis : fifty-fifty !

Jim Yamouridis !

Sans contestation, (d'ailleurs je ne me conteste moi-même que très rarement), une de mes plus belles découvertes des deux dernières années. Il y a déjà deux ans (donc, oui vous pouvez noter que je suis extrêmement cohérent), je découvris l'australien (décidément avec The Ankers, actuellement, je n'en sors pas des Wallabies), alors qu'il assurait la première partie de Daniel Darc au Plan de Ris-Orangis. Le choc avec cette voix mi Cave-mi Cohen, et ces mélodies savantes qui retiennent la furie avec la peine, et la grandeur des perdants, m'avait décollé du bar où j'avais décidé de prendre mes quartiers en attendant que l'ex leader de Taxi Girl n'investit la scène.

Puis, il y eut une écoute en boucle d'un premier album envoutant (Travelling Blind), si différent du tout venant soi-disant folk, ou folk rock, ou powétique, qu'on nous vendait à l'époque à longueur d'articles de blogs et de dithyrambes d'attachés de presse.
Aussi, lorsque en fin d'année 2010, on m'invita à dresser l'oreille sur le nouvel opus du taciturne Yamouridis, je n'attendis pas qu'une garnison de tonsurés viennent m'en prier. Un peu (mon neveu) que j'allais écouter Into The Day.

Bon, si l'on doit situer Jim sur une échelle de la folle gaieté (dans sa musique, car dans la vie je n'en sais foutre rien), une échelle ou Ibsen vaut 1 et Carlos 10 quand il chante Tata Yoyo (ah ? c'est pas lui ?), disons que notre australien, français d'adoption, pourrait atteindre les -19. A peu près. A coté de Yamouridis, par moment on est droit de se dire que Ian Curtis était quand même un foutu déconneur, balaise pour coller une ambiance de feu dans les mariages. J'exagère un peu, mais il s'agit surtout de prévenir l'auditeur potentiel que les chansons de Jim Yamouridis sont assez peu dansantes, que sa voix plus grave qu'un basson n'incline guère à la gaudriole, pas plus que les paroles de ses chansons... et qu'au total, l'artiste écrit des chansons sublimes qu'il chante avec le calme précaire des survivants qui en ont trop vu, de sorte que l'on ne sort pas d'une écoute de ses disques, tout à fait comme l'on y est entré.

Le risque étant bien sûr que, sur la longueur lasse la langueur. Ce que n'arrive pas à éviter complètement l'album Into The Day (c'te blaque : Into the Dark, ouais !), porté par cinq titres sublimes en ouverture, et qui se délite un peu dans sa seconde partie. En outre, Yamouridis ose un peu d'électricité dans ses premiers titres qu'il assaisonne, de plus, de chœurs féminins et d'envahissants violons, enrobant l'os d'un peu de chair souple. Ce qui ne gênera personne, tant cette chair n'a rien de la mauvaise graisse dont on peut parfois garnir des chansons qui ne la mérite pas. Alors c'est vrai que l'on est un peu tenté de décrocher, peut être à partir du titre éponyme de l'album, où Yamouridis en revient à l'approche hyper minimaliste qui était la sienne sur son premier album. Or, le minimalisme c'est bien connu, une fois l'effet de surprise passé...
Mais ce serait dommage de se priver d'un artiste aussi rare à tous les points de vue, au simple motif que tout son album n'est pas du tonneau d'un Ragged or Whole, le titre qui ouvre et que je vous propose d'écouter.


Jim Yamouridis - Ragged or Whole.

Album Into the Day.

Allez à plus,
Thierry
RYS

samedi, mars 12, 2011

Triolet pour la semaine passée (#021)

Ce vingt et unième numéro du Triolet qui revient sur les 5 jours de la semaine officielle des travailleurs honnêtes (ceux qui tôt se lèvent le matin pour pitance gagner et actions des propriétaires faire progresser, du lundi au vendredi, le samedi étant consacré à faire les courses à Auchamp, à laver la Clio, et à baiser le soir, pas trop longtemps quand même, quand les gosses sont couchés, le dimanche étant réservé au haricot de mouton, à Drucker et à une rapide visite du Leroy-Merlin de la ZAC en sortie de ville), sera beaucoup plus franco-français que les dernières semaines. Au menu : le sondage de la semaine (rien à voir avec Marine), la phrase de la semaine, et enfin le bordel ambiant à droite de la semaine (tout à voir avec Marine).

Bon, et bien, sans plus tarder et sous vos applaudissements, allons-y !

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Le Sondage de la semaine : me sidère !!!

Non, et je le répète, il ne s'agit en aucun cas de la percée médiatico-organisée de la jeune héritière de l'entreprise de N créée par papa. Mais du procès avorté (quand la justice avance, il recule, comment veux-tu, comment veux-tu...) de l'ex faisant fonction de Président de la République, Grand Jacques. On ne reviendra pas sur cette formidable avancée démocratique et de libertés publiques qu'est la question préalable de constitutionnalité (je n'invente rien, c'est Devedjian qui a dit ça sur Inter il y a quelques jours pour expliquer que le quiquennat de Sarko a été puissamment réformateur), formidable avancée qui pour le moment a semble-t-il essentiellement fonctionné comme une machine à faire reculer la justice.

Mais France Info a profité de l'évènement (du non évènement devrais-je plutôt dire) pour effectuer un sondage auprès d'un panel bla bla bla, afin de demander aux français ce qu'ils pensent du fait que Chirac ait à répondre devant la justice quinze ans après les faits et à plus de 75 piges. et là, je suis sur le cul : vous êtes, nous sommes, près de 30% à trouver totalement anormal que la justice passe sur le corps de l'ex Maire de Paris, ex Président de la Corrèze, ex député, ex Ministre de l'Agriculture, ex Premier ministre, ex Chef de l'Etat, ex étéra. 30% ! Putain, un sur trois, ou presque à considérer cet homme au dessus des lois. C'est énorme. Sans doute les mêmes qui considèrent qu'on est jamais assez sévères avec les voleurs de cuivre sur les rails de la SNCF (enfin m'dâme, on sait qui sait qui vole du cuivre n'est-ce-pas), comme avec ceux qui égorgent des animaux sans les étourdir avant (vous voyez bien, cher ami, de qui je veux parler - certes pas des gaveurs d'oies...).
Vous me répondez que je lis à l'envers le sondage ? Et ben je n'en suis pas si sûr !


La phrase de la semaine : prise hors contexte, est frappée au coin du bon sens !

Et elle est signée du Président actuel. Que nous dit-il ? En gros que la journée de la femme, qui comme chacun sait se fête le 8 mars, est une grosse connerie. Comme notre Chef bien aimé n'est pas quelqu'un de vulgaire, ni d'impoli, chacun a pu le constater depuis le début du quinquennat, il emploie naturellement un vocabulaire mieux choisi :
«C’est sympathique, il faut le faire, enfin parfois il faudrait qu’on se concentre sur l’essentiel». Qui peut penser autrement, franchement, hormis quelques harpies féministes pénibles et vraisemblablement laides (comment ça j'enfonce des portes ouvertes et j'accumule des clichés... pas du tout, pas dut tout, je m'essaie en fait à écrire une nouvelle chanson pour Michel Sardou)

Mais comme notre Chef exceptionnel est aussi 'achement bavard, il peut pas tenir sa langue. Et remise en contexte, la phrase devient d'une maladive et affligeante banalité :
«L’essentiel, c’est de trouver du travail pour les hommes et les femmes, une possibilité de promotion sociale pour les deux. La journée de la femme, il y aurait beaucoup à dire parce que ça voudrait dire que les autres, c’est des journées des hommes alors ? Très curieux quand même comme système. Franchement. Les femmes jouent un rôle tellement important dans notre vie, dans notre société. Aujourd’hui d’ailleurs, la vie des femmes ressemble à la vie des hommes, les choses ont changé considérablement, considérablement. Toutes les femmes veulent travailler, souhaitent travailler, souhaitent être autonomes. Mais qui ici même pourrait me dire que pour sa fille, il n’a pas les mêmes aspirations que pour son fils ?»

Oh putain ! Là on sent la réflexion philosophique de haut vol, on est écrasé par la profondeur de champ qui est prise en cet instant ; on se sent ridicule devant la puissance de la pensée qui a fait naître ces phrases immortelles, on ne peut que s'incliner face à l'abime qui nous sépare d'un tel Danube de l'intellect et de la dialectique réunis. Toutes qualités qui, c'est l'évidence, ne peuvent être reçues équitablement en partage entre chacun d'entre nous, car elles ne sont alloués qu'à ceux dont les fées ont inspecté le berceau, promettant à son occupant un destin hors du commun ! Comment pourrait-on envisager autrement que des réflexions aussi profondes que : "Aujourd’hui d’ailleurs, la vie des femmes ressemble à la vie des hommes, les choses ont changé considérablement, considérablement", soient à la portée de chacun ? Comment le pourrait-on ? Vraiment ? Vous y avez réfléchi vous, déjà, à ça ? Hum ?

Bon c'était dans Libé. Comme vous avez été sages et fort sympathiques de me lire jusqu'à ce paragraphe, je vous offre (c'est cadeau ! La patron est content !) cet autre lien sur Libé. Pour votre plaisir... Éloignez les gosses. Si, j'y tiens ! Éloignez les enfants !


Le bordel ambiant de la droite de la semaine : a lui tout à voir avec Marine.


Comme la fille du borgne épais de la Trinité, héritière de l'empire des front bas, a percé et plus qu'une molaire, la droite, déjà partiellement en feu, s'embrase. Les réactions fusent en tous sens, et en désordre.

D'un coté, alors qu'on ne lui avait rien demandé, NKM (oui je trouve que c'est plus parlant comme ça... et beaucoup moins chiant à écrire) lance tout de go, ce qui ne devrait être qu'un truisme. Et le fait d'avoir à le dire est déjà en soi inquiétant... Ou alors, on est en droit de se demander ce que sont les gaullistes racines de la majeure partie de l'UMP devenues...

De l'autre, une obscure, une sans grade, mais pas sans gouaille charcutiéro-populaire, se propose de résoudre les peurs des français en offrant des croisières Return To Sender, aux populations qui viendraient de la Méditerranée. De la Méditerranée !? Parle-t-elle des Corses qui sont bien trop nombreux à Paris ? Et dont chacun sait qu'ils sont tous mafieux à des degrés divers (de toute façon, ces gens là sont tous cousins, n'est-ce-pas). Ou évoque-t-elle les Sardes, à peine ritals mais au moins aussi voyous que les Corses, ou encore les Catalans des Baléares (car on sait à quel point est ombrageux le Catalan et combien, par ce caractère difficile il refuse de s'intégrer dans la société et engendre la peur dans nos quartiers) ? Ni les uns, ni les autres ! Ah ?! Ce serait les arabes alors ? Mais que ne le dit-elle pas à haute voix, la Brunel ? Le mot lui ferait peur ? Il resterait un soupçon de honte en elle ? Ou alors craindrait-elle, que dans l'empire du politiquement correct et des lois liberticides qui nous écrasent, le fait de s'en prendre à un peuple lui fasse risquer des poursuites judiciaires ?

Entre truisme et truie, l'UMP est déchirée !

Bon, comme vous m'avez fait grand honneur à me lire jusqu'à cette ligne, un dernier cadeau : moins hot, mais plus délirant que celui du milieu de page. Voyez comme on peut déborder d'imagination en Chine ! Allez, l'imagination au pouvoir !


A plus, amigos-gas.

Ah and remember, il ne vous reste plus que 3 jours pour envoyer vos réponse à la 6ème étape du WCOTBT. Actuellement, la moyenne des scores doit flirter avec les 22 points ! C'est vous dire qu'il y a de quoi faire !

Thierry

RYS



jeudi, mars 10, 2011

C'est jeudi et c'est pas ravioli (#079)

Avé Amigas, Ave Amigos, Rockituri Vous Salutant ! (ou à peu près). Ah et puis los otros tambien !

Deuxième levée de trois billets spécifiquement consacrés à LA compilation rockabilly français, j'ai nommé le second volume de Rockers Kulture, et se voulant aussi hommage discret à la fine équipe de Rock Paradise qui se bat, contre vents et marées, à l'assaut des moulins, mais avec classe et élégance pour faire vivre un certain rock'n'roll vintage en France (et putain de Dieu, faut en vouloir, dans ce foutu pays !).

Trois billets qui essaieront de, et naturellement ne parviendront pas à, brosser un petit tableau de l'étendue non seulement des talents de nos hexagonaux rockers, mais aussi des styles variés qui se fondent dans ce creuset dont rend compte la compilation Rockers Kulture.

Jeudi dernier, la parole était à la jeunesse provinciale et au wild rock le plus sauvage avec les Boppin' Gliesers.
A contrario, aujourd'hui, nous privilégions des gens un chouïa plus âgées, éminents membres de la vague du début des années 80, que de main de maître, Jacky Chalard et son label Big Beat menèrent aux portes du succès. Aujourd'hui, nous choisissons un tempo plus doux, quoique très syncopé, directement hérité du jungle beau cher à feu Bo Diddley. Et aujourd'hui, et là, c'est comme la semaine dernière, nous élisons des provinciaux. Plutôt toulousains que bourguignons, cette fois.

En l'occurrence, un de mes groupes préférés de ladite vague Big Beat, chantre d'un rockabilly imprégné de surf façon Ventures et de références évidentes à Buddy Holly (on peut difficilement mieux choisir). Jezebel Rock existe donc toujours, trente ans après, et si les années ont marqué les visages, elles ont patinés de la meilleure patine la musique de ces grands et respectables anciens. Qu'ils fussent choisis pour figurer sur le deuxième volume des aventures de Rockers Kulture, aux cotés de gamins comme les Gliesers cités plus haut ou les Spunny Boys est, à cet égard un beau symbole de la continuité (dans le bon sens du terme) de cette scène.

La chanson de Jezebel Rock, compilée dans le disque Rockers Kulture The French Rockabilly Scene n°2 (à prix défiant toute concurrence chez votre meilleur apothicaire), est, évidemment, une reprise d'un titre de Buddy Holly : Modern Don Juan (hein, non il ne s'agit pas d'une auto promotion, allons, j'ai passé l'âge...)

Pour vous faire une idée plus complète de l'étendue du talent de groupe, je vous mets en lien cet article sur l'excellent blog Rockin' Records, qui a le bon goût d'être accompagné de plusieurs titres de leur merveilleux Routes Of Rock (que je possède mais n'ai encore pas encodé, milliards d'excuses). Le groupe dispose aussi d'un site, mais malheureusement assez peu tenu. Dommage. Mais cohérent avec la grande discrétion de ces musiciens...


Jezebel Rock - Modern Don Juan

Allez, à plus, avec un troisième et last extrait la semaine prochaine.
Thierry
RYS

samedi, mars 05, 2011

Triolet pour la semaine passée (#20)

Bon, allez en route pour le vingtième "Triolet pour la semaine passée".

On a suffisamment glosé sur Kadhafi la semaine dernière pour n'y pas revenir aujourd'hui. De fait ce Triolet sera, cette semaine, un brin particulier puisque, obnubilé par le vingtième anniversaire de la mort de Clyde Barrow, heu, ce lien je serais vous j'irais le regarder... (bon de fait, c'est même pas vrai vu qu'à quelques disques exceptions près genre Initials et Rock Around, SG m'a toujours plutôt gonflé - ça fait du bien de dire ça en plein hommage mercantilo-druckero-sébastiannesque - ), les mortelles célébrations me fatiguent.
Mais si, quand même. (Là, je me demande qui arrive à me suivre...).

Bon, donc si quand même ! Hommage à nos disparus. Et donc en ce vingtième numéro du Triolet, pas d'image, pas de retour sur évènement, ni de conneries de la semaine. Juste trois disparus de la semaine.

Allez Let's Go !


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On n'a pas assez parlé de notre Premier Disparu de la Semaine !


C'est Brice ! Qui a médiatiquement été avalé par Mam ! Ce qui est trotinjuste ! Car enfin, s'il est bien compréhensible que Michelle A Merdoyé en copinant d'un peu trop près avec des amis des dictateurs arabes, ce qui en soi ne gêne que sa conscience, mais ce qui en tant que Ministresse des Affres Etrangères la plaçait dans une position de redevable peu compatible avec la défense des intérêts supérieurs de la Nation (yala ça c'est de la phrase !), et qu'il en fut tiré conséquence en l'exfiltrant comme une espionne mise à jour, que devrait-on dire de l'ex responsable de l'Intérieur.

Enfin, bon sang ! Brice !
L'homme à qui ne pose aucun problème le bougnoule quand il va seul, mais dont les cheveux couleur de rouille se dressent dès lors qu'ils sont nombreux !
Enfin, quoi ?! Brice !
Le maitre ex chasse aux Roms, fièrement associé à Iago dans leur quête du record d'expulsions, qu'importent les manières !
Bon sang de bois, mais quoi ! Brice !
Celui qui condamne par avance le collaborateur de MAM (tiens encore elle) dans une vague histoire de lâcher de salope-ries à la presse, piétinant la présomption d'innocence avec la même bonne humeur qu'un dératiseur piétine les cancrelats !
Merde quoi ! Brice !
L'homme dont le prénom rime si bien avec immondices !
Et on n'en parlerait pas de son départ. Allons !!!

Qu'il soit clairement indiqué que jamais je n'aurais, sans rien faire ni dire, laissé la seule gloire médiatique à une vague Michelle : "Allo Moubarak ?", si peu coupable en regard de l'œuvre exceptionnelle d'Hortefeux. On dit que c'est lui qui va désormais coordonner la future campagne du Chef de l'État sortant (mais pas encore sorti). Hum ! Joie ! Voilà qui nous promet des argumentaires de bon aloi !



Et si de même on parla peu de la Seconde Disparue de la Semaine, je crois que tout le monde la connaît au moins de vue !


Accrochée au bras de Bob Dylan au cœur d'une artère new-yorkaise, elle fit beaucoup pour la gloire de l'album Freewheelin'. Il est vrai que c'est sans doute l'une de plus belles pochettes de l'histoire du rock.

Elle s'appelait Suze Rotolo, et je me dois d'avouer que je ne savais strictement rien d'elle. Tant qu'à faire des aveux, je n'ai jamais non plus été un fan énamouré du père Zimmerman. Pour plein de raisons, dont beaucoup de mauvaises du reste. Mais qu'importe. Elle fut donc, si l'on en croit l'article de Slate.fr qui reprend le Village Voice, une compagne de Dylan entre 1961 et 1963. Et elle aurait été la muse inspirant Don't Think Twice It's Allright. Ne serait-ce qu'à ce titre, elle mérite un respect profond de tous les amoureux de la musique pop. On nous dit qu'elle ne fut pas seulement cela, mais aussi une artiste accomplie et même une écrivain publiée.

Il n'empêche que son destin aura surtout été d'être cette jeune femme au bras d'un Dylan juvénile, incarnant une nouvelle Amérique à l'orée des sixties, urbaine, intellectuelle et engagée. Qu'elle l'ait ou non voulu. Un symbole photographique, tout comme le couple qui s'embrassait en 1950 devant l'Hôtel de Ville devant l'appareil de Doisneau allait incarner pour les générations futures un Paris populaire et heureux, largement fantasmé.

Mais lorsque décèdera le gamin qui posait sur les albums Boy et War de U2, quel symbole lui accolera-t-on ? Suze Rotolo eut au moins le bon goût de ses choix.



Dernière disparue de la semaine, une actrice qui perdit la tête après avoir perdu le cinéma.


Annie Girardot, pour le coup fut elle aussi amplement symbolique d'un certain cinéma français, balayé pour le pire (souvent) et le meilleur (parfois) au tournant des années 80. Disons le, on ne peut pas dire qu'elle fut notre actrice préférée, pas même parmi les actrices françaises. Non qu'elle jouât mal, bien au contraire, même si ses registres étaient souvent similaires (un atavisme dû à son physique douloureux vraisemblablement), mais plutôt en raison de ses choix cinématographiques. Et aussi, soyons honnête, parce qu'elle incarnait plus qu'aucune autre ce cinoche français des années 70 que nous n'aimions guère, et d'autant moins qu'un Claude-Jean Philippe ou un Patrick Brion nous ouvraient de tous autres horizons les vendredi et dimanche soir avec leur Ciné-Club et leur Cinéma de Minuit (je vous conseille vraiment de cliquer sur ces deux liens, notamment le second où l'on entend Brion disséquer un film de Chenal et annoncer, à la fin de son intervention, l'arrivée d'un cycle Garbo le dimanche suivant, pour mieux comprendre ce que j'essaie péniblement d'écrire).

Il faut comprendre qu'une première vision à 23 heures le vendredi, ou à 22h30 le dimanche de films comme Asphalt Jungle, La Fièvre dans le Sang, ou Carrefour de la Mort évoquaient autrement nos pulsions et nos frustrations provinciales qu'un Docteur Françoise Galland ou qu'un Tendre Poulet. La lutte était, il est vrai, par trop inégale mettant en vis-à-vis Annie Girardot avec les mythes de l'éternelle jeunesse d'une Natalie Wood, comme d'un Victor Mature (malgré son nom, aarff) ou du visage de tueur psychopathe d'un Richard Widmark.

Par comparaison, il en allait de même d'une découverte grâce à De Caunes jeune ou même à Jean-Loup Laffont de Siouxsie en 78 ou des Guilty Razors la même année, en regard des artistes de qualité française que le Grand Echiquier de Chancel sortait tous les mois des placards où les avait plongés une programmation girscardo-guy-luxo-maritie-et-gilbert-carpentiesque (de ça il n'y a même pas lieu de parler).

De fait, le seul film où Girardot me plaisait était (non ! Pas Rocco et ses Frères, ce truc m'a toujours gonflé), la Zizanie, sorte de panouille comique, où par son abattage elle faisait la pige à De Funès (qui pourtant s'y connaissait en matière d'abattage et de piquage de vedette aux copains).

Et puis le temps a passé.

Le cinéma l'avait oubliée. Elle le rappela lorsqu'à la faveur d'un court come back (Les Misérables de Lelouch, film dont on ne dira rien). Puis il l'oublia à nouveau. Ou ne souvint d'elle que de loin en loin. Puis c'est elle même qui s'oublia dans la nuit d'Alzheimer. Et ne se souvint d'elle-même que de loin en loin.

J'imagine, au fond, que pour quelqu'un de moins de trente ou trente cinq ans, Annie Girardot ne doit pas représenter plus que bien d'autres ex stars du cinéma des années 60 et 70, passées dans la moulinette de l'histoire. Gommées par le temps. Comme Claudia Cardinale, Mylène Demongeot, Michèle Mercier, Raquel Welch peut être même... Mais pour les autres, Girardot, pour le meilleur comme pour le moins bon, incarnera toujours un certain cinéma populaire français, ni meilleur ni pire que celui d'aujourd'hui, et qui s'est évaporé, à peu près en même temps qu'elle même disparaissait des salles obscures. Il y a trente ans.


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Voilà, c'était un Triolet de plus.
A la proxima,
Thierry
RYS