vendredi, juillet 29, 2011

C'est jeudi et c'est pas ravioli (095)

Hello body-boda, tous-tousses !

A l'orée de la quinte royale par laquelle nous clôturerons cette série, en ce presque jeudi (à un jour près...), nous posterons aujourd'hui un billet de transition.
Pas pour la musique diffusée, country classique de la seconde période (que par extension un peu facile, on qualifie trop souvent de nashvillienne, alors que dans le cas qui nous occupe...). Non en fait, mais plutôt parce que ce titre, son auteur, tout fabuleux qu'ils soient ont surtout pour rôle d'annoncer ce que devrait être notre final en cinq actes. Que nous retrouverons, du reste, après les vacances, puisque ce blog va marquer son estivale pause, à compter de ... ben tiens maintenant en fait !

Un final apothéotique (ça ne se dit pas ? ah bon ?!). Alors donc un final en forme d'apothéose avec rien que des grands-grandes, car ils le valent bien... Et puis il faut dire aussi que je crois que j'aurai bien sacrifié à la remise sous les feux de la rampette (oui je peux pas dire plus vu les stats en phase de récession de mon blog), de tous les sans grades, tous les inconnus qui méritaient bien qu'il y ait sur cette planète un blog qui parlât d'eux (ne serait-ce que 30 lignes durant). Or donc, ces cinq derniers billets de "C'est jeudi et pas tutti quanti", vous l'avez compris laisseront la place aux stars du genre.

Aussi, quoi de mieux que cette chanson de Kris Kristofferson pour annoncer ce climax de dans quelques semaines. Elle s'appelle "If You Don't Like Hank Williams" (ce qui nous donne déjà un indice sur l'un des cinq fantastiques). Et elle méritait bien de concourir parmi les 100 titres de cette série, ne serait-ce que pour ces paroles :

I dig Bobby Dylan and I dig Johnny Cash /
And I think Waylon Jennings is a table thumpin' smash /
And hearin' Joni Mitchell feels as good as smokin' grass /
And if you don't like Hank Williams, honey, you can kiss my ass

Joussif, non !?

Allez ne soyons pas plus bavard (vous n'imaginez tout de même pas que je vais vous faire l'article sur Kristofferson, oh !?, si d'aventure vous ne connaissez pas, écoutez, comment vous dire... heu servez vous d'Internet, c'est un outil fabuleux !).
Et écoutons ce joyau :

Kris Kristofferson - If You Don't Like Hank Williams.


Allez à dans quelques semaines, migos-gas et tous-tousses !
Thierry
RYS

mercredi, juillet 27, 2011

Entre hygiénisme et mythologie rance, peu d'amis pour Amy...

Ça n'aura guère trainé, le corps de la soul girl britt à peine froid, les réseaux, blogs, télés, radios et autres propaganda tools se sont fendus de leurs hommages, brefs et définitifs, claquant du même son que celui de la première pelletée de terre balancée sur le cercueil.

Et l'on aura alors pu constater qu'entre d'une part, l'hygiénisme moralisateur, plaie de notre temps, et si décalé dans la bouche de qui se pense amateur de rock (aux limites d'un ridicule qui lui ne tue pas), et d'autre part, l'appel, d'une facilité de cour d'école maternelle, aux mânes d'une mythologie bidon au goût de beurre rance, il n'y eut guère de place pour la chanteuse.

A ma droite, les contempteurs de la déchéance.
L'œil égrillé par l'évidente fin de la star en dérive, leur mot d"ordre ne valut guère plus (ni moins) que le "Il l'aura bien cherché" qu'assène le toubib face au fumeur en phase finale de crabe.
"Au stade ou elle en était, que voulez-vous messieurs-dames, c'est encore le mieux qui pouvait lui arriver à cette pauvre fille, incapable de tenir droit lors de ses dernières sorties sur des scènes serbes." Notez, d'ailleurs ce mot de "stade" auquel on attend juste que s'accole l'obligé 'terminal"...

J'avais cru sentir, confusément comme un souvenir de remugle ancien, cette sorte de vent mauvais lors du décès d'un Bashung, grand clopeur et qui l'a payé au prix fort. Évidemment, il y a deux ans, face à l'ampleur de la dépouille, au consensus curieux dégagé par la statue du commandeur, les mots de l'hygiène étaient restés bloqués dans les gorges. Ils s'étaient, en revanche et sous des oripeaux malins, libérés un peu plus tard, quand, pour d'analogues raisons, vint le tour de Jacno. Le petit refrain de l'origine de son pseudo, intimement liée au tabac, tourna comme une ritournelle de vertu sur les espaces électroniques qui font l'opinion. Toutefois, nul n'aurait pu opposer un mode de vie dissolue à Jacno ou à Bashung (encore que lui, bien des années plus tôt...). Non nul n'aurait pu... Et puis ce chapeau vissé sur une tête que la chimio avait déplumée, comprenez-vous, c'était la pénitence du rocker, la rédemption, le rachat en public d'une vie d'excès... Dans ce chapeau se tenait l'expiation par le courage, seule à même de rasséréner ceux que la mort effraie... Non, c'est certain, nul n'aurait pu.

Parallèle osé, pensera-t-on ! Pas vraiment ! La prophylaxie ambiante ne s'arrête à aucun détail de nos jours.

Mais, alors là !
L'occasion fut top belle pour qu'ils ne sautassent pas dessus comme des soudards déflorant une gamine. Trop belle pour que ceux que la marginalité fascine mais que la mort révulse ne se jetassent pas sur sa vie dissolue, ses frasques, et qu'il n'entonnassent pas le requiem moraliste. (dia c'est chiant ces concordances de temps...)
"A ce point là, le mieux qui pouvait arriver à cette pauvre fille perdue, c'était encore de mourir en pleine jeunesse". Pensez-vous ! Une rockeuse qui ne tient pas debout, un Johnny Thunders au féminin (sois patiente Amy, Thunders est désormais un mythe ; mais je me souviens comment il y a vingt ans, comme pour toi, son épitaphe fut faite !)

A cette aune, j'imagine que nos Anastasie de la vie en rock, doivent être saisi d'un recul dégouté à l'idée de d'aller au prochain concert d'Iggy, de Lou Reed, de Daniel Darc, et d'autres encore. Qui eurent le gout spécieux de ne pas calancher lorsque d'eux-mêmes ils ne projetaient plus qu'une ombre tremblotante... avant que de renaître

C'était encore le mieux, monsieur.... De mourir à 27 ans....


27 ans, bordel, coco... 27 ans !!!!

A ma gauche, entra en action la triste compagnie des brasseurs de mythes à trois sous.
Le 27Club mesdames et messieurs ! Amy n'en avait sans doute rien à foutre, mais de quel excellent goût fit-elle preuve en ajoutant involontairement son nom à cette maigrelette troupe.
Et de Manœuvre au plus anonyme des blogueurs, de Libé au webzine le moins lu, ce fut une marée panurgienne de titres en rapport avec ce soi-disant grand mythe de la vie en rock : le club des ceusses qui ont eu l'audace de mourir à 27 ans.

Club, dont soi-dit en passant, l'on compte originellement 4 membres qui, en deux ans, connurent la même malchance de ne pas survivre à leurs excès (Brian Jones, Hendrix, Janis et Morrisson). Club n'existant, de fait, pas plus que la vie sur Mars ou l'intelligence dans les yeux d'un présentateur de jeu télévisé, mais que pour de pures raisons mercantiles on fit durer, qu'on étendit à l'aveuglette. En y adjoignant, franchement sur le tard, Robert Johnson (ce dernier s'étant fort amusé à laissée accroire qu'avec le Diable il avait passé un pacte, autant vous dire que son incorporation fut pain béni - ou maudit, c'est à voir -). Puis, un De Freitas, batteur d'Echo mort en moto, et des kyrielles de bassistes ou de batteurs qui sans ce ticket dormiraient aujourd'hui au panthéon des oubliés. Club survendu dans les échoppes de la mythologie bidonnée, au point qu'il en fut qui crurent qu'en mourant à cet âge on touchait à l'Eden. Nul ne pourra prouver qu'il en fut ainsi pour Cobain, mais son suicide, à l'âge magique, donna un sérieux coup de fouet salvateur à l'inepte concept.

D'un coup, par cette mystique à deux balles (pas perdues pour tout le monde...), frasques et dérives devenaient la marque de l'adhésion d'Amy à un rock'n'roll way of liiiife, qui n'existe plus mon pauv' monsieur ("ah ! si vous aviez connu les 60's et les 70's, mon ami, vous sauriez ce que rock veut dire..."). D'un coup, en entrant dans le simili wha la la !, c'est toute sa conduite que les désœuvrés de l'imagination validèrent. "Amy, la dernière rockeuse en activité rejoint le 27Club !" En un contrepoint parfait aux arguties moralistes des Diaforus de la médecine préventive ! Comme un miroir.

Long time ago, aux débuts des radios qu'on appelait libres, en une époque où il n'était pas malaisé de rencontrer les musiciens avant ou après qu'ils ne montent sur scène (d'autant qu'en province, les dits musiciens n'avaient pas grand chose d'autres à foutre que de perdre un peu de temps avec les apprentis que nous étions), j'eus la chance d'interviewer Elliott Murphy. Lorsque je lui posai la question "I read in a paper that you belong to the dark company of the great losers of rock"n"roll... well, how dou you feel about that kind of sentence ?", le baladin éclata de rire, puis plus sérieusement me répondit "The great losers... but who are the great losers... Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin are the great losers of rock'n'roll. I dont wanna end up that way. So let them write what they are supposed to" (de mémoire)...

En une phrase, Elliott avait fait un sort au soi-disant club, qu'il s'était bien gardé du reste de citer. Tout était dit.


Voilà.
Quand au fait que la Winehouse avait sorti un des meilleurs albums de soul blanche des années 2000, que sa fragilité incarnait merveilleusement le blues qu'elle magnifiait, avec sa voix de gouaille et de fêlure, peu en parlèrent. Beaucoup, la plupart, s'en tinrent aux deux faces de la médaille miraculeuse des marchands du temple (face A : maudite par sa conduite - face B : béatifiée par cette même dégaine désordonnée)...
C'est qu'il est compliqué de réfléchir quand on vous tend des kilos de prêts à penser, enrobés dans l'aluminium des convenances et des réflexes pavloviens.

Au fond, le mieux c'est encore d'écouter, une dernière fois, celle qui n'avait finalement pas beaucoup d'amis.




Allez, à plus
Thierry
RYS

jeudi, juillet 21, 2011

C'est jeudi et c'est pas ravioli (#094)

Hello everybody-boda, tous-tousses (les autres aussi).

Nous allons entrer dans le dernière ligne droite, le sprint final de cette longue épreuve (pour vous peut être, pas pour moi de fait) que fut le postage de 100 billets consacrés au rock'n'roll, au rythm and blues, au rockabilly, à la country, au hillbilly, bref au vintage sous toutes ses formes (avec quelques incursions soul - doo wop, pas plus tard que la semaine dernière d'ailleurs).

Cent billets ! (Celui qui "cent patates" me sort, sort). Une véritable série fleuve qui se sera étendue sur plusieurs années, mais que j'aurai, coute que coute, amenée à son terme. Prends en de la graine, Lemarchand, toi qui mille fois lança une nouvelle idée de blog en l'air et ne la mena que le temps qu'elle retombe à terre comme un crachat lancé à la figure de tes désespérés lecteurs ! Oui, oh toi Lemarchand, viens ici et courbe la tête fier Sicambre d'Argenteuil, en un respectueux hommage à celui qui tint la barre sans barguigner, contre vents, marées et chutes d'audience... A ce sujet, si l'effet de l'été ne se sent pas dans les températures saisonnières, en revanche il joue plein pot sur la fréquentation de ce blog qui se replie à la manière d'un sexe qui voit s'enfuir sa turgescence après l'amour !

Mais que diable, on s'en fout ! Ne seriez vous que deux (moi compris) à lire ce blog et à vous réjouir des bombinettes fifties que chaque jeudi j'y dépose, que cela suffirait à emplir de plénitude mon esprit quelque peu dérangé !

Aussi, pour ce quatre-vingt quatorzième numéro de "C'est jeudi, change donc de panty", nous allons communier avec un de ces immenses seconds couteaux de la country, du honky-tonk et du rockabilly, un homme dont, il y a quelques semaines nous avions en ces lieux mis en ligne un de ses standards, mais chanté par d'autres (mind ! le titre n'est plus en ligne).

Johnny Horton n'a pas eu de chance. Parce qu'il avait enregistré une chanson, parmi ses nombreuses chansons "historiques" (la plus célèbre étant la fameuse "Battle of New Orleans") dont le nom était "Johnny Reb", il se trouva, des années plus tard, un connard raciste et dégénéré, qui, sous le nom de Johnny Rebel enregistra une série de titres à la gloire du Klan et du vieux sud ségrégationniste. Horton n'y était pour rien, il était même déjà décédé, mais le mal était fait.
Aujourd'hui encore, il peut arriver qu'on vous fasse un procès d'intention, lorsque vous indiquez que vous êtes un fan de Horton (Jull, le guitariste de Ghost Highway me fit part de la même expérience, lorsqu'en interview nous évoquâmes le honky-tonk man natif de Los Angeles). Connard de Johnny Rebel !

Non, Johnny Horton n'a pas eu de chance. Sur un pont étroit, il dut faire face dans sa voiture à un jeune camionneur défoncé qui l'envoya ad patres alors qu'il avait à peine 35 ans. Sa femme n'eut pas non plus beaucoup de chance, elle qui quelques années plus tôt avait connu un premier veuvage avec le décès de Hank Williams, elle qui après celui de Horton se trouva deux fois veuve alors qu'elle n'avait pas trente ans.

C'est certain, en démarrant trop tardivement une seconde carrière rockabilly et hillbilly boogie, après une première largement consacrée au Louisiana Hayride, concurrent direct du Grand Ole Opry, Johnny Horton manqua de chance. Certes, il tint la scène auprès de Cash ou de Presley, mais il ne ramassa que les miettes du festin que les autres dévoraient à pleines dents. L'un des titres les plus joués aujourd'hui de Johnny Horton est sans doute le Mean Son of A Gun que Kitty, Daisy and Lewis ont placé sur leur premier album. Mais son plus grand succès fut sans conteste la fameuse bataille de la Nouvelle Orléans déjà évoquée plus haut.
Pourtant, ses rockabilly seraient à redécouvrir, afin de comprendre ce qu'un homme, construit au honky tonk, pouvait y apporter de rêche et de suave à la fois. C'est du reste le choix que nous faisons aujourd'hui en postant I'm Coming Home.

Naturellement, Johnny Horton fut introduit dans le Rockabilly Hall of Fame, et sa biographie y est particulièrement complète. Et même si l'homme est décédé depuis bientôt 51 ans, il est toujours aussi urgent de le (re) découvrir, lui le Honky-Tonk Man.


Johnny Horton - I'm Coming Home

Et en bonus, la version filmée de la fameuse "Battle of New Orleans", bataille contre les Anglais (oui, avec l'aut' enflé de Johnny Rebel, j'aime autant préciser).



Allez tcho', migos-migas, tous-tousses (et les autres aussi).
Thierry
RYS

jeudi, juillet 14, 2011

C'est jeudi et c'est pas ravioli (#093)

Toujours un coup d'avance moi ! C'en est même impressionnant !

A coté de moi, un escargot normalement constitué attraperait sa feuille de salade trois semaines, (au bas mot), avant que je ne matérialise dans mon pauvre cerveau que l'on vient de poser là-bas, au loin, à au moins cinquante centimètres, un bout de scarole, cette salade dont je raffole (et non ce n'est pas un slogan publicitaire d'antan que j'aurai ressorti ici avec certes maestria mais un brin de facilité quand même... ou alors si ! C'est un slogan publicitaire pour la branche agricole spécialisée dans cette tendre chicorée, et, mes amis, c'est désormais le mien, n'y touchez pas, il m'appartient !).
Bon je dis ça sans pour autant être gastéropode, ni a fortiori hermaphrodite... C'est juste une image censée signifier qu'il me faut toujours un certain temps (ce temps cher à Fernand Raynaud), pour réagir aux évènements quand ils surviennent... En un mot l'inverse de DSK, qui lui, dès lors qu'une jeunesse affriolante, même aux amours tarifées, vient à passer à moins de 500 mètres de sa chambre d'hôtel... réagit !!!

Bon voilà une petite introduction qui va me permettre...
- un de me rendre compte que je ne vous ai même pas salués.... bon alors allons-y :
Hello everybody-boda, tous-tousses...
...bon ok, c'est fait

- et de deux d'apologiser grave pour avoir mis plus d'un mois à me fendre de l'hommage minimum qui se devait d'être rendu à Carl Gardner, décédé il y a un peu plus d'un mois déjà.


Mais qui est Carl Gardner, crois-je avoir entendu du fin fond de la salle ?
Oups-là ! Z'avez de la veine que ce soit jour de fête nationale aujourd'hui, et que la perspective de voir les beaux navions zébrer de leur blanc panache le ciel des Champs Élysées me réjouisse ! Sinon, c'étaient les mines de sel direct ! A l'ancienne !
Carl Gardner, mesdames et messieurs, fut le chanteur ou plus exactement le lead voice (comme un lead guitar si vous préférez) des Coasters (je dis lead voice dans la mesure où les Coasters chantaient tous, dans la grande tradition des boys band black de la fin des années 50, ces groupes qui inventaient, à base de doo wop, de rythm and blues et de rock and roll, la soul à venir et traçaient aussi le chemin des grands girl groups que ce mal peigné de Phil Spector allait magnifier quelques années plus tard).


A l'image des Drifters (Save the Last Dance for Me, Under the Boardwalk), des Crests (Sixteen Candles), des Clovers (You're Cash is Nothing but Trash) et de quelques autres..., les Coasters ont crée pendant quelques années un style nouveau, qui mêlait la chronique sociale à l'humour, les lovesongs aux premières murder ballads, dans un style vocal et musical aussi impeccable et élégant que leurs tenues vestimentaires.
Mais ces princes noirs n'eussent rien été sans d'immenses compositeurs, patentés pour leur trousser ces petites histoires éternelles de 2 minutes trente, avec une exceptionnelle science de la romance de la rue, celle qui ne meurt jamais. Et pour des gens comme les Drifters (dont je rappelle ici qu'ils furent successivement conduits par Clyde Mac Phatter, puis par Ben E. King...), ou comme les Coasters, ces hommes de l'ombre s'appelaient Jerry Lieber et Mike Stoller (oui c'est ça, ceux qui ont aussi écrit pour Elvis). Au point dans le cas des Coasters qu'on peut presque considérer Lieber-Stoller comme un membre à part entière du groupe (les deux hommes ont écrit il y a quelques années à peine une biographie à ne pas louper, tout simplement appelée"Hound Dog", titre initialement écrit par eux pour THE Big Mama Thornton).



Tout le monde a un jour dans sa vie entendu du Lieber Stoller, tout comme tout le monde à un jour entendu du Burt Bacharach, notamment via les covers, plus ou moins réussies, qu'en ont faites nos artistes yéyés des années 60. Idem, par construction dirais-je, des Coasters.

Searchin', Young Blood, Down in Mexico, Yakety Yak, Along Came Jones (devenu Zorro est Arrivé en franco-Salvadorien), Poison Ivy... la liste est longue. C'est dans celle-ci, du reste, que j'ai choisi le titre qui aujourd'hui illustrera musicalement ce billet dédicacé à Carl Gardner.

Carl est le dernier des Coasters à partir rejoindre la vallée éternelle des musiciens, tous ses camarades ayant quitté la Terre longtemps avant lui, et pour la plupart dans des conditions dramatiques (au sein desquelles le meurtre tient largement le haut du panier). Lorsque sa carrière de chanteur fut finie, Carl Gardner, même s'il remontait régulièrement sur scène, devint un avocat des droits des artistes. Défendre les artistes : voilà un art que de fait il pratiquait déjà lorsqu'il chantait. Tant il le faisait bien !


The Coasters - Young Blood (de Lieber-Stoller, obviously, mais en plus avec l'aide de Doc Pomus... 'tain là c'est presque trop...)

Voilà amigos-gas, tous-tousses... Il est temps de se retirer. On se retrouvera jeudi prochain avec un retour au rockabilly le plus honky-tonk !

Thierry
RYS

jeudi, juillet 07, 2011

C'est jeudi et c'est pas ravioli (#092)

Chers amis-misses et tous-tousses !


Revoici avec le jeudi l'heure matinale du rock'n'roll vintage. Encore quelques numéros (8 en fait) pour en profiter. Vous trouverez pas ce genre de musique sous les sabots du premier blogueur venu, laissez moi vous dire ça une bonne fois (avec foi) !

Et je m'aperçois alors avec horreur que nous n'avons encore jamais parlé ici de la "grand-mère du rockabilly' (pas certain ce titre soir très flatteur) ou encore de la "Princesse originelle du Hillbilly", ce qui me semble plus approprié. D'ailleurs, en dépit d'un détour de quelques semaines par la country sous ses formes multiples, il faut bien reconnaître que nous n'aurons pas beaucoup (pas assez !) sacrifié au bluegrass, au hillbilly, bref à la musique des ploucs, sans qui... hein ben pas beaucoup de musique américaine... Mais bon ceci est une autre histoire.

Aujourd'hui intéressons nous donc à une fratrie qui, bien qu'un peu moins connue (tout le monde n'épouse pas Johnny Cash, voyez-vous) que la Carter Family, a eu sur la country, entendue au sens large, et plus tard sur le rockabilly, un impact énorme.


Naturellement, ce jeudi on se penche sur le cas de Rose Maddox et de ses bros', bref Rose Maddox et ses Maddox Brothers ! (huummm... oui qui savaient porter de vraies costumes kitch, je vous l'accorde !)

Il serait long de chercher à retracer toute l'histoire de la famille Maddox, modeste famille californienne que rien en disposait plus particulièrement à marquer l'histoire du honky tonk. Retenons en juste le démarrage, lorsqu'aux frères prêts à se lancer dans la bataille il fut rétorqué qu'ils avaient absolument besoin d'une chanteuse, et qu'ils rétorquèrent alors que pour le coup ils en avaient une excellente... en l'occurrence leur jeune sœur, qui n'avait pas dix ans et devait connaître quelques couplets et un refrain d'une paire de chansons. Grand max.
Il est des intuitions qui sont des coups de génie, puisqu'il suffit que la gamine se mit à chanter pour que le succès embrayât aussitôt. La princesse du hillbilly venait de naître... on était encore dans les années 30.

Pour plus de détail sur la carrière de Rose Maddox et de ses frères, on pourra utilement se reporter au Rockabilly Hall of Fame qui fait, c'est bien naturel, une place à ses défricheurs de talents, sans lesquels tout un pan du rock'n'roll eut été orphelin, ainsi que quelques photos, ici, prouvant que le port du chapeau de cowboy est un art. Pour aujourd'hui, on ne retiendra pas le classique Move it On Over, reprise de Hank Williams, qui est un des classiques du répertoire de la famille Maddox, mais un titre un peu plus ancien datant de la fin de 1955.

Enjoy !

The Maddox Brothers with Rose - Tall Man (1955) ;

Et en bonus, cette vidéo d'une Rose, alors âgée de 60 ans, et toujours en pleine possession de ses moyens, vocaux notamment, où elle rappelle qu'on ne chante pas le honky-tonk exactement comme la country nashvillienne :



Voilà, cher-chaires, tous-tousses.
A bientôt
Thierry
RYS

lundi, juillet 04, 2011

Russian Attacks !

Depuis quelques temps, je suis harcelé mes amis. Au travail, dans la rue, les bistrots, je ne peux plus vaquer tranquillement sans qu'une inconnue ne m'aborde avec le cœur au bord des yeux, et la larme au coin des lèvres (à moins que ce ne soit l'inverse), dans l'impensable espoir d'engager une aventure avec le Civil, le seul qui soit !
Holà ! Dis-je ! Holà !

Tiens pas plus tard qu'il y a deux ou trois jours, c'est ma boite mail qui une fois de plus a été violentée par une de ces créatures diaboliques, russes, le plus souvent... , allez savoir pourquoi !

Celle dont je vous livre la teneur du message, s'appelle (tu parles Charles) Natalia. Je vous livre sa bafouille.
Mes réponses sont en rouge italique, dans le corps du texte de la svelte slave, tel que reçu sur ma boite mail, qui lui est en noir !


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Salut!
(Heu mille excuses mademoiselle, mais nous n'avons pas gardé les bouteilles de vodka, ni les blinis, ensemble, mmmmhhh... Donc un "bonjour monsieur" serait plus seyant... Bon nous mettrons ça sur le compte d'un besoin urgent d'améliorer votre français).

Mon nom est Natalia.
(ben voyons, on la connaît pas celle là : elle avait un joli nom mon guide, NAtali-ah ! mademoiselle faut vous tenir au courant, Bécaud c'était mes parents, voire mes grands-parents, ok ? Non maintenant pour accrocher un frenchie jouez là plutot Anna - ça rappelle Kournikova. Ok ?)

Je suis de la Russie et j'ai 30 ans.
(ouais, bon on avait compris !)

Je suis une brune aux yeux bleus.
(ah ben certes mais vous n'êtes pas la seule voyez vous..... sans être exagérément salace, faudrait être un brin plus précise quant à votre description physique, vu !?, des trucs simples genre vous chaussez du combien ? Ah très bien et tiens tant qu'on est dans les tailles, le bonnet c'est D ou E ?)

Je n'ai jamais eu connaissance, par l'Internet. Alors je me tournai vers l'une des agence de rencontres ma ville. J'ai regarde votre profil dans l'un des sites de rencontre et ils m'ont donne votre adresse e-mail. Excusez-moi de vous déranger.
(Oh putain ! Là on part en vrille. Avoir connaissance par Internet, mais ça se saurait ma brave dame ! Heu, sur se site de rencontres vous pourriez pas être un peu plus discrète, ... bon ok c'est vrai que je me suis inscrit à "Buy a cheap slavian girl that makes anything you want", mais honnêtement, c'était une erreur, d'ailleurs c'est à peine si je m'en souviens, tiens).

Je me suis séparé (sic : un seul e, ça fait peur d'un coup...) avec un homme il y a un an et maintenant tout ce que je veux changer dans ma vie et essayer quelque chose de nouveau.
(ah ok ! Et en un an, pas un mec... Ah mais si vous êtes un thon - un thonof, voulais-je dire, faut le préciser et éviter d'envoyer des photos truquées.)

Le but de ma connaissance à travers l'Internet, pour trouver non seulement une amitié et votre amour et votre autre moitie. Je pense que nous pouvons développer une bonne relation dans l'avenir se rapprocher les uns aux autres.
(alors elle veut trouver mon amour et mon autre moitié, et qu'on se rapproche les uns aux autres : ah la vâââche, c'est une partouzarde !)

Notre communication se développe en quelque chose de plus grand et nous pouvons vous rencontrer dans la vraie vie.
(" se développe en quelque chose de plus grand...." coquine va !)

J'espere que vous ne vous réveillez pas ignorer ma lettre et me répondre.
(What ???????? t'as vu l'heure à laquelle t'envoie ton mail, non là je vais aller plutôt me coucher. Et heu, t'es raide là, non ? Passe que ta phrase elle veut rien dire)

Si je vous intéresse et que vous souhaitez en savoir plus sur moi alors je vais regarder avec intérêt votre réponse a ma boite aux lettres personnelle:*******natalia@******.com
Dans cette lettre, j'ai décidé de vous envoyer une photo, mais si vous me répondez, je vous enverrai plus de mes photos.
(ben oui je me doute que tu vas pas envoyer celle de la voisine...).

En outre, j'ai aussi vraiment envie de vous voir et vous demander de m'envoyer votre photo, et que vous en dire un peu sur vous-meme et ecrivez votre vrai nom! Sincerement, Natalia.
(oh tu plaisantes ! Mon vrai nom ! Ma photo ! et puis quoi encore ! Je suis très bô et tu me fais confiance ! Vu ! Et pis tu veux quand même pas que Anna sois jalouse,... hmmm oui Anna c'est une jeune bulgare qui m'a écrit récemment et... mais bon c'est pas ton problème).

(oh et c'est tout ? et au revoir ? Et la bise ? Ah même pas polie... Bon tiens je te répondrais même pas...)

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Voilà comment je n'ai pas donné suite à la requête désespérée de Natalia pour rencontrer le célèbre Civil Servant. De toute façon, des filles avec un physique aussi banal, désolé, mais je vaux un peu mieux.

Allez les amis, ne vous faites pas piéger.
Ca sent l'arnaque ce truc : je suis persuadé qu'elle n'est même pas russe, mais kazakh ou moldave (enfin un truc d'une bien moindre valeur marchande... L'arnaque je vous dis !)

A plus
Thierry
RYS

samedi, juillet 02, 2011

Enfin............. !!!!!

Enfin !!!!! Et oui c'est le seul, l'unique, l'ultime même, mot qui s'impose aujourd'hui.

Après tant de temps passé dans le froide solitude, l'homme de pouvoir, depuis trop de temps jeté en pâture aux photographes et plumitifs de tous les tabloïds du Monde, prend aujourd'hui sa revanche.

Oui, lui, si isolé, comme perdu sur son rocher désert, assumant sa charge avec dignité, affrontant la bourrasque financière avec ce talent qui n'appartient qu'à lui, lui cet homme prend enfin sa revanche. Après tant de solitude... Après avoir été l'objet de tous les sarcasmes, pour une supposée incapacité à avoir une vie sentimentale normale, et disons-le, accusé même par les plus immondes d'être soit affublé d'une sexualité débridée, soit de pratiquer l'amour selon des rites que la morale réprouve ! Enfin, le voilà lavé de tous soupçon. Et l'on ne peut manquer d'avoir une pensée émue mais heureuse pour sa famille, ses proches, ses amis, qui attendaient si fort cet heureux dénouement !

Oui, mon ami, mon frère, mon prince ! Oh toi qui depuis si longtemps par tes brillantes réussites financière, comme par ton altier port, a fait office de phare éclairant ma morne vie, si tu savais quel bonheur je ressens de te savoir, enfin !, libéré de cet immonde soupçon qui sur toi pesait.

Alors profite mon Albert ! Profite. Car, enfin !!!, après tant d'années, tant d'attente, au point même qu'il put m'arriver de douter de toi (oh fugacement bien sûr mais quand même), enfin tu te maries !

Oui amis !
Sortons les olifants glorieux /
Ceux par lesquels on mande les Dieux /
Couronnée sa tête splendide /
Plus jamais ne sera affublée du surnom de Candide /
Ceint de l'olivier son front majestueux /
Qu'une cruelle calvitie dégage à nos yeux /
Il se dirigera d'un pas martial /
Vers l'Autel pour le sacre inaugural /
Et de son bras d'albâtre brun /
Ceindra le corps doux comme satin /
De sa promise, sa princesse, sa reine /
Qui répond au doux nom de Charlène /
Oui ! Oh gloire et moment d'histoire /
Quand s'incline le soleil pour laisser place au soir /
Demain toi digne enfant de Rainier /
Toi mon Albert tu vas te marier !

(putain qu'c'est bô !)

Enfin !!!!

Voilà, ici on suit et commente les actualités réellement primordiales. Il fallait bien que ce soit dit !



A plus,
Thierry
RYS