Allez go !
Lundi 29 juin
Deux résultats électoraux pour débuter la semaine, qui disent beaucoup sur la déréliction actuelle de la gauche, et du peu d’attente qu’elle soulève chez les électeurs.
On avait, la semaine dernière, évoqué le premier tour du scrutin municipal de Perpignan, suite à l’affaire de la chaussette trouée d’où s’écoulaient les bulletins de vote. Et envisagé que les perpignanais, suivant l’exemple des habitants de Levallois, se moquent comme de leur première chemise qu’il y ait eu ou non tricherie en mars 2008. Mais peut être les raisons sont elles autres. Alduy, le maire sortant a donc au second tour, été triomphalement réélu. Il faut dire que ses adversaires n’ont pas l’air très futés non plus. Voilà qu’ils bénéficient d’une opportunité assez historique (car Alduy est quand même maire depuis 1993) et ils ne trouvent rien de mieux à faire que partir en ordre dispersé. Mais pire encore, là où on peut se dire que une fois que les électeurs ont tranché entre eux au premier tour et que celui qui est sorti derrière s’alliera avec celui (en l’occurrence celle) qui l’a devancé, il n’en est rien : les voilà repartis au combat chacun de son coté, assurant le boulevard de la réélection à celui que le Conseil d’Etat avait renvoyé devant les urnes. Plus cons, tu meurs. La lecture de l’article indique que la faute en reviendrait à celui qui a fini troisième. Possible. Toujours est-il qu’il n’est sans doute pas très surprenant que la participation, déjà faible au 1er tour ait encore reculé au second.
Et à Hénin-Beaumont, il faut revoter car le maire sortant socialiste est carrément, lui, en tôle (en taule ? j’ai un doute). Et hier, avec quasiment 40% des voix, la miss Le Pen (fille du Menhir borgne) est arrivée en tête. Face à une droite UMP laminée (pas même 5%) et une gauche totalement éparpillée (des divers gauche, des verts, des socialistes, chacun dans son coin). Ce soir, l’UMP appelle au front républicain pour empêcher le FN de passer. On peut les comprendre : et d’une s’ils ne le faisaient pas, nul ne les comprendrait, et de deux, ils n’ont aucune envie de voir réapparaître le spectre de la formation qui les a tant gênés dans les années 80 et 90 et qui paraissait en phase de disparition.
Sur le papier, Marine Le Pen n’a que d’assez faibles chances de l’emporter puisqu’elle n’a qu’un modeste réservoir de voix. Oui, mais comme les candidats de gauche et divers gauche ont passé leur temps à s’allumer au 1er tour, l’union (qui est un combat, c’est bien connu) est loin d’être faite. Et quand bien même ils y parviendraient, la virulence des propos de la campagne du 1er tour ne va pas s’oublier dans une amnésie salvatrice. Je serais Marine Le Pen, j’y croirais. Parce que parfois, on a des adversaires tels qu’on peut se passer d’avoir des amis.
Mardi 30 juin
Et c’est Delanoë qui l’emporte. Pas le World contest of… là c’est Hervé Resse et Pit les récipiendaires. Non, le maire de Paris remporte le prix de l’humour décerné par une brochette d’humoristes et de plus ou moins journalistes. Pour la phrase : « Le vrai changement du PS, ce serait de gagner ». Rien à dire. Prix mérité, car c’est sec, court et percutant. Et accessoirement drôle. Dans le lot des 15 phrases sélectionnées qu’on peut retrouver sur ce site, quelques vraies perles. Telles Roselyne Bachelot après la victoire des handballeurs français : « Dans le vestiaire nous n’avions qu’un mot : énorme » (encore une chance qu’elle n’a pas dit nous n’avions qu’un mot à la bouche – c’eut été complet -). Ou encore à un sénateur que je ne connaissais pas, François Gerbaut qui au sujet des médecins n’hésite pas à affirmer : « le système des quotas a été inventé par un Sénateur romain : Numerus Clausus ».
Maintenant, quand je regarde les membres du jury, j’ai un petit frisson. Il n’y a que du lourd (pas dans tous les sens du terme) : Jean Amadou, André Bercoff, Pierre Douglas, Laurent Gerra, Jacques Mailhot – que du sang neuf représentatif d’un renouveau de l’humour, plein de créativité. Et last but not least : Catherine Nay ! Je serais Delanoë, honnêtement je me demanderais si tout ça m’honore.
C’est dans Les Echos, journal que l’on peut difficilement soupçonner de sympathies gauchisantes, que l’on peut lire cet article sur l’utilisation des niches fiscales. Vous savez ces dispositifs qui permettent de réduire ses impôts et qui vont de l’emploi d’une nounou pour bébé qui vient de naître, à la réduction d’impôt pour investissement dans les DOM-TOM (bien souvent c’est un voilier l’investissement, mais bon). Et le journal semble découvrir que ce système est plutôt favorable aux riches. Investissement DOM-TOM donc (c’est quasiment du off shore en fait, et on vient faire la leçon aux paradis fiscaux, j’te jure…), mais aussi seuil de cession défiscalisé des gains de ventes d’actions, il y en a toute une petite batterie assez coûteuse pour les finances de l’Etat et dont l’intérêt social ou économique n’est pas aveuglant. Si Les Echos met ça dans ses colonnes, ce n’est peut être pas innocent. Il s’agirait de préparer les amis à quelques potions un peu amères, que le Gouvernement en grand mal de thunes pourrait enfin cuisiner. Mais que les amis riches ne se plaignent pas trop. Le « grand emprunt Nicolas » ne pourra que leur bénéficier. Ce sont eux surtout, qui, parmi les particuliers, vont souscrire et donc vont voir l’Etat leur payer les intérêts. Les mêmes d’ailleurs qui ont bénéficié du bouclier fiscal et de la baisse des droits sur les héritages. L’Etat s’est défait d’une "petite" manne d’argent, qu’il compte renflouer en empruntant à ceux à qui il a donné la manne. C’est-y pas formidable ?
Mercredi 1er juillet
Tiens c’est ma fête aujourd’hui. Mais je serais bien en peine s’il me fallait expliquer qui était Saint Thierry. Sans doute un vague martyr, mort becté par les lions. La martyrologie, ça marche encore pas mal mine de rien.
L’UMP fait feu de tout bois sur la lancée de sa brillante victoire aux européennes (encore que moi j’apporterais bien un bémol si on me demandais mon avis, mais ça évidemment il y a personne pour le faire, vu que 28 % et bien peu de troupes à leur droite, ils auraient peut être souffert dans une élection à deux tours, mais c’est une autre histoire et puisque les politologues patentés par les radios et la télévision ont, comme un seul homme, décidé que l’UMP avait largement remporté les élections, laissons-les dire la Parole). Donc l’UMP, fort satisfaite que le Président ait fini par obtenir les 5,5% de TVA dans la restauration (faudrait quand même leur dire que ce genre de décision se prend à 27 et qu’elle tient surtout au cas présent à la bonne volonté de Merkel), s’est décidé à pondre une jolie lettre à l’ensemble de la profession avec une petite annexe absolument désintéressée : un formulaire d’adhésion à l’UMP. Fort de café (de comptoir) pour un de ces commerçants : « Si Martine Aubry avait envoyé un bulletin d’adhésion au PS à tous les salariés de France après avoir obtenu le passage aux 35 heures, tout le monde aurait crié au scandale » dit-il. Il n’a pas complètement tort.
Ou alors peut être aurait-elle pu le faire à tous les titulaires de la couverture maladie universelle (CMU). Encore que ceux-ci lui auraient, va savoir, répliqué qu’il est sans doute bon d’avoir des droits nouveaux, encore faut-il pouvoir les faire valoir. En effet, cet article du Monde nous apprend qu’à Paris, un médecin sur quatre refuse les patients bénéficiaires de la CMU. Trop compliqué, trop de paperasses disent-ils et comme le patient ne paie pas, il faut attendre que ce soit la sécu qui le fasse (ce qui peut prendre un peu de temps je veux bien l’admettre). Peut être, mais plus effarante est la conclusion du papier. Nombre de médecins sont encore dans une logique de dame patronnesse : « Laissez- moi trier entre bons et mauvais pauvres, je vous prie. Moi je ne prends que les méritants ».
Pourtant : « Au moment d'être admis(e) à exercer la médecine, je promets et je jure d'être fidèle aux lois de l'honneur et de la probité. Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux. Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J'interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité … »
Quoi c’est ça ? Oh rien, le début du serment d’Hippocrate que prêtent tous les toubibs une fois le diplôme en poche.
Jeudi 2 juillet
Ca c'est une bombe à retardement, mais à déclenchement rapide quand le compte à rebours se lance. Évidement, à ce stade d'absence d'information recoupée et de preuve tangible, on se gardera bien de suivre aveuglément Mediapart (même si Plenel, son patron, n'est pas homme à s'engager sans biscuit dans n'importe quelle aventure journalistique). Néanmoins, l'affaire est déjà une affaire d'Etat. Car au fond, de deux choses l'une. Soit, Mediapart a effectivement levé un lièvre sur la campagne de Balladur de 1995 et on ne voit pas comment le chef de l'Etat actuel qui était à l'époque ministre du Budget d'Edouard et surtout son plus fidèle soutien pour ladite campagne ne ressortirait pas puissamment affaibli du déballage. Soit le site Internet est en train de se faire manipuler par ... (qui ? c’est une bonne question !) dans le but de fragiliser justement Nicolas Sarkozy au travers de son ex mentor. Et dans ce cas, même si les pistes sont nombreuses, il en est une, qu'à ce stade je me garderai bien de nommer, qui semblerait évidente. Vous me suivez j'imagine.
Encore plus sérieux, et émanant du décidément excellent Slate.fr, cette analyse sur le développement de milices politiques arborant couleurs et uniformes en Italie. Groupes qui renvoient inévitablement aux pires moments de l'histoire européenne, celle des phalanges espagnoles, des chemises brunes allemandes ou noires italiennes, des rexistes belges, des croix de feu français.., et qui sont de facto soutenus par le gouvernement actuel qui y voit, et d'un bon œil, un début de privatisation de la sécurité urbaine.
Certes on peut rire deux secondes en remarquant que la première nommée dans l'article s'appelle « les gardes du Pô » (j'imagine qu'ils gardent la chambre), mais c'est tout de même à peine pensable si on y réfléchit deux secondes : les pires scénars de science fiction à la Chantal Monteiller sont en marche. Depuis quelques années l'Italie est devenue une véritable expérimentation in vivo de l'affaissement de l'idée même de démocratie et de bien public. Aujourd'hui c'est à un des plus anciens piliers des constructions étatiques, la sécurité publique, que Berlusconi s'attaque en légalisant ces nouvelles formes de mercenariats régionaux. Et partant c'est à l'Etat italien lui-même qu'il s'en prend. Je ne peux pas croire une seconde que Berlusconi ne sait pas ce qu'il fait.
Vendredi 3 juillet.
Soyons moins sérieux et même beaucoup moins sérieux aujourd’hui ; on a pas mal donné depuis le début de la semaine.
Il y a un monsieur qui fait la (petite) actualité, largement à son corps défendant ce vendredi. Il s’agit d’un escroc à la petite semaine, spécialiste d’une nouvelle forme de restau basket (cette fruste méthode pour ne pas payer son repas qui consiste, pour faire court, à se barrer en courant). Lui était plus sophistiqué, même s’il n’a pas mis au point une infaillible et très novatrice méthode pour blouser son monde. Son truc, jouer sur la crédule confiance des restaurateurs en leur présentant de fausses attestations d’employeurs vu qu’il avait perdu ses papiers. Et les restaurateurs et hôteliers de le croire jusqu’à ce qu’il s’en aille à la cloche de bois (mais c’était alors trop tard). Il a même été jusqu’à tirer le VTT du Maire de Gap, le type. Pourquoi je vous parle de lui, de ce fait divers comme il s’en passe des centaines chaque année dans nos villes et nos campagnes. Simplement parce que le type il s’appelle … tiens ben allez voir. Je sais c’est très con, mais ça m’amuse quand même.
Les Pieds Nickelés ne sont pas morts. Ils viennent de sévir à Marseille. Mais je ne vous raconte pas, je laisse faire Fanette, l’auteur du billet sur Le Post.fr, car elle raconte ça avec humour.
Et au final, c’est un humoriste, moyen, auteur certes du plus grand succès cinématographique français de tous les temps, qui est sans doute le moins drôle aujourd’hui. Dany Boon aurait mieux fait à mon humble avis de se taire. S’il s’imagine dépositaire de l’identité Ch’ti qu’il considère, peut être à raison, comme complètement orthogonale à celle du FN, il commet certainement une lourde erreur. L’identité Ch’ti à Hénin Beaumont est, qu’il le veuille ou non aussi à 40% pour Briois-Le Pen et elle ne se découpe pas en bonne et mauvaise identité. Et de toute façon, il n’y a rien de plus maladroit que de vouloir contrer un parti comme le FN en utilisant des arguments identitaires. Et puis depuis 20 ans, les appels des people contre le parti de Jean-Marie, c’est bon, on a donné et on en a surtout mesuré les résultats.
Samedi 4 juillet
Voilà le Tour de France démarre. Jusqu'où ? On a pris l'habitude ces dernières années de ne pouvoir déterminer qui est le vainqueur, celui-ci étant pris par la patrouille juste après son triomphe élyséen. On nous dit que c'est Contador le favori ; jusqu'à quand ?
Au bout du compte, cette étape, qui partait de Monaco a été remportée... par un Suisse. Sainte alliance des paradis fiscaux?
Bon allez, bon dimanche et à la proxima
Ah, au fait, ceci est le 300ème billet de ce blog. Et j'ai entamé une nouvelle série de bannières "Tattoed Women" (tout pour plaire à Coolbeans).
Thierry
RYS
















