

Thierry
RYS
Being a civil servant and a rock'n'roll addict ? Un blog de mp3, de rock and roll et de contradictions.


Aussi, quoi de mieux que cette chanson de Kris Kristofferson pour annoncer ce climax de dans quelques semaines. Elle s'appelle "If You Don't Like Hank Williams" (ce qui nous donne déjà un indice sur l'un des cinq fantastiques). Et elle méritait bien de concourir parmi les 100 titres de cette série, ne serait-ce que pour ces paroles :
A ma droite, les contempteurs de la déchéance.
27 ans, bordel, coco... 27 ans !!!!
Johnny Horton n'a pas eu de chance. Parce qu'il avait enregistré une chanson, parmi ses nombreuses chansons "historiques" (la plus célèbre étant la fameuse "Battle of New Orleans") dont le nom était "Johnny Reb", il se trouva, des années plus tard, un connard raciste et dégénéré, qui, sous le nom de Johnny Rebel enregistra une série de titres à la gloire du Klan et du vieux sud ségrégationniste. Horton n'y était pour rien, il était même déjà décédé, mais le mal était fait.



Depuis quelques temps, je suis harcelé mes amis. Au travail, dans la rue, les bistrots, je ne peux plus vaquer tranquillement sans qu'une inconnue ne m'aborde avec le cœur au bord des yeux, et la larme au coin des lèvres (à moins que ce ne soit l'inverse), dans l'impensable espoir d'engager une aventure avec le Civil, le seul qui soit !
Enfin !!!!! Et oui c'est le seul, l'unique, l'ultime même, mot qui s'impose aujourd'hui.
Zinedine..................... Zidane !!!
Messieurs, envoyez moi à l'occasion par mail vos adresses que je vous fasse parvenir vos Kdo bien mérités. Habituellement, il s'agissait d'une compilation par mes soins concoctée, annotée et décorée... Mais cette fois on va changer... Faut juste que je trouve : canapé cuir 3 places, boules de geisha, robot autocuiseur... mon choix n'est pas encore arrêté.Voilà, on en avait causé au sortir d’un concert (ce n’était pas lui qui tenait la scène et d’ailleurs, de mémoire il s’agissait d’un gig aux Combustibles, petite salle derrière la gare de Lyon, des PlayBoys et des Norvins, groupes qu’on ne qualifiera pas de rockabilly).
A l’époque, il y a quoi, deux ou trois mois, on avait convenu avec Tony qu’on se verrait pour une interview, quelques temps avant la troisième levée de ce must rockabilly français qu’est devenu le Festival Rockers Kultur, événement auquel il est loin d’être étranger.
Ce qui nous bouclait bien la boucle : une interview de Tony et j’embraye sur une promo méritée pour ledit festival. Et comme on avait quelques mois devant nous…, hein… Ben ça a pas loupé, j’ai attendu la dernière minute pour reprendre contact et les emplois du temps de chacun étant ce qu’ils sont… Bon, on a quand même convenu de faire un bref Meeting virtuel par mail, qui aurait l’avantage de mettre un peu de crème sur le gâteau promotionnel. Et de fixer une date un peu plus en amont, histoire qu’elle soit solide cette fois, pour faire cette véritable interview (soyez sans inquiétude, elle donnera lieu à compte-rendu ici même… d’ici quelques semaines).
C’est que parler du Festival French Rockabilly Rockers Kultur, dont le troisième épisode se tiendra vendredi 24 juin, à La Boule Noire, sans dire un mot de Tony Marlow, ça revient à évoquer l’équipe de France de 1982 sans parler de Giresse, ce serait aussi indélicat que de faire un cours sur les conquêtes napoléoniennes en ignorant ses plus fidèles maréchaux, les Soult, Suchet, Murat et consorts.
Tony Marlow est, c’est l’évidence, une de ces légendes encore debout du rockabilly français, et si des groupes vivent encore le truc, si des combos ont pu dans les années de reflux trouver des havres pour se poser et jouer leur musique, c’est à des types comme Tony qu’ils le doivent. Qu’on le doit tous. Sans en faire des tonnes, il en est d’ailleurs bien conscient : « C’est vrai que ces derniers temps il y a un retour mais je pense, et je dis ça en toute modestie, que c’est parce que des gens comme moi n’ont jamais lâché la barre et continué envers et contre tout à jouer du rockabilly et à organiser des soirées comme Rock Frénésie au Slow Club (1989-1994) ou j’ai fait jouer à peu près 120 groupes. »
Tony aurait peut-être pu ne pas être un rocker, question de timing, de circonstances, de chance : « je suis d’une génération qui n’a pas connu le rock and roll en grandissant, ce n’était plus d’actualité. Et mes parents écoutaient Edith Piaf et Yves Montand. Je l’ai découvert ado lorsqu’ Elvis a fait son retour à la scène en 1969 et qu’il a de nouveau été massivement médiatisé. Ça a été un électrochoc ». Il n’est sans doute pas le seul à être tombé dans la marmite en voyant le King en cuir noir, à la Vince Taylor, revisiter ses grands standards et réaffirmer d’un coup d’un seul, après une décennie discutable, qu’il restait bel et bien le patron. Seulement, tous n’ont pas pour autant enfourché la guitare (encore que lui ait d’abord cogné les fûts), tous ne se sont pas, en conséquence, voués au culte.
Un parcours qui aurait, d’un autre coté, pu déboucher sur une approche par trop puriste, les convertis étant parfois les pires des intégristes. Mais, à cet égard, nouvelle chance de timing, en débarquant sur les scènes au tournant des années 70 avec son groupe, les Rockin’ Rebels, excellent combo contemporain des Alligators ou de Jezebel Rock, Tony se trouva au cœur de la vague Rock d’Ici dans laquelle voisinaient Starshooter, Electric Callas, Marie et les Garçons (voilà pour Lyon) comme Asphalt Jungle ou les Lou’s. Une mixité qui pouvait être le vecteur des bastons entre tribus, ou, à l’inverse un viatique pour l’ouverture d’esprit. C’est le deuxième terme de l’alternative qui l’emporta : « C’était très bien de passer avec des groupes punks car il y avait la même énergie. Et ça ouvrait le rockab à d’autres gens qui ne demandaient qu’à découvrir. Il y avait de temps en temps des petits accrocs mais pas autant qu’on veut bien le dire et les deux scènes ont rapidement sympathisé. »
Logique ! Au fond, d’une manière ou d’une autre, le plus souvent c’est de rock’n'roll qu’il s’agissait. D’ailleurs, après avoir sonné très roots rockabilly durant des années, Tony Marlow a sorti l’an dernier un album qui n’a rien à envier question barouf aux meilleurs Link Wray, ni question voix râpeuse à un Lemmy Killminster. Comme une volonté de rassembler en un excellent LP (Knock Out) les multiples musiques qu’il aime (du rockab’ au garage en passant par le surf) : « C’est vrai, le son de ma guitare est de plus en plus trash ! Comme quoi on ne s’assagit pas en vieillissant ! » On ne s’en plaindra pas, Tony. On ne s’en plaindra pas !
Aujourd’hui, conscient du regain d’intérêt pour sa musique, et du rôle qu’il a joué dans ce retour du rock’n'roll vintage, il est plutôt confiant lorsqu’on lui pose la traditionnelle question des Fabian et autres Vagabonds ou Forbans, ces éternels ersatz construits de toute pièce qui ramassent la mise, quand les purs sont mis au rebut par la machinerie discographique (en 1958, comme en 1980) : « … [au milieu des années 80]… le mouvement a été récupéré par le show biz à la française qui voulait des petits gars propres sur eux qui ne fassent pas de vagues et qui mettent une bonne dose de variété commerciale dans leur rock. Cette fois-ci, comme le show biz trad s’est complètement cassé la gueule, on peut espérer préserver un truc plus pur. »
Au surplus et sans le dire vraiment, il ne serait pas loin, me semble-t-il, de penser que cette fois la scène tient franchement la route («Pour être honnête je pense qu’aucun des groupes français ni anglais de l’époque n’avaient l’envergure des Stray Cats, donc pas de regrets même si on aurait pu mieux marcher » répond-il quand on lui demande s’il n’a pas le sentiment d’avoir eu raison trop tôt).
Alors, celui qui continue d’écumer les scènes partout où il y aura du public pour du bon rock’n'roll (ce qui revient à dire dans beaucoup d’endroits), est sur le pont pour ce troisième Festival consacré au rockabilly français et mélangeant, dans un cocktail dont il a le secret, groupes blanchis sous le harnais comme jeunes pousses. C’est d’ailleurs largement en faisant parler sa guitare qu’il a pu continuer à tâter le pouls de cette France rock vintage, qui existe que les médias parlent d’elle, comme aujourd’hui, ou non, comme hier. Et qu’il a rencontré des groupes avec lesquels il a sympathisé et auxquels il a offert de monter jouer sur la scène de la Boule Noire et / ou de se faire mieux connaître en leur réservant une place sur une des deux compilations Rockers Kultur sorties en 2009 et en 2010 (le troisième tome devrait voir le jour en fin d’année). Comme il l’a fait au travers de ces nombreuses soirées parisiennes du Slow Club, grâce auxquelles… oui on l’a déjà dit plus haut.
Alors, vendredi 24 juin, même si cette fois, il n’est pas je crois prévu qu’il monte lui-même sur scène pour jouer des morceaux de son crû (mais gageons qu’il viendra tenir la guitare au coté de quelques-uns des groupes invités au festin), le parrain sera là ! Avec ce sourire qu’il a toujours au coin des lèvres. Un sourire de plaisir et de fierté d’avoir pas si mal réussi le boulot, depuis quelques décennies. Déjà !
Et ce qui serait bien, c’est que vous aussi, vous qui passez sur ce site, vous veniez promener une tête à La Boule Noire. Histoire de vous faire une idée de la qualité et de la diversité de la scène française. Entre autres, il y aura Ghost Highway, les Megatons, les Red Cabs…
Et puis vous savez quoi ? Comme le truc redevient à la mode, si ça se trouve vous croiserez peut être deux ou trois célébrités bien glamour. En tout cas moi, j’y serai ! Et j’en profiterai pour reprendre date, afin qu’on puisse enfin se faire ce vrai Meeting avec Tony.
Tony Marlow – LP Knock Out chez Rock Paradise
Festival Rockers Kultur n°3 – Vendredi 24 juin à La Boule Noire, à partir de 19h30.