Bon, c'est simple, comme tous les lâches, si ça devait durer je casserais le thermomètre en supprimant ces fucking compteurs.
Bon, so, Let's Go !
Lundi 23 novembre
Commençons la semaine par les impôts (ainsi, vous serez en droit de dire que la semaine commence comme un lundi). Et aussi, un tout petit peu par la poilitique, mais il est vrai que, normalement, les deux sont assez étroitement imbriqués.
Ainsi, donc, la Commission des Finances du Sénat, droite et gauche confondues vote un amendement qui remet à 19,6% la TVA dans la restauration. A la surprise générale. Bien sûr, les sénateurs composant cette Commission, qui on peut le supposer, connaissent parfaitement leur manuel de préocédure législative, ne prenaient pas grand risque. Il était évident que l'amendement serait ensuite repoussé par l'Assemblée. Mais en même temps, en procédant de la sorte, ils se sont offerts une belle publicité et ont envoyé un "coup de semonce" au secteur des limonadiers. "Coup de semonce". Tiens c'est d'ailleurs amusant : dès le lendemain, la Ministre de l'Economie, Mâme Lagarde, devant l'Assemblée Nationale, tout en expliquant qu'on ne saurait remonter l'impôt, se félicitait de ce « coup de semonce » envoyé à une profession qui tarderait, semble-t-il, à répercuter sur ses prix et sur ses emplois, le coup de pouce fiscal qui lui a été accordé (3 milliards d'euros quand même). Et on se prend alors à faire des hypothèses peu charitables pour les sénateurs, de droite comme de gauche. Et si les premiers avaient simplement été en service commandé du Gouvernement, juste pour tirer ce « coup de semonce » ? Ce qui reviendrait à dire que les seconds n'y ont vu que du feu et ont été en quelque sorte les dindons de la farce.
Ce qui me semble certain, en tout cas, c'est que les hôteliers restaurateurs barmans n'ont pas trop de souci à se faire : Sarkozy a assez galéré auprès de « nos amis allemands » pour obtenir de l'Europe l'autorisation de cette baisse sectorielle de la TVA pour ne pas revenir dessus quelques mois après (cf. un peu en dessous). Bon cela étant, il est des restaurants de sushis, qui présentent leurs plats de façon très originale et dont je trouve qu'il serait juste qu'on ne les embêtât point avec la TVA.
Pendant ce temps là, la gamine du gouvernement a obtenu gain de cause. Elle ira aux régionales dans les Hauts de Seine et ne subira pas un parachutage à tendance ethnique dans le Val d'Oise (il est vrai qu'il semble que l'accueil qui lui y était préparé par l'UMP du coin n'était pas des meilleurs). Moi, elle me plait bien cette môme. Pas seulement parce qu'elle est jolie ; mais d'abord parce que dans un monde d'une cruauté qui n'a d'égale que celle qui semble régir les rapports humains à France Télécom, elle ne s'en laisse pas compter par les barons. Sûr que tout ça ne lui sera pas pardonné dès le premier faux pas (comme par exemple, un résultat décevant aux élections, et de ce point de vue, les sondages ne sont pas enthousiasmants pour l'UMP). Mais, en attendant, elle semble s'amuser à les emmerder, assise sur sa côte de popularité. Même si je ne doute que derrière cette attitude se cache à peine une ambition qui n'a rien à envier à celle des nababs qu'elle affronte actuellement.
Et toujours pendant ce temps là, un arbitre mettait un carton jaune à un gardien protecteur des animaux. Lisez cette brêve et vous comprendrez de quoi il s'agit. Je gage que notre ami Il Gatto Del Rabbino, futur vainqueur du Cherchez l'Actrice, sera singulièrement ému par cette histoire.
Mardi 24 novembre
Encore la politique, encore les impôts, encore la TVA, encore les restaurateurs. Avec entrée en scène du Président. Qui réaffirme, pour la nième fois, qu'il n'a pas été élu pour augmenter les impôts et que donc la remontée à 19,6% de la TVA des restaurateurs, c'est nib ! On pourrait juste lui rétorquer d'ailleurs, que remonter la TVA à 19,6% ne serait pas une hausse d'impôt, puisque elle était précisément à ce taux lorsqu'il a pris les commandes du pays, ce ne serait que le retour sur une baisse jugée inefficace.
Mais bon, c'est non, c'est non. J'ai dit, trois paragraphes plus haut, qu'il en allait sans doute d'une certaine crédibilité de la France au plan international et en particulier auprès de nos « chers teutons». En un mot, la connerie est faite, mais comme on en a chié pour l'obtenir, on re reviendra pas dessus. C'est du reste le ton de l'intervention qui gêne. Sarkozy ne reviendra « jamais » sur la baisse de la TVA. Avec une telle déclaration, c'est sûr que les marchands de bibine au zinc vont être extrêmement incités à faire des efforts pour baisser leurs prix ou recruter du personnel... Après ça, le « coup de semonce » chère à Mme Lagarde en a pris un coup dans l'aile. Du reste, que veut dire ce « jamais » ? Même en cas de guerre mondiale, d'invasion de sauterelles, de pandémie galopante du virus H1N1, de hausses massives des prix des repas dans les restos ? On lui a pas dit au Président, qu'il est plus prudent de ne jamais dire jamais ? Il est vrai que la prudence et lui...
Donc, on s'assira définitivement (pour mille ans ? Comme le Reich ?) sur les 3 milliards d'euros que coûte cette diminution de la TVA, dont les bienfaits économiques ne sont pas limpides. C'est dommage, iles eussent pu servir. Aux ménages. Pour payer leur dépenses de santé. En effet, voici une étude d'un cabinet conseil, accompagnée d'un baromètre opinion, qui nous révèle que pour nous soigner nous sortons de notre poche (mutuelles et reste à payer en fin de course) environ 50% de plus entre 2001 et 2009. Ce qui nous fait une hausse annuelle moyenne d'environ 8% ! Sont en cause les baisses de remboursements de médicaments, les hausses des forfaits hospitaliers notamment. Plus généralement, ce qui est en question, c'est le mode de financement de la santé en France. Collective ou assurantielle. Ce qui en d'autres mots se traduit par : les biens portants riches payent pour les malades pauvres ou tout le monde se démerde tout seul. Au choix. Et petit à petit c'est bien vers le second terme de l'alternative que l'on se dirige. Pendant ce temps là, les cafetiers empochent (putain j'espère qu'il y en a pas un qui lit ce blog, sinon j'ai perdu un lecteur je crois).
Mercredi 25 novembre
Allez, changeons de sujet. Passons au cinéma. Je sais que ce n'est pas une opinion majoritairement partagée, mais je trouve que depuis deux films, Tarantino manque cruellement d'idées. Pas d'idées purement cinématographiques : de ce point de vue là, il a une assez grande connaissance des cinémas de catégorie B du monde entier pour y puiser quelques modèles qu'il réadaptera à sa sauce (marque de fabrique comme une autre, après tout De Palma a fait de très bons films en pompant allègrement et sans s'en cacher – on appelle alors ça un hommage – Hitchcock ou Eisenstein). Non c'est plutôt au plan des scenarii que le bât, déjà mince au départ, commence à blesser singulièrement. En gros, le cinéma de Tarantino qui ne parlait de rien d'autres que du cinéma des autres, va bientôt en être réduit à ne parler que du cinéma de Tarantino. Bon. D'accord ou pas d'accord avec moi, je pense que vous ne me contredirez pas lorsque j'affirmerai que, ainsi qu'il est dit dans cette brève, l'idée de recruter Hallyday pour un film, outre qu'elle n'a rien de bien révolutionnaire (Godard il y a 20 ans déjà, l'a fait), ressemble beaucoup à ces fausses innovations qui cachent les absences de projets. Si on va par là, Lelouch s'était fait une spécialité de faire jouer des peoples (ses femmes aussi). On sait à quel prix.
J'ai peur que le 5 décembre approchant, le con-sensualisme à la Gérard Holtz l'emporte une fois de plus et que l'on se garde d'évoquer le débat, que vient de lancer comme un bon paveton dans la mare aux connards, Pierre Bergé. Je ne connais pas cet homme, n'ait aucune idée de ses idées, me limitant en ce qui le concerne à savoir ce que nul n'ignore : il fut un fidèle de Tonton, il est aujourd'hui un soutien financier de Ségolène. Mais je lui reconnais un mérite : celui d'essayer d'ouvrir un débat que la grande mélasse médiatico-caritative a une forte propension à estourbir. C'est vrai au fond : hormis le fait que l'argent est correctement géré, que nous ne sommes pas dans le cas de l'ARC avec Jacques Crozemarie qui s'était largement servi dans les caisses, et que de tout ça la Cour des Comptes témoigne (ce qui déjà n'est pas mince j'en conviens), que sait-on du devenir de l'argent récolté chaque année par le Téléthon ? Que sait-on de la redistribution vers les autres associations qui luttent contre diverses maladies neuro-dégénératives. Le témoignage que l'on peut lire dans cet article de Rue89 apporte en tout cas de l'eau au Bergé (pardon, elle était facile). Moi, j'eus aimé que l'on poussat jusqu'au bout le raisonnement : jusqu'à quel point est-il logique que des associations, qui ne sont représentatives que de leurs propres membres, en général peu nombreux, en arrivent à brasser de telles sommes, ce qui naturellement les place dans une position assez analogue à celle du Ministère des Finances (toutes proportions gardées bien sûr). Jusqu'à quel point est-il logique que l'on mette à leur disposition un outil de diffusion massive payé par les redevances des contribuables possesseurs d'une télévision ? Pourquoi eux et pas d'autres ? Au nom de quelle logique administrative s'il en est une ? Et pourquoi ne se pose-t-on pas la question du devenir de ce pognon (400 à 500 millions d'euros par an tout de même) ? Pourquoi, au bout du bout ne s'interroge-t-on pas sur la limite de l'intervention non controlée démocratiquement ? J'ai tort ?
Jeudi 26 novembre
Bien. On le savait depuis ce matin (ce qui tendrait à prouver que les nouvelles sous embargo fuitent autant si ce n'est plus que les autres ; peut être même de la part des services de l'emploi, afin de préparer les esprits à la donnée qui sera annoncée offcieillement le soir). Ce soir c'est officiel, le mois d'octobre a été très mauvais pour les statistiques du chômage avec un bond de 2%. Ca peut paraître rien comme ça, mais imaginez 12 mois à 2% de progression du chômage et au bout d'un an vous avez une hausse d'un quart du nombre de chomeurs. En octobre, il y aura donc eu 50 000 inscrits de plus au Pôle emploi, ce qui correspond à plus de 1 500 par jours, ou encore à peu près un chômeur supplémentaire toutes les dix minutes. Monsieur Wauquiez, jeune ministre, affirme sans rire que « la bataille de l'emploi n'est pas gagnée » (sic). Sa solution, au moins à court terme, ce sont les « emplois verts ». Ne me demandez de quoi il s'agit, je n'en sais foutre rien. Mais ce sont peut être les chômeurs qui pourraient bien être verts. De rage.
Et une mauvaise nouvelle économique n'arrive jamais seule. Dubai serait (je préfère employer le conditionnel, dans la mesure où il ne s'agit pas d'une sujet que je connais bien) au bord de la faillite. Quelle importance me direz-vous, qu'un petit confetti du golfe arabo-persique qui a vécu au-dessus de ses moyens depuis des années, soit contraint à la banqueroute ? Les dominos, toujours les dominos. Un des problèmes est, déjà que l'argent prêté qui pourrait ainsi s'envoler en fumée appartient, pour un nombre non négligeable de milliards, à des banques. Excatement comme les actifs pourris d'il y a deux ans aux USA. Le second, c'est le nombre de chantiers immobiliers (grande spécialité de Dubaï), qui se sont arrêtés, s'arrêtent, vont s'arrêter. Dans les deux cas, des débouchés naturels qui se tarissent. On peut, si l'on en croit l'article du Monde, penser qu'Abu Dhabi, assis sur ses réserves de pétrole, va venir en aide à son voisin et redresser la situation. Possible. Mais en tout état de compte, il est vraisemblable, que le modèle de croissance basée sur le boom immobilier a vécu pour un moment à Dubaï. Au détriment des groupes européens de BTP qui devront bien se récupérer d'une manière ou d'une autre. Ce qui n'est, évidemment, pas très bon pour les chiffres du chômage en France.
Vendredi 27 novembre
Les Iraniens sont-ils las des mollahs ? Hola ! Il y aurait de quoi ! Mais on ne le sait pas ! Voilà !
Allez faucher dans son coffre bancaire la décoration qu'elle a reçu pour son Prix Nobel, pas à dire les barbus gardiens de la révolution (non copernicienne) sont de sacrés hommes. Des velus, des couillus ! Des exemples pour toute une jeunesse. Non content d'enserrer les femmes sous des sacs à patates, noirs de préférence, qui les couvriront jusqu'au mollet, ces héros de l'Islam borné et moyenâgeux, si tant est qu'on puisse trouver une religion monothéiste qui ne cumule pas ces deux qualités (celui qui me dit : si, il y a les catholiques, prend une beigne, quand à celui qui évoque le bouddhisme, qu'il se prépare à léviter à coups de boots), ces martyrs en rajoutent une couche. L'humiliation au goût de beurre rance grapillé au marché noir après courbettes obligées devant l'ennemi et la Milice Française et large biffeton allongé au profiteur de guerre. Salauds de pauvres gueulait Gabin sous la plume d'Autant-Lara dans la Traversée de Paris. Salauds de culs-bénits, qui validez ces comportements par vos aveuglements déistes. Que vous vouliez vous priver des plaisirs terrestres au nom d'un au-delà, dont la probabilité qu'il tienne du fantasme prophylactique contre la peur de la mort est loin d'être négligeable, c'est votre problème. Mais arrêtez de nous faire chier, nous, les autres !
Celle-là, elle était très imaginable. Voyez, à ma droite (oui c'est bien sa place), l'UMP aux cheveux de cocker qui ne peuvent pas cacher son tempérament de pitbull abruti, le Lefebvre (et oui il en sera de l'UMP comme de la fiscalité et la comptabilité : le Lefebvre sera l'étalon auquel devront se frotter les aspirants, UMPistes comme fiscalistes ou gestionnaires ; gageons que ce sera plus rock'n'roll pour les jeunes néo libéraux de ce qu'on ose encore appeler un parti gaulliste que pour les apprentis de la partie double et des réductions d'impôt pour emploi de boniche). Et à ma gauche, une bande de geeks prêts à en découdre parce que le premier a l'outrecuidance d'envahir leur terrain de jeu. En bref, Monsieur Superhuaimepé s'offre un compte Twitter ; quelques heures plus tard, il en est chassé par des followers qui n'ont eu de cesse de le harceler – si j'ai bien compris – jusqu'à obliger Twitter à fermer son compte. Bon, au bout du bout, c'est certainement Frédéric Lefebvre qui a gagné dans la mesure où on aura parlé de son entrée mouvementée sur le réseau. Plus que les twitterers qui l'ont bloqué. Mais en même temps, lui, comme eux, jouent à des jeux qui passent à milles lieux des considérations basiques du français moyen très moyen. Au total, tempète dans un verre d'eau.
Toujours sur Rue89, cet article qui tendrait à démontrer que les amuseurs publics manquent d'humour à leur propre sujet. En tout cas, sans aller jusqu'à dire que ça vole bas entre eux, on peut dire que les mots ont fusé entre Guillon et Didier Porte. Qui a raison entre les deux ? Frachement je m'en fous un peu. Ce qui est certain, c'est que je considère qu'un fossé, que dis-je un gouffre, un aven, un océan, sépare le talent de trousseur de phrases et de dégommeur des multiples arrangements et lachetés quotidiennes du second, et la fausse gouape à peine rédigée du premier.
Samedi 28 novembre
On termine la semaine avec cet article de Slate.fr, au moment ou Dieudonné au nom de l'antisionisme revient d'un voyage en Iran où il a pactisé avec le très sympathique Ahmadinedjab en affirmant que les manifestations qui ont suivi son élection n'étaient que « propagande sioniste » et que ma foi, si le projet de Clotilde Reiss avait été de « servir le sionisme, elle était à sa place en cabane en Iran ». Sous la plume de Marc Caen, le quotidien d'informations et d'analyses sur le web s'interroge sur la dérive antisémite de l'ancien compagnon de scène de Elie Seimoun.
La thèse est simple : antisémite, Dieudonné l'est depuis fort longtemps, et ce qu'il dit aujourd'hui ne devrait surprendre personne, tant dès 2002, il avait donné tous les signes d'un homme en proie à une obsession qui s'est trouvé une cible.
Certes, mais j'espérais autre chose : c'est le avant 2002 ; l'explication de la mutation d'un homme qui a commencé en jouant des sketchs avec un juif, et qui en est aujourd'hui à réunir autour de lui l'arrière banc de la droite ultra, une portion de l'extrême gauche dévoyée et les suprématistes noirs. Et malheureusement on l'apprend pas.
Et la semaine dernière à la même époque ?
On avait, grâce à un procès gagné par Besancenot, défendu par Mamère, enfin le droit de dire que le TASER est une arme et comme toute arme, qu'elle peut tuer (les flics en sont toujours équipés je le sais bien), et on décidait que Léonard Cohen en tournée à des prix entre 95 et 161 euros ça serait sans nous. Segolène ne parvenait pas à avaler une défaite, que vraisemblablement elle n'avait pas subie, et en paye peut être le prix aujourd'hui (alors qu'en trichant selon toute vraisemblance, le PS l'avait placée dans une position idéale de victime du système). Le DAL et Les Enfants de Don Quichotte se faisaient condamner et confisquer leurs tentes, tandis qu'un nombre non négligeables de parlementaires de droite signaient un texte proto marxisant contre le travail du dimanche. Dans Courrier International, on trouvait un article d'un journal de droite anglaise qui démontrait que le libéralisme n'a guère de limites, et, ce qui n'est pas totalement sans rapport, d'aucuns prônaient la possibilité de mettre à l'ombre les gosses, dès 12 ans. Et autrement, très curieusement j'évoquais la troisième étape du WCOTBT de l'époque en reconnaissant qu'elle était plutôt facile. Curieux non ? Profitez-en ! ajoutai-je à l'époque... C'était ici.
Allez, bon dimanche
Thierry
RYS












