jeudi, décembre 31, 2009

Trouvez-moi cette ville et faites-moi sauter ce put. de pont, nom de D. (12)

C'est le dernier billet de l'année 2009 et c'est aussi la douzième ville à essayer de reconnaître dans ce jeu que domine de la tête et des épaules le german punk, my friend ReGus Patoff. Mais Mamzelle Disso, bien que celte, réussit depuis quelques temps à reprendre des points. Va-t-elle poursuivre ou en sera-t-elle empêchée par quelques mauvais coucheurs ?

Vaste question, alors que CINQ (5) points sont à prendre : DEUX (2) pour la ville et TROIS (3) pour la subsidiaire (qui vous demandera un peu plus qu'une recherche Wiki)

La subsidaire donc est la suivante :

Bien ! Ok, on voit ce que c'est...
En revanche, le rapport avec la ville est peut être moins évident. N'est-il pas ?


Et la ville ? Ecrasée de soleil, la voici qui appears in my banner. Up there !

INDICE : Connue aussi pour une chanson d'un certain répertoire.

Allez, Let's Go !

Commentaires et réponses, où vous savez.

A toute,
Thierry
RYS

C'est jeudi et c'est pas ravioli (28)

Le 31 décembre veille du nouvel an, tombant un jeudi, c'est, musicalement, avec un peu de country que nous finirons l'année. De la classique, sans les fioritures du Nashville Sound, plus proche de l'historique honky tonk, quoique sèche et austère. A l'image du géant qui l'interprète.

Oui, en cette fin d'année, j'ai été chercher dans mes disques les plus incontournables du genre, et après avoir hésité avec le fameux best-of double de Hank Williams, je me suis tourné vers les Sun Years de Johnny Cash. Pas de prise de risque, me direz-vous en ce dernier jour de l'année. Et vous aurez pleinement raison.

Le titre choisi n'est pas nécessairement le plus célèbre de cette compilation indispensable des premières années de l'homme en noir. Il n'en demeure pas moins un de ces classiques qu'il est impossible d'éviter lorsque l'on évoque les premières années de Johnny Cash. Enregistrée sous le numéro Sun 258, en novembre 1956, Train Of Love n'a certes pas la renommée de A Boy Named Sue, Folsom Prison Blues, I Walk The Line ou Ring Of Fire. Elle n'en est pas moins une des chansons parfaitement représentative des premières années de Cash avec Sam Phillips.

Johnny Cash - Train Of Love (1956).

Bon, je vous dit à ce soir, pour une dernière ville à reconnaître cette année, si vous êtes quelques un(e)s à jouer, avant le réveillon.

A toute donc
Thierry
RYS

lundi, décembre 28, 2009

Ceci n'est pas un classement des albums 2009 (sixième et dernière levée)

Avant deux jours et demi à l'écart de la blogosphère, (encore que La Rochelle ne soit pas en zone grise et que la modernité y soit arrivée sous la forme de lignes et connections internet), prenons ensemble connaissance de la fin de ce recensement des 30 albums, par moi les plus écoutés en 2009, qu'ils fussent, ou non, dudit millésime. Hier, les disques de l'année étaient ultra majoritaires ; ce ne sera pas le cas pour ce dernière tranche de 6, puisqu'il n'y en a deux qui soient de l'année quand d'autres viennent d'un peu plus loin.

Allez allons-y, faisons ensemble cette dernière "découverte".

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JP Nataf : Clair (2009). Ah, il est encore extrêmement récent cet album, très récent. De sorte que je manque sévèrement de recul pour en juger avec la subjectivité nécessaire à toute bonne critique rock (ce que je ne suis pas, c'est clair, clair comme cet album). Suffisantes écoutes toutefois pour pouvoir dire sans grande crainte d'être démenti par le temps ("qui est ami, car il colore mon pays", ce temps qui est aussi cet allié qui polit les arêtes pour les galets, comme il le fait des avis d'un soir, à la pièce emportée) que Nataf ne dément pas avec ce disque, son statut particulier sur la scène française, de remarquable créateur de crossover entre la pop millimétrée, (celle des Innocents bien sûr), et la chanson, qui n'est pas "à textes" mais qui est remarquablement écrite. Un lieu un peu hors de l'espace, où les Kinks rencontrent Barbara et Jeanne Cherhal.
Morceau fétiche : Seul Alone.


Presley, Perkins, Lewis et Cash : The Million Dollar Quartet (1956). Bon, il y a un brin de publicité mensongère dans cette pochette et ce titre d'album. Je vous ai expliqué pourquoi lors d'un "C'est jeudi, c'est pas ravioli" : certes ils furent tous les quatre dans le studio pendant quelques minutes, mais Cash s'en alla peu après qu'Evis fut arrivé et s'installât au piano pour le jamboree que l'on sait. De sorte qu'en fait de quartet, c'est plus exactement de trio qu'il convient de parler. Disque à écouter comme un témoignage tout à fait extraordinaire de l'innocence créative et de la complicité parfaite entre Presley, Perkins et Jerry Lee, alors que, depuis quelques mois, ils écrivaient, sans sans douter, une des plus belles pages de l'histoire de la musique populaire américaine. Il faut les entendre s'amuser sur de vieux titres de gospel ou de country, qu'ils parsèment de quelques uns des futurs succès d'Elvis ; apprécier les rires, les blagues et les maladresses, les départs, les arrêts, les silences, les voix. En ce mois de décembre 56, Sam Phillips le sorcier, eut le génie de laisser tourner les bandes. Il pensait sans doute, prosaïquement, faire quelques dollars avec cette réunion impromptue, qui lui permettrait une autre signature ou quelques 78 tours de plus. De fait, il enregistra l'histoire en marche, celle d'un des derniers moments où Sun et le rock'n'roll en devenir vivaient en fratrie, s'ébrouait en tribu. Juste avant que celle-ci n'éclate à tous les vents des producteurs rusés qui comprirent, avant tout le monde, que ce binaire avait un potentiel commercial inédit. Une période fraîche, d'avant le colonel Parker.
Morceau fétiche : tous ; en choisir un n'a pas vraiment de sens.


The Replacements : All for Nothing / Nothing for All (Compilation Sire 1997). Les Replacements. Qui n'étaient jusqu'alors qu'un nom pour moi et sont devenus un groupe dont la musique, si elle ne révolutionne pas le genre, mérite qu'on la conserve pour se la mettre en boucle les jours maussades et déprimés.
Faut-il toujours attaquer un groupe par une compilation ? Rien n'est moins sûr, et après conseils, il est vraisemblable que cette première expérience m'encouragera vers les principaux originaux du groupe. Vous voyez là la raison pour laquelle je ne saurais écouter 150 disques sortis cette année, si cette suractivité me fait obligation de laisser béants des trous majeurs dans une discographie rock. Oui, plutôt découvrir, même avec 20 ans de retard, les Replacements que de perdre mon temps sur quelque bizarrerie connue de 12 blogueurs (non, allez disons 38) et qui sera dès l'an prochain rendue à la poussière placardeuse (cafardeuse ?). Ce double album n'est certes pas ma découverte de l'année, il n'en demeure pas moins un de ses bons moments.
Morceau fétiche : Here Comes A Regular (fondamentalement Clashien).


The Rifles : Great Escape (2009). Voilà sans doute l'autre grand disque de rock'n'roll et de pop de l'année, un peu à l'instar de celui des Rascals l'an dernier. La référence n'est pas choisie exactement par hasard. Alors, oui, je sais. Je sais que l'on peut gloser indéfiniment sur la pertinence et l'intérêt de cette "école de pop rock britonne" dont les suscités Rascals, les Last Shadow Puppets, les Artic Monkeys font partie, en arguant du fait que ce n'est pas ça qui révolutionnera le monde de la musique en général, et du rock en particulier. Oui, on peut le faire. Il n'empêche que ces groupes, en attirant les kids (et surtout les jeunes filles) pour les faire pogoter une heure dans des salles surchauffées, remplissent leur office comme le firent les glam-rockers en leur temps. Remember Marc Bolan ? Une musique définitivement teenage et excitante. On reparlera de longtemps de l'intro d'I Bet You Look Good (comme du riff de Teenage Kicks). En ira-t-il de même de Beirut ?
Si vous avez aimé les Last Shadow Puppets, l'an dernier, il n'est guère de raison que vous ne vous reconnaissiez pas dans la power pop des Rifles.
Morceau fétiche : The General.


Tegan and Sara : The Con (2007). Je l'ai essentiellement écouté en fin d'année dernière et au début de celle-ci. Durant quelques mois, lorsque le folk et l'indie pop remplissaient, un peu plus que de raison et de mesure, mes playlists personnelles. J'ai découvert Tegan and Sara par l'entremise d'un duo absolument dispensable avec Against Me, groupe Fargo découvert l'an dernier. Les deux soeurs venaient de sortir The Con. J'ai beau me dire que la traduction renvoie aux notions de charlatan ou d'arnaque, il n'empêche que ce titre a quelque chose de profondément ridicule, on ne se refait pas, ridicule que je ressentais déjà, il y a trente ans, quand le Jam sortait All Mods Con. Sur le fond, cet album ne renverse pas les montagnes et les deux canadiennes, pour douées qu'elles sont, se verront vraisemblablement affectées d'un rôle de second couteau quand on écrira l'histoire de ce revival des guitares sèches et/ou des grrrrls groups au milieu des noughties (avec Tegan and Sara on est un peu entre les deux). N'empèche, ce disque, par son approche faussement calme et sereine qui ne cherche pas à masquer la part crépusculaire qui hante les chansons qui le composent, par cette sorte de truqueuse innocence empoisonnée, a les vertus des mithridatisations imparfaites, de celles qui laissent des traces indélébiles.
Morceau fétiche : Dark Come Soon.


Wovenhand : Ten Stones (2008). Bien qu'étant athée de manière si ouverte qu'elle est quasi militante, je m'incline en général devant les prêcheurs dans le rock, qu'ils soient arrière petits fils de pasteurs (comme David Eugène Edwards) ou qu'ils ne le soient pas (tel Daniel Darc). C'est qu'ils ont cette fougue mystique qui relève du même mystère que celui des conversions au rock'n'roll ; l'extase, yeux plantés dans le ciel, d'un Gene Vincent chantant Summertime, ayant plus d'un trait commun avec la transe du prédicateur sous l'effet lysergique des rythmes de gospel. Ten Stones s'inscrit, tout comme le faisaient les disques précédents, et encore avant, ceux de 16Horspower, dans cette longue marche au désert, cette volonté d'ascèse country, si réjouissante au pays de la gelée de pedal wah wah et steel guitar, et qui se nourrit de réminiscences punk et grunge. Cash rencontre Jeffrey Lee Pierce et les Violent Femmes et David Eugène Edwards, disque après disque, distille un évangile sombre où l'espoir ne s'entrevoit qu'au prix d'efforts sur soi-même, dont le premier est d'écouter ce singulier prêche.
Morceau fétiche : Kicking Bird.


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Voilà, on en a fini des 30 albums, qui en cette année 2009, auront été par moi les plus écoutés. Sans doute aurais-je pu y ajouter quelques autres Cd's tels :

Dusty Springfield – The Universal Masters Collection

Beth Gibbons et Rustin Man : Out of Season

Ollie Nyman : Venture (2009)

My Girlfriend is Better Than Yours : Foreplay EP (2009)

John Fogerty : The Blue Ridge Rangers Rides Again (2009)

PJ Harvey et John Parrish : A woman a man walked by (2009)

The Pains of Being Pure at Heart : Album éponyme (2009)

Chris Garneau : El Radio (2009)



Au total, nous voici assez loin de l'indie en vogue sur la majeure partie de la blogosphère musicale, j'en conviens volontiers. Mais, j'ai des années, si Dieu (faudrait-il qu'Il existe) m'accorde vie, pour écouter toutes ces merveilles qu'on nous annonce.
Xx
franchement ? Z'êtes sûrs les gars ? Attention, hein, si c'est pour nous faire un coup à la Arcade Fire, c'est pas la peine.

En bref aussi, la sensation d'une année 2009 qui n'aura pas été exceptionnelle et ne restera peut être pas dans les grandes dates. En revanche, une année qui n'aura pas pardonné, en ouvrant à la Faucheuse un boulevard où elle s'est engouffrée, la chienne.
Les quelques photos qui suivent sont là pour nous le rappeler.


Ron Asheton.


Lux Interior.


Estelle Bennett.


Alain Bashung.


Bob Boggle (The Ventures).


Michael Jackson.


Sky Saxon.


Billy Lee Riley.


Willy DeVille.


Mary Travers.


Jacno.


Vic Chesnutt.


Voilà, à très bientôt.
Départ aujourd'hui pour La Rochelle et deux jours d'arrêt pour ce blog. On se retrouve jeudi 31 avec "C'est jeudi, c'est pas ravioli" et peut être aura-t-on aussi le temps de jouer aux Villes avant la grande saoûlographie.

Thierry
RYS

dimanche, décembre 27, 2009

Ceci n'est pas un classement des disques de 2009 (quatrième manche)

On reprend pour l'avant-dernière fois, le recensement des disques, par moi les plus écoutés cette année, ce qui ne veut, en aucun cas, dire les meilleurs disques de 2009, ni même mes disques de 2009, puisque ce millésime n'aura pas représenté les deux tiers de la liste que j'ai concocté.

Aujourd'hui est, à cet égard, un peu particulier, puisque, hasard du classement alphabétique, nous n'aurons quasiment que du CD de l'année. Hop. Allons-y pour six autres disques à commenter.

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Little Bob : Time to Blast (2009). Piazza ne déçoit jamais vraiment (je parle ici pour le fan de son rock teigneux et graisseux, héritier du pub rock, de la soul, du rythm and blues et du rock'n'roll pionnier ; il est évident que l'aficionado moyen de rock progressif à la Radiohead ne s'y est jamais franchement retrouvé). Quelques soient ses albums, on sait que l'on y retrouvera cette part d'authenticité, cette évidence de l'homme qui ne se reniera jamais, depuis plus de 35 ans qu'il creuse les routes du vieux continent. Time to Blast n'est pas le meilleur album du p'tit Bob, même s'il marque une volonté appréciable de revenir à tous les fondamentaux du rock'n'roll (musicaux comme sociaux). Il contient toutefois quelques brulots qui ne dépareraient pas une future compilation de type New Nuggets, dont l'objet serait de prouver qu'en dépit du triomphe du néo progressive rock à la Muse ou Radiohead et du folk ruralo bobo, il restait quelques authentiques rockers au début du 21ème siècle.
Morceau fétiche : I'm Alive.


Love : Forever Changes (1967). Voilà donc le seul album qui ne soit pas de 2009 aujourd'hui. Mais surtout, voilà le grand vainqueur de ce recensement. Acheté en janvier (et oui je n'avais jamais eu ce disque auparavant ; c'est la vie ; voilà ; y en a un que ça gène ? bon, ploum, ploum...). Avec donc un certain retard sur l'horaire. Et qui, logique de rattrapage (?), n'a guère quitté mon bureau pour rejoindre les armoires de rangement. Il est monstrueux ce disque. Il a été tant écrit sur lui que je vois mal ce que rajouterais de fondamental à son sujet. Le Summer of Love à son meilleur. Jefferson Airplane renvoyé à des kilomètres (et Dieu sait pourtant que j'aime le groupe de Grace Slick). On pourrait écrire des dissertations sans fin sur les guitares de ce disque, rien que sur les guitares, qui ont certainement influencé une génération de gratteux quelques années plus tard (comme Tom Verlaine). Ou sur la construction de ces chansons qui comme aucune autre ont capté l'étrangeté de l'air du temps en cette année 67, ont retranscrit ce mélange de beauté et d'effroi de savoir que l'on basculerait bientôt hors de l'innocence. Dix ans plus tôt, Heartbreak Hotel et Great Balls of Fire se propulsaient au sommet des charts. Dix ans plus tard, une légion de hérissons en skaï déchiré hurleront qu'il n'y a pas d'avenir pour eux. L'année 1967 est très exactement au milieu de ce gué qui mène de la rive opulente et joyeuse vers le coté sombre de la farce. Forever Changes en est l'impeccable bande son.
Titre fétiche : Live and Let Live.


John Mellecamp : Life, Death and Freedom - Live (2009). Version live de l'album studio sorti l'année dernière, et nouvel effort de Mellecamp pour sortir de l'anonymat hors de ses terres. On est proche de Little Bob ici, tant par l'attitude intègre de Mellecamp, que du point de vue des racines musicales. John Mellecamp livre donc en live un album très introspectif où il est question de mort, de survie, de temps passé mais surtout et avant tout de cette Amérique qui s'est assise sur la promesse de ses pères fondateurs. De cette Amérique dont on aimerait pouvoir dire dans quelques années que c'était celle d'avant Obama, d'avant néo new deal. Très court, 33 minutes, Life, Death... s'inscrit dans une tradition bien connue qui prend racine chez Guthrie et s'enrichit du rythm and blues, une branche de l'americana dont Springsteen a longtemps été le hérault. Et, au moment où, justement, le Boss enchaîne deux ratés consécutifs en pourchassant des mythes pop pour lesquels il n'a pas le profil, il est bon que les lieutenants sortent de l'ombre pour montrer que la voie existe toujours. Ce que fait fort bien Mellecamp.
Morceau fétiche : If I Die Sudden.
En son temps chroniqué sur Culturofil, sur le mode "c'est bien ! discutez pas !"


Morrissey - Years of Refusal (2009). A peine sorti, en février de cette année, à peine décrié par une large majorité des blogueurs. Et, à nouveau, me voilà en désaccord avec le plus grand nombre. Ce qui peut fort bien se comprendre d'un point de vue purement générationnel. Je m'explique : à quelques années près, disons, quatre cinq, j'aurais fort bien pu comme un certain nombre d'amis d'aujourd'hui, naître à la pop (je vais me garder de parler de rock) avec les Smiths, vouer une passion particulière et non réfrénée pour Stephen Morrissey et Johnny Marr, les roses lâchées dans la foule de l'un et les arpèges clairs de l'autre. Au point de calculer chacun des efforts solo du Moz à cette seule aune, celle de There's A Light, ou de William It Was Really Nuthin'. J'aurais pu (quelque chose me dit que tel n'aurait pas été le cas, alors que la vague alterno commençait à lever, mais bon admettons). Or c'est l'inverse qui pour moi se passa : ces put. de Smiths débarquèrent au moment même ou s'écrasaient les dernières vagues rock sur la digue en or que construisait MTV. Thriller Jackson triompha exactement à ce moment là - 1983 - Autant dire qu'il me fallut beaucoup de temps pour ne pas lui imputer la charge du lien de cause à effet. Idem, dans une moindre mesure, pour ces "pédés de Smiths". Là encore, il allait me falloir du temps pour accepter de tendre une oreille sur Big Mouth et autres merveilles du groupe. Alors autant vous dire combien est grand mon détachement lorsque j'écoute Morrissey aujourd'hui. C'est un miraculé de ma discothèque. Un brin de tenacité en plus de ma part, et il ne passait jamais la porte du salon. Aussi aujourd"hui... Si je vous dit que ça m'amuse plutôt d'entendre les vieux fans transis s'outrer de le voir bander ses muscles et faire cogner son rock en le survitaminant aux amphets d'un producteur de punk FM amerloque, que ça m'amuse franchement de les voir plonger, têtes baissées, dans la provocation de la désormais vieille diva. Ne serait-ce qu'à ce titre, une réussite de l'année 2009.
Disque, en son temps chroniqué sur Culturofil.
Morceau fétiche : I'm OK By Myself.


Jean-Louis Murat : Le Cours ordinaire des choses (2009). Laissons deux secondes sur le bord le coté ombrageux et difficile de l'homme ; concentrons nous juste sur cet album. L'auvergnat solitaire, avait-il téléphoné au Moz avant, a lui aussi pris le parti d'enregistrer un album avec une production un peu plus roborative et bruyante que d'ordinaire. Mais, si dans le cas du Mancunien le choix allait laisser des traces, il n'en fut pas de même de l'homme des cavernes arvernes, qui a reçu un accueil franchement positif pour ce Cours ordinaire des choses. Qui est effectivement très réussi. Avec sa dose nécessaire de poison, de cynisme et de misanthropie ; mais aussi d'écriture, toujours un peu borderline tant elle peut sembler ardue mais restant pleinement tenue. Disque d'un homme qui ne désespère pas de "mourir sans compagnon"
Morceau fétiche : La Tige d'or.
Et lui aussi eut droit à sa chronique sur Culturofil.


Mustang - A71 (2009). Et l'on reste en Auvergne pour finir cette série de six. Mais l'on change singulièrement de style avec LE groupe de rock'n'roll français de l'année (oubliez Nico Teen Love des BBB - oubliez l'atroce nouvel album des Plasticines - put. mais comment peut-on faire un si mauvais choix après un premier album qui était très prometteur -, oubliez, oubliez tout ça!). Avec du style, des guitares claires, des mélodies, du métier. Et UN mec qui sait écrire du rock'n'roll fifties en français ! Pas lu de texte en français sur du rock'n'roll classique, qui ne frisa pas le ridicule depuis Dactylo Rock et évidemment les adaptations de Claude Moine. Période de disette apparemment terminée avec un phraseur finaud : la révolution a perdu un militant certes, mais le rock'n'roll français y a gagné un solide attaquant, qui n'a pas hésité à changer de pantalon (oui, vous me suivez, oui, il y a aussi du Dutronc chez lui, référence je crois un peu omise dans la chronique que je fis du disque pour le webzine que vous savez)
Car, effectivement, devinez quoi ! Oui, bingo ! Chroniqué sur Culturofil.
Morceau fétiche : Le Pantalon.

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Voilà c'est tout pour aujourd'hui. La fin de la liste avec mes six derniers choix, demain matin (ensuite, fermeture du blog pour deux jours, soit jusqu'à la veille du new year's day).

A plus,
Thierry
RYS

samedi, décembre 26, 2009

La (les) Chanson(s) du Samedi #030

What's Up ? Cette semaine ?
Noël bien évidemment. Avec supplément d'âme et planchette japonaise presque réussie sur le Chef de l'Eglise. Et même si "l'esprit de Noël" n'a apparemment pas soufflé partout, à commencer donc par le Vatican, mais aussi, et plus tragiquement, en région parisienne, en Allemagne ou aux USA.

On ne manque pas de chansons pour évoquer Noël, et l'on pourrait convoquer aussi aisément Presley que KT Tunstall (pour prendre époque, style et talent de toute nature). Toutefois, la chanson que je chéris le plus, et je pense n'être pas seul dans ce cas, est certainement le conte de fées de New York (traduction un peu approximative quoique littérale). Dont je vous propose quatre versions aujourd'hui. Que ceux que les ballades irlandaises ennuient, que les duos braillards et le lyrisme celtique font fuir, passent leur chemin. Les autres, en revanche, vous avez le droit de chanter, puisque le choeur de la police entonne encore "Galway Bay" et que les cloches sonnent pour Noël.


Martha Wainwright et Ed Harcourt.



Amy MacDonald et son bassiste Jamie Sefton.




Florence and the Machine et Billy Bragg.



et last but not least : Kirsty Mac Coll et les Pogues



It was christmas eve babe
In the drunk tank

An old man said to me: won't see another one

And then they sang a song

The rare old mountain dew

I turned my face away and dreamed about you

Got on a lucky one

Came in eighteen to one

I´ve got a feeling

This year´s for me and you

So happy christmas

I love you baby

I can see a better time

Where all our dreams come true.


They got cars big as bars

They got rivers of gold

But the wind goes right through you

It´s no place for the old

When you first took my hand on a cold christmas eve

You promised me broadway was waiting for me

You were handsome you were pretty

Queen of new york city when the band finished playing they yelled out for more

Sinatra was swinging all the drunks they were singing

We kissed on a corner

Then danced through the night.


And the boys from the NYPD choir were singing Galway Bay

And the bells were ringing out for christmas day.


You´re a bum you´re a punk

You´re an old slut on junk

Lying there almost dead on a drip in that bed

You scumbag you maggot

You cheap lousy faggot

Happy christmas your arse I pray god it´s our last.


And the boys of the NYPD choir's still singing Galway Bay

And the bells were ringing out

For christmas day.


I could have been someone

Well so could anyone

You took my dreams from me

When I first found you

I kept them with me babe

I put them with my own

Can´t make it out alone

I´ve built my dreams around you


And the boys of the NYPD choir's still singing Galway Bay

And the bells are ringing out

For christmas day.



Bon, allez à demain.
Thierry
RYS

vendredi, décembre 25, 2009

Trouvez moi cette Ville (et faites moi sauter ce p.. de pont non de D.) (11)

Alors, aujourd'hui, jour de la nativité sainte de Notre Seigneur Zézu Cri, y-aura-t-il du monde pour jouer à "Trouvez la ville" ? La foule de pélerins déboulant vers mon blog relèverait évidemment du miracle. Mais sais-t-on jamais. Je vais demander aux plus (crét. hum, sorry) aux plus croyants d'entre vous, d'intercéder auprès de la mère Marie en faveur du Civil, pour qu'en un troupeau de brebis fidèles, nombreux vous soyez à chercher la nouvelle cité mystérieuse que je permets de proposer à votre géographique sagacité.

C'est Noël, soyons donc généreux comme le fut Zézu Cri lorsqu'il partagea le pain et multiplia les poissons, et surtout, surtout, sacré pochtron, quand il transforma en vin l'eau croupie des fontaines. Donc, la ville vaudra TROIS (3) points et la subsidiaire, parfaitement débile, mais point facile, en cotera QUATRE (4) point : soit un vertigineux total de SEPT (7) points à ramasser ! Alors, hein !

La subsidiaire donc :

Saurez-vous me dire la raison de cette ferronnerie, ici présente ?

Quant à la ville, nous l'attendons. Et la voici qui arrive et se place, là-haut, dans ma bannière !


INDICE : Boule d'Energie de la Tortue ! Et oui, débrouillez-vous avec ça !

So, Let's go ! Réponses et commentaires, dans les commentaires. Et rappelons qu'une saillie drolatique peut rapporter un point de plus à son auteur !

A toute,
Thierry
RYS

Ceci n'est pas un classement des albums de 2009 (third step)

Parcourons, donc, ensemble, la liste des 30 disques, par moi les plus écoutés en cette année 2009 (pas impérissable point de vue musique m'a-t-il semblé, mais je manque un peu de recul) et, aujourd'hui, voyageons du treizième au dix-huitième, ordre de classement strictement alphabétique. A nouveau, vous l'allez voir, du récent, plutôt majoritaire au fond, mais aussi du plus ancien, voire de l'antique (qui par construction est beau comme l'ant. oui je vois que certains suivent).

Bien, et bien mesdames et messieurs, ne perdons pas de temps, après tout aujourd'hui c'est Noël et même les bilans annuels ne ferment pas tard. Allons-y, suivez moi, et n'oubliez pas le guide à la fin de la visite.


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Marianne Faithfull : Before The Poison (2005). Alors, oui, je le sais, ce n'est point la peine de s'esbaudir : je suis à la ramasse. Ce n'est pas le Faithfull de l'année. Ni même le précédent. Là, j'en suis, sauf erreur de ma part, à l'antépénultième. So ! What ? Alors, déjà, le retard avec Marianne je connais ça depuis le début de nos relations, vu que j'ai découvert l'ex égérie sixties lors de son Broken English come back en 79. Donc, voyez, basiquement comme on dit outre Manche... Bel album, en tout cas, qui réunit une brochette de petits jeunes qui ont sûrement été flattés de bosser pour mamy. Qui ne le serait pas franchement ? (moi je lui écris un texte quand elle veut ! En français c'est ma seule exigence. Voilà, Marianne, si vous veniez à passer sur ce blog par le plus heureux des hasards, n'hésitez pas). Donc, PJ Harvey, Damon Albarn, Nick Cave s'y sont collés (sont pas si petits jeunes, à bien y réfléchir), pour offrir un album soyeux et grave, triste et apaisé. Une réussite. Comme à chaque fois que la voix inégalable de Faithfull trouve les mélodies ad hoc.
Morceau fétiche : Before The Poison.


Alexander Faem : Agent 238 (2009). Après Los Chicros, voici le second album concept de cette sélection ; il partage d'ailleurs le même goût pour une certaine bizarrerie. On écoute, comme dans le cas de celui de Los Chicros, ce disque avec une curieuse sensation que le monde extérieur s'est évanoui, que rien n'existe d'autre que cette étrange histoire d'agent, perdu au-delà des lignes ennemies (je fais volontairement court). Comme April March, c'est une production du label Martyrs of Pop qui, hélas, semble s'être fait discret depuis. Comme April March, Alexander Faem privilégie une approche résolument pop rétro en tissant des chansons qui s'impriment doucement dans le cortex, aussi sûrement qu'un mélange de sodium et de penthotal fera parler l'agent 238. Une démarche salutaire, et un artiste dont il faudra se soucier à l'avenir.
Morceau fétiche : Everest


The Feelies : Crazy Rhythms (1980). Dis papa, c'était quoi le son de New-York quand tu avais 20 ans ? Ah, fils, il était particulièrement varié. Il y avait les débuts de la no wave avec James Chance ou Lydia Lunch, un genre que je n'ai pas trop prisé, les derniers soubresauts des primo punks, comme Hell, Thunders ou les Ramones. La pop de Blondie, les intellos à la Talking Head. Et puis il y avait Tom Verlaine, un guitariste qu'il faudra que je te fasse découvrir un jour prochain. Et puis ces mecs là, avec leurs looks de pré geeks, leurs tronches de premiers de la classe, du genre à aligner les intégrales au sens de Riemann aussi facilement que les arpèges de guitare. Et qui étaient des fieffés guitaristes. Avec un album qui reniflait autant la surf historique de Dick Dale que les ambiances sombres du Velvet. Un OVNI qui est passé dans le ciel de 1980. On l'avait oublié (enfin, pas moi, fils, j'ai toujours mon vinyle d'époque). Il semble que leur souvenir revienne. Au point que ressortent leurs deux premiers disques. Tant mieux. Evidemment, en comparaison, la production de l'année a un peu pâle figure. Mais des Feelies, il n'y en a pas eu foultitude.
Morceau fétiche : Moscow Nights.


The Feelies : The Good Earth (1986). Suite du précédent, mais 6 années ont passé. Et les guitares se sont, hélas à mon goût, bien assagies. S'en suit un album, où les Ventures ont été oubliés et le Velvet et les Beatles amplement privilégiés. Pas un mauvais album, loin de là. Au contraire même, ce Good Earth, REM va longtemps s'en inspirer (du reste, la production est assurée par Peter Buck). En fait ce que l'on a gagné en approche mélodique, on l'a perdu en pure créativité guitaristique. Même si un morceau comme Tomorrow Today rappelle franchement les arpèges et soli d'un Verlaine. En fait entre les deux, chacun choisira en fonction de ses appétences soit pour l'électricité claire et débridée du premier ou les harmonies byrdsiennes du second.
Morceaux fétiches : The High Road et Tomorrow Today.

Ces deux albums des Feelies eurent droit à leur chronique groupée sur Culturofil.


Woody Guthrie et Pete Seeger : American Folk Songs (compilation de titres assez anciens dirons-nous). Depuis, j'ai acheté, je ne sais même plus où, une autre compilation sous forme d'un double CD, mais uniquement dédiée cette fois à Woody Guthrie. Celui-ci, je l'ai dégotté dans une brocante (en même temps qu'un vinyle d'époque de Seeger - 1954 -). Est-il absolument nécessaire d'expliquer en quoi les deux hommes ont profondément influé sur la musique populaire américaine ; en quoi ils sont les géniteurs directs de gens aussi divers que Dylan, Springsteen, les Violent Femmes, ou plus près de nous, Alela Diane ; et les géniteurs indirects des rappeurs, ces chroniqueurs socio-politiques qui ont repris le flambeau contestataire posé à même le pavé par la vieille génération folk hippie ? Non, vous avez raison, c'est inutile d'y revenir. Un disque à écouter régulièrement (comme celui de Robert Johnson par exemple), pour se souvenir d'où vient cette musique qu'on aime.
Morceau fétiche : Round and Round Hitler's Grave.


Joseph Léon : Hard as Love (2009). Curieux homme que ce Joseph Léon. Voilà un ex col blanc, juriste (si j'ai bien tout suivi), qui décide un beau matin de tout lâcher pour se consacrer à l'écriture folk. Oui, un de plus, à faire du folk ; je sais ça devient lassant. Moi aussi j'ai failli ne même pas écouter lorsque j'ai reçu l'objet. J'aurais eu tort. Parce qu'on est loin des classiques digressions sous tranquillisant, comme de ces tristes chansons concoctées sur trois maigres accords en arpège (le pire étant quand apparaît le son aigrelet du ukulélé). Très loin même. Un album certes très inégal, qui contient de ces chansons dispensables ci-dessus évoquées, mais aussi de forts moments d'introspections sur l'amour, les liens qui se font et se dénouent sans qu'on y prenne garde ; la vie envisagée du point de vue du survivant. Pas gai c'est certain. Mais prenant par endroit. Mais pas gai quand même. Il n'est pas mauvais, après l'avoir écouté, de se rafraîchir les tympans. Avec I Wanna Be Your Dog, ou TV Eye. Joués fort !
Morceau fétiche : Painless.
Album, lui aussi en son temps chroniqué sur Culturofil.


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Voilà. Pour savoir ce qui va se passer de l'épisode 19 à l'épisode 24, veuillez avoir la patience d'attendre dimanche. Demain, samedi, c'est la traditionnelle Chanson du Samedi (oui, je sais cette logique est implacable ; ça fait peur même, un peu). Et dimanche, en revanche, du fait de la mise en congé de la Revue de Semaine, nous pourrons à nouveau parcourir ce merveilleux bilan présidentiel 2009.

A demain, donc, amis. Oh ! Mais quel sot je fais ! Nous nous revoyons en fin d'après-midi, bien sûr, pour chercher ensemble une nouvelle ville mystérieuse... Mais où avais-je donc la tête, oh Dieu tout puissant !

Thierry
RYS

jeudi, décembre 24, 2009

J'ai retrouvé...

... le père Noël.

Il est un peu fatigué, a perdu ses cheveux, a pas mal changé depuis notre enfance, mais tient toujours la route !

Et il vous souhaite de bonnes fêtes (bien arrosées, je pense...)

Elle est mignonne, la mère Noël, non ?

Bon allez, à demain et bonne soirée.
Thierry
RYS

C'est jeudi et c'est pas ravioli - 27

Ce n'est pas parce que le père Noël s'apprête à frapper à la cheminée qu'on va se gêner et ne pas placer notre sudiste et hebdomadaire chanson du jeudi. Et qu'on va se priver d'un rockabilly tout à fait classique. Non ?

Aujourd'hui un homme qu'il ne faut confondre ni avec un musicien canadien (quoique...) pas plus qu'avec son cousin. Rock'n'roller et acteur de surcroit. Le musicien canadien s'appelle Ron Hawkins, (houlà, une biographie à figurer dans les albums de Coolbeans, ça), le cousin n'est autre que Dale Hawkins, dont nous aurons très bientôt l'occasion de reparler.
Et l'homme du jour est Ronnie Hawkins.

A peu de jours près, le frère jumeau du King, Ronnie Hawkins se confronta rapidement au rock'n'roll naissant auprès, notamment du Killer, et constitua un groupe avec lequel il émigra vers le Canada. Pour la (grande) histoire, ce groupe, initialement dénommé The Hawks devint plus tard, après avoir quitté Ronnie, The Band (oui, oui, ceux là même, exactement). Pour la (un peu plus petite) histoire, c'est lui qui interpréta le rôle de Dylan dans le film (de Dylan) Renaldo and Clara. Du reste, il fut un acteur suffisamment renommé pour tourner dans les Portes du Paradis à la fin des années 70.

Musicalement, si l'homme eut un grand hit, c'est bien le titre que je vous mets en lien aujourd'hui. Ce 40 Days, extrêmement moderne, date de 1959 ! Pour en savoir plus sur cet artiste méconnu sous nos contrées, on peut se reporter à cette courte biographie, ou aller sur son site officiel, par ailleurs bien qu'il ait été intronisé dans le Rockabilly Hall of Fame, il n'a pas de page à son nom sur le site (ou alors j'ai très mal cherché) ; toutefois, on trouve quelques photos de lui et des Hawks sur la page de Jimmy Evans. Enfin, last, but not least, Ronnie Hawkins, qui n'a jamais été en retard sur son épqoue, a son myspace.

Terminons ce billet en notant que cette force de la nature a attiré l'admiration de tous (et la mienne va avec) en triomphant d'un cancer du pancréas il y a bientôt cinq ans.
Ecce Homo :

Ronnie Hawkins - 40 Days (1959)

A plus,
Thierry
RYS.


PS : évidemment ce soir, pas de ville à trouver ; on remet ça demain en fin d'après-midi.

mercredi, décembre 23, 2009

Trouvez moi cette Ville (et faites moi sauter ce p.. de pont non de D.) (10)

Allez poursuivons notre quête effrénée des cités du Monde entier, sur tous les continents, les mers, les terres et les océans, dans le tiers monde, le quart monde et jusqu'au sixième sens. Aujourd'hui, déjà, c'est la dixième ville qui est soumise à votre sagacité. Ce qui veut dire qu'il en restera tout de même encore 50, celle-ci passée. De quoi, à mon humble avis, rattraper celui qui aujourd'hui fait la course en tête à la manière d'un éthiopien sur longue distance (eh beh oui il vous a déjà largement pris un tour le ReGus PatOff, s'agirait de vous réveiller messieurs mesdames).

Hier, par un de ses gags dont il a le succès, Coolbeans m'a donné l'idée d'accorder aussi un point à la saillie la plus drôle de l'échange de commentaires du soir. Je ne dis pas que j'en donnerai un chaque jour, mais ma foi si vous êtes drôles... Faut pas non plus se tromper d'objectif : ne cherchez pas nécessairement le calembour bon, le jeu de mot laid, même si on l'avale de grâce... votre but reste la ville et la subsidiaire. Du reste ils valent beaucoup plus de points.

Tiens ne serait-ce qu'aujourd'hui : SIX (6) points à prendre, également partagés en TROIS (3) aussi bien pour la ville que pour la subsidiaire.

Alors, justement la subsidiaire, elle suit :

Bien, bien, bien. Bien sûr que tout le monde connait ça. Mais pourquoi est-ce ici, aujourd'hui ?

Alors, la ville maintenant. Elle ne devrait point tarder. Ah oui, la voici : là-haut dans ma bannière.

INDICE : ce matin il faisait 14°celsius, et cet après-midi, 25°celsius avec un légère brise du nord-est. Agréable donc ?
Oui et non : quelques pluies étaient aussi prévues.

Allez, let's go : réponses et commentaires dans les commentaires.

A toute,
Thierry
RYS

Ceci n'est pas un classement des albums de 2009 (2ème série)

Envoyons les six suivants. Je dis ça pour ceux qui suivent. Depuis hier. Jour de la première série!
Hein ? Je ne serais pas clair ? Holà, tout doux mes braves !

Dois-je vous renvoyer aux premières lignes du billet d'hier, annonçant, pour cinq épisodes à suivre, le recensement des albums, par moi, les plus écoutés en 2009 ? Au nombre de trente ; par séries de six ? Oui, bon ben allez me lire (ou me relire, bande d'oublieux).

Voici donc les six suivants.

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Johnny Cash : American Recording III - Solitary Man (2000). Etonnant non eut dit le regretté Monsieur Cyclopède. Ce n'est que cette année que je me suis résolu à acquérir (certains des) disques de la célébrissime et, en mille lieux encensée, saga testamentaire du man in black. C'est que je nourrissais jusqu'alors quelques réserves à l'égard de cet unanimisme tardif à l'égard d'un bonhomme qui n'avait pas durant sa carrière nourri le consensualisme.
Et puis ces reprises, sur l'air du "viens t'en chercher ta respectabilité, Johnny, car tout est pardonné", lui qui n'en avais pas besoin du respect des loufiats. Oui bien des réserves. Que l'on se doit de faire tomber si l'on veut avancer. Acquis les 3 et 4 cette année. Le 4 est un peu difficile, un peu long. Cash y est fatigué. Oui, "Hurt" bien sûr, à faire chialer même un soudard sous méthamphétamine. Mais ... Le 3ème tome, oh lui, oh my : tout y est. De la pochette, sublime, au grandiose "Would You Lay With Me in a Field of Stone", en passant par ce prodige que peu auraient pu réaliser : faire d'une chanson de U2, un moment d'émotion. Le jour où l'on me demandera d'expliquer ce qu'est l'americana, je ne dirais rien : je jouerai ce CD.
Morceaux fétiches : tous.


Los Chicros - Radiotransmission (2009). Un fort curieux projet au départ. Faire un concept album qui rende hommage à l'antique bande FM, ou peut être d'ailleurs plutôt aux antiques ondes courtes. Celles de Radio Caroline, comme dans ce film loupé dans j'ai oublié le nom, sorti cette année lui aussi. Un curieux collage, de chansons pop filant avec une réussite inégale le train à l'histoire qu'elles sont censées incarner, et de bouts de (faux) enregistrements de bandes son d'époque. Qui ne maniera pas l'anglais aura du mal à sucer la moelle de ce disque. Qui, au milieu du puzzle, recèle quelques vrais réussites pop rock, comme les Chicros savent faire.
Chroniqué en son temps sur Culturofil.
Morceau fétiche : What's New Today On TV ?


Léonard Cohen : Live in London (2009). Et oui, au prix où se vendaient les places du concert parisien du poète canadien cette année, faire l'acquisition de ce live était au bout du compte un investissement rationnel (quelle horreur). Double disque qui ouvre par le magnifique "Dance Me To The End Of Love", et qui chemine au rythme du déjà septuagénaire Cohen sur les grands moments de l'homme. Le second volume est à cet égard plus compact que le premier, en enchaînant Halleluyah, Democracy, I'm Your Man, Take This Waltz, So Long Marianne, First We Take Manhattan, entre autres. Il est fort possible que le spécialiste de Cohen (que je ne suis pas) ne trouve pas son bonheur ici, mais pour l'amateur, ce Live in London est une preuve de l'intérêt de voir Cohen sur scène, magnifier ses chansons, par des arrangements, des choeurs qui abreuvent la sécheresse originelle du barde. Voir Cohen sur scène : dès lors qu'il reviendra à une pratique tarifaire plus décente.
Morceaux fétiches : trop pour être cités in extenso.



Alela Diane : To Be Still (2009). Je dois être un des seuls, sur cette partie de la blogosphère, à avoir considéré le deuxième album d'Alela Diane, non seulement réussi, mais peut être même, au fond, supérieur au premier (pensée proche du péché originel en regard de ce qui s'écrivit le plus souvent ; oui vous verrez si vous lisez la chronique mise en lien juste en dessous, qu'avec Alela je ne sais guère sortir de la liturgie). Pour ce faire, il n'est qu'une chose qu'il est juste d'admettre : oui Alela Diane a serti son folk brut du Pirate's Gospel d'une gangue dorée dans ce To Be Still (ce qu'un blogueur traduisit très joliment par "Alela sort du Mobil Home" ou quelque chose d'approchant, ce que moi je racontai en une annonciation de sa sortie du Jourdain et de son chemin au Temple) ; et oui elle a fort bien fait en enluminant ainsi sa folk intimiste et rigoriste d'avant. Qui l'aura vu sur scène, comme j'en ai eu la chance, en ce soir de juin à l'Olympia, aura compris cela.
Chroniqué religieusement sur Culturofil en son temps, tout comme d'ailleurs le concert de l'Olympia sus cité.
Morceaux fétiches : White As Diamonds et Every Path.


Peter Doherty : Grace - Wastelands (2009). La vraie belle et bonne surprise d'une année 2009 où la camarde a pris plus que son lot dans les rangs de rockers encore trop jeunes pour la suivre ? Possible. En tout cas, Doherty quitte le rayonnage tabloïd et réintègre les bacs ; mais surtout, le fait avec un folk anglais (très anglais) laid-back et indolent qui fait mouche sur quasiment tous les titres de l'album. Est-ce la présence pousse au cul de Graham Coxon ? Toujours est-il que Peter Doherty fait ce qu'il faisait avec Babyshambles et que là, tout à coup, c'est différent. Ou était-ce simplement notre attente, le bon moment, ce truc magique ou tragique qui fait qu'un Only Ones arrive deux ans trop tard ou vingt trop tôt quand un Armed Forces sort exactement quand il le fallait. Oui c'est peut être juste ça la force de Grace-Wastelands : sortir exactement quand la lassitude allait le céder au désintérêt et, de ce fait prendre des allures de retour en grâce inespéré.
Morceau fétiche : 1939 Returning.


Nick Drake : Five Leaves Left (1969). Il était plus que temps que Five Leaves Left changeât de refuge chez moi, de l'antique K7 rendue inaudible par les têtes de lecture jamais nettoyées, à un format plus susceptible de résister aux ravages du temps. Car si le contenu se rit de l'usure, il n'en était pas de même du contenant. Occasion donc de réécouter en boucles le premier album du baladin dépressif, dont on doute qu'il existât vraiment, tant sa marque bien que profonde fut légère, aérienne, fuyante. Au milieu des bouffées de délire mortifères, Drake enregistra des chansons qu'aucun d'entre nous n'entendit jusqu'à ce que, dans le fracas new wave, il se trouvât quelques Robert Smith ou Kate Bush pour dire ce qu'ils lui devaient. On connaît la suite. Un autre visage du folk-rock anglais, à des yards de celui d'un Doherty évoqué juste au-dessus, comme de celui d'un Richard Thompson, autre guitariste qu'il serait urgent de redécouvrir. Lui est toujours vivant.
Morceau fétiche : Cello Song.


Voilà, demain c'est Jeudi ça ne sera donc pas ravioli (mais plutôt rockabilly). Les six albums suivants seront pour vendredi.
D'ici là, vous pouvez aussi aller faire, si le stylo vous démange, votre top à vous sur la Blogothèque.

A plus,
Thierry
RYS