Tu es la lumière du dimanche ;
Pour des news, faire surgir l'important ;
Toi Tu n'est pas un manche.
Hein ? Oui, bon je ne sais trop comment le prendre...
Allez Let's Go !
Lundi 25 janvier :
Il y a des dictons qui sont à méditer toujours. Tel « les paroles s'envolent, les écrits restent ». Absolument. Les écrits restent. Même électroniques, ils restent. Avez-vous raconté pis que pendre sur votre patron avant qu'il ne le soit (et à une époque où vous n'imaginiez pas qu'un jour vous seriez son vassal), juste comme ça, pour vous défouler, une bonne grosse bouse lachée sur votre blog quoi, le truc qui est lu par 15 personnes régulières (dont votre maman et votre petit(e) ami(e)) ? Et bien si c'est le cas méfiance.
Même si le post a trois ans, qu'il est au fin fond des archives, mieux planqué que le dernier paquet de clopes que vous vous empressez de griller dès que madame (monsieur) a quitté la casa (oui entre les piles des draps qu'on ne sortira qu'à l'arrivée d'avril-mai quand les nuits seront moins fraiches), même si vous avez vous-même fini par l'oublier, ce qui est normal vu le nombre de billets écrits depuis (en plus vous n'êtes franchement pas à un ragot ou une connerie près)... méfiez-vous. Faites illico disparaître les traitres mots qui n'ont pas bougé, toujours là tapis au coeur de la mémoire de votre serveur, aussi périlleux qu'une bombe à minuterie lente. Tuez ce billet. Vite.
Elle aurait du y penser cette jeune auteure de livres qui postulait le titre de Directrice de la Communication du Préfet de La Réunion. L'affaire était faite, le contrat n'attendait plus qu'on le revetit des signatures ad hoc, les lignes budgétaires pour la rémunération de la jeune femme promptement débloquées, quand patatras, un journaliste fouilla le blog de la presque impétrante. Et retrouva un article, déposé il y a deux ans, titré « Le réveillon d'Irène ». Où l'on pouvait lire ces quelques lignes :
« Je n’ai pas envie de faire la fête avec un peuple qui a eu la souveraine bêtise d’élire un nain mégalomane, qui va distraire à Eurodisney sa navrante poupée à cheveux, tandis que la France crève la dalle, oublie ses principes de liberté, d’égalité et se gangrène. Je n’ai pas envie d’alimenter l’hypocrisie générale qui veut nous faire croire à des lendemains qui chantent car ils chantent faux les lendemains qu’on nous promet. Comme tout le reste ».
Après une première réaction modérée du type « c'est sa vie privée, ça ne nous concerne pas », la Préfecture (morigénée d'en haut ?) a suspendu la procédure d'embauche. Alors mes amis, méfiez-vous... Pourquoi croyez-vous que j'écris sous pseudonyme ? (Bon en même temps « poupée à cheveux » c'est pas sympa...).
Elle est jolie cette photo de nuisette, non ? La dame qui l'habite n'est pas mal non plus, c'est vrai, et ses appats donnent certainement un autre éclat au tissu. En revanche, le truc sur la tête là, le casque, modèle spécial vélomoteur de la fin des 70's, je ne suis pas certain qu'il détienne le même pouvoir érogène que le reste de la tenue. « Otez votre couvre chef, chère, si vous voulez que nous nous calinions, les bosses sur mon front se souviennent trop bien de votre dernier orgasme ».
Ce modèle vient, comme beaucoup d'autres que vous pouvez admirer sur ce petit article, du salon de la lingerie. Lorsque vous aurez fini, soit de vous rincer l'oeil, soit de réver d'enfiler une de ces tenues orgiaques, lisez quand même les quelques lignes. Vous y apprendrez, si vous ne le savez déjà, que l'imagination humaine est sans limite, dès qu'il s'agit de choses qui ne seront utiles à rien, sinon attraper le premier gogo venu (ou la première Gaga ? Surtout si elle est Lady ?) Car quand même, un soutien gorge anti-rides, un second qui réagit à la température du corps (pour faire quoi d'ailleurs ? l'article ne le dit pas) ou une culotte aux protéines de lait qui hydrate la peau, je m'interroge sur le sens profond du progrès qu'ils sont censés représenter.
Mardi 26 janvier :
Comme j'étais occupé par ailleurs hier soir, je n'ai pas regardé l'émission concoctée par son ami, servie par son valet, et occupée par un panel représentatif de 11 (???) personnes (la représentativité à 11 c'est un concept qui m'éclate). Mais je me suis dit ce matin que je serai parfaitement renseigné par les blogs, sites, forums, etc. qui pullulent sur la webosphère et vous remplacent le débat des Dossiers de l'Ecran en deux électrons, trois protons. Et bien m'en a pris, car c'est ainsi que j'ai appris qu'il avait été plutot bon. Comment ça vous doutez ?
Alors, je vous invite fortement à aller regarder ce site anonyme qui réussit à drainer une foule d'internautes dont un nombre impressionnant sont franchement laudateurs de l'intervention présidentielle. Et puis désolé, mais 205 992 fans au moment où j'écris ces lignes, je suis confondu. Moi avec mes 95 amis, j'ai l'air de quoi tout d'un coup. Pouf, fini, je dirai plus un mot désagréable sur un homme qui réunit autant de français autour de lui.
Ah ben tiens même Thomas Legrand il le dit aussi, alors ! Regardez cet article qu'il fait passer sur Slate.fr. « Nicolas le bienveillant », ça s'appelle. C'est magnifique ce titre, ça vous a un retour en bouche qui vous rappelle nos leçons d'histoire médiévale. Louis VI Le Gros, Louis VII Le Jeune, Philippe IV Le Bel, Louis VIII le Lion, Louis X le Hutin, Jean II le Bon... et maintenant Nicolas Ier le Bienveillant. Magnifique.
D'ailleurs Thomas Legrand montre parfaitement dès les premières lignes de son papier comment notre Chef de l'Etat a su se monter à l'écoute, parfaitement disposé, alors même que le panel hautement représentatif qu'on lui opposait était loin de lui être acquis. Ensuite, il explique... quoi ? Que tout ceci serait calculé. Qu'il ne s'agirait que d'une volonté de se montrer calme en se dominant, en maîtrisant un caractère prompt à l'emportement. Allons, ce n'est pas sérieux Thomas Legrand. Et oh, mon Dieu mais que veut dire ce dernier paragraphe où vous lui reprochez je vous cite « une correspondance hasardeuse entre discours et réalité » ? ou que vous pointez « l'absence réelle de contradicteurs » ? Mais sortez d'ici vil plumitif aux ordres du politiquement correct. Ah Thomas Legrand, je vous conchie. Tant que vous y êtes vous n'aviez qu'à le traiter de menteur... à lui ! Lui, l'homme du pouvoir d'achat, de la baisse de la délinquance et de la fin de la realpolitik en Afrique.
Changeons donc d'air et lisons La Croix. Cet article m'interpelle, surtout venant d'un journal dont le titre lui-même annonce la couleur : celle du sang du Christ sur la croix, martyrisé pour racheter nos fautes, lui le fils de Dieu et Dieu lui-même. Quoi ? Si l'on croit ces scientifiques, il y aurait forcément de la vie ailleurs.
C'est statistique : à l'égard du nombre de planètes extérieures à notre système solaire (les fameuses exoplanètes aussi difficiles à découvrir semble-t-il que les pépites d'or au Klondike à la meilleure époque – dans un cas il n'y a qu'à se pencher, dans l'autre à lever le nez au ciel, en évitant toutefois de se moucher dans les étoiles -), qui sont des multiples du nombre d'étoiles, elles mêmes multiples du nombre de galaxies (ça c'est pour frimer et faire toucher du doigt que les dites exo se comptent par puissance de dix et plutôt dix puissance 18 que dix puissance 2 ou 3). Il y a même un des ces savants qui a la conviction que, citons-le « les générations actuelles ont d'excellentes chances d'assister de leur vivant à la détection d'une vie extra-terrestre ». Diable ! Quel bouleversement de paradigme pour les 95% d'habitants de notre planète, qui sont totalement convaincus que Dieu a crée la Terre comme l'Univers et a crée l'homme à son image. Comment rattraper le truc ? Quelles arguties nos papes, archevèques, imams, muftis et rabbins vont-ils trouver pour adapter les vieux enseignements au nouveau goût d'ET du jour ?
« Plusieurs peuples stellaires, Un seul Dieu » ? Oui, pas mal ! « Dieu est un extraterrestre lui-même » ? Non pas bon ! Déjà pris par Rael et ses raéliennes soumises. « De Véga à la Terre, les desseins de Dieu sont tout aussi impénétrables ? » peu jouable à mon avis, argument déjà très usité. « Comme la Femme avant-hier et le Nègre hier, l'ET aujourd'hui n'a pas d'âme ? » Ah, oui ça c'est très envisageable, et puis ça vous soude une communauté de fidèles plus sûrement qu'un chalumeau le fait avec de la limaille de fer.
De toute façon, va falloir qu'ils trouvent. D'autant que selon les scientifiques, les probabilités que les ET nous ressemblent sont faiblissimes ; plus vraisemblablement allons-nous tomber sur des bactéries ou autres organes monocellulaires. Ah tu parles d'un pied. Que dire alors ? « Dieu a crée l'homme et les amibes à son image ? », ou mieux encore « Sacrifie-toi dans le Djihad, moudjahidin et 40 superbes germes féminines seront à toi ? » Non c'est impossible. En revanche que l'univers soit, à notre notable exception, peuplé de protozoaires, voilà qui nous renforcera dans notre sentiment d'être les élus.
Heureusement, la fin du papier est moins déstabilisante pour les hiérarchies ecclésiastes, où qu'elles soient. « A mon avis, l'origine de la vie est un pur coup de chance », a déclaré Simon Conway Morris, professeur de paléobiologie à l'Université de Cambridge. « Je crains que nous soyons complètement seuls... Qu'il n'y ait rien du tout là-bas », explique ce scientifique (pas tout à fait neutre cela étant dans le débat).
Ouf. De pur coup de chance à Doigt de Dieu, ça c'est un petit fossé que les curetons savent franchir, depuis des millénaires.
Mercredi 27 janvier :
Oh celle-là, je m'en serai voulu de la manquer et qu'un Fabrice vienne après coup à me la signaler comme il le fit fort bien la semaine dernière.
Intoxiqués par de l'eau bénite ! 269 personnes en Russie qui se sont retrouvées hospitalisées avec de sérieux dérangements d'ordre gastrique, à cause de l'ingestion d'une eau qui, bien que bénite, contenait un nombre de virus largement supérieur à la norme. Et beh oui, que voulez-vous Dieu ne peut être partout. Actuellement, il traine sur VR3585E69B, 3ème exoplanète du système U800VB5 dans la galaxie d'Aldébaran (la 3ème à gauche après le bureau de tabac à la sortie de Ganymède), à la recherche de son Moïse, parmi une population de quelques milliards de microbes qu'il va falloir convertir. Alors 269 soviets, excusez, mais il faut quand même avoir le sens des priorités.
Bon c'est pas le tout ça, mais les victimes vers qui doivent-elles se retourner pour leurs nécessaires indemnisations : la Russie, coupable d'une criante absence de surveillance et d'entretien des nappes phrétaiques ; ou plutôt le pope (ou le prêtre d'ailleurs, je ne sais pas trop), infoutu de convoquer le minimum de divine magie pour détruire quelques virus qui prennent leur bain dans l'eau souterraine ? Question ouverte.
Pas moins sérieux que l'article précédent, qui sous des dehors déconnants l'était, celui-ci du Monde.fr, nous révèle que l'inflation galopante des lois de circonstances, textes mal ficelés qui butent soit sur leur illégalité devant le Conseil Constitutionnel, soit sur l'incapacité à les mettre en oeuvre (le plus souvent par manque de moyens), et bien elle commence à leur courir sur le haricot à nos parlementaires.
Bon il faut avoir l'honnêteté, et l'article l'a, de ne pas imputer intégralement à ce gouvernement ce phénomène de diarrhée normative qui a commencé depuis longtemps déjà (et auquel la gauche est loin d'être étrangère). Mais il convient aussi d'admettre que l'accélération de cette dérive est manifeste depuis l'installation à l'Elysée de Notre Président. Un problème ? Une loi ! Un fait divers ? Une loi ? Il fait trop chaud ? Une loi ! La neige en Janvier ? Une loi vous dis-je ! (Ignorantus, ignoranta, ignorantum). Oui c'est tout à fait ça : la loi aujourd'hui joue le rôle de la saignée et du clystère chez Molière.
L'article est certes un peu long mais il mérite d'être lu jusqu'à son terme d'autant que la conclusion, c'est-à-dire finalement l'abaissement du Parlement, n'a rien de très enthousiasmant. Le pire étant peut être qu'il n'y a sans doute pas à attendre grand chose d'une éventuelle alternance sur ce front là, tant c'est plus un problème humain (exister en accolant son nom à un texte) qu'institutionnel qui se pose.
Jeudi 28 janvier :
Bien sûr, l'évènement de la journée c'est la mise en ligne de la cinquième étape du World Contest of the Blind Test, étape spéciale à trente points et faite uniquement d'extraits guitaristiques. Mais bon nous resterons modestes et n'en parlerons pas plus qu'il ne faut. C'est-à-dire en nous limitant à rappeler qu'il s'agit sans doute du meilleur blind test qui se puisse trouver en France et Navarre réunie, et qu'y jouer relève de la joie la plus intense. Voilà, pas plus.
Alors quoi ? Frèche qui dit qu'il ne voterait pas pour Fabius dont il ne trouve pas la tête très catholique ? Et si le PS ne l'avait pas ménagé depuis des années, Ségolène pour prendre le parti, Aubry par peur de perdre la région Languedoc, ils n'en seraient peut être pas là, les socialistes à devoir enfin prendre en urgence les mesures qui s'imposaient depuis plusieurs années. Pour paraphraser (haleine pas) Frèche, je vous dirais bien que moi honnêtement si j'étais électeur du Languedoc Roussillon, j'aurais de vraie difficulté à voter pour le Front National, vu que le Président sortant tient le rôle.
Et quoi d'autre ? Villepin blanchi bien sûr, semble-t-il le jour de l'anniversaire de Nicolas le Bienveillant. Effectivement sa page fesse bouque confirme : notre président est bien natif du 28 janvier, il a aujourd'hui 55 ans. Bon je me suis encore planté. La semaine dernière, j'envisageais que l'opprobre d'une condamnation de Galouzeau allait ouvrir la voie de l'alternative à droite au sévère Juppé. Caramba ! Encore raté ! En revanche pour Nicolas ça sent un peu le boudin. Il n'est qu'à voir comment le fieffé juriste Montebourg se régale (voir sur cet article les réactions à gauche) de constater que s'ouvre une nouvelle perspective à droite. « Et si la machine à perdre de la droite la plus bête du monde se remettait en marche », pense-t-il si fort qu'on l'entend.
Mais de ces réactions, je vous conseille tout de même surtout celle de Denis Robert, celui qu'on a jeté puisqu'il était l'homme par qui le scandale arrivait : Clearstream c'est d'abord une histoire de comptes multiples dans des paradis fiscaux. Voilà un aspect de l'affaire, bien occulté jusqu'alors, qu'il serait bon de creuser.
Vendredi 29 janvier :
Et on remet ça avec le journal La Croix, dans son édition en ligne. Faut croire (pour le coup...) que mon fond areligieux, voir antireligieux (qui est souvent plus proche des hautes eaux que de l'étiage) m'entraîne à vérifier ce que racontent les thuriféraires de la magie soi-disant inscrite sur des livres sacrés.
Mais il faut dire qu'ils le font exprès dans le quotidien catholique (doit plaire à Frèche...). Après les extraterrestres qui remettent durement en cause les Saintes Ecritures, voilà les abeilles. Les vraies. Pas les abeilles populaires, comme dans l'expression « oh putain j'ai les abeilles, là ». Non les vraies, les butineuses. Qui s'avèreraient capables de distinguer un visage humain. Distinguer entendons-nous bien ce n'est pas reconnaître. Ce n'est quand même pas demain que Maya et sa bande vont vous saluer d'un fraternel « Salut Boudu, tiens ta changé de lunettes ? » en se rendant à leur usant labeur du coté du parterre de fleurs de tantine Emilie. En revanche, ce qu'expliquent les chercheurs qui ont bossé sur ce sujet (z'avaient vraiment rien d'autre à foutre ?), c'est qu'elles semblent aptes à distinguer entre une rose, un hortensia, un lys, un pommier et le visage un peu austère de Tantine Emilie (qui est restée vieille fille, ce qui n'étonnera personne, les poils au menton, le bubon sur la joue droite et les cheveux filasses, ça n'a jamais beaucoup intéressé les hommes). Et quand elles s'approchent de la hideuse vieille femme, elles savent que ce n'est point la peine de chercher à butiner cette très curieuse fleur (du reste et je l'ai déjà dit, elles ne sont pas les seules les abeilles à s'abstenir).
A nouveau, j'attends avec impatience ce que l'Eglise, la Mosquée et le Temple vont dire sur ce curieux dessein de Dieu. Aurait-Il crée les abeilles pour qu'un jour même Tantine Emilie puisse être nectarisée ?
Ah le pardon aura duré vingt quatre heures. Que dis-je, une douzaine ou une quinzaine d'heures tout au plus. Hier, seigneur vainqueur plein de panache et de noblesse, il envoyait à la cantonnade pressée dans son giron, qu'il ne nourrissait aucune rancune et entendait tendre la main (l'autre joue, non, faut pas déconner quand même). Ce matin, le fiel est revenu, la hargne et la haine ont ressurgi. Avec eux, les mots d'enfants blessés (oui dans la cour de récréation, je l'ai déjà dit dans « La Chanson du Samedi ») qu'on imagine définitifs quand on est gosse : « Menteur » (l'histoire ne dit pas s'il lui a aussi tiré la langue pour lui manifester son souverain mépris).
Bon faut reconnaître que la célérité avec laquelle le Parquet (qui comme chacun sait n'applique jamais les consignes de l'exécutif) a fait appel de la décision de justice dont l'encre venait tout juste de sécher, a de quoi irriter même le mieux disposé des hommes. De là a lui tirer la langue quand même ! Hein ? Ah oui, ça on ne sait pas s'il l'a fait.
Samedi 30 janvier :
Bon voilà, pour finir cette semaine, un débat qui ne trouvera sans doute jamais de réponse apte à séduire chacun. La Croix en ligne, décidément LE média de cette revue de semaine revient sur une plainte déposée par des survivants de l'extermination des juifs contre Apple. La raison en est que l'Iphone permet d'écouter et de voir des discours du Duce, ce brillant dictateur italien qui termina sa carrière comme de la viande de boucherie, pendu par les pieds au croc.
Vont naturellement s'opposer deux positions (je vous épargne celle des nostalgiques du créateur des chemises noires).
D'une part, ceux qui prônent, un peu comme l'excellent Hervé Resse, que non seulement la liberté d'expression ne se divise pas, fut-ce au profit des pires comtempteurs de la barbarie, mais qu'en outre interdire est puissamment contre productif en créant des « martyrs » victimes des fatwah politiquement correctes.
De l'autre, les tenants du « Pas de liberté pour les ennemis de la liberté », groupe que parfois je suis tenté de rejoindre par crainte de la diffusion d'idées immondes circulant aussi librement que le lisier des cochons dans les nappes phréatiques bretonnes. C'est qu'après tout, je ne suis pas parfaitement certain que mes compatriotes détiennent nécessairement le bagage culturel historique qui leur permettra de résister mieux que ne le firent nos grands-pères au charme vénéneux des discours fascistes d'avant-guerre, surtout en une période où la démocratie patine face à l'inégalité, le chômage, la mondialisation et donne, en regard des paroles martiales, le spectacle d'une redoutable faiblesse. La limite inhérente à cette position dictatoriale vis-à-vis de ce qui sort de la norme acceptée étant évidemment la définition de cette norme.
Bon pour autant, Apple est-il vraiment coupable ?
J'ai fouillé un peu le web, me tenant à l'écart des sites dont il était évident qu'ils me renverraient vers tous les morceaux de la vraie croix nationale-socialiste et autres colifichets de la pacotille ethno différentialiste (vous voyez parfaitement de qui je veux parler). Et j'ai constaté qu'il était tout à fait aisé de se procurer des extraits ou des discours entiers de Mussolini, d'Hitler ou de Staline. Il n'est qu'à voir celui-la, ou celui-là. Au fond, ce sont aussi des éléments historiques qu'on le veuille ou non. Aussi à cet égard, et même si je ne fais pas partie des mille téléchargeurs par jour de l'application, il ne m'apparaît pas que celle-ci soit dotée d'un quelconque caractère illégal.
Mais évidemment le problème est ailleurs : lisez le discours d'Udine mis en lien (c'est le premier des deux ci-dessus) et vous y trouverez des phrases sur la violence politique comme sur le culte de la force et de la discipline, qui sont fort susceptibles d'influer sur la pensée de quiconque cherche aujourd'hui de « réelles » alternatives, surtout si le quiconque en cause n'a pas eu la chance qu'on lui enseignât un minimum d'histoire du 20ème siècle.
Alors au bout du compte que faire ? Je n'en sais foutre rien.
Disons juste pour conclure, que je me souviens fort bien de la peine de mort quand elle était encore légale en France, ou dans les années qui suivirent juste son abolition, et des débats à l'arrache qu'elle pouvait suciter. Ma position était constante : seules les proches des victimes étaient fondés à en réclamer l'application ou le rétablissement. Dans le cas d'Apple, je tendrais bien à avoir un identique raisonnement.
Et l'année dernière à la même époque ?
L'ex Martin Circus Gérard Blanc décédait (qui s'en souvient ?) en plein nouvel an chinois. Comme un malheur n'arrive jamais seul (lol, oui bof...), Dany Boon supplantait le Général de Gaulle dans le coeur des gens du Nord. Et l'Espagne s'embarquait dans un affaire pourrie à coté de laquelle Clearstream c'est une dispute de nonnes. Ségolène Royal sortait un livre (re lol) dont je donnais des extraits proprement ahurissants. Siné était blanchi (décidément) vis-à-vis de Sarkozy le jeune (oui lui aussi déjà), et un couple de britanniques se faisait rattraper pour avoir publié un canular au goût scientifique. On sélectionnait Patricia Kaas pour espérer enfin remporter l'Eurovision et pendant ce temps là un très sérieux rapport nous apprenait que nos gosses sont de plus en plus nuls en orthographe ; à aucun moment je n'y voyais un lien de cause à effets. Voilà, c'était là.
Alors bon dimanche, il vous reste encore huit jours pour participer à la première spéciale du WCOTBT. Profitez-en, il y a trente points à prendre.
Thierry
RYS












